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II. Affections du cœur et des Reins

a. Coeur

Perforation de la grande valve mitrale

Les perforations circulaires de la grande valve mitrale ne provoquent pas nécessairement de grands troubles circulatoires. Dans le cas que nous avons observé, la perforation no dépassait pas 2 centimètres de diamètre; la lésion fut découverte à l’autopsie (Musée Dupuytren).

Valeur diurétique de la ponction pleurale chez les cardiaques et les rénaux

(No 11)

Les épanchements pleuraux uni ou bi-latéraux constituent dès obstacles à la circulation pulmonaire. Leur ponction évacuàtrice en soulageant le travail du cœur suffit dans certains cas pour faire apparaître une abondante diurèse avec élimination considérable de chlorures et d’urée que ni la digitale, ni la théobromine n’avaient pu produire avant la ponction évacuatrice.

Le myocarde des tuberculeux en dehors de la tuberculose du myocarde

Malgré l'intensité des tachycardies des tuberculeux pulmonaires, les altérations de la fibre cardiaque sont moins fréquentes qu’on ne serait en droit de le prévoir. En examinant de nombreux myocardes de tuberculeux au point de vue histologique, à l’aide d’une technique minutieuse, nous avons remarqué seulement une plus grande surcharge pigmentaire et une sclérosepéri-fasciculaire plus marquée que normalement. Il n’existe pas, à vrai dire, de profondes dégénérescences musculaires, pas plus que des réactions interstitielles étendues. La légère réaction scléreuse que l’on observe ne peut être reproduite expérimentalement par les injections répétées à l’animal de tuberculine soluble : nous pensons qu’elle est produite par l’action fibrosante de certaines toxines fixes du bacille de Koch. Sur ce point, le myocarde se rapproche du parenchyme rénal et hépatique, que le bacille altère surtout par l’intermédiaire de ses toxines fixes.

La syphilis du cœur

A l’occasion d’un cas de syphilis gommeuse du myocarde, nous avons repris toute l’étude bibliographique des faits signalés antérieurement.

Il s’agissait d’un malade âgé de 53 ans, dont la syphilis remontait à 15 ans. Quinze jours avant son entrée à l’hôpital il est pris de dyspnée au moindre effort. En quelques jours, cette dyspnée s’est accusée au point d’empêcher tout travail pénible. Un œdème blanc envahit rapidement les membres inférieurs et la paroi de l’abdomen. L’examen physique fait retrouver de la bronchite généralisée, avec congestion des bases et petit épanchement pleural droit. Au cœur, les battements sont réguliers et sans modification du timbre. Le pouls est à 120. Le malade succombe rapidement à un œdème aigu du poumon. L’autopsie, outre l’œdème du poumon et les lésions dues à la stase veineuse, fait retrouver des lésions importantes au niveau du ventricule droit. L’endocarde, au-dessous des piliers postérieurs de la valve tricuspide, montre une coloration blanchâtre, la section à ce niveau découvre une gomme à noyau blanchâtre fibroélastique. Deux autres gommes se voient à la base de l’infundibulum

de l’artère pulmonaire. Pas d’autres altérations cardiaques, ie ventricule gauche est indemne. L’examen histologique de ces noyaux ne permet aucune hésitation au sujet du diagnostic : l’intensité de la réaction scléreuse périgommeuse, l’étendue des lésions artérielles, l’absence de cellules géantes et de follicules tuberculeux le caractérisent suffisamment.

Après avoir étudié la généralité des faits rapportés jusqu’alors, nous les classons en syndromes asystoliques , syndrome d’œdème aigu du poumon, syndromes hémiplégiques et syndromes confus où la mort survient par le fait du marasme, de la tuberculose pulmonaire, d’un accès d’asthme ou d’une pneumonie.

Le plus souvent, lediagnostic n’a été posé, comme dans le fait que nous avons observé, qu’à l’occasion de la vérification anatomique. Sur une symptomatologie aussi vague, le diagnostic ne peut être solidement assis. La notion étiologique fait parfois soupçonner la nature syphilitique des accidents : le traitement antisyphilitique sera néanmoins institué avec prudence, car il n’est pas toujours inoffensif dans les cas où des scléroses intenses cardio-rénales ont eu le temps de se manifester.

b. Reins

Rétention chlorurée dans la néphrite interstitielle avec œdèmes ou sans œdèmes.

Ses rapports avec la tension artérielle et la cachexie artérielle

Nous avons suivi pendant trois mois la courbe journalière de l’élimination chlorurée et de la tension artérielle chez deux malades atteints de néphrite interstitielle, l’un avec œdème, l’autre sans œdème. Le régime déchloruré fit baisser la tension artérielle du premier sans modifier en aucune façon la tension du deuxième. La comparaison de ces deux faits démontre donc que le rôle de la rétention chlorurée dans le déterminisme de l’hypertension artérielle n’est pas le même dans tous les cas. Certaines hypertensions des rénaux peuvent être abaissées par une déchloruration systématique ; par contre, d’autres hypertensions résistent à cette épreuve : il faut donc incriminer à leur origine une autre cause que l’altération chlorurée de la crase sanguine. Ce régime déchloruré s’accompagna dans le deuxième cas d’une augmentation progressive du poids, et nous

nous demandons si la cachexie artérielle ne relève pas dans de nombreux cas de l’hyperchloruration de l’organisme. Les courbes des dosages que nous en avons rapportées paraissent fournir des preuves suffisantes à l’appui de cette maniéré de voir.

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