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Du délire psychique post-opératoire

{Société de Chirurgie, 1898.)

Dès le début de mes recherches, j’ai pensé que l’étude des contre-indications opératoires devait ehez les psychopathes précéder celles des indications opératoires.

Prévenir la psychose avant de chercher à la combattre, tel est selon moi le postulat sur lequel repose toute la chirurgie des psychopathes.

Les psychoses post-opératoires naissent de l’ignorance du chirurgien sur l’état mental des malades qu’il opère.

J’ai donc tenu à étudier longuement cette question en 1898 avant de poursuivre mes études sur la chirurgie des aliénés.

Je m’applique à démontrer que les travaux qui ont été faits dans cette voie depuis une quinzaine d’années étaient surtout faits dans le but d’arrêter l’essor de la chirurgie abdominale.

Les observations manquent en effet le plus souvent de rigueur scientifique, les mémoires semblent plutôt écrits par des psychologues que par des médecins et parfois dans un esprit de justice et de sincérité contestable.

Certains d’entre eux sont de véritables plaidoyers contre l’extension croissante de la chirurgie, les conclusions s’affirment sur des documents souvent insuffisants et qui laissent trop de place à la critique.

Le terme de délire post-opératoire n’implique aucune notion d’origine : il ne suffit pas qu’un délire survienne à la suite d’une opération pour

rendre cette dernière responsable : et cependant beaucoup d’auteurs le comprennent aussi. Or il existe bien des causes susceptibles d’engendrer le délire après une opération et il faut les rechercher avec soin pour établir équitablement le rapport qui existe entre le délire et l’acte opératoire, c’est-à-dire la part de responsabilité qui incombe à ce dernier dans la production du délire.

J’ai étudié ces causes avec soin. J’ai envisagé des causes antérieures (médicales, dont le type est brighthisme), contemporaines (chloroforme) et postérieures à l’acte opératoire (septicémie), 'foutes ces formes du délire post-opératoire doivent être considérées comme de faux délires post-opé-

Ces délires sont des étals transitoires d’excitation ou plus rarement de dépression.

A côté de ces formes, il existe une variété de psychose post-opératoire vraie qui ne relève d’aucune des causes précédentes et qui survient chez des sujets apyrétiques qui ne sont ni des malades ni des intoxiqués.

Ce délire s’observe principalement chez les hystériques ou les prédisposés héréditaires et à la suite d’opérations déprimantes (amputations, castrations, opérations de varicocèle, anus contre nature). 11 affecte ordinairement la forme mélancolique avec tendance au suicide.

Les persécutés persécuteurs constituent une catégorie de m.aladc« qu’un chirurgien doit bien connaître, et dont l’étude se rattache h la question des psychoses post-opératoires.

2. — Des psychoses post-opératoires, Du rôle que la nature de l'opération chirurgicale peut jouer dans leur production.

[Société de Chirurgie, 1898. En collaboration avec le D’’ Briand.)

Cette communication fait suite à la précédente et j’y étudie les psychoses post-opératoires vraies.

Diverses questions sont soulevées dans ce mémoire, quelques-unes y sont discutées.

1“ La pathogénie appelle les deux questions suivantes :

(a) La prédisposition héréditaire est-elle une condition nécessaire à leur production?

(b) La psychose peut-elle se produire d’emblée chez un sujet sain et par voie sympathique?

A l’époque où j’ai écrit ce mémoire, j’avais écarte cette question de pathogénie. L’expérience que j’ai acquise depuis me permet d’affirmer que toujours la prédisposition héréditaire joue un rôle prépondérant.

2° La nature de l’opération pratiquée a-t-elle une influence sur la production des psychoses ?

Parmi celles-ci on a invoqué les opérations pratiquées sur les organes génitaux de l’homme, qui ont été l’objet de nombreux travaux, mais surtout les opérations gynécologiques qui semblent tenir le premier rang.

Or la responsabilité du chirurgien est gravement engagée à la solution du problème touchant la corrélation qui peut exister entre les psychoses et les opérations pratiquées sur la sphère génitale de la femme.

Oui ou non, est-il équitable d’imputer à ce dernier un délire qui survient à la suite d’une opération gynécologique?

Un premier fait à constater, c’est le nombre considérable d’observations publiées dans ces quinze dernières années.

Ne pouvant admettre une simple coïncidence, la plupart des auteurs ont admis un rapport de causalité.

Or il convient de remarquer : 1“ que beaucoup d’auteurs contestent la fréquence du délire après ces opérations; 2° que les observations publiées en sont incomplètes ou qu’elles présentent une fausse étiquette.

Les neuf observations personnelles que nous publions dans ce mémoire nous ont conduit aux conclusions suivantes.

Si les grosses opérations sur l’utérus ou les annexes nécessitées par des lésions matérielles évidentes donnent surtout les délires septiques, ce sont les opérations pratiquées pour des symptômes subjectifs souvent imaginaires et parfois simulés chez les prédisposés et les aliénés antérieurs qui donnent les prétendues psychoses qui ne constituent que des épisodes dans une longue histoire pathologique.

Ce n’est pas autrement qu’il faut expliquer la plupart des cas qui sont

réunis avec une certaine complaisance depuis une vingtaine d’années contre l’extension de la gynécologie.

Il convient donc de se montrer très précis dans la recherche des contre-indications opératoires.

Je publie trois cas intéressants, à l’appui de cette manière de voir, do malades déjà aliénés et auxquels j’ai simplement refusé une inter-

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