Du trépan dans les fractures du crâne
{Clinigues chirurgicales de la Pitié, p. 108, 1894.)
« En résumé, les fractures du crâne sont ouvertes ou fermées ; lorsqu’elles sont ouvertes, les soins d’une antisepsie rigoureuse, sauvegarde contre l’invasion d’une méningo-encéphalite, exigent une régularisation de la plaie, et Ton en profite pour relever les fragments défoncés, enlever les esquilles dépériostées, extraire les corps étrangers accessibles et lier les vaisseaux rompus. Lorsque la fracture est fermée, on agira si une branche déchirée de la méningée menace de tuer le malade par hémorrhagie ou bien lorsque apparaissent des troubles fonctionnels localisés, immédiats ou tardifs, paralysie croissante, convulsions répétées, signes de poussées hyperémiques, d’abcès du cerveau, épilepsie traumatique : le trépan appliqué au niveau du foyer a souvent donné de merveilleux résultats. »
2. — Traitement des abcès par ccngestion d’origine vertébrale.
(CUnigues et critiques chirurgicales, f.m.mt.)
“ Les abcès par congestion qui finissent par se résorber sont trop raaes. les cachexies qu’ils provoquent sont trop fréquentes pour nous résigner placidement à cette abstention périlleuse. Au lieu de se laisser entraîner
dans une série de complications redoutables dont le dentier terme est la mort, le chirurgien doit prendre l’olTensive, arriver jusqu’au foyer vertébral, et les résultats qu’il peut obtenir sont encore supérieurs aux risques que court le malade. » Kous avons ainsi guéri quelques malades, et ces succès nous avaient inspiré cette première clinique, mais depuis nous avons eu des insuccès et voici les conclusions d uti nouvel article :
« Certainement le traitement par les injections d’éther iodoformé est long; l’ouverture large et l'extirpation des parois, le grattage, le raclage, l’extirpation totale semblent plus expéditifs, mais la guérison ne se maintient pas toujours, et nous avons vu parfois la septicémie s’allumer; puis les récidives sont fréquentes, tandis qu’elles sont plus rares avec les nouvelles méthodes; enfin l’intervention est si simple que, après elle, les opérés peuvent continuer a se livrer à leurs occupations. »
Il s’agit d’une variété d’épitliélioma du maxillaire supérieur, non décrite encore et observée avec M. Verneuil. Cette tumeur est caractérisée par une cavité profonde, creusée dans l’épaisseur de l’os et tapissée de bourgeons que l’examen histologique nous montre formés de globes épidermiques ; elle a pour origine les kystes si fréquemment appendus aux racines des dents; ces kystes eux-mêmes, ainsi que les épithéliomas ordinaires des mâchoires, naîtraient des débris épithéliaux, vestiges de bourgeonnement des cordons des dents temporaires et permanentes. C'est dans ce petit mémoire que se trouve exposéepourla première fois cette origine des kystesetdes tumeurs épithéliales du maxillaire; on sait les travaux remarquables de M.Malassez surcepointetia démonstration éclatante qu’il a donnée de cette hypothèse.
5. — Canoroïdes et leucoplasie des muqueuses huccale et vaginale, {Cliniques cMmrqicala de l’Heiel-Dm; p. 216,1888.)
« Depuis les leçons de Bazin et surtout depuis la thèse publiée en 1873 par son élève Debove, on connaît fort bien une affection particulière de la langue nommée indifféremment : ichtyose, plaque des fumeurs, psoriasis, tylose, kératosis ou leucoplasie buccale. A ces mots, pour la plupart mauvais, Besnier préféré ceux de stomatite épithéliale chronique superficielle.... J'ai justement recueilli cinq observations où l’on suit pas à pas l’évolution du mal depuis le premier reflet argenté ou laiteux, la première tache opaline nacrée et translucide jusqu’aux plaques épaissies, crémeuses et jaunâtres, aux fissures et aux crevasses, auxpapillomes, enfin jusqu’aux cancroïdes les plus graves... J’ajoute un nouveau fait de haute importance, car la lésion a pour siège, non la muqueuse buccale, mais la muqueuse vaginale, dont la leucoplasie est fort pou décrite, Yemeuil, Besnier, Trélat et Mercklen en ont recueilli chacun un exemple, mais nous ne sachons pas qu’ils aient été publiés... Dans notre cas un épithélioma volumineux se développe sur la plaque et une opération devient indispensable... ha question suivante se pose ; lorsqu’une leucoplasie limitée, mais tenace, existe à un point fixe, ne serait-il pas prudent d’enlever ce point si l’opération est simple et n’entraîne aucun dommage? Je n’hésite pas et, pour ma part, je supprime cette cause d’irritation qui provoque presque à coup sûr l’apparition d’un nouveau cancroïde. »
6. — Extirpation des cancers de la langue et du plancher buccal. Traitement des épithéliomas de la langue.
« Nous pouvons résumer rapidement ces longues considérations : lorsque le cancer est récent, très limité, une large opération est parfois
excellente. MM. Trélat, Verneuil, Tillaux, Duplay, Panas, etc., d’autres encore en ont cité de beaux exemples. Lorsque la tumeur n’occupe que la moitié antérieure de la langue, lorsque l’engorgement ganglionnaire commence à peine, on peut encore espérer, par les vastes opérations que nous venons de décrire, une assez longue survie; mais, quand les lésions s'avancentjusqu’aux piliers antérieurs, il faut qu’une complication grave vienne forcer la main, sans cela mieux vaut s’abstenir. » (1884.)
« Aussi en revenons-nous à nos conclusions premières ; et plus encore que jadis, je vous dirai : quand les lésions sont telles que l’opération de Sédillot est indiquée, il me semble plus sage d’abandonner le malade à son sort ; il faut, lorsque les lésions s’avancent jusqu’aux piliers antérieurs, il faut, pour ne pas s’abstenir, qu’une complication grave ou quelque circonstance particulière vienne forcer la main. Mais, lorsque le cancer est récent, très limité, une large opération peut bien, comme dans les cas rapportés plus haut, donner des succès thérapeutiques durables. N’ai-je pas trois individus amputés de la langue depuis 14, 8 et 7 ans qui vivent encore sans récidive ? Intervenez donc, mais sans de trop vives espérances et rappelez-vous que la chirurgie du cancer n’est jamais une chirurgie triomphante. » (1894.)