OPOTHÉRAPIE
Avec M. Gilbert, nous avons étudié l’action physiologique et thérapeutique de certains extraits d’organes, et pai ticuhcrement des extraits hépatiques qui n’avaient pas encore été utilisés.
cette précaution ayant pour butte développement des spores susceptibles de résister, en tant que spores, au taux antiseptique employé. Nous avons vérifié, par des cultures, qu’un extrait fait à l’air, sans aucune précaution antiseptique, est ainsi complètement stérilisé.
On aurait pu penser, a priori, que le passage des albumines à l’état d’acide-albumine altérait les propriétés de l’extrait, mais les principes actifs que l’on recherche ne sont généralement pas ces albumines et nous n’avons pas
choisi ia grenouiiie comme objet d’études. Les grenouiiies deshépatisées témoins, maintenues dans i’eau courante, sont mortes après 16 à 20 jours ; ies grenouiiies deshé^ patisées dans ies mêmes conditions, mais à qui on avait abandonné un ou deux foies de grenouiiie non diiacéré dans le péritoine ne sont mortes que du 25® au 30» jour. Par contre, celles qui avaient reçu trois foies dans le péritoine sont mortes avant ies témoins.
Action des extraits de foie sur la fonction biliaire. — Nous avons constaté, sur des chiens et des lapins à fistule biliaire, que les extraits hépatiques avaient une légère
Action des extraits de foie sue la fonction sanguine.
L’action coagulante des extraits de foie avait été déjà
constatée, de même que celle de différents organes. Nous l'avons fréquemment vériliée, non seulement in vitro, mais aussi in vivo dans des cas où l’injection veineuse d’extraits hépatiques amenait des coagulations intra-vasculaires.
Action antitoxique des extraits de foie. — Cette action nous a paru manifeste, mais à la condition qu’il y ait un contact direct et assez prolongé du foie avec la substance toxique ; la toxicité n’est, d’ailleurs, jamais beaucoup diminuée ; l’injection séparée des poisons (strychnine, toxine diphtérique, tétanique, urines) et des extraits hépatiques ne nous a donné aueun résultat.
Action sur la glycosurie des extraits hépatiques. -- Nous avons principalement étudié cette action au point de vue expérimental.
Nous avons étudié le rôle des extraits hépatiques, sur l’utilisation du glycose injecté dans la circulation ; tandis que, normalement, le rapport d'élimination est de 40 à 45 p. 100(page 64),après injection veineuse d’extrait hépatique, le rapport d’élimination est abaissé à 17 p. 100(moyenne de 8 expériences). Après ingestion de ce même extrait, le rapport est, en moyenne, de 24 p. 100 (moyenne de 14 expériences). Le coefficient d'utilisation est, par conséquent, beaucoup plus fort après action de l’extrait hépatique (83 p. 100 dé sucre retenu après injection d’extrait; 76 p.100 après ingestion; 55 à 60 p. 100 seulement chez les témoins).
Chez l’homme, la glycosurie alimentaire provoquée est diminuée, retardée ou supprimée par ingestion d’extraits épatiques, ainsi que nous l’avons maintes fois constaté.
Nous avons, également, étudié les modilications que
subissent, du fait de l’opothérapie hépatique, les glycosuries toxiques et nerveuses. Après ingestion de 0 gr. 09 de phloridzine, un lapin témoin a éliminé 1 gr. 66 de glucose ; le lapin qui a reçu 12 centimètres cubes d’extrait de foie de porc n’a éliminé que 0 gr. 62 de glucose. Après piqûre du quatrième ventricule, le lapin témoin a éliminé 0 gr. 25 de glucose ; le lapin traité n’a pas eu de glycosurie. Mais ces résultats ne peuvent être généralisés.
L’organisme possède donc, après opothérapie hépatique, une capacité plus grande pour le sucre, et l’analyse expérimentale montre une action très nette de l’extrait hépatique sur les diverses ponctions du foie.
rhagique, l’œdème des jambes, etc. disparurent rapidement ; lorsque cette malade, qui conserva par la suite un gros foie scléreux, cessait les extraits, l’ictère et les hémorrhagies récidivaient. Mais, par contre, dans un certain nombre de cirrhoses de Laënnec avancées, l’hépato-théra pie échoua, pour les raisons que nous avons signalées.
Cette médication est donc principalement réservée aux cas de petite insuffisance hépatique, plutôt fonctionnelle qu’anatomique: on voit, en pareil cas, les divers signes d’insuffisance hépatique disparaître, l’urée augmenter, la glycosurie alimentaire ne plus se produire, l’indicanurie cesser, etc. Il s’agit donc d’un traitement efficace et utile.
MM. Spillmann et Démangé (de Nancy),dans une communication au Congrès de Lille, ont également obtenu de bons résultats de l’emploi de l’opothérapie hépatique dans l’insuffisance du foie ; ils ont notamment relaté des améliorations remarquables survenues dans cinq cas de cirrhose atrophique.
Diabète sucré, etc. — Il résulte, des très nombreux cas que nous avons étudiés à ce point de vue, que l’opothérapie hépatique diminue ou supprime la glycosurie dans un certain nombre de cas. Il s’agit, souvent alors, de petits diabètes avec glycosurie inférieure à 50 grammes par jour, avec signes multiples d’insuffisance hépatique : ce sont les diabètes par anhépatie de M. Gilbert. Dans d’autres cas, par contre, principalement dans les grands diabètes héréditaires à gros foie (diabètes par hyperhépatie de M. Gilbert), la glycosurie semble augmenter sous l’influence du traitement: il n’est pas rare alors de voir l’opothérapie pancréatique réussir en pareil cas.
Aussi avons-nous proposé d’utiliser l’action différente des extraits hépatique et pancréatique sur les diverses
asystoliques ; nous avons obtenu souvent des effets très remarquables. Par exemple, un malade qui n'urinait que 3 à 400 grammes a, dès le 2‘ ou 3« jour de la médication, une crise urinaire de 3 à 4 litres, son état s’améliore, il respire mieux, les pulsations, incomptables au début, tendent à se ralentir et à se régulariser ; cet effet très net est comparable à celui de la digitale.