CHAPITRE III
RECHERCHES CARDIOLOGIQUES
La cardiologie est une des parties de la médecine qui s’est le plus modifiée dans ces dernières années, grâce à l’intime collaboration de la physiologie et de la clinique. Les recherches que je poursuis depuis des années ont contribué pour une large part à l’évolution de la pathologie cardiaque.
Auscultation du pouls veineux.
L’auscultation du pouls veineux (avec M. Henri Godcewski). Société médicale dés Hôpitaux, 14 février 1913, p. 401 ; Académie de Médecine, 22 juin 1915, p. 721 ; La Presse médicale, 22 juillet 1918, p. 262.
L’auscultation du pouls veineux. Bulletin médical, 28 avril 1920, p. 391.
L’examen du pouls veineux ne pouvait se faire jusqu’à présent qu’à l’aide de la méthode graphique. La simple inspection du cou fournit bien quelques renseignements : distension plus ou moins grande des veines jugulaires, présence de mouvements de retrait de ces mêmes veines, notions qui, somme toute, sont assez vagues. Mais pour obtenir quelques précisions, il fallait prendre des tracés.
Malheureusement la méthode graphique nécessite une instrumentation que l’on n’a pas toujours à sa portée. Il était donc intéressant de trouver un mode d’examen plus facile à mettre en œuvre dans toutes les circonstances.
C’est dans ce but que nous avons pensé à ausculter les veines jugulaires et nous avons trouvé ainsi un nouveau procédé d’investigation qui, sans fournir des renseignements aussi exacts et aussi certains que les tracés, donne cependant des notions que l’on n’obtient pas à l’aide des autres procédés d’investigation clinique : l’auscultation des veines jugulaires permet de se rendre compte de la succession des différentes phases de la contraction du cœur.
Cette auscultation est délicate et doit être pratiquée suivant une technique que nous avons indiquée d’une façon précise.
En se conformant à notre technique, l’auscultation jugulaire permet de perce-
trois bruits correspondant aux trois Épreuve <
L'épreuve du nitrite d’amyle (avec M. :
24 janvier 1913, p. 212.
Les épreuves de l’atropine et du nitr:
Sur l’action des nerfs d
médicale des ffôpi
i faisceau de iux, 17 janvier 1
dépassent pas
Rétrécissement mitral ; tachyarythmie auriculaire et ventriculaire avec dissociation auriculo-ventriculaire; action de la digitale (avec M. Paul Chevallier). Société médicale des Hôpitaux , 29 décembre 1911, p. 681.
Premier cas de cette variété d’arythmie dont un certain nombre d’observations ont été publiées depuis.
Nous avons mis en lumière l’action curieuse de la digitaline ; celle-ci ralentit d abord les ventricules, le rythme auriculaire s’accélérant même; puis les oreillettes se ralentissent b leur tour, mais en même temps apparaît de la fibrillation
médicale des Hôpitaux , 15 no'v La pression artérielle, surtout
la rainima se maintenant a son taux normal.
Un certain nombre d’élèves, se trouvant b peu près au même degré d’entrainement qué les précédents, n’avaient pas volé depuis un certain temps, variant
ruption, à voler depuis un ou deux jours, les autres n'avaient pas encore repris leurs vols. Tous ces élèves avaient des pressions maxima normales.
Passons aux élèves arrivés à un degré moyen d’entrainement. Cette catégorie présente forcément des limites un peu imprécises. Nous avons souvent constaté chez ces élèves des pressions normales, plus souvent des pressions franchement
Des élèves de cette catégorie, examinés après une longue période de repos,
Chez les pilotes simplement aguerris , la pression maxima est souvent normale, plus souvent encore légèrement abaissée, ou franchement basse. Elle se montre toujours normale chez les pilotes qui ont été au repos.
La pression maxima des pilotes très aguerris est en général normale, variant entre ti, 15 et 16; cependant la proportion des pressions plus élevées est relativement considérable ; il n'est pas rare de trouver 17 et 18. La pression minima
11 résulte de ces recherches que l'acte de piloter un avion tend à déterminer un abaissement de la pression maxima, sans modifier la minima.
En dehors des vols, on note la perte de l’énergie avec abattement et fatigue; quelquefois les sujets se rendent compte que les mouvements sont possibles, mais ils éprouvent une sorte de paresse il les exécuter.
Lès recherches très précises de Widal, R. BénAbd et Vatjcmh ont montré de plus que l'hydrémie des cardiaques ne se distinguo en rien de celle des brightiques et que le plasma des cardiaques ost aussi fortement dilué que celui de beaucoup de brightiques.
