De la syphilis du testicule
(Grand in-iS, avec6planches dont quatre en couleur; Masson, 1882.)
Celle monographie, eouronnée par l’instilut, eomprend sept eliapilres. Dans le premier, — historique et discussion des doctrines, — nous montrons qu’après les travaux do Dicord,de Virchow et même après les remarquables leçons de Fournier sur le sarcocèle syphiUtiqm, on ne connaissait pas les gommes suppurées du testicule. En France, la première observation est due à Terrillon et date de 1878. Mais ce fait n’avait pas etc relevé lorsque nous avons établi qu’il existe deux formes de syphilis : la sclérose et la gomme, qui d’ailleurs coexistent fréquemment.
Dans le deuxieme chapitre, — anatomie pathologique, — on trouve d’ahord l’examen à l’œil nu fait d’après la dissection de 25 pièces; la séreuse est le plus souvent altérée, et l’on trouve toutes les formes de la vagmalite chronique ; vaginalite séreuse ou hydrocèle simple, vagmahte chronique plastique avec cloisonnement ou adhérence des deux feuillets; pachivaginalite ou véritable hématocèle d’origine spécifique. L’épididyrac est rarement atteint ; cependant il peut y avoir des dépôts gommeux, épididymite de Dron, à la période secondaire, gomme ordinaire au cours de la période tertiaire. Les lésions les plus marquées frappent le testicule proprement dit ; Évolution de la sclérose, de la gomme, ou fonte purulente. L’examen au microscope est fait par M. Matasses, qui a publié sous son nom et sous le nôtre un article fort remarque dans les Archives de physiologie. Mais nous devons répéter ici ce que nous dirons dans notre monographie : « Ce chapitre appartient tout entier à M. Malassez; il en est seul responsable, mais seul aussi il doit en recueillir l’honneur. »
Le troisième chapitre traite de l’étiologie; le quatrième des symptômes, qui diffèrent selon qu’il s’agit d’un sarcocèle scléreux ou scléro-gommeux non suppuré, ou d’un sarcocèle gommeux suppuré. Nous décrivons sous le nom à’orchite syphilüigue aiguë une variété aperçue par Ricord, mais qui n’avait pas encore été l’objet d’une étude spéciale ; à nos observations personnelles nous ajoutons un cas trouvé dans Ricord. un fait de
Lelenneur (de Nantes), deux de Uuplay, un de Rcliquet. — La gomme suppurée, forme au demeurant relativement fréquente, attendait encore une description d’ensemble, son ramollissement et sa suppuration étant niés ; un point intéressant pour le diagnostic est que l’ulcération scrotale, la fistule ou le fongus qui lui succèdent siègent, dans l’immense majorité dos cas, en avant et non en arrière et en bas comme dans les fontes tuberculeuses. Enfin le fongus syphilitique est étudié comme l’a été le fongus tubeiculeux. « Une gomme de l’albuginée ou du parenchyme glandulaire a, dans ses poussées successives, provoqué des adhérences entre le testicule et ses enveloppes; celles-ci s’enflamment et s’ulcèrent; deux cas peuvent alors se présenter : ou bien tout ou partie de la glande entourée de son albuginée s’échappe par cet orifice; le testicule hernié bourgeonne et nous avons une première variété, le fongm superficiel; ou'bien la glande reste dans les bourses; mais l’albuginée et les téguments s’ulcèrent pour l’évacuation d’un dépôt caséeux ramolli ; des travées fibreuses du testicule ou de la membrane d’enkystement de la gomme s’élève une végétation exubérante qui remplit d’abord la petite caverne, puis franchit en s’étranglant l’orifice cutané pour s’étaler sous le scrotum en masse champignonneuse, et constitue ainsi notre seconde variété, le fongus profond. » Le cinquième chapitre comprend le diagnostic de l’épididymitedeDron, de l’orchite syphilitique aiguë, de la sclérose et de la scléro-gomme non suppurée ou suppurée, puis celui des diverses variétés des fongus syphilitiques trop souvent confondus avec le fongus tuberculeux. Le sixième chapitre — pronostic — montre l’avenir de la glande atteinte de ces diverses variétés de syphilis et montre pourquoi l’iodure de potassium, sans arriver à la restilutio in integrum de l’épithélium glandulaire détruit, peut cependant rétablir la spermatogenèse dans une glande autrefois infertile. « Une portion du parenchyme reste inaltérée et peut être encore le théâtre d’une genèse plus ou moins active. Mais les voies d’excrétion sont oblitérées par du tissu conjonctif nouveau ou par quelque dépôt gommeux. A l’entrée de l’épididyme, sur un point du canal on trouve un obstacle que l’animalcule ne franchit pas. Il y a encore infécondité, mais celle-ci peut n’etre que passagère. En effet, les animalcules formes dans les portions inaltérées de la glande ont pu
reprendre leur exode: sous riufluencc du Irailement, les tissus nouveaux, les dépôts gommeux qui constituent la digue infranchissable, se sont résorbés ; la voie est redevenue libre et les spermatozoïdes, mêlés aux autres cléments, gagnent les vésicules séminales et fournissent, à chaque éjaculation, un liquide désormais fécondant. »
Le septième et dernier chapitre a trait à la thérapeutique générale et locale des diverses variétés de sarcoccles, de fongus et de fistules qu’il engendre et se termine par un recueil d’observations où sont rapportés des cas d’orchite syphilitique ù début franchement inflammatoire, de gommes suppurcos de l’alliuginée et du testicule, enfin de fongus syphilitique.