‹ Exposé des titres et travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 26 sur 35 · XX. — ACTION SAPONIFIANTE DU FOIE · texte numérisé non relu

XX. — ACTION SAPONIFIANTE DU FOIE

Sur l'éther amyl-salicylique. —L’éther amyl-salicylique est décomposé dans l’organisme principalement sinon exclusivement par le foie.

Expériences in vivo. — On injecte dans une branche de la veine porte une dose mortelle d’étlier amyl-salicylique {2 à 3 centimètres cubes pour le lapin). I/autopsie étant pratiquée au bout de i5 à 20 minutes on perçoit très nettement au niveau du foie l’odeur caractéristique de Falcool amylique. L’odeur devient encore plus nette si on sectionne l’organe; de plus, si l'on traite le foie par l'eau froide, on obtient une solution qui donne nettement la réaction de l’acide salicylique avec le perchlorure de fer.

Expériences in vitro. — i” On recueille sur un animal le sang et les principaux organes : foie, rate, pancréas, poumons, reins, cerveau. On broie ces organes au mortier avec du sable lavé et de l’éther amyl-salicylique, puis on porte ces divers échantillons à l’étuve. Le sang est de même additionné de l’éther, a) Après quelques heures on perçoit très nettement l’odeur de l'alcool amylique dans le tube contenant le foie. Les autres tubes ne présentent pas cette odeur à un degré caractéristique, b) On épuise par l’eau froide les échantillons restés à l’étuve. Les liqueurs filtrées sont additionnées de Fc'* CF. La réaction de l’acide salicyliqûe et très caractéristique avec le foie.

2 ® Le foie lavé avec soin au moyen d’une solution physiologique de chlorure de sodium introduite par la veine porte et l'artère hépatique produit les mêmes effets que le foie non lavé.

3“ Le foie bouilli ne saponifie pas l’éther amyl-salicylique. Le foie exerce donc une action saponifiante propre sur l’éther amyl-salicylique.

Société de Biolorjie, 1900, p. 717; Journal de Phi/siolof/ie et de Pathologie générale, septembre 1900. En collaboration avec M. Chanoz.

AUTOLYSE

XXL — AUTOLYSE DU FOIE

Le foie examiné immédiatement après la mort ne parait contenir que des traces d’acides biliaires. Dans l’organe séparé de l’animal et conservé à l’étuve à 37 degrés, ilne se fait pas d’acides biliaires, même lorsque la teneur du foie en glycogène est très élevée. Les acides biliaires préexistant semblent plutôt diminuer. Les albuminoïdes subissent une régression. Le phénomène est démontré par l’augmentation considérable de l’extrait alcoolique. Parmi les produits de régression les leucines sont ceux dont l’augmentation est le plus manifeste. En même temps que des leucines se produit une matière cireuse jaunâtre à odeur de viande grillée, soluble dans l’eau. Cette substance est précipitable par l’acide phosphotungstique. Avec l’azotate d’argent, elle donne une combinaison qui noircit et n’a pu être caractérisée. A l’étuve, dans les conditions où nous nous sommes placés, il se forme dans le foie une matière colorante brune, voisine, mais distincte de l’hématine. Cette substance nouvelle contient du fer; elle est soluble dans l’alcool acidulé par l'acide oxalique. Elle présente en solution acide au spectroscope : une première bande à l’extrémité du rouge entre 76 et 78; une seconde plus particulièrement visible dans le vert à 112. De plus, toute la région bleue à partir de 120, 140 est obscurcie. En solution alcaline les caractères spectroscopiques ne varient pas. D’une manière générale, les graisses paraissent diminuer dans le foie abandonné à l’étuve. C’est du moins ce qui paraît résulter des dosages d’acides gras que nous avons exécutés. Les variations de la cholestérine ne paraissent pas toujours parallèles â celles des graisses.

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