Le ralentissement de la circulation du sang dans les vaisseaux délermine en même temps la stase du liquide qui circule dans les espaces interstitiels. En effet, le mouvement des humeurs n’est pas régi uniquement par les phénomènes de régulation osmotique. Nous pensons que la circulation sanguine intravasculaire joue & ce point de vue un rôle très important, en entraînant par adhérence moléculaire la masse liquide interstitielle extrav asculaire. Le liquide qui baigne les espaces intercellulaires n’étant plus entraîné, puis repris par la circulation san-
ce que n’avaient pas compris les auteurs qui avaient appliqué la constante uréo-sécrétoire à l’étude de la fonction rénale chez les cardiaques et qui lui avaient imputé une infidélité clinique due tout simplement aux conditions défectueuses dans lesquelles ils s’étaient placés et à une erreur d’inlerprétalion.
La méthode des éliminations provoquées ne permet pas non plus d’apprécier, quand elle est mise en œuvre pendant la période d’oligurie, si le rein est ou non lésé. Elle ne fournit de données valables qu’après la polyuiie libératrice.
Nous avons montré qu’il en est ainsi de l’épreuve de la phênolsulfonephtaléine. Cette substance peut ne s’éliminer que dans la proportion de 22 °/„ pendant la première heure, chez des asystoliques oliguriques, au lieu de 50 »/„, chiffre normal, sans que pour cela le rein soit lésé; les examens pratiqués après que la diurèse s’est rétablie donnent des chittres normaux, en l’absence d’altérations rénales.
Après nous, M. Leblanc a constaté des troubles souvent considérables de l 'élimination du bleu de méthylène chez les cardiaques oliguriques. Ces méthodes ne fournissent donc pas le moyen de reconnaître qu'un malade présentant des accidents néphro-asystoliques est exclusivement un cardiaque ou un cardio-rénal, contrairement h l’opinion soutenue autrefois par Aciiabd et Castaigne.
révèle que par des symptômes très discrets qu'il faut rechercher avec soin; l’insuffisance cardiaque peut être légère, insoupçonnée même et n’en occasionner pas moins des troubles circulatoires capables de provoquer l'œdème par oligurie.
La diminution du volume des urines, la dyspnée, la congestion hépatique, la congestion pulmonaire doivent être prises h leur valeur, car elles sont d’une importance diagnostique capitale et permettront souvent d’éviter l’erreur commune qui consiste à considérer les troubles cardiaques que l’on observe comme la conséquence d'une soi-disant lésion rénale que le syndrome clinique et !es examens de laboratoire contribuent à laisser paraître évidente.
En présence d’un syndrome hydropigène, il faut toujours et avant tout soupçonner le fléchissement de l'énergie cardiaque. Nous avons en effet montré que l’apparition des œlèmes, même au cours du mal de Bright, peut être considérée, dans une proportion impressionnante de cas, comme une manifestation symptomatique du fléchissement cardiaque. Cette opinion, soutenue autrefois par Lécokché et Talamon, trouve souvent une éclatante confirmation dans le succès du traitement cardiotonique.
On observe rarement le syndrome azotémique et le syndrome hydropigène à l’état de pureté. Le plus souvent, on rencontre des formes mixtes dans lesquelles les œdèmes coïncident avec un degré plus ou moins marqué de rétention azotée
finalement comme un cardiaque pur, chez les cardio-rénaux, au contraire, le retour de l’énergie cardiaque atténue seulement les symptômes rénaux et le malade se présente finalement comme un brightique et un cardiaque.
Chez de tels malades, les troubles des fonctions cardiaques et rénales font sentir leur influence réciproque. La lésion rénale, imposant à un cœur déjà lésé un effort supplémentaire, accélère sa déchéance. La lésion cardiaque, à son tour, exagère les conséquences de l’insuffisance rénale par les (roubles circu-
prémiers symptômes de la défaillance cardiaque se traduisent par u l'exagération de symptômes rénaux et le syndrome cardio-rénal pour une part, un syndrome rénal de l’asystolie. L’influence de iardiaque se fait même sentir avec une facilité bien plus grande que
ainsi que la constante uréo-séciétoire est légèrement supérieure â la normale (K =0,09 à K = 0,100) ou que la perméabililé aux colorants est diminuée.
Tant que la compensation cardiaque reste. parfaite et assure la diurèse nécessaire h l’élimination azotée (diurèse qui doit être d’aulant plus abondante que les reins sont plus lésés), tant que l'élimination hydrochlorurée se fait régulièrement, les troubles rénaux n’apparaissent pas.
Au contraire, dès que le muscle cardiaque faiblit, la diurèse aqueuse fléchit et le même rein qui suffisait, quoique lésé, à une élimination uréique normale se trouve désormais au-dessous de sa tâche. Il se produit, dans ces conditions, des syndromes rénaux en tous points analogues à ceux que nous avons décrits