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IV.- TRAVAUX RELATIFS A LA THÉRAPEUTIQUE

Nous avons étudié, ou double point de vue expérimental et clinique, certains médicaments nouveaux. Nos travaux, à ce sujet, se rapportent principalement à la Médication hémostatique et à l’Opothérapie.

Relativement à la Médication hémostatique, nous avons introduit en thérapeutique, certains médicaments, les uns entièrement nouveaux, tels que la gélatine, les outres, peu employés en France jusqu’alors, tels que \e chlorure de cal-

Relativement à l’Opothérapie, nous avons étudié, avec M, Gilberl, les principes généraux de préparation des extraits organiques ; nous avons surtout, analysé, expérimentalement et cliniquement, l’action de l'extrait hépatique, qui n’avait pas encore été utilisé et qui est un des plus actifs parmi les produits opothérapiques.

Nous avons également étudié, avec M. Gilbert, au laboratoire et à l’hôpital, un certain nombre de médicaments nouveaux ; la plupart se sont montrés de médiocre valeur et nous n'en avons pas publié l’étude ; d’autres, par contre, semblent fort curieux, tels que le Cecropia, succédané de la digitale, que nous sommes les premiers à avoir étudié et qui nous parait être un très remarquable tonique du cœur.

Enfin, comme chef du Laboratoire de thérapeutique, nous avons participé à un assez grand nombre de travaux, la plupart non encore publiés, relatifs à l’adrénaline, à la théocine, à la révulsion, etc., entrepris au laboratoire et sous la direction de M. Gilbert.

MÉDICATION HÉMOSTATIQUE

Nous avons étudié, dans une série de publications, un assez grand nombre de médicaments hémostatiques {gélatine,chloruredecalcium, adrénaline,extrait hépatique, etc.), et donné la théorie physiologique de leur action.

Parmi ces médicaments, il en est, tels que la gélatine, que nous avons les premiers, introduits en thérapeutique et qui sont, actuellement, très employés dans la pratique journalière.

Théorie générale de l’hémostase et de la médication hémostatique (22. 65).

Pour comprendre la théorie générale de la médication hémostatique, il est nécessaire de comprendre d’abord les défenses de l'organisme contre les hémorrhagies et le mécanisme de l’hémostase spontanée.

Ce mécanisme, qui ne paraît pas avoir été étudié dans son ensemble, est déterminé par plusieurs processus superposés, qui se succèdent, se complètent et s’emboîtent; ce sont, principalement : la vasoconstriction locale, la coagulation au niveau de la plaie vasculaire et la réparation de cette plaie.

1” La vasoconstriction locale est, des trois processus, le moins actif et le plus éphémère ; il est, par contre, le plus rapidement réalisé ; c’est donc un processus d’urgence. Dès

duit un spasme vasculaire réflexe, qui ne dure que quelques minutes, mais qui, pendant ce temps, obture le vaisseau à la façon d’une ligature, et donne à la coagulation le temps de se produire, et de boucher rorifice anormal.

hémostatique cherchei'a donc à provoquer, soit constriction locale énergique [hémostaiiqiies vasoconslric leurs locaux), soit une coagulation locale, rapide et solide

Cette méthode est tellement simple qu’elle est à la portée de tout le monde et qu’après nos premières recherches elle était spontanément employée par le personnel de l’hôpital qui en avait jugé les bons effets. Depuis cette époque, cette méthode s’est généralisée un peu partout et a été reconnue très efficace

Contre les métrorrhagies, l’emploi de la solution gélatinée donne fréquemment de bons résultats : elle exige cependant quelques précautions : on ne doit notamment, sous aucun prétexte, abandonner, en milieu septique, un tampon, môme stérile, mais non antiseptique de gélatine, car on s’exposerait à provoquer localement des cultures microbiennes, ün doit, d’autre part, autant que possible agir, en pareil cas, par injection intra-utérine, pour que le coagulant se trouve en contact direct avec le vaisseau béant.

Au niveau des téguments, la gélatine réalise très facilement l’hémostase, à la suite de plaies légumeniaires par exemple ; elle fait adhérer, d’autre part, l’épiderme décollé et accélère la cicatrisation.

Dans les interventions chirurgicales la gélatine n’a pas la prétention de remplacer, pour les usages courants, la forcipressure et la ligature, bien que l’on puisse assez facilement enrayer ainsi une hémorrhagie artérielle considérable : c’est ainsi qu’à l’Hôtel-Dieu nous avons pu arrêter, uniquement par l’application de gélatine, une hémorrhagie artérielle due à la section de l’artère radiale.

