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Que doit-on entendre par psychoses post opératoires

{Bulletin médical, 1898.)

Cette étude est postérieure à la discussion qui s’est produite au Congrès des aliénistes d’Angers sur les psychoses post-opératoires.

Cette discussion n’a porte que sur la question de savoir s’il faut maintenir les délires septicémiques ou par intoxication médicamenteuse dans le cadre des psychoses post-opératoires ou s’il faut les en écarter.

J’ai émis l’espoir qu’il ne s’agit que d’un simple malentendu facile à dissiper.

Mais il faut désormais, sous peine de rendre tout effort inutile, bien préciser ce qu’on doit entendre par psychose post-opératoire.

Tout d’abord quelques auteurs y rangent à tort des troubles périphéques qui se rattachent à Thystéro-traumatisme.

Or, si Ton se rapporte à la définition que j’ai donnée à la Société de chirurgie, on ne doit envisager sous le terme de psychose post-opératoire que les troubles qui se produisent dans la sphère de Tidéation.

Cette étude a pour but : I" de confirmer l’existence du délire postoperatonetel que je Taiobservé dans les asiles; 2" de développer les raisons qui m’ont fait éliminer le délire d’intoxication.

La psychose post-opératoire existe, bien qu’elle soit niée par quelques éminents aliénistes. J’ai eu l’occasion, dans une longue pi atique, d’en observer un certain nombre de cas.

Elle s’observe chez des malades qui n’ont jamais été fous, mais qui

présentent des prédispositions héréditaires ou qui, à défaut de celles-ei, présentent des antécédents personnels très anciens.

A l’occasion d’un acte opératoire, les malades présentent un délire qui les amène à l’asile pour un temps plus ou moins long.

Les formes de la psychose sont très spéciales. Elles sont parfois caractérisées par des états d’excitation qu’il n’est pas toujours possible de distinguer de certaines formes d’hystérie.

Les états de dépression constituent le type pur de la psychose vraie post-opératoire. Ils ne peuvent donner heu a aucun équivoque ; cliniquement la psychose se présente alors sous l’aspect d’un délire mélancolique avec toutes ses modalités.

2" Le délire septicémique doit être séparé des psychoses post-opéra-

La réunion des deux formes paraît logique au premier abord. Mais elle n’est pas justifiable au point de vue nosologique et de plus conduit à des désastres thérapeutiques.

Dans la psychose vraie, la psychose constitue toute la maladie. Le malade délire et c’est tout.

Dans la psychose par intoxication septicémique, le délire n’intervient que comme un symptôme secondaire dans le syndrome infectieux.

Cette distinction à un intérêt thérapeutique de premier ordre. Alors que la psychose post-opératoire guérit seule et ne nécessite que l’internement, la psychose par intoxication entraîne souvent la mort et nécessite un traitement chirurgical.

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