Rapports de la chirurgie et de la psychiatrie
Des origines extra-cérébrales de la folie.
(Société lie psychiatrie, 27 avril 1911.)
Celle communication est basée sur l’observation de deux malades ii manifestations douloureuses périphériques.
Chez la première que j’ai observée à l’hôpital l’origine des douleurs n’est établie qu’après deux opérations successives.
Cette malade a couru le risque d’être considérée comme cénestopalhe, si on n’avait pu fixer le siège de la douleur, ou d’être internée, si elle avait présenté une prédisposition héréditaire comme la deuxième.
Éa deuxième malade fut en effet internée pour préoccupation hypo-
condi'iaquc et Icnlative de suicide i C’est l’autupsic qui nous mit en présence de lésions méconnues.
Ces deux faits m’ont paru fournir une contribution intéressante à l’étude des rapports de la psychiatrie et de la chirurgie.
Ces chirurgiens ignorant tout ce qui concerne la psychiatrie attribuent trop fréquemment à des lésions périphériques des douleurs qui sont exclusivement cérébrales ; de leur côté, les psychiatres font parfois une part trop grande à l’hérédité, au détriraerit de l’élément périphé-
Ces deux notions d’ailleurs (hérédité et périphérie) ne sont pas exclusives l’une de l’autre et je me suis appliqué à démontrer qu’elles peuvent SC compléter dans bien des cas. .4 cet égard, je rappelle les concessions que les partisans mêmes de la doctrine de la dégénérescence héréditaire ont dû faire h l’élément périphérique.
Quoi qu’il en soit, les faits actuels montrent combien l’examen somatique est nécessaire et combien il est difficile.
Mais il faut reconnaître que la difficulté réside non seulement dans la recherche clinique, mais qu’elle dépend aussi des obstacles dus aux lacunes de la loi de 1838.
Il est donc à souhaiter que les doctrines ne viennent pas encore éloigner l’aliéniste de ces examens et j’insiste pour que celui-ci recherche aussi bien à la périphérie que dans le cerveau lui-même l’origine possible do la douleur et du délire.
Je rappelle en terminant lés efforts que l’École clinique actuelle a faits pour ramener dans les cadres de la médecine générale un certain nombre de formes mentales, ainsi ipie les progrès qui ont été réalisés