La méthode gélatinée est indiquée surtout dans tous les casoùlevaisseau saignant est inaccessible, dans les hémorrhagies diffuses, en nappe, dans les plaies d'organes à hémostase difficile comme celles du foie, du rein, du système osseux, du crâne, etc. : en pai'eil cas, le simple contact de la plaie avec la solution gélatinée forte, à 10 pour 100,

est connu depuis longtemps (Schmidt, Hammarsten,. Ârthus, etc,). Son application thérapeutique dans l’hémophilie et quelques hémorrhagies avait, d’ailleurs, été déjà préconisée à l'étranger, et particulièrement par Wright.

Nous avons étudié l'action hémostatique générale du chlorure de calcium dans une série de cas nouveaux. Dans les hématémèses, nous avons obtenu de très remarquables résultats ; de même dans les hématuries où il agit par son élimination rénale et vésicale. Dans les hémoptysies nous avons obtenu souvent, la cessation des accidents ; il s’agit là d’une thérapeutique simple que nous recommaudons dans tous les cas d’hémoptysie. Cette méthode réussit également dans les hémorrhagies intestinales typhiques.

Nous avons utilisé, sans grand résultat, le chlorure de calcium dans la cure des anévrysmes aortiques, en vue de déterminer une coagulation dans la poche.

Ce corps, facile à prendre, non susceptible de déterminer des accidents, est, depuis nos recherches, très employé en thérapeutique. Nous préconisons de petites doses, non continuées longtemps, car les grosses doses diminuent la coagulabilité du sang au lieu de l’augmenter, et l’accoutumance se fait très rapidement.

__ Etude de différents hémostatiques coagulants (65).

Nous avons mentionné une série d’expériences relatives à l’utilisation, pour l’hémostase, de diverses substances coagulantes ; mais ces recherches ne sont pas encore susceptibles d’entrer dans la pratique.

Nous avons étudié la plupart des corps riches en plasmase que l’on peut se procurer facilement. Le sérum, bien

méthode du plasma fluoré d’Arthus, n’a pas de propLtés

hémostatiques bien nettes. Divers extraits leucocytaires préparés de multiples façons, ne nous ont pas donné de bons résultats.

Nous avons étudié l'hémostase provoquée par le contact de plasma sanguin oxalaié, rendu, par là même incoagulable et que nous faisions coaguler immédiatemeut, au contact de la plaie, par addition de sels de chaux : l’hémostase est ainsi réalisée très facilement et ce procédé est peut-être susceptible d’applications pratiques.

La fibrine, corps très riche en plasmase, nous paraît également susceptible d’applications pratiques : nous nous sommes assuré, par la méthode d’Arthus, de sa richesse en plasmase: sa forme filamenteuse est, d’autre part, essentiellement favorable à la coagulation. Enfin, il s’agit là d'un corps à organisation ultérieure particulièrement facile. De fait, l’hémostase est assurée facilement par l'application, sur la plaie saignante, d’un paquet de fibrine. 11 s’agit là d’un procédé qui pourra devenir susceptible d’application, en particulier pour l'hémostase viscérale. Mais la difficulté pratique, jusqu’à présent, consiste dans la préparation et la conservation aseptiques de cette fibrine.

Leseæira/;.so/’ÿaniï«es,et particulièrement l’extrait defoie que nous avons étudié avec M. Gilbert, sont susceptibles d’augmenter la coagulabilité générale .du sang, ainsi que l’ont montré Heidenhain.Contejean, Mairetet Vires. L’opothérapie hépatique nous a donné des résultats hémostatiques dans un certain nombre de cas,non seulement chez les hépatiques, mais aussi chez les tuberculeux.

Recherches sur l’Adrénaline

action générale ne peut être utilisée, ni par voie sanguine, ni par voie sous-cutanée, ni par voie digestive.

Des niFFÉRENCES d’action de i-’aorénaline sua la pression SANGUINE SUIVANT LES VOIES d’iNTRODUCTION. — Ces recherches nous ont amené à préciser les différences d’actionde l’adrénaline sur la pression sanguine suivant les voies d’introduction.

Tandis que l’injection, chez le chien, de 1 centième de milligramme par kilogramme donne une élévation sphygmométrique de 10 à 17 cm. de mercure parinjection dans une veine périphérique, son effet est à peu près nul dans la veine porte, et surtout dans le bout périphérique d’une artère d’un membre ; dans l'artère intestinale, une dose quadruple ne produit plus aucun effet sur la pression.

Influence du travail musculaire sur l’activité de l’adrénaline. — La différence d’action de l’adrénaline, suivant qu’elle traverse ou non le réseau capillaire, nous a conduit à rechercher le rôle que jouait le travail musculaire dans la destruction de cette substance : nous avons reconnu qu’une dose encore active dans l’artère fémorale ne l’est plus après électrisation et fatigue musculaire du territoire vasculaire traversé, ce qui semble attribuer un rôle, dans la destruction rapide de l’adrénaline au sein des tissus, aux produits de l’activité musculaire.

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