De quelques considérations sur puerpérales
(Congrès des aliénistes. — Session de Pau.)
Les divergences qui existent entre les auteurs français et étrangers sur la question des psychoses puerpérales tiennent surtout à l’acception du
La définition qu’a donnée Monneret de la période puerpérale a amené les auteurs à considérer sous le nom de psychoses puerpérales, les psychoses de la grossesse, de 1 accouchement et de la lactation. Or, cette manière d’envisager les faits a l’inconvénient de grouper dans la pratique des faits disparates.
J’estime que les modifications organiques importantes qui se produisent au moment de l’accouchement, à savoir l’ouverture de la cavité utérine, constituent une ligne de démarcation infranchissable entre les psychoses que précèdent l’accouchement et celles qui le suivent.
Je n’étudie dans ce travail que les psychoses post parhm proprement dites que je considère comme superposables aux psychoses post-opéra-
De celles-ci j’ai éliminé les formes fébriles qui appartiennent à la septicémie chirurgicale ; il convient de faire de même pour les psychoses post partum dont les formes fébriles appartiennent à la septicémie chirurgicale puerpérale.
Le terme de psychoses puerpérales ne doit être réservé qu’aux formes apyrétiques dans lesquelles on observe surtout la forme mélancolique.
Dans les deux formes fébrile et apyrétique, le rôle de la dégénérescence mentale est évident, mais le point de départ est le plus souvent l’utérus ou les annexes, parfois la mammite dont j’ai observétrois cas, dans certains cas des foyers infectieux secondaires consécutifs b l’infection puerpérale. Dans un de mes cas, il existait une arthrite tibio-tarsienne dont le traitement a amené la disparition du délire.
En résumé, la doctrine de l’infection éclaire la pathogénie de la
1 évolution et aboutit à l’intervention
maladie, lui imprime sa forme et son chirurgicale.
5. — Considérations sur les psychoses post-iactum (fausses aliénées et folie viscérale).
{Société d'obstétrique de Paris,1905.)
Je montre, dans cette communication, les services que rendent la pathologie générale et la psychiatrie dans la question des psychoses puerpérales.
Si la pathogénie des psychoses puerpérales a divisé si longtemps les esprits, c’est qu’elle a été étudiée ou par les psychiatres qui ignoraient l’obstétrique ou par des accoucheurs à qui la psychiatrie était restée étrangère.
Il faut donc, pour aborder cette question avec fruit, connaître tout d’ahord les infections d’origine obstétricale dans leurs infinies modalités et posséder en outre des connaissances générales en psychiatrie.
Je reviens encore ici sur l’erreur de Monneret et sur la nécessité de distinguer les psychoses de l’accouchement de celles de la grossesse.
Je défends enfin la doctrine de l’infection, tout en conservant une place à la dégénérescence mentale et je me contente dans ce travail de mentionner le rôle des infections latentes d’origine utérine et leur rôle en médecine mentale qui fait l’objet du travail suivant.
6. — Les infections [latentes d’origine utérine chez les nouvelles accouchées et leur importance en médecine mentale.
{Àrch. de psychiatrief 1905.)
Je rappelle dans ce travail basé sur 14 observations les conditions d’une bonne statistique. Les facteurs qui y rentrent doivent être rigoureusement superposables, c’est-à-dire l’espèce morbide doit être constamment identique et le traitement toujours le même. Si les termes viennent
à varier, on n’oblient que des résultats contradictoires et parfois diamétralement opposés.
J’ai appliqué à ma statistique ces principes si simples et si rarement appliqués.
Sur 9 opérées, les 5 premières sont complètement guéries, la 6* peut être considérée comme devant certainement guérir, soit 6 guérisons, 3 malades sont très améliorées, 4 malades n’ont éprouvé aucune amélioration. Dans aucun cas, l’intervention n’a aggravé l’état psychique.
J’envisage dans cette étude l’argumeut tiré de la guérison sponUmée du délire.
Il faut considérer d’abord les cas oii le foyer infectieux s’éteint spontanément.
Il serait en outre intéressant de démontrer dans quelle proportion se produit la guérison spontanée et établir le pourcentage des guérisons avec ou sans intervention.
A défaut de ce document qui me manque, il faudrait au moins avoir une série de faits relatifs à des femmes ayant accouché un certain nombre de fois et ayant présenté chaque fois une psychose poU-parlum d'une durée déterminée.
Si, dans ces conditions, une psychose traitée par le curettage ou l’amputation du col présente une moindre durée, on peut en conclure que si la psychose est parfois susceptible de guérir spontanément avec la lésion qui lui a donné naissance, l’intervention a présenté tout au moins l’avantage en supprimant rapidement l’infection, de faire disparaître du même coup la psychose.
Si, d’autre part, on veut admettre comme je l’ai dit plus haut, que plus la psychose persiste, plus elle a des chances de devenir incurable, on comprend l’importance qu’il yak intervenir.
On voit bien l’intérêt pratique à constater que le traitement chirurgical abrège notablement la durée de l’accès délirant. J’ai liiit à ce point de vue l’examen de mes observations.
Il en résulte que, tout en admettant que l’atténuation spontanée des lésions peut entraîner la disparition de la psychose et que les malades peuvent ainsi guérir sans intervention, il n’en est pas moins vrai que
celle-ci conserve une importance capitale puisqu’elle seule est susceptible, en amenant rapidement la guéiison de la lésion, d’empêcher la psychose de se prolonger et de devenir incurable.
Il résulte des faits qu’il m’a été donné d'observer que les infections latentes de l’utérus tiennent une place réellement insoupçonnée dans la pathogénie des troubles mentaux chez les femmes. Or, dans un travail de 1898, fait en collaboration avec M. Febvre, médecin en chef des asiles, j’établissais que la proportion des femmes aliénées atteintes d’affection gynécologique atteignait le chiffre de 89 p. 100. Toutes ne tiennent pas à l’infection, mais celle-ci entre dans la statistique pour une part considérable.
On arrive ainsi k cette conclusion, que le rôle de la maternité dans l’infection au moment de l’accouchement est considérable dans la pathogénie des psychoses chez la femme.
11 serait intéressant d’étudier la proportion des cas d’aliénation mentale chez les vierges et chez les femmes qui ont eu des enfants. 11 ne m’a pas été possible de faire jusqu’ici ce travail, mais il est probable que la femme mère doit, toutes choses égales d’ailleurs, payer un lourd tribut aux psychoses.
Une conclusion pratique découle de ces faits, c’est la nécessité de pratiquer l’examen gynécologique de toute femme qui entre à l’asile : cette pratique n’est guère eu usage que dans les asiles de la Seine où je l’ai introduite autrefois gnlce au concours de mon regretté collègue Fehvre.