THÉRAPEUTIQUE
Des conclusions relatives au traitement ont déjà été exposées jjlus haut, à propos de diverses maladies ou affections, notamment dans les chapitres : Polynévrites, Méningites, Tabes et Paralysie générale, Syphilis nerveuse. Affections du foie. Ascite, Paracentèse, Infections de l’enfance. Anémies.
Dans le présent chapitre, je vais faire une brève récapitulation générale de mes tentatives opothérapiques et analyser quelques travaux relatifs à des questions de thérapeutique.
Opothérapie.
.l’ai mentionné les effets thérapeutiques de diverses sécrétions internes dans un certain nombre d’observations analysées dans le cours de cet exposé. Je me borne à rappeler ici les résultats les plus intéressants.
M. le Professeur Spillmann et nioi avons obtenu d’excellents effets de l’extrait surrénal dans la maladie d’Addison (voir page 106). J’ai fait avec M. J. Parisot des essais d’opothérapie hépatique et pancréatique chez des diabétiques (voir p.108).Mes recherches avec M. Jeandelize montrent le rôle défensif du corps thyroïde contre les intoxications et font prévoir la possibilité d’applications pratiques (voir p. 115). Diverses observations confirment Faction de certaines secrétions sur la croissance (voir p. 36 et 65). L’étude
de Y action des sécrétions internes sur le sa7ig (voir p. f)o, m’a amené à conclure à sa réalité et confirme l’utilité de l’emploi de certains extraits organiques (médullaire, ovarien, etc.) dans le traitement des anémies (voir. p. 105).
Uopothérapie hépatique m’a permis d’élucider la pathogénie de l’anémie des cirrhotiques (voir p. 88) et d’étudier l’influence du foie sur les hématies, l’hémoglobine, etc. De plus, j’ai obtenu par elle des résultats absolument confirmatifs des conclusions antérieures de MM.Landouzy, Gilbert et Carnot, Dieulafoy, Spillmann, Gaillard, Créquy, Hirtz, etc.
Les médications opothérapiques demandent à être employées suivant des règles précises et d’une manière opportune (Landouzy, Mossé, Gilbert et Carnot, de Cérenville). En ce qui concerne plus spécialement l’opothérapie hépatique, j’ai pu confirmer les prescriptions des auteurs précités, et particulièrement celles de MM. Gilbert et Carnot sur son efficacité et l’opportunité de son emploi quand la cellule hépatique n’est pas encore trop altérée et est encore susceptible de réagir à l’excitant spécifique qu’est l’extrait organique. Du reste, l’opothérapie ne dispense pas de l’emploides médications diététiques et symptomatiques classiques (voir p. 88).
Sur la posologie des produits opothérapiques [n» ii2].
M. P. Jeandelize et moi démontrons par de nombreux exemples que, dans le mode actuel de présentation des produits opothérapiques, ies médecins rencontrent des difficultés dues ;
fo A l’incertitude de Y activité physiologique exacte des divers extraits mis en vente (l’activité n’étant pas parallèle au rendement pondéral des extraits par rapport à l’organe frais) ;
2° A l’absence de concordance entre les doses indiquées par les notices et prospectus des laboratoires (ces discordances de posologie se rencontrant non seulement entre les extraits des diverses marques, mais aussi entre des extraits différents d’une même marque pour un même organe) ;
3“ Aux confusions qui peuvent résulter de l’absence d’une terminologie univoque.
Nous exprimons le vœu que les laboratoires préparateurs indiquent non seulement l’équivalence pondérale :
Extrait (M grammes) = Ôrganes frais (N grammes)
mais surtout l’équivalence physiologique :
Activité de P grammes d extrait = Activité de Q grammes d organes frais.
Gela rendrait toujours scientifique et rationnel l’emploi des médicaments opothérapiques. La valeur de Q, dose usuelle, a été établie par les tentatives opothérapiques antérieures. La détermination de la valeur de P pour chaque organe est affaire d expérimentation. Sans doute, pour les organes à fonctions complexes, cette détermination sera parfois difficile ; mais le plus souvent cette difficulté sera résolue par une étude physiologique des extraits pour leurs principales propriétés ; l’activité d’un extrait hypophysaire pourrait se mesurer par exemple à son action sur la tension artérielle, etc., etc. On pourrait faire 1 étude de 1 activité de chaque produit en vue de chacune de ses applications possibles.
Danger possible de la médication arsenicale chez les insuffisants thyroidiens (avec m. P. Jeandelize) [n» 140].
L’action favorable de l’arsenic contre la maladie de BasedoM (L. Weber) et contre les accidents du traitement thyroïdien (Bédard et Mabille) est à rapprocher des expériences faites par M. Jeandelize et moi au laboratoire de M. le Professeur Schmitt (voir page 116), expériences qui ont montré que les lapins thyroïdectornisés sont plus sensibles que les lapins normaux à 1 empoisonnement par l’arséniate de soude. Si l’arsenic neutralise certains effets de la sécrétion thyroïdienne et si un organisme privé de cette sécrétion est très sensible à l’intoxication par l’arsenic, la plus grande prudence s’impose en ce qui concerne 1 emploi de la médication arsenicale chez les insuffisants thyroïdiens.
