De la tuberculose primitive des bourses
« La tuberculose primitive des bourses n'a pas sa place dans nos traités classiques. Nous n’en avions même pas rencontré d’exemples dans les annales de la médecine lorsque, en 1882, nous avons observé et publié notre premier cas; nous en recueillions, lannee suivante, un second à l’hôpital Saint-Louis. Depuis, en 1865, M. Rochette a soutenu une thèse sur ce sujet; s’il a eu le tort do se croire le premier à aborder cette question, il a du moins le mérite de nous fournir notre fait nouveau. C’est avec ces matériaux peu abondants que nous allons décrire cette affection fort intéressante, puisqu’elle se complique parfois de la hernie du testicule, l’ancien fongus de Deville.
« Celte tuberculose primitive nous offre deux variétés : dans la première, les follicules déposés dans l’épaisseur du derme se ramollissent, la peau se détruit, les divers foyers se réunissent et une perte de substance irrégulière s’étale a la surface des tissus en un ulcère peu sécrétant et mal bourgeonnant. Dans la seconde, le fongus tuberculeux se dépose sous la peau; il s’agit d’une véritable fissure du tissu cellulaire sous-cutane. Cette fissure peut ellc-meme présenter deux formes suivant son étendue et la destruction plus ou moins grande des tuniques d’enveloppe : la collection ramollie s’ouvre à la peau par de simples orifices fistulisés ou bien elle ulcère largement les bourses et une perte de substance se forme, assez grande pour permettre l’issue du testicule. » Et nous terminions notre mémoire par cette conclusion : « La hernie du testicule a pour origine, non, comme on l’a dit jusqu’à ce jour, une tuberculose de l’épididyme, mais la fonte d’un ou plusieurs foyers caséeux, déposés primitivement dans les bourses. »