CHIRURGIE OPÉRATOIRE
7S. — Urétérectomie totale. {Société de Chirurgie, 1893.)
Le premier, j’ai tenté avec succès l’ablation de tout un uretère purulent sur un homme qui avait en plus une hydronéphrose suppurée, que j’avais enlevée.
J’ai préconisé, pour faire cette opération, la voie souspéritonéale.
Je fais l’incision du canal inguinal, et me servant du canal déférent comme guide, je vais chercher l’uretère dans la fosse iliaque en décollant tout le péritoine.
Dans ce travail, j’ai donné les repères anatomiques qui peuvent guider dans cette recherche.
Ce travail a fait le sujet de la thèse d’un de mes internes, M. le D' Rousseau (thèse).
76. — Néphrectomie pour hématurie grave consécutive à une contusion rénale (Société de Chirurgie, 1899.)
Ayant eu à traiter une femme atteinte d’hématurie persistante, qui s’était déclarée à la suite d’une contusion récente et grave du rein gauche, je crus devoir intervenir, et j ai
fait la néphrectomie qui m’a montré une déchirure complète du rein avec parties se sphacélant. La malade a guéri. Cette opération est une des preniières dans lesquelles pareille intervention a été faite dans les circonstances exposées plus haut.
77. — Technique opératoire de la néphrectomie. (Congrès de Chirurgie, 1898.)
Dans cette communication, opposant les résultats de la néphrotomie avec ceux de la néphrectomie, je montre que sauf des cas exceptionnels, et pour la lithiase rénale, la néphrotomie n’est le plus souvent qu’une opération palliative à laquelle on se résout parce qu’on craint que l’autre rein soit pris. Mais elle laisse des fistules qui nécessitent des néphrectomies secondaires. Je préconise pour les néphrectomies les incisions larges permettant l’introduction facile de la main, et celle qui me donne le plus de jour est une incision qui débute verticalement comme l’incision de Simon à 8 centimètres de la ligne médiane, dévie au niveau du carré des lombes obliquement en dehors en suivant le bord externe de ce muscle, et qui se prolonge dans la fosse iliaque, en coupant dans le sens des fibres du grand oblique peau et muscles sous-jacents, découvrant la réflexion du péritoine dans la fosse iliaque, et le relevant. Cette incision donne un jour considérable, et permet de faire une néphrectomie très rapidement.
78. — Résection du pylore et de la première portion du duodénum. Abouchement de l’estomac avec la deuxième portion. (Observation recueillie et publiée par M. 'Wasailiefîm Gazette des Hôpitaux, 1890.)
Cette observation a surtout comme intérêt d’être une des premières ablations de cancer de l’estomac tentées en France. Si, à l’étranger, Péan, qui avait le premier pratiqué cette opération, avait eu des imitateurs, en France seul il avait fait quatre fois cette opération quand je publiai celle que j’av.ais faite, et qui était ainsi la cinquième en date. Depuis, cette opération est entrée de plus en plus dans le domaine de la chirurgie.
79. — Traitement des cals difformes consécutifs aux fractures des os de la jambe à la partie inférieure. (Société de Chirurgie.)
J’ai conseillé dans ce cas l’ostéotomie des deux os pour les redresser, et en donner le manuel opératoire.
Ces opérations sont devenues, avec l’antisepsie, vulgaires.
A l’époque où j’ai publié ce travail, j’étais un des premiers . à en parler, et à attirer l’attention sur la thérapeutique à opposer en cas de pareil accident.
80. — Traitement par Télectrolyse des rétrécissements de Turèthre. (Société de Chirurgie, 14 juin 1893.)
Dans ce travail je montre que l’électrolyse dans les rétrécissements de l’urèthre est un moyen infidèle, qui peut
dans quelques cas échouer, et donner lieu à des accidents. Le plus souvent, pour franchir le rétrécissement, on est obligé d’avoir recours à des courants d’intensité forte, qui produisent des escharres. Or, les cicatrices rétractiles, qui suivent la chute de ces escharres exposent aux rétrécissements ultérieurs.
81. — Rapport sur fa résection veineuse dans ies cas de tromijose pour parer aux accidents emboiiques, par le D' ISCHWALL.
En présence d'accidents emboliques il est bon de faire la ligature veineuse entre le cœur et le caillot. Nous citons une observation où pareille conduite a été tenue par un de nos élèves sur nos conseils, et qui a été suivie de l’arrêt des accidents et de la guérison.
82, — Rapport sur la luxation donbie de l’astragale ; ablation de
l’astragale. Guérison, parM.LEGCEo. (Société de Chirurgie, 29 mars 1899.)
Dans ce rapport je montre que dans de certains cas on est obligé d’avoir recours à l’ablation de l’astragale afin de rendre au malade la possibilité de la marche.
83. — De la réduction sanglante dans les cas de luxation totale
de l’astragale. (Société de Chirurgie, 1901.)
Dans ce travail je défends celle idée qu’avant de penser à faire l'ablation de l’astragale, comme il est dit dans tous
les livres classiques, dans les cas de luxation totale, il est préférable d’essayer de remettre en place cet os au moyen d’une opération sanglante. A l’appui de cette idée je cite l’observation, qui est une des premières de ce genre, d’un homme chez lequel j’ai pu, en présence d’une luxation totale de l’astragale, réduire après incision l’os luxé, et la guérison complète s’est produite, sans nécrose de l’os. J’ai pu dans cette réduction constater que l’obstacle de la réduction est, comme l’a dit Nélaton, l’onglet de la face postérieure de l’astragale, qui vient buter dans la rainure calcanéenne-, et qu’il faut soulever pour que l'os se remette en place.
84. — Ligature de l’iliaque primitive. (Revue dans les Archives de Médecine, 1889.)
Je rapporte 79 cas de ligature de l’iliaque primitive avec 74,68 p. 100 de mortalité. Chiffre considérable, mais qui n’étonnait pas à l’époque où ces opérations étaient faites. Cette statistique montrait non seulement la gravité de cette opération, mais ne prouvait pas, comme le disait Küs.smaul qu’elle expose moins que la ligature de la fémorale à la gangrène du membre.
88. — Hernie du poumon à travers l’éclatement complet d’un espace intercostal. Emphysème généralisé. Intervention. Guérison. (Société de Chirurgie, 1893.)
C’était la première fois qu’on intervenait pour remédier è de pareils accidents. J'ai montré par cet exemple qu’en présence d’un emphysème se généralisant, consécutif à une
fracture de côtes, il fallait ne plus s’abstenir, comme c’était la règle jusqu’alors, mais qu’on avait, grâce à l’antisepsie, le devoir d’aller rechercher la cause de l’emphysème, et en libérant le poumon embroché par un fragment de côte, de la faire cesser.
86. — Du pied bot paralytique. Son traitement. (Société de Médecine et Chirurgie pratique, 1896.)
Dans cette communication j’ai signalé les troubles de nutrition, troubles trophiques portant sur tous les tissus, et en particulier sur les os, qui distinguent le pied bot paralytique du pied bot congénital. Les os sont en effet dans ce cas non seulement déformés, mais friables, grais-
J’ai étudié ensuite les différentes opérations qu’on peut opposer à cette infirmité arthrodèse, astragalectomie, tarsectomie, et essayé de montrer qu’elles étaient leurs indications, me prononçant surtout pour l’astragalectomie, qui me paraît donner des résultats supérieurs à ceux de l’arthrodèse.