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DES GREFFES

Eeoherolies sur les greffes cutanées (6, 7,12,16)‘.

Greffes piGMENTAiKEs. —Nous avons déjà résumé plusieurs travaux sur les greffes à propos des greffes pigmentaires. Nous avons, par cette technique, pu suivre,, grâce à la couleur de la greffe, la progression ou la régression ultérieure de celle-ci, dans telle ou telle condition physiologique : cette étude des greffes pigmentaires a donc un intérêt. non seulement pour l’étude de pigmentation, mais aussi pour celle de la nature, de l’évolution et du pronostic des greffes épidermiques.

NÉES ÉTENDUES. — Nous avons constaté que, dans les plaies étendues des téguments, il y avait spontanément transport, à distance, de cellules épidermiques des bords de la plaie, qui deviennent alors moins adhérentes et que le moindre contact ou le moindre frottement transportent au centre de la plaie. Elles y adhèrent, s'y greffent, y prolifèrent et deviennent autant de centres de régénération. Nous avons pu mettre en évidence ce mécanisme sur une plaie large ayant intéressé toutes les parties superficielles jusqu’aux couches musculaires sous-jacentes, et pour laquelle on ne pouvait, par conséquent, pas invoquer la subsistance de replis épidermiques profonds. Sur cette plaie, nous avons constaté, en différents points centraux, l’apparition de bour-

geons épidermiques, séparés du reste de l’épiderme et dont l’origine par greffe spontanée paraît démontrée parla même

Nouvelle méthode de greffes cutanées par les cellules épidermiques des poils {6, 12).

Celte méthode a été appliquée par nous dans divers cas, en particulier à l’hôpital Trousseau. Elle se base sur le fait que les cellules vivantes des poils sont d’origine épidermique et susceptibles de se transformer, à nouveau, en cellules épidermiques cutanées : ces cellules sont, d’autre part, peu fragiles et habituées à une nutrition minime.

Le modus faciendi est très simple : on arrache au sujet lui-même un certain nombre de cheveux que l’on dégraisse par l'élher et que Ton coupe en petits fragments fins, principalement au voisinage du bulbe ; on saupoudre certains points de la plaie avec ces divers fragments, en assez grande quantité. On voit alors, au bout de quelques jours, s’individualiser, en divers points, des îlots épidermiques, entièrement séparés des parties voisines, et qui correspondent aux points, notés sur un décalque, où avaient été mis les débris de phanères ; ces îlots augmentent rapidement de dimensions et finissent par se rejoindre.

Un des cas les plus nets que nous ayons observés à cet égard est celui d’un jeune enfant qui, à la suite d’un vésicatoire mis en ville, eut une énorme plaie du thorax, pour laquelle il entra à l’hôpital. Nous lui fîmes, dans une partie seulement de cette plaie, bien détergée, des greffes avec des bulbes coupés de cheveux et nous vîmes apparaître, au bout de quelques jours, des îlots épidermiques très nets, alors que le reste de la plaie n’en présentait pas. Ces greffes évoluèrent très rapidement, ainsi que l’ont montré des décalques faits de deux en deux jours.

Cette méthode emprunte son principal intérêt à ce fait

que le greffon est obtenu avec une facilité extrême et en quantité aussi abondante qu’on peut le désirer, chez le sujet lui-même : son obtention n’exige aucun traumatisme.

Elle a de plus,un certain intérêt scenlifique, relativement aux différenciations des cellules épidermiques.

Processus ues greffes spontanées dans les plaies MUQUEUSES. — Notre attention a été attirée, sur les processus spontanés de greffes muqueuses, par les études que nous avons poursuivies, avec M. Cornil, sur la réparation des cavités, et au cours desquelles nous avons découvert un processus très curieux de décalque et de greffe des cellules épithéliales sur les nouvelles parois fibrinemses, épiploïques, etc., qui reconstituent ces cavités ; ce processus très net ne survient que lorsque la plaie est assez considérable, et il a pour but d’essaimer de multiples centres de reproduction épithéliale et de raccourcir ainsi la durée de la réparation. Ce processus est analogue à celui que nous avons décrit pour la peau, page 34.

