‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 47 sur 58 · Chloroiorme et psychopathies · texte numérisé non relu

Chloroiorme et psychopathies

(Société de Chirurgie, 5t janvier 1906.)

ka cours d’une discussion à la Société de Chirurgie sur le parallèle de la compresse et des appareils pour la chlorotorinisation, j’envisage la question sous un jour spécial en me basant sur une statistique personnelle de 645 anesthésies faites à l’aide de la compresse chez les aliénés au pavillon de chirurgie.

Je soutiens l’opinion que pour apprécier la valeur des petits incidents du chloroforme (agitations, vomissements, etc.), que l’on attribue en général à la compresse, il fallait tenir compte de l’état cérébral du malade.

Les malades observés par moi étaient atteints de psychonévroses comme l’hystérie et l’épilepsie, de psychoses infectieuses et toxiques, de psychoses organiques, enfin de mélancolie et d’affaiblissement intellectuel sénile.

Sur cette sUitistique, je n’ai eu à déplorer aucun cas de mort : les alertes ont été de trois seulement.

Pour apprécier le détail des faits de celle statistique, j’ai réparti celleci en 53 tableaux, publiés dans la thèse de mon élève Marchand.

Au point de vue des réactions des malades, il m’a été possible d’établir deux groupes.

Le premier comprend les psychoses infectieuses, les psychoses organiques et l’affaiblissement sénile.

Le deuxième comprend les psychonévroses et les états mélancoliques. Chez les malades du premier groupe, on n’observe ni vomissement, ni excitation. Le danger estdu côté de l’état viscéral, l’état psychique n’intervient que comme indice révélateur. Une dose minime de chloroforme suffit à l’anesthésie.

Chez les malades du deuxième groupe, on observe des réactions spéciales au cours de la chloroformisation : il convient chez ettx de donner au début des doses élevées de chloroforme. Les petits incidents varient en fréquence selon les formes mentales.

I/étude des rapports de l’anesthésie, avec les formes si variées des psychopathes, peut ainsi devenir une source féconde d’indications et de contre-indications et, dans tous les cas où le chloroforme peut être donné, celle-ci nous renseigne utilement dans chacun des cas sur le moment à intervenir, sur la dose de chloroforme qu’il convient de donner, enfin sur les précautions utiles à prendre avant la chloroformisation chez certains de ces malades.

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