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De la douleur en chirurgie

(AcmUmie de médecine, 17 juillet i9i0.)

Je me suis appliqué dans quelques-uns de mes travaux personnels à appliquer la psychiatrie .’i la chirurgie et à montrer, conformément au plan général de mes éludes, les services que la psychiatrie peut rendre à la chirurgie générale.

A l’aide de documents puisés è l’asile et à l’hôpital, j’ai étudié la douleur qui n’a guère attiré jusqu’ici l’attention des chirurgiens ; cette étude, que j’ai déjà signalée dans un de mes derniers rapports, m’a conduit à une prophylaxie rationnelle et à des applications cliniques utiles.

baissant de côté toute considération philosophique ou docirinale, j ai étudié la douleur en patholoniste. cest-à-dire dans ses rapports avec la

lésion pathologique qui la détermine, et je l’ai définie ; « la conscience spéciale d’un trouble organique périphérique ».

Ainsi envisagée, la clinique nous fournit des éléments importants qui nous rendent compte des modalités si variables de la douleur et nous montre la part qui revient au cerveau et à la périphérie.

Dos états pathologiques divers sont susceptibles de modifier piofondément la sensibilité du sujet. Telle lésion importante reste indolente chez dès alcooliques ou des paralytiques generaux, telle auirc banale est douloureuse.

Dans le premier cas, c’est la qualité des conducteurs qui en est cause.

Dans le deuxième cas, j’ai montré dans mon travail qu’un des problèmes les plus intéressants de pathologie, de clinique et de physiologie pathologique se posait alors à l’attention du chirurgien.

11 convient, en elfet, d’étudier l’indolence habituelle de certaines lésions, comme le prolapsus utérin, la hernie, l’ectopie rénale, d’en séparer les cas où ces mêmes lésions puisent, dans des complications locales, un élément douloureux, d’envisager les erreurs de localisation de la douleur qui conduit à attribuer .ù une affection indolente concomitante la douleur qui appartient à une lésion différente soit superficielle, soit profonde, comme l’appendice ou l’ovaire. Ce n’est qu’alors que Ton peut envisager les réactions mentales variables comme génératrices de la

Cette étude de la douleur spontanée a des applications cliniques nombreuses de la plus haute importance, car elles évitent au chirurgien des erreurs de diagnostic et le mettent à Tahri d’interventions inopportunes.

Dans un deuxième chapitre, j’ai étudié la douleur provoquée par- le chirurgien. Celle-u tient parfois aux complications locales qui sont le résultat d’explorations brutales ou prolongées ; le plus souvent la survivance de la douleur à l’examen dépend de l’état cérébral du malade.

Cette étude conduit à une prophylaxie rationnelle de la douleur que j’ai indiquée dans un ouvrage récent et dont les hases doivent servir de base à l’éducation médicale des jeunes praticiens.

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