‹ Exposé des titres et travaux scientifiques postérieurs à 1904Chapitre 2 sur 14 · MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE

des Hôpitaux de Paris, '25 avril 1915.

247. — Caractères aaormaux du liquide céphalorachidien dans la méQingite cérébro-spinale. Absence possible, apparition tardive des méningocoques.

>7. — Apparition <

268. — Les gangrènes dans le purpura méuingoooodgue. SocUté médicale des

269. — La trépanoponction et l’injection intraventrioulaire dans les méningites cloi-

270. — Les reohntes tardives dans la méningite cérébro-spinale. Société médicale des

Hôpitaux, 51 mai 1918 et Archives de médecine des enfants.

271. — Septicémie méningoococique. Injections intraveineuses et intramusculaires.

Société médicale des Hôpitaux, 51 mai 1918.

272. — L'a bactériothérapie comme adjuvant de la sérothérapie dans le traitement

de la méningite cérébro-spinale. Société médicale des Hôpitaux, 5 Juillet 1918.

273. — Purpura méningococcique chez un nourrisson de douze mois. Constatation de

méningoceques dans le liquide céphalorachidien pendant la vie sans méningite appréciahle à l’antcpsie. Société médicale des Hôpitaux, 19 juillet 1918 (avecMozes).

274. — Modifications relevées dans les types de méningocoques prédominants.

Fréquence actuelle du type C. Société médicale des Hôpitaux, i avril 1919 (avec

Dans nos exposés (le 1897, et de 1904, sont mentionnés des travaux consacrés à l’anatomie pathologique, à la bactériologie, à l’étude clinique et à la thérapeutique des méningites suppurées et de la méningite cérébro-spinale épidémique ( 4 , 9 , 13 , 16 , 20 , 21 , 33 , 78 , 79 avant 1897, 130 à 149 de 1897 à 1904).

Il n’est donc pas surprenant que la poussée épidémique qui s’est manifestée depuis l’hiver 1908-1909 ait provoqué de notre part des publications nombreuses dont quelques-unes ont eu pour la connaissance et le traitement de cette maladie une importance indiscutable.

Un traité didactique publié en 1911, en collaboration avec notre élève Debré, a reçu un accueil très favorable et a obtenu le prix Bréant à l’Académie des Sciences (236).Nous nous sommes efforcés d’y mettre en lumière les travaux antérieurs et contemporains, tout en exposant les résultats de nos recherches personnelles.

De nos autres contributions, nous ne voulons retenir ici que les plus

originales.

Lelldécembre 1908,il nous paraissait indispensable de signaler à la société médicaledes hôpitaux de Paris le nombre relativement élevé de cas de méningites venus à notre connaissance et faisant prévoir une recrudescence. Ces prévisions se réalisaient. En même temps que certains corps de troupe étaient atteints d’une façon assez inquiétante sur divers points du territoire, la population civile de Paris et de la banlieue voyait les cas se multiplier dans des proportions sensibles (221, 222, 223, 224).

Dans un quartier de Saint-Denis nous avons pu suivre la filiation des cas et mettre en évidence le rôle des enfants fréquentant une école de la Plaine Saint-Denis. La maladie est apportée par des porteurs de germes contagionnés au voisinage de malades et dangereux pour les autres, sans présenter eux-mêmes demanifestations.il ne faut cependant pas s’exagérer la contagion de la maladie. Il est rare qu’une famille compte plus d’un malade et le séjour d’un méningitique dans une salle d’hôpital n’est pas suivi d’apparition de cas chez les voisins. La proportion des porteurs de germes autour d’un malade est en raison directe de l’encombrement, et de la mauvaise hygiène. Elle varie du reste au cours de l’épidémie : plus forte au début, plus rare à la fin.

Le plus ordinairement la maladie est facilement reconnue, grâce à la soudaineté du début, à l’élévation de la température, à la rigidité de la nuque, à l’apparition précoce du signe de Kernig. Mais ces symptômes ne sont pas constants et surtout ils peuvent être passagers. Nous avons 'cru devoir insister sur ces méningites frustes dans une de nos leçons (242). Averti de leur existence et de leurs particularités, le médecin pourra sauver plus d’uu malade par une intervention précoce.

Nous avons montré combien en cas de doute on tirera parti des résultats fournis par la ponction lombaire dont nous avons vulgarisé l’emploi.

Cette ponction, le plus ordinairement, en pareil cas, ramène un liquide louche ou franchement purulent dont les caractères objectifs suffisent à nous renseigner, sans qu’il faille attendre les résultats de l’examen microscopique et des cultures.

Mais ce ne sera pas toujours le cas. Il n’est pas exceptionnel que l’on retire un liquide clair. Il peut en être ainsi lorsque l’on fait la ponction le premier jour et même au début du second. On peut alors trouver un liquide limpide dans lequel la centrifugation ne donne qu’un dépôt insignifiant où l’on voit de

rares cellules constituées exclusivement par des lymphocytes, alors qu’on peut constater une grande quantité de méningocoques extracellulaires (226, 247). On peut aussi obtenir un liquide d’aspect limpide quand la ponction est pratiquée à une période tardive, trois ou quatre semaines après le début. Cette particularité avait déjà été signalée dans la « posterior basic meningitis » des médecins anglais (227).

En 1909 comme en 1898, les éruptions d’herpès étaient très communes et présentaient des localisations très diverses. Leur constatation était très utile pour le diagnostic.

Depuis 1917 l’herpès a été beaucoup moins commun. 11 a cédé le pas aux éruptions purpuriques dont les relations avec la méningite cérébro-spinale avaient d’ailleurs été notées dans beaucoup d’épidémies anciennes. Nous avons consacré à leur étude une série de mémoires (232, 252, 255, 256, 259).

Nous avons mis en évidence, dans ces éléments purpuriques, la présence du méningocoque par l’examen microscopique et même