‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 15 sur 17 · NÉVROSES · texte numérisé non relu

NÉVROSES

De la déviation faciale dans l’hémiplégie hystérique (Hémispasme

Il s’agit là de la première description du phénomène connu sous le nom d ’hémispasme glosso-labié hystérique. Nous en avions observé deux très beaux cas dont l’observation se trouve rapportée in extenso dans le présent travail. A cette époque se trouvait très discutée la question de savoir si, dans l’hémiplégie hystérique, on observait une participation de la face. Nous montrâmes ici que, dans l’hémiplégie hystérique, on pouvait, à la vérité, observer une déviation de la face, parfois même très accentuée, mais nous faisions en même temps remarquer qu’il s’agissait là d’un spasme et pas du tout d’une paralysie analogue à celle qui sé montre dans l’hémiplégie organique. Les. principaux caractères qui distinguent l’hémispasme glosso-labié hystérique d’avec la paralysie faciale des hémiplégiques sont les suivants :

Dans l’hémispasme glosso-labié hystérique, il existe un état de contraction spasmodique de la musculature d’un côté de la bouche, portant presque exclusivement sur une seule lèvre, la supérieure ou l’inférieure, et s’accompagnant de secousses généralement très accentuées.

Dans l’acte de souffler, il y a issue de l’air, non pas du côté que l’on soupçonnerait être paralysé, mais du côté où existe l’état de contraction spasmodique.

Déviation excessive de la langue grâce à laquelle cet organe peut prendre les positions les plus bizarres ; cette déviation a lieu du côté où existe l’état de contraction spasmodique, et se montre le plus souvent même sans que la langue soit tirée, par le seul acte d’ouvrir la bouche.

Je signalerai ce fait assez singulier que le second de nos malades était un tabétique (vérifié à l’autopsie) ; depuis lors j’ai eu l’occasion d’observer un nouveau cas d’hémispasme glosso-labié hystérique chez un malade atteint, de tabes. Cette coïncidence est vraiment bien curieuse.

Sulfure de Carbone et Hystérie.

Ayant eu dans mon service deux hommes travaillant dans une usine de sulfure de carbone et atteints tous deux d’hémiplégie hystérique, j’ai mis à profit cette coïncidence pour essayer de tracer une description dé l’hystérie sulfo-carbonée dont Delpech, Bonnet, Achard, etc., avaient déjà publié des exemples; j’ai montré que cette hystérie sulfo-carbonée se comportait, d’une façon générale, comme la plupart des autres hystéries toxiques, sauf peutêtre une aura spéciale consistant en une sensation d’échaufïement au niveau des parties génitales. Je rappelais que, chez ces mêmes ouvriers manipulant le sulfure de carbone, plusieurs auteurs ont décrit l’existence de névrites périphériques toxiques. Je faisais remarquer à ce propos que ce ne pouvait être grâce à une pure coïncidence que nous voyons toutes les intoxications qui s’accompagnent de névrites périphériques donner également naissance à l’hystérie toxique, ainsi que cela a lieu pour le plomb, l’alcool, le mercure, d’où cette formule que : Névrites périphériques et hystérie toxique sontfonctions des mêmes intoxications.

x observations d’Angine de poitrine dans l’Hystérie.

Dans ces deux observations, dont l’une personnelle, l’autre due au docteur Mendelssohn (de Saint-Pétersbourg), on voyait, à côté de phénomènes nettement-hystériques, survenir par intervalles des crises présentant tout l’aspect de l’angine de poitrine vulgaire : accès d’angoisse précordiale, pouls accéléré, irradiation dans l’auriculaire gauche, etc... Mais il existait ■en outre des symptômes qui ont été décrits en Allemagne comme constituant une forme spéciale d’angor pectoris, angine de poitrine vaso-motrice (Eulenburg). Ces symptômes sont les suivants : « Tout à fait au début, sensations thermiques anormales dans les extrémités, sensations d’engour-

dissement, de froid, auxquelles correspondent objectivement la pâleur et quelquefois la teinte cyanotique, le refroidissement, la diminution de la sensibilité de la peau des extrémités. L’artère radiale elle-même offre au doigt un calibre moindre, ses pulsations sont faibles, et sur un tracé sphygmographique présentent une diminution notable d’amplitude. »

L’auteur insiste sur ce fait que l’angine de poitrine étant un syndrome et non une maladie, il n’y aucune raison pour ne pas admettre l’existence d’une angine de poitrine hystérique, mais dans ses deux observations cette angine de poitrine a présenté en outre des manifestations vaso-motrices très curieuses.

