I. — TRAVAUX RELATIFS A L’HISTO- PHYSIOLOGIE CELLULAIRE
Les divers travaux que nous groupons ici ont principalement pour objet l’étude biologique de la cellule, et celle des conditions diverses qui peuvent influer sur sa vitalité et sa prolifération.
Nous avons étudié d’abord la Pigmenlation , propriété cellulaire très favorable à ees reeherches en ce qu’elle permet de repérer, sans coloration, une cellule donnée et d’en suivre l’évolution. La méthode des greffes pigmentaires que nous avons décrite est particulièrement adaptée à ce but: elle permet, par une véritable inoculation eellulaire, de suivre, grâce à leur couleur, l’évolution des cellules greffées, dans une multitude de conditions expérimentales.
Dans nos recberches sur les Greffes, sur les Béparations et les Régénérations d'organes, à eôté de processus nouveaux que nous avons décrits, principalement au niveau des muqueuses, nous avons cherché surtout à préciser le déterminisme expérimental qui guide la prolifération épithéliale et qui nous paraît susceptible d’applications pratiques. Depuis 1896, nous consacrons tous nos efforts au problème thérapeutique, si difficile, mais si passionnant, des régénérations d’organes.
DE LA PIGMENTATION
Nous avons entrepris, sur la Pigmentation et son mécanisme, une série de recherches, qui ont fait l'objet de plusieurs notes et qui ont été réunies dans notre thèse de doctorat ès siences : ce travail comprend trois parties.
signification biologique du granult pigmentaire (12, 16).
Mit, en Biologie générale, de préc
fication des granulations intra-cf
pies dépôts inertes mlra-cellulaii
nl-elles la valeur de bioblastes,
lus élémentaires que la cellule, et
vitale inférieure ? telle est la qu
l'ticulier, pour le
risibilité, sa coloration naturelle
lour une pareille étude.
ns et discutons d
ante des granules pigmentaires, i
tidulaire constituerait alors l’état élémentaire, ancestral de la cellule, conception qui ne manque pas d’analogies avec celles des microzymas de Béchamp ou desbioblastesd’Alt-
Nos théories et hypothèses à cet égard ont été reprises récemment dans un petit livre très suggestif de Bohn (1902), qui tire de nos travaux des conclusions plus absolues que celles que nous en tirons nous-même et conclut à la nature vivante ou plastidulaire des granules pigmentaires.
Des transformations du sang en granulations pigmentaires dans le tube digestif de la Sangsue (12-16).
Le tube digestif de la Sangsue à qui l’on fait absorber du sang nous a paru être un objet d’études très simple pour préciser l’origine hématique de certaines pigmentations. Car on peut y suivre progressivement la transformation des globules sanguins en granulations pigmentaires, présentant d’abord les réactions du fer, ne se colorant plus par le ferrocyanure, à une époque ultérieure aussi bien que dans le réseau pigmentaire qui constitue un système d’absorption lymphatique. Un suit donc, heure par heure, les modifica-
On sait que les vieux chevaux blancs présentent une affection bénigne caractérisée par l’évolution de tumeurs mélaniques. Quelle que soit la nature de cette si curieuse affection, il est intéressant de constater que la plupart des granules pigmentaires ne présentent pas les réactions du
blanche et lès phanères colorées (homme), d'autres, au contraire (cheval arabe, poule nègre), ont la peau noire et les phanères décolorées. Le processus d’élimination du pigment par les phanères n’est donc pas général.
Des injections de pigment mélanique (8,12,16, 6i).
Nous avons, en vue d’étudier la fixation, l’élimination, la destruction du pigment, procédé à des injections multiples de pigment dans les veines, dans le péritoine, etc. ; nous nous procurions généralement ce pigment, en grandes quantités, par dilacération de tumeurs mélaniques du cheval ou de la rétine normale. Ces solutions étaient généralement stérilisées, dételle sorte que le pigment introduit n’agissait que comme un corps inerte, de très fines dimensions et doué d’un chimio-tactisme spécial.
un altribut cellulaire de la cellule transplantée. Cette très simple expérience nous permet donc de trancher définitivement la question, si longtemps discutée, de l’origine du pigment cutané. La pigmentation épidermique est autochtone : c’est un attribut spécifique de certaines cellules. La cellule pigmentée fait etle-même son pigment, quelle que soit d'ailleurs la substance avec laquelle elle l'élabore.
Ces recherches ont été répétées en 1900, par Lceb ; ce savant a repris notre technique et a vérifié toutes nos
ALBINOS. — Chez les albinos, qui sont naturellement dépourvus de cellules pigmentaires, les greffes de peau noire évoluent d’une façon bien différente ; elles augmentent très
micro-organismes: nous greffions une deuxième fois une parcelle d’une première greffe, puis: une troisième fois une parcelle de la deuxième, etc.
Or, bien loin d’obtenir une augmentation de vitalité, nous avons obtenu, au contraire, une diminution rapide,: caractérisée par une croissance de plus en plus lente de nos greffes, à tel point qu’après les cinquième et sixième passages, la greffe n’évolue plus.
Nous avons fait, d’autre part, de très nombreuses expériences sur l’influence de la nutrition, de certaines substances thérapeutiques, de certaines infections et intoxications, relativement à 1 accroissement des greffes pigmentées. Nous n’insisterons pas sur les très curieux résultats obtenus, qui n’ont pas encore été publiés.
De la vitalité particulière aux cellules pigmentées (6, 7, iS).
avoir une vitalité supérieure à celle d’une autre cellule non pigmentée; en effet, toutes choses égales d’ailleurs, la greffe d’une cellule pigmentée au milieu de cellules blan-
nerveux qui entoure les chromatoblastes, sans pénétrer dans la cellule, ni dans ses prolongements, puisque ceuxci n’onl pas une forme stable: l'agent nerveux impressionne donc à distance la cellule et ses pseudopodes. Cette constatation importante est à rapprocher du transport à distance, sans conducteurs, des ondes électriques hertziennes ; elle introduit, en biologie, la notion d’une in-
tiôn de défense contre les rayons lumineux, et particulièrement contre les rayons chimiques : la peau se défend contre ces rayons par l’élaboration du pigment qui les intercepte
épidermique. En pareil cas, le but est la protection plus efficace de la peau contre les rayons solaires, le moyen est peut-êireune déglobulisation particulièrement énergique. Il faut, en effet, distinguer la raison d’être des pigmentations pathologiques, et le mécanisme qui les réalise, tel que l’augmentation des substances premières (hémoglobine, pigment biliaire, etc.), è l’aide desquelles les cellules élaborent le pigment mélanique.
Signifloation phylogénique de la pigmentation. — La pigmentation dériverait de l’élimination primordiale, par la peau, de
D’une façon générale, les pigments sont des substances toxiques : M. Bouchard l’a montré, notamment pour la bile et pour l’urine, et l’on diminue généralement la toxicité des produits organiques en les décolorant. D’autre part, la
que les pigments cutanés, primitivement solubles, toxiques et éliminés, soient devenus, chez les animaux supérieurs, insolubles, non toxiques et non éliminés.