‹ Exposé des titres et travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 32 sur 35 · XXXI. — PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

XXXI. — PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES

PENDANT LA COAGL'LATrON DI' SANG ET DU LAIT

Un liquide se coagule; sa constitution physico-chimique est changée. Du fait de cette modification pourrait résulter une perturbation électrique entre le caillot apparu et le fluide restant. Y a-t-il production d’un phénomène électrique (variation de potentiel, création d’une force électro-motrice) pendant la coagulation du sang. Telle est la question que j’ai voulu étudier avec M. Chanoz. Une pareille recherche est difficile ; elle exige une instrumentation délicate, nécessite une détermination préalable des causes d’erreur nombreuses rencontrées dans ces sortes d’expériences et demande enfin une critique serrée des résultats obtenus. Je résume ici brièvement les lignes principales de notre travail.

1. Coagulation du sang. — Principe de la. méthode employée. — Deux électrodes convenables réunies à un appareil de mesure approprié plongent dans du sang frais oxalaté. On provoque la coagulation autour de l’une des électrodes. Des indications dans le temps de l’appareil de mesure on peut déduire l’intensité du phénomène cherché.

Vase contenant le .sang. — Vase cylindrique en verre mince d’une contenance de 400 centimètres cubes environ. Une cloison verticale en liège paraffiné divise le vaisseau en deux parties égales que l’on remplit de sang. Au moment voulu on fait communiquer les deux liquides en enlevant l’opercule obturateur d’une ouverture circulaire creusée dans la paroi verticale. Chaque compartiment reçoit une électrode complètement immergée dans le liquide sangin.

Électrodes. — Nous avons employé deux sortes d’électrodes : 1° une paire d’électrodes impolarisables au Zn H- SO' Zn de Paalzow-Boiity modifiées ; 2“ de grandes électrodes en platine roulées en spirale. Chaque électrode a deux faces actives ; la surface de chacune de ces faces est do 25 centimètres carrés.

Appareils de mesure. — 1“ Galvanomètre : à cause des déplacements du zéro, nous avons renoncé au galvanomètre Thomson-Carpentier. Nous avons fait usage finalement d’un galvanomètre balistique d’Arsonval-Nalder’s. Les déviations étaient connues en observant directement sur une échelle translucide placée à un mètre environ de l’appareil le déplacement du spot réfléchi pai le miroir concave du circuit mobile. Dans ces conditions le zéro ne s’est pas déplacé de plus de deux divisions en quelques heures. Un courant de un micro-amprère

proposé avec M. Chanoz : i‘

148 FERMENTATIONS. MICROBIENNl-S

-raclués en i/io de degré. Pour certaines positions du ménisque on peut apprécier le i/Sorfe degré; toujours on apprécie très sûrement le i/3o de degré.

RésalUts et conclasion. — L’agitation du liquide amène une élévation rapide et persistante, d’une fraction de i/io de degré. Après une agitation prolongée, une nouvelle agitation est sans action. A partir de ce point la température se maintient constante sans agitation pendant au moins quinze minutes. A ce moment le robinet de l’entonnoir contenant la présure est ouvert; le mélange estopéré et l’expérimentateur sortde l’étuve. Pendantcetle opération d'une durée de dix à quinze secondes, on observait une élévation de 2 à C centièmes de degré; puis on pointait toutes les minutes pendant dix à vingt minutes suivant le cas. On vérifiait ensuite que le lait était parfaitement caillé.

Nous avons constaté, dans ces conditions, que la coagulation du lait s’opérant vers 32 degrés sous l’action combinée de la présure et d’une petite quantité de chlorure de calcium ne s’accompagne pas d’un phénomène thermique appréciable. Le phénomène, s’il existe, est inférieur à i /3o de degré centigrade.

Nos expériences ont été faites comparativement avec de la présure bouillie et de la présure fraîche. 11 faut être prévenu que la présure en solution aqueuse s’altère très rapidement déjà à la température de 3o degrés, fait déjà mis en évidence par Camus et Gley en 1897.

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