Traitement du cancer ano-rectal
De Textirpation du cancer du rectum.
{GanelU hebdomadaire, 6 juittet ; 1881 ; Cliniques et critiques chirurqicalee, p. 417, 1884 ;
Cliniques chirurgicales de la Pitié, p. 566,, 1894.)
« 1“ Lorsque le cancer ano-rectal est bien limité, mobile, non adhérent, c’est à l’ablation qu’il faut avoir recours; 2“ lorsque les limites supérieures du cancer ne dépassent pas le bout du doigt, et si le néoplasme est adhérent, c’est la rectotomie de Verneuil et Panas qui doit être préférée; 3”lorsque le cancer envahit un long segment du rectum et qu’il a gagné les organes voisins, il faut établir un anus artificiel ; 4“ la colotomie lombaire a pour elle la consécration d’une longue expérience, mais peut-être l’anus de Littré serait-il préférable et les quelques essais faits à une époque où nous étions bien moins armés que maintenant m’ont que peu découragé (1881). »
« Il y a eu en Allemagne, peut-être même un peu en France, une véritable débauche d’extirpation ; un cancer du rectum était enlevé, quelque volumineux qu’il fût, quelque adhérent qu’il pût être aux tissus voisins ; on ne craignait pas de réséquer de larges parties d’intestin, d’ouvrir le
vagin, l’utérus, le péritoine, d’intéresser la prostale ou la vessie, de reconstituer par la destruction des cloisons qui séparent ces divers organes, le cloaque primitif des périodes embryonnaires. Le résultat de cette pratique ne fut pas long à constater ; la plupart de ces opérés étaient emportés par le choc opératoire, les hémorrhagies primitives et secondaires et toutes les septicémies.
« Qu’avaient gagnéji ces extirpations ceux qui échappaient aux accidents opératoires? Une récidive à brève échéance, une fistule persistante, un sphincter paralysé. On avait donc tous les dangers, la mortalité effrayante de ces interventions à prétention radicale pour n’obtenir, en définitive, que les résultats des opérations palliatives : une récidive si rapide qu’elle équivaut à la continuation du premier cancer et un sphincter insuffisant aussi peu capable de régler le cours des matières que l’orifice artificiel ouvert au-dessus de la tumeur. Une vive réaction élait donc à prévoir, et l’anus iliaque, pour lequel nous luttons depuis près de 12 ans, a regagné tout le terrain perdu.... Je suis partisan convaincu des interventions radicales; du moins faut-il que la tentative n’en soit pas déraisonnable et je résume les développements qui précèdent par cette simple conclusion: Dans les tumeurs malignes du rectum, l’extirpation ne me semble indiquée que lorsque le cancer est petit et mobile ; elle peut donner alors d’excellents résultats et les trois beaux faits personnels que je vous ai signalés m’en paraissent une preuve convaincante (1894). »