I. Infections aiguës
a . Infections diverses
Diagnostic de la méningite aiguë non tuberculeuse
En insistant sur les difficultés du diagnostic entre la méningite aiguë cêrébro spinale et la méningite tuberculeuse, nous rapportons une observation de méningite cérébro-spinale terminée par la guérison après quelques ponctions lombaires. Il s’agissait d’une méningite grave avec incontinence sphinctérienne, délire, Cheyne- Stokes et paralysies oculaires. Les ponctions lombaires avaient ramené au début un liquide purulent contenant des polynucléaires et du méningocoque; à la fin les méningocoques avaient disparu, les polynucléaires étaient remplacés par des lymphocytes. La guérison fut totale, sans aucune séquelle.
Un cas de pneumococcie généralisée sans pneumonie initiale, terminée par la mort
Les cas depneumococciessans pneumonies sont très rares. M. Pic et Bonnamour en réunissent récemment à peine quelques observa-
lions, la nôtre est une des plus anciennes. Une malade de 28 ans, à la suite d’une congestion pulmonaire minime avec fétidité de l’expectoration, f^it successivement une pleurésie, une endocardite et une méningite à pneumocoques. Le pneumocoque fut isplé facilement dans la circulation. L’autopsie révéla des iésions particulièrement étendues : pleurésies diaphragmatiques, interlobaires suppu- rées, méningite suppurée, endocardite végétante, sans aucun foyer d’hépatisation pulmonaire.
Ostéomyélite sacro-lombaire à diplocoque en grains de café
Les diplocoques de la famille du méningocoque et du gonocoque provoquent rarement des complications osseuses. Il existe cependant des exemples d’ostéomyélite. Le cas que nous avons observé est particulièrement instructif. L’ostéomyélite avait intéressé la région sacro-lombaire ; débutant par une rachialgie intense, elle avait été reconnue grâce à une ponction lombaire qui permit de retirer du pus avant d’avoir pénétré jusqu’aux espaces sous-arachnoïdiens. La collection suppurée était péri-durefmérienne, elle contenait un diplocoque en grain de café ne prenant pas le Gram. La ponction détermina l'apparition d’un abcès sous-cutané de même nature microbienne. Ultérieurement, une collection s’ouvrit dans le rectum, l’infection secondaire qui résulta de cette ouverture fut cause d’une grave infection générale et d’un abcès spusaponévrotique de la cuisse à anaérobies. La mort fut la terminaison de cette longue évolution infectieuse. L’autopsie permit la constatation d’une ostéomyélite intra et extra-rachiclienne avec migrations multiples, mais à prédominance sacro-lombaire.
Un cas de myocardite érysipélateuse
(No 7)
Les observations démonstratives de myocardite à la suite de l’érysipèle peqyeqt se classer en deux catégories : les unes sont complètes et réunissent à la fois l’histoire clinique et les constatations nécrosiques, les autres plus ou moins précises se bornent à l’observation clinique. La myocardite subaiguë avec arythmie, que nous avons observée dans le service de M. Hudiard, rentre dans la deuxième catégorie. L'observation anatomique fait défaut; malgré cette
imperfeotion, l’apparition rapide des phénomènes arythmiques après l’érysipèle autorise l’affirmation d’une atteinte musculaire.
A propos des typho-bacilloses
Au sujet du diagnostic des typho-bacilloses de Landouzy. il faut signaler l’existeqce de faits comme nous en avons rapporté un cas. La tuberculose pulmonaire se développe rapidement au 3 e septénaire d’une fièvre typhoïde reconnue de nature éberthienne, grâce au séro-diagnostic et à l’hémoculture. Le diagnostic de la tuberculose pulmonaire, très localisé, à un sommet, fut solidement assis sur la constatation des bacilles dans les crachats. L’alimentation reprise avant toute cessation de température et ppsuite uq traitement hygiéno diététique, suspendirent pendant plusieurs mois l’évolution de cette tuberculose.
Des formes typhoïdes de certaines septicémies diplococciques
Les deux observations, dont nous rapportons l’histoire clinique, et bactériologique, n’ont de commun que le syndrome typhique que présentaient les malades. Dans la première, l’évolution se fit vers la guérison. Le diagnostic avait été très difficile à faire cliniquement avec la lièvre typhoïde, cependant un symptôme important manquait : les taches rosées. La culture du sang permit à plusieurs reprises de cultiver un diplococoque réniforme intermédiaire entre le gonocoque et l’entérocqque. L’apparition d’une otite suppurée conduisit de même à l’isolement direct de ce microbe dans le pus, diplocoque d’ailleurs fortement agglutiné par le sérum du malade, contrairement au bacille d’Eberth.