De la méthode des greffes muqueuses dans les pertes DE sudstance chirurgicales. — Nous basant sur ces recherches, nous avons préconisé l’emploi des greffes épithéliales au niveau des muqueuses, principalement sur l’épiploon utilisé pour compléter la cavité ; des expériences réalisées k cet effet nous ont montré que ces greffes, très petites, pouvaient évoluer assez facilement et simplifier beaucoup la régénération d’une nouvelle paroi.

Recherches sur les greffes glandulaires (42, 47, 48).

Nous avons étudié, dans un très grand nombre d’expé-

riences, la greffe de cellules plus différenciées que celles de la peau ou des muqueuses : nous avons particulièrement étudié les greffes des cellules hépatiques et rénales.

Ces greffes sont beaucoup plus fragiles que les premières, ce qui se comprend facilement, étant donné la différenciation et la complexité plus grandes de leurs cellules : aussi échouent-elles presque constamment. Lorsque les greffes évoluent, elles rétrocèdent généralement au bout d’un certain temps et disparaissent. Elles peuvent cependant donner lieu,parfois,à des phénomènesde prolifération curieux.

Nous avons procédé de deux façons ;

Dans une première technique, nous découpions ou détachions de très minces parcelles de substance hépatique ou rénaie que nous semions sur une surface plane, sur le péritoine, préalablement dépouillé de son endothélium, par exemple. Parcette technique,nous avons très souvent obtenu une prolifération cellulaire assez importante, déterminant des amas colorés et bien reconnaissables au microscope: mais ces greffes ne dépassent pas une certaine limite et généralement rétrocèdent au bout de quelque temps. L’étude de leur résorption est d’ailleurs assez intéressante, mais beaucoup moins que ne serait l’étude de leur prolifération.

On peut améliorer cette technique, soit par irritation préalable, soit par interposition de corps excitant la prolifération cellulaire : la cantharidine, à très petites doses, nous a paru, notamment, faciliter la prolifération.

Dans une deuxième technique, nous détachions, grâce à un petit appareil très simple, construit par Collin, un cylindre de foie, enievé à l’emporte-pièce et sectionné à sa base : nous le réimplantions sur place ou en un autre point, ou même à l’intérieur d’un autre organe où il remplaçait un cylindre analogue.

Très généralement, le cylindre ainsi greffé subit une né-

crobiose et une sclérose ultérieure, mois parfois les cellules épithéliales persistent assez longtemps ; parfois même on assiste à des signes non équivoques de prolifération.

Enfin,dans quelques cas rares, nous avons obtenu des formations épithéliales extrêmement curieuses, se rapprochant de l’adénome. Ces formations sont plus rares au niveau du foie qu’au niveau du rein. En répétant sur le rein ces expériences, avec notre petit appareil, René Mario a obtenu une transformation adénomateuse tout h fait typique du cylindre greffé. Dans un de nos cas, au niveau du rein également, nous avons obtenu un très bel adénome kystique.

Nous ne détaillerons pas davantage ces recherches qu sont, pour la plupart, encore en cours et dont le détail est encore inédit.

Greffe totale d’un doigt détaché par un couteau à cuir (22).

Nous avons publié l’histoire d’un jeune ouvrier, venu ii l’Hôtel-Dieu, immédiatement après l’amputation totale de la dernière phalange d un doigt par un large couteau à cuir. Le doigt, que le malade avait apporté, soigneusement plié dans du papier, fut réimplanté — l’accolement des deux surfaces de section étant réalisé par une épaisse couche de gélatine, qui servait de colle — et fixé par des attelles de carton. Le doigt, ainsi greffé, reprit progressivement vie : l’ongle tomba ; un autre poussa à la place ; la peau se renouvela et le malade garda définitivement son doigt greffé, mais ankylosé et légèrement atrophié.

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