CHIRURGIE DE LOREILLE
87. — Trépanation de l’apophyse mastoïde. (Société de Chirurgie, 29 juin, 1892.)
J’insiste sur la nécessité de faire la trépanation de l’apophyse mastoïde de très bonne heure dans les cas d’otite
moyenne, et sur ce faitqu’après la trépanation de l’apophyse mastoïde l’ouïe semble revenir plus vite et plus complètement que quand on s’est simplement contenté de donner issue au pus par une perforation de la membrane du tym-
La configuration anatomique de la caisse donne en effet la raison de ce fait clinique. ■— La perforation de la membrane du tympan ne peut évacuer que le pus qui est dans la partie basse de la caisse, mais ne permet pas de nettoyer et d’évacuer les produits purulents qui sont dans l’attique, située au-dessus des osselets, qui forment une cloison, empêchant le pus de tomber dans la portion tympanique.
88. — Evidement pétromastoïdien. (Communication au Congrès de Chirurgie, 1897.)
Dans ce travail, qui repose sur des recherches anatomiques personnelles, je montre que pour tarir les suppurations de l’oreille de longue durée, la meilleure intervention est l’ouverture large de toutes les cavités, envahies par la suppuration, caisse, cellules mastoïdiennes, et canal de l’aditus. Je donne les règles de cet évidement pétromastoïdien, indiquant un procédé opératoire personnel, permettant d’éviter la blessure du facial. Je fais connaître pour cette opération une instrumentation nouvelle ; et je termine ma communication en montrant que cette opération, loin de nuire, comme on pouvait le croire, à l’audition des malades, l'améliore, si on prend la précaution de ne pas toucher à l’étrier. Cet os restant en place, malgré l’ouver-
90. — Epilepsie Jacksonnienne produite par un giiome siégeant dans ia substance corticale à i’extrémité inférieure du sillon prérolandique. Ablation du gliome. Guérison pendant deux ans. (Congrès de Chirurgie, 189t.)
L’observation qui fait la base de ce travail a été reproduite dans bien des mémoires sur le même sujet. Elle était intéressante pour montrer la possibilité d’un diagnostic précis et les suites de cette intervention.
91. — Opération d’Ogston pour Hallux Valgus. (Société de Chi- . rurgie, 31 mai 1893.)
J’apporte des faits en faveur de cette opération, qui permet de redresser un gros orteil en abduction.
CHIRURGIE ABDOMINALE BT GYNÉCOLOGIE
HÉMATOCÈLE PERIUTÉRINE
Un des premiers en France j’ai préconisé à la suite de Lawson Tait, la laparotomie comme voie de choix pour traiter l’hématocèle péri-utérine. Combattu au début par beaucoup de mes collègues, j’ai multiplié les communications, montrant les dangers de la voie vaginale pour l’évacuation du sang de l’hématocèle, et par contre la bénignité de la laparotomie. Ces interventions abdominales m’ont permis d’apporter de nombreuses pièces, servant à établir la pathogénie, en même temps qu’à rectifier certains points de l’anatomie, et de la symptomatologie de ces hématocèles. Je vois avec plaisir qu’à l’heure actuelle mes idées se sont de plus en plus répandues, et ont fait de nombreux adhé-
92. — De l’intervention dans l’hématocèle péri-utérine. (Société de Médecine et Chirurgie pratique, 18 février, 1892.)
Dans ce mémoire, je combats l’expectation en présence d’une hématocèle, pensant qu’on a avantage dès qu’on cons-
tate l’enkistement, à moins qu’on ail affaire à une inondation péritonéale, qui vous force à intervenir encore plus rapidement, à aller chercher la source de l’hémorragie, et évacuer le sang. En attendant on doit craindre qu’il se produise une infection de cette masse sanguine, et que l’opération soit moins bénigne. Plus on opère vite, plus on est sûr d’avoir affaire à une lésion aseptique, qui vous permet de refermer le ventre sans drainage. La statistique que j’apporte à l’appui de ces idées est concluante..
Je montre enfin que toute hématocèle est liée, soit à une grossesse extra-utérine avec œuf, soit à une salpingite hémorragique. Les pièces de salpingite hémorragique que j’ai enlevées et confiées à M. Pilliet, lui ont montré en effet que toute salpingite hémorragique est due à une grossesse tubaire qui n’a pas évolué. Donc, toute hématocèle est liée à une grossesse extra-utérine. C’était la première fois que ces faits étaient affirmés aussi nettement. A l’heure actuelle, ils ne sont plus discutés. Je fais enfin remarquer que si on a parlé de marsupialiser la poche de l’hématocèle, cela tenait à ce qu’on opérait des hématocèles très anciennes, qui s’étaient enkystées. Mais en réalité il n’y a pas de poche. Le sang, au début, s’enkyste par les adhérences des intestins et de l’épiploon à l’utérus. En opérant de bonne heure, on ne trouve donc pas de poche, et il n’y a pas à penser à faire de marsupialation.