Contribution à l’étude de la paralysie hystérique sans contrac-

Revue de médecine, 1887, page 421.

Plusieurs observations de paralysie hystérique sont réunies dans ce mémoire, les auteurs insistent sur ce fait qu’il n’existait dans ces cas aucune contracture et que les réflexes tendineux étaient augmentés chez certains malades, diminués chez d’autres, de telle sorte qu’il est impossible de considérer les paralysies hystériques comme étant toujours spasmodiques.

De plus, il est rare d’observer, dans les paralysies hystériques, la forme monoplégique pure; presque toujours, alors qu’un seul membre semble atteint, si on veut explorer avec soin l’autre membre du même côté, on ne tarde pas à constater ou bien que les mouvements y sont un peu moins libres, ou bien que la résistance aux mouvements communiqués a diminué, ou enfin que les réflexes tendineux n’ont pas la même intensité que dans le membre correspondant de l’autre côté du corps ; il y a donc toujours une certaine tendance à l’hémiplégie.

Il convient de donner une grande importance à l’élément psychique dans la production des paralysies hystériques, ainsi que cela ressort des observations contenues dans ce travail.

L’hystérie mâle à la Consultation du Bureau central.

Sur les 704 malades atteints d’affections médicales diverses que j’avais examinés à la Consultation du Bureau central pendant le mois de mai 1889, parmi lesquels il y avait 179 femmes et 525 hommes, j’ai constaté que 25 hommes présentaient les caractères de Y hystérie massive, et 3 ceux de

Y hystérie mitigée; sur les 179 femmes, une seule offrait les caractères de

Y hystérie massive , 5 ceux de Y hystérie mitigée. Ce qui donne comme pourcentage pour les femmes 0,58 "|„ pour les hommes 4,76 •/,. C’est-à-dire que l’hystérie massive se montre, dans certains milieux, avec une prédominance beaucoup plus grande chez les hommes que chez les femmes, puisque pour les premiers elle est 8 fois plus fréquente que pour les secondes. Il est juste de faire remarquer que les hommes qui se pressaient à la Consultation du Bureau central telle qu’elle était organisée à cette époque, appartenaient pour une grande proportion à la lie de la population parisienne, et que beaucoup d’entre eux étaient des-vagabonds ou des repris de justice.

Ancienne observation d’Éternuement névropathique dans l'Hystérie.

Progrès médical, 7 janvier 1888.

En faisant des recherches bibliographiques j’avais retrouvé une ancienneobservation d’« Eternuement violent guéri par leKina », publiée en 1772 par P. Jon. Bergius dans les Mémoires de l'Académie de Stockholm. Il s’agissait, à n’en pas douter, d’éternuements hystériques, comme je le faisais remarquer en reproduisant cette intéressante observation et la faisant suivre de quelquesconsidérations sur ce sujet.

Sur un cas d’Hystérie sénile.

bulletins de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, séance du 8 novembre 1901.

Chez cet homme, âgé de 72 ans au moment de cette communication, une hémiplégie hystéro-traumatique des membres du côté gauche était survenue en 1854 à la suite d’une chute du haut d’un échafaudage. Cette hémiplégie durait encore en 1901, et un fort hémispasme glosso-labié hystérique étaitvenu s’yjoindre. Actuellement d’ailleurs, en 1901, àl’âge de 72 ans, cethommecontinueàprésenterdes pollutions nocturnes, et il affirme que les attaques convulsives dont il est parfois atteint se terminent toujours par une éjaculation. Ce qui est certain, c’est que ces attaques peuvent être arrêtées par la compression des testicules. — Il s’agit donc d’un cas d’hystérie sénile présentant des symptômes assez particuliers.