Essai d’interprétation des succès et insuccès de la thiosinamine
L’examen critique, des résultats donnés par la thiosinamine dans les affections viscérales et nerveuses montre que ces
résultats, positifs ou négatifs, s’expliquent facilement si on part de la notion de Vaction élective de ce produit sur le tissu conjonctif jeune et accessoirement sur les tissus d’origine mésodermique peu différenciés et en réaction, alors qu’il n’influence pas les tissus d’origine mésodermique bien différenciés, ni les tissus d’origine ectodermique ou entodermique.
L’embryologie et l’histologie pathologique des lésions, indiquant la part quy peut jouer le tissu conjonctif, le degré de différenciation àe celui-ci ou de ses dérivés, et \e. possibilité ou Vimpossibilité pour les éléments nobles de se régénérei encore, permettent de trouver, en appliquant la notion precitee a chaque cas particulier, une interprétation rationnelle du succès ou de l’insuccès de la médication, interprétation à laquelle de très rares cas seulement semblent jusqu’ici se soustraire (et encore sous bénéfice de certaines réserves); de même on peut par avance prévoir le résultat à attendre.
Observation et documents in thèse de M. MAnsioiTON. La Thio-
sinamine, son action sur les tissus de cicatrice, son emploi en oculistique. Nancy, juillet 1908.
Un emploi prophylactique de la teinture d'iode [n» 187],
Le pouvoir antiseptique de l’iode est aujourd’hui universellement admis. La teinture d’iode peut rendre les plus grands services pour désinfecter les sillons péri-unguéaux après une manipulation suspecte : une goutte de teinture d’iode mise au coin de l’ongle s’y répand immédiatement par capillarité.
Ce que doit faire le personnel des hôpitaux à l'entrée d’un mor phinomane fébricitant [n» 167].
Un morphinomane, atteint de pneumonie et de bronchite diffuse aiguë, entre à l’hôpital le sixième jour dans un état assez satisfaisant. Le malade ne reçoit qu’une dose très insuffisante de morphine. Au bout de vingt-quatre heures, le pouls devient mou et irrégulier, le malade est très agité. La restitution de la morphine ad libitum remet les choses en état du soir au matin. La pneumonie évolue ensuite tranquillement et la défervescence se fait facilement.
On peut conclure de ce fait à l’opportunité de la prescription systématique que voici :
Quand un malade entre à l’hôpital avec les symptômes d’une maladie aiguô (ou même simplement avec une forte fièvre) et réclame de la morphine, il faut lui donner des injections aussi fréquentes et aussi abondantes qu’il le demande, sans s’étonner de la quantité parfois considérable qu’il pourra réclarner.
En effet, s’il est un moment qu’il ne faut pas choisir pour tenter une cure de la morphinomanie, c’est bien celui où le morphinomane est atteint d’nne maladie aiguë. Il a alors assez à faire pour s’en défendre avec les ressources propres de son organisme, et il est très dangereux de lui enlever à ce moment la morphine nécessaire à son équilibre fonctionnel et humoral, et d’ajouter aux symptômes de la maladie aiguë ceux d’une démorphinisation complète ou partielle. Le collapsus cardiaque serait la conséquence d’une telle imprudence.
Modifications apportées à certains détails de construction de l’aspirateur de Potain [n« 191].
L’aspirateur de Potain, instrument portatif et peu coûteux, est très répandu, mais il présente diverses défectuosités de construction, qui peuvent avoir des inconvénients pendant l’emploi, .l’indiqne, avec figure à l’appui, comment on peut y remédier par divers perfectionnements ou simplifications, en ce qui concerne la pompe, le tuyau d’aspiration d’air, les embouts métalliques.
Action des bains carbo-gazeux sur la tension artérielle et sur la toxicité urinaire [n» 141].
Simple revue.
Incarcération d’une bague dans une cicatrice, procédé d’extraction
Observation et détails de technique,
La constitution d’un poste de secours dans une Exposition [n» 183], Programme rédigé à l’occasion de l’organisation des secours d’urgence à l’Exposition de Nancy.
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Les soins d’urgence à donner en attendant le médecin [n° 184]. Exposé didactique.
Quelques réflexions professionnelles à propos du nouveau Codex
Les modifications essentielles du Codex n’ont point été officiellement notifiées aux médecins, qui ont appris par les journaux l’existence du nouveau Codex : il en est résulté un retard dans son application et il en résulte encore souvent divers inconvénients.
De la présentation des spécialités pharmaceutiques aux médecins
A propos des spécialités pharmaceutiques [n» 165],
Critique de la manière trop peu scientifique dont sont présentées la plupart des spécialités pharmaceutiques et exposé des moyens de remédier à cet état de choses.
Nécessité d’adopter un modèle uniforme de fiches pharmacologiques pour spécialités, médicaments nouveaux, etc. [n» 181 ].
L’adoption d’un système de fiches analogues aux fiches bibliographiques internationales aiderait à retrouver les renseignements utiles et contribuerait à rendre plus rationuel et plus scientifique l’emploi des produits en question.