93. — Présentation de pièces prévenant d’une grossesse extrautérine de ia variété tubo-péritonéale. (Société de Chirurgie, 4 novembre, 1891.)
94. — Hémaiosalpinx. Présentation de pièces. (Société de Chirurgie, 8 avril 1891.)
Cette pièce était intéressante, car il s’agissait, dans ce cas particulier, d’un hématosalpinx, que l’examen histologique avait rattaché à la rupture d’une grossesse tubaire, mais cet hématosalpinx s’était compliqué d’une hématocèle. La laparotomie faite quelques heures après le début de l’hématooèle nous avait permis de voir la source de l’hémorragie qui se faisait au niveau d’une des grosses veines rompues du plexus utéro-ovarien.
95. — Da l’intervention dans l’hématocèle péri-utérine. (Congrès de Chirurgie, 1895.)
Je reprenais et développais les idées que j’avais exprimées en 1892, et apportais des observations au nombre de douze, démontrant la bénignité de la laparotomie, en même temps que ses avantages, si on comparaît celte intervention à la simple incision du cul-de-sac, qui laisse après l’évacuation du sang des annexes malades, qui nécessitent quelquefois une nouvelle intervention. .
Par des examens bactériologiques je montrais que bien que l’hématocèle se fut enkysté, cet épanchement sanguin restait le plus souvent aseptique, ce qui expliquait la bénignité de la laparotomie.
96, — De la grossesse extra-utérine. (Société de Chirurgie, 1896.)
Je cherche à établir les signes sur lesquels on peut faire le diagnostic entre une grossesse extra-utérine et une hématocèle. On peut arriver à faire ce diagnostic.
Toutefois il reste toujours très difficile de savoir si on a affaire à une hématocèle habitée, contenant fœtus et pla^ centa pouvant saigner ou hématocèle liée à une salpingite hémorragique, grossesse tubaire qui n’a pas évolué-. Dans le doute, le mieux est d’avoir recours à la laparotomie qui permet de se rendre compte de ce qui est, et n’expose pas aux hémorragies qui peuvent résulter de l’incision du cul-de-sac, quand on se trouve en présence d’une hématocèle habitée.
L’incision du cul-de-sac doit rester l’opération de choix, quand on craint l’infection de la poche sanguine.
97. — Présentation de pièces de grossesses extra-utérine rompue, traitée par la laparotomie. (Société de Chirurgie, 1896.)
Ces pièces viennent à l’appui des idées que j’ai soutenues' que par la laparotomie seule, on peut évacuer le sang de Thématocèle, et Tœuf, dont la rupture a produit Théma-
98. — Statistique de 41 hématocèles traitées par moi par la laparotomie, colpotomie ou hystérectomie vaginale. (Société de Chirurgie, 18 février 1900.)
J’apporte ma statistique personnelle pour permettre de juger la valeur des différents procédés d’intervention en cas d’hématocèles ou grossesse extra-utérine. Cette statistique se décompose ainsi : 29 laparotomies avec 2 morts pour hématocèle et une pour inondation péritonéale opérée exangue; 11 colpotomies, avec une mort par infection consécutive et 2 cas où des hémorragies graves ont succédé à l’incision du cul-de-sac, une nécessitant la laparotomie immédiate pour arrêter l’hémorragie; 3 hystérectomies dont une faite pour arrêter les phénomènes d’infection consécutive à la colpotomie.
Cette statistique était la justification des idées que j’ai soutenues.
PROLAPSUS UTÉRIN
99. — Prolapsus utérin, pathogénie et traitement. (Société de Chirurgie.)
Dans une longue communication à la Société de Chirurgie, reprenant les idées de Trélat, j’ai étudié les moyens de soutien de l’utérus; j’ai montré que celui-ci est surtout maintenu dans sa position normale par le muscle releveur de l’anus qui le maintient tant que sa tonicité musculaire
existe. Mais cette tonicité musculaire peut être diminuée ou détruite, soit par les actes physiologiques de la grossesse et de la parturition, soit par un état général lié à des troubles du système nerveux.