La deuxième observation se rapporte à une septicémie mixte, septicémie à diplocoque associée à une tuberculose pulmonaire aiguë. La malade mourut ef à l’examen histologique de ses poumons on retrouva l’association du diplocoque et du bacille de Koch. Il s’agissait d’un diplocoque voisin du microcoqué catarrhal des voies respiratoires supérieures. La septicémie diploçoccique paraît dans de telles circonstances avoir favorisé le développement de la tqbercq- Jose pulmonaire,
La connaissance de ces septicémies à diplocoques est importante à préciser, car elle démontre que le syndrome typhoïde est loin d’être l’unique traduction de l’infection éberthienne. Les cultures et les agglutinations réservent souvent des surprises en ce qu’il est du diagnostic bactériologique.
b. Infection et immunisation charbonneuse
Sur quelques propriétés du sérum d’un charbonneux convalescent. Présence d’ambocepteur spécifique,
index opsonique, active immunisante pour le lapin
Propriétés des humeurs d’un lapin immunisé avec le sérum d’un malade guéri de charbon
La réaction de Bordet-Gengou dans ses rapports avec l’immunité naturelle contre le charbon.
Influence des propriétés physico-chimiques du sérum
Le sérum d’un charbonneux convalescent nous a présenté plusieurs réations biologiques intéressantes : la réaction de Bordet- Gengou nous y fit découvrir un ambocepteur ou sensibilisatrice spécifique, l’index opsonique était notablement élevé et de plus l’injection du sérum du malade au lapin nous permit de réaliser une immunisation artificielle contre le charbon. L’injection du sérum de ce lapin immunisé détermina une immunisation passagère contre l’inoculation ultérieure de charbon. Les animaux traités par le sérum immunisant et ensuite par une inoculation bactéridienne présentèrent à la suite une immunisation rapide, intense et durable.
Cet ambocepteur spécifique n’avait cependant pas lui-meme de propriétés bactériolytiques.
Pour expliquer l’immunisation naturelle de certains animaux contre le charbon, nous avons recherché, à l’aide de la fixation du complément, l’existence d’une sensibilisatrice spécifique. Seul parmi les animaux, le sérum de chien présente la propriété de fixer le complément sur la bactéridie charbonneuse, mais à l’occasion de cette
réaction, nous faisons remarquer que cette fixation est d’autant plus évidente que le sérum est plus lactescent. Il en est de même si on ajoute à un sérum clair de chien des traces d’un lipoïde, lécithine par exemple. La constitution physico-chimique du sérum joue un rôle important dans le dèterminis'me de certaines des réactions caractéristiques des immunisations naturelles. L’importance des lipoïdes dans les fixations du complément a été contrôlée dans de nombreux travaux ultérieurs.
Anticorps et réaction de Bordet-Gengou
Article de vulgarisation.
c. Infection blennorragique
Des pyarthroses blennorragiques bénignes
Les arthrites suppurées à gonocoques sont loin d’être toujours graves. Deux observations recueillies dans le service du Pr Chauffard le démontrent. Les ponctions articulaires de ces deux arthrites firent retirer du pus où le gonocoque était abondant et fut facilement cultivé. La guérison survint à la suite de ces simples ponctions . sans arthrotomie.
Les myosites gonococciques.
Étude clinique et expérimentale
C’est une complication bien exceptionnelle de la blennorragie. Avec M. Chauffard, nous en rapportons une observation clinique : chez un jeune blennorragique de 20 ans apparaît, à la partie moyenne du bras gauche, une zone douloureuse, le biceps est bientôt d’une dureté ligneuse, une ponction profonde permet de retirer du pus contenant du gonocoque. Une incision chirurgicale est nécessaire, quand la suppuration est tarie, le muscle a repris sa consistance normale. Nous avons réuni 17 observations analogues, la rigidité musculaire est un phénomèneconstant. Une étude expérimentale nous en a fourni la raison. L’infection gonococcique provoque avec facilité et rapi-
dité des altérations musculaires; dont nous avons étudié les différentes étapes. Deux heures après l’injection se manifeste un épaississement et un gonflement des fibrilles musculaires, dont les affinités colorantes s’accusent. Alternativement, la dégénérescence s’accentue et la striation transversale disparaît pour présenter plus tard le morcellement discoïde de Zenker. L’étüde des faits comparatifs montre qu’il se produit dans Ces cas une véritable nécrose de coagulation de lamyosine. Cette coagulation est la conséquence autant de Y action des toxines solubles que de Y action des microbes eux-mêmes.
Deux cas de kératose blennorragique Reproduction expérimentale
(Nos 44-55)
Les faits observés par nous dans le service du P r Chauffard ne présentent aucune particularité clinique qui puisse légitimer des
p 10 . 1. — Kératose blennorragique (Observ. Chauffard et Fiessinger).
conclusions nouvellès. Cependant l’étude expérimentale que nous en avons faite éclaire la pàthogénie de cette curieuse affection. Nôus avons pu, sur le malade kératosique, reproduire à distance l’élément
éruptif. Pour ce faire, on doit combiner les différents facteurs étiologiques : terrain kèratosiquBi macération épidermique et enfin inoculation à l’aide de produits de grattage recueillis au niveau des éléments kératosiques. De nombrëuses expériences de contrôle démontrent que l’association de ces trois processus est nécessaire pour donner la kératose. C’était la première fois que la reproduction expérimentale de la kératose Blennorragique était pbtenue. Les expériences n’ont réussi que sur le sujet kératosique, elles ont entièrement échoué sur le singe, le lapin, le cobaye ou l’homme normal. La substance inoculée provenait de grattage de derme kératosique.