Deux cas d’Astasie-Abasie à début sénile.

Chez l’un de ces malades, âgé de 72 ans, l’affection s’est montrée à 65 ans. L’autre malade, âgé de 80 ans, a présenté les premiers phénomènes d’astasie-abasie à 68 ans. Chez tous deux les troubles de la marche sont demeurés invariables. — Ces deux malades n’offraient aucun stigmate hystérique actuel, sauf l’abolition du réflexe pharyngé, aussi me suis-je demandé, avec Petren, s’il s’agit là d’une affection hystérique; mais, contrairement à cet auteur, je me suis refusé à admettre que, malgré l’âge avancé où l’affection s’est montrée, il s’agisse d’un trouble dû spécialement à l’artério-sclérose. En effet, si l’artério-sclérose était en jeu, l’état des malades ne serait pas resté le même, ainsi que leur santé générale, pendant 7 ans chez l’un, pendant t2 ans chez l’autre (et ce dernier n’avait pas moins de 80 ans) !

Tachycardie dans la Paralysie agitante.

{Extrait d’une statistique sur la consultation externe de la Clinique des maladies du système nerveux.)

Progrès médical, décembre 1885.

Chez les paralytiques agitants venus à la consultation externe de la Salpêtrière, nous avons recherché spécialement le nombre des pulsations cardiaques et nous avons ainsi constaté la fréquence de la tachycardie chez ces malades.

Voici les résultats que nous avons obtenus par l'examen de 31 cas de paralysie agitante :

Dans 7 cas seulement le nombre des pulsations était de 76 ou au-dessous (1 fois 68 — 1 fois 64).

Dans 5 cas le nombre des pulsations était compris entre 76 et 90.

Dans 19 cas le nombre des pulsations était de 90 ou au-dessus (le plus haut chiffre observé a été 122 ; a fois on a noté 120).

En comparant entre eux ces différents malades il semble que l’augipentafion du nombre des pulsations ait une tendance plus grande à se montrer chez ceux qui sont atteints de cette maladie depuis plus longtemps, sans que cependant il y ait rien d’absolu à cet égard.

Note sur l’Ovarie dans la chorée de Sydenham.

Il n’est pas à notre connaissance qu’aucun travail sur ce sujet ait étépublié antérieurement à celui-ci. Sur 33 cas de chorée de Sydenham observés à la consultation externe de M. Charcot, à la Salpêtrière, dont 27 filles, l’ovarie n’a fait défaut que 9 fois; 10 fois elle siégeait à droite, 10 fois à gauche ; dans 4 cas elle était bilatérale. Parfois elle s’est montrée assez intense pour que, d’eux-mêmes, les enfants ou les parents aient attiré l’attention du médecin sur « une douleur dans le ventre ». — Dans les 9 cas oùl’ovarie n’a.

pu être constatée, il s’agissait 5 fois de garçons; chez ceux-ci la pression du testicule ou du cordon n’a réveillé aucune douleur spéciale.

Dans un cas de chorée gravide nous avons pu également constater l’existence de l’ovarie.

Toujours nous avons vu que le côté où siège le point ovarien, quand il est unilatéral, est celui par lequel ont débuté les mouvements anormaux.

Torticolis mental ;

vec mouvements des membres supérieurs de nature spasmodique.

Présentation d’un malade à la Société de Neurologie. Il s’agissait d’une variété de torticolis spasmodique avec mouvements de même nature et de même origine dans les membres supérieurs.

Chorée chronique de nature indéterminée chez un homme de

60 ans (début à l’âge de 7 ans). Présentation du malade.

Notre malade, âgé de 60 ans, présente des mouvements choréiques caractéristiques ; et, cependant, dans diverses publications, il figure avec le diagnostic d’Athétose double. Malgré l’âge du malade, on n’est pas en présence de là chorée de Huntington, mais d’une chorée chronique qui aurait débuté à l’âge de 7 ans à la suite d’une maladie infectieuse.

Page 1