Dans ce cas, l’utérus n’étant plus soutenu se prolabe. Dans les prolapsus vrais de l’utérus, il faut donc non seulement refaire le plancher périnéal qui est un moyen de soutien, par la colpopérinéorraphie, mais encore, substituer au muscle releveur de l’anus un plan de résistance cicatriciel qu’on peut obtenir par l’hystérectomie, ou l’incision du cul-de-sac postérieur, et le drainage prolongé de ce cul-de-sac.
100. — Prolapsus utérin chez les vierges. (Congrès de Chirurgie, 1898.)
Travail dans lequel j’étudie les causes de prolapsus et l’influence des troubles nerveux sur cette ptose. Chez les vierges il se produit à la suite des attaques d’hystérie, d’épilepsie, ou dans le cours de maladies infectieuses graves, telles que la fièvre typhoïde où le système nerveux est manifestement atteint.
101. — Du prolapsus utérin. (Leçon clinique parue dans la Semaine Gynécologique, 1897.)
Dans une leçon je reprends toutes ces idées, les développe, et montre les relations du prolapsus utérin, avec le rein mobile, les entéroptoses, la scoliose, la tarsalgie, toutes ptoses d’origine connexe.
t02. — Traitement chirurgical des rétro déviations utérines.
[Semaine Gynécologique.) .
Je commence par bien distinguer les rétro-versions des rétro-flexions utérines. Lés premières sont des ptoses dé l’utérus, que les ligaments suspehseurs insuffisants.ne .soutiennent plus. La rétroversion est le premier degré du prolapsus utérin. Les rétro-flexions sont des lésions symptomatiques d’une alTection de l’Utérus, métrito, ou des annexes. Les rétro-flexions sont maintenues par des adhérences qui prouvent qu’il y a eu paramétrite antérieure.
Si l’on peut ave’c l’opération d’Alquie-Alexander, remédier à la rétroversion, il est bon d’y ajouter la réfection du, plancher périnéal généralement insuffisant.'Pbüf’rès.réfro-' flexions il faut faire la laparotomie qui seule permet de détruire les adhérences, de voir 1 état des annexes et de terminer par une liystéropexie.
103. — Traitement du prolapsus utérin par i’incision et ie drainage du cui-de-sac postérieur. (Congrès de Chirurgie, 1897.)
De l’étude que j’ai faite du prolapsus utérin, il ressort que l’utérus descend parce que le plancher musculaire formé par le releveur ne le soutient plus. Je montre qu’en drainant la cavité de Douglas on crée des adhérences qui forment un plancher fibreux., qui remplace le plancher musculaire faisant défaut. Ce drainage du cul-de-sac est donc une opération bénigne qui vient utilement s’adjoindre aux autres moyens préconisés pour obvier au prolapsus.
iOi. — Traitement des suppurations peiviennes. (Congrès de Gynécologie de Genève al Semaine Gynécologique, t898.)
Je tâche, dans cette communication, de montrer d’après ma statistique personnelle, qui comprenait les années 1891, 1892, 1893, 1894, 1895, 1896, ce qui me donnait 212 interventions pour suppurations pelviennes, qu’on ne doit pas vanter telle ou telle opération à l’exclusion de toute autre,' et qu’on doit savoir être éclectique d’après les cas.
L’incision simple du cul-de-sac dans les phlegmasies récentes peut donner des succès et doit être tentée. Mais souvent il faudra faire consécutivement l’hystérectomic qui est l’opération de nécessité, quand la collection s’est ouverte dans l’intestin, lorsque l’utérus est fibromateux, ou bloqué dans une masse fibreuse diffuse résultat de pelvipéritonites successives. Mais si l’on a affaire â une lésion limitée, pyosalpinx, salpihgo-ovarites suppurées, la laparotomie qui permet d’être sûr de faire une opération complète, de limiter son intervention, d’arriver plus que par l’hystérectomie à un résultat définitif, doit être préférée.
tOS. — Valeur de l’incision du cul de-sac postérieur dans les suppurations pelviennes (Société de Chirurgie, 1898.)
D’après mes observations, je montre que si l’incision du cul-de-sac dans des cas où la collection est bien limitée peut donner dans quelques cas des guérisons, le plus souvent cette incision n’est qu’une opération d’attente qu'on doit compléter plus tard par une hystérectomie.
106. — A propos de rhystérectomie abdominale totale dans les suppurations des annexes. (Semaine Gynécologique, 1899.)
Je combats l’hyslérectomie abdomidale systématique dans les lésions suppurées des annexes; montrant que la conservation de l’utérus rend service aux malades, leur permettant d’avoir encore leurs règles. Ce n’est qu’exceptionnellement qu’on doit se résoudre à cet exérèse complète.