De l’éruption vicieuse de la dent de sagesse
« Les accidents que détermine l’éruption de la dent de sagesse sont frequents ; pourtant ils sont peu connus, mal décrits, parfois ignorés et l’attention du chirurgien est si peu sollicitée par eux que des erreurs de diagnostic sont souvent commises. Une cause générale domine l’histoire de ces accidents ; l’insuffisance de la place nécessitée pour l’éruption régulière de la troisième molaire. Nous avons entendu dire à Paul Broca que la nature est en travail pour nous débarrasser des dents de sagesse. Elles poussent les dernières et sont les premièresà disparaître. A mesure que les races humaines deviennent plus intellectuelles, le front devient plus proéminent et la partie inférieure de la face recule ; le prognathisme
s’affaiblit. Aussi peut-on affirmer, à condition toutefois d’admettre des exceptions nombreuses, que la dent de sagesse s’accompagne de désordres avec d’autant plus de fréquence que la race, le sexe ou l’individu seront supérieurs... Ce n’est pas tout ; les deux maxillaires et les deux moitiés du même maxillaire ne sont pas également atteints; le maxillaire inférieur jouit presque seul de ce fâcheux privilège. Mais nous pouvons spécialiser davantage et dire que la moitié gauclic est la plus prédisposée ; en général, la moitié droite du corps est plus développée, et, sans vouloir donner à un examen superficiel plus d’importance qu’il n’en a, sur plusieurs maxillaires iuférieurs mesurés par moi à l'École Pratique, il m’a paru que la branche gauche était légèrement moins longue que la droite. La règle générale trouverait donc ici une application nouvelle : comme la place pour 1 éruption normale est moindre a gauche, c'est à gauche surtout que se montreiuient les déviations et leurs conséquences pathologiques. »