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De l'inutilité et du danger des opérations simulées

{Société de Chirurgie, 1907.)

Je m’applique à démontrer dans ce travail que les opérations simulées sont irrationnelles, mutiles et dangereuses.

Les malades se présentenl dans trois conditions différentes :

I” Ils se plaignent de douleurs dont on ne peut établir le point de départ et qu’ils nllribuent parfois à un déplacement d’organes; 2“ ils invoquent une maladie dont ils inventent les symptômes : 5“ ils sont atteints de zoopalhie.

Tous émeuvent le chirurgien qui, dans un sentiment de pitié, pratique une opération simulée qu’il fait suivre de l’affirmation qn’il a redressé un organe, fait disparaître une lésion ou extrait un animal vivant.

Or, pour justifier un acte opératoire, il faut être fixé d’avance sur son innocuité et son efficacité, il doit en être de même pour un acte simulé.

Dans les deux cas j’étudie la responsabilité morale et matérielle du chirurgien.

Au moment de pratiquer une opération simulée, il faut connaître l’élat mental du malade d’une façon précise. La question devient alors facile îi résoudre.

1” Les malades atteints de zoopathies sont des aliénés véritables : l’opération est dès lors irrationnelle puisqu’il s’agit d’un délire : elle est inntile ainsi que le prouve l’échec constant des tentatives pratiquées jusqu’à ce jour, elle est dangereuse puisqu’elle fortifie et aggrave le délire.

2° Les malades des deux premières catégories sont surtout des hystériques et des hypocondriaques.

Chez les hystériques, la situation du chirurgien est la suivante : ou bien par une sorte de suggestion exercée par le malade il entre dans son délire et pratique une opération inutile, ou bien il se laisse émouvoir par lui et fait une opération simulée.

Dans les deux cas le résultat est désastreux.

Sauf de très rares exceptions, il convient de ne pas intervenir chez ces malades (2 observations personnelles).

Chez, l’hypocondriaque, on se trouve en présence d’un problème analogue et aussi délicat à résoudre.

Dans les cas ordinaires (hypocondrie essentielle; tonte opération simulée doit être rejetée,

En résumé, les Irais catégories de malades que nous avons envisagées appartiennent exclusivement à l’aliéniste quand il n’existe pas une alfeclion chirurgicale nettement définie.

8. — Des inconvénients de l’alitement chez les opérés envisagés au point de vue mental.

(Société de Chirurgie, 1908.)

L’alitement des opérés présente au point de vue viscéral des inconvénients aujourd’hui bien connus.

Or, il convient de signaler un fait qui n’a pas encore attiré l’attention des auteurs, c’est que certains malades présentent pendant leur séjour au lit des troubles cérébraux qui sont pour le chirurgien la source de bien

Or, ces accidents provoqués par l’alitement s’aggravent quand celui-ci dure longtemps et disparaissent en général dès que le malade se lève.

C’est toujours chez les malades prédisposés qu’on les voit apparaître.

Dans une série de cas, j’ai pu constater que lorsqu’un opéré présente une prédisposition névropalhique même minime, on voit apparaître lenlement et progressivement, parfois meme rapidemenl. un étal'plus ou moins accentué, caractérisé par de la dépression, des préoccupations hypocondriaques, du découragement auxquels se joignent parfois des idées d’incurabilité (hypocondrie grabataire).

L’interprétation pathogéniqiie est délicate.

En dehors de la prédisposition (cause première) il faut envisager les causes secondes (nature infectieuse de la maladie, ralentissement dos échanges organiques, etc.).

Cette notion relative aux dangers de l’alitement se concilie parfaitement avec l’opinion des aliénistes qui considèrent actuellement le séjour au lit comme le traitement de choix des états mélancoliques aigus et

En résumé, le chirurgien doit s occuper de I t III opérés au point de vue de l’alitement, rechercher chez eux avec soin les

psychopathies antérieures ; connaître aussi bien, au moment d’opérer, l’état de résistance cerehrale fju il doit connaître l’état de ses viscères (foie ou rein).

Il en résulte des conséquences pratiques intéressantes au point de vue de la méthode thérapeutique è proposer à ces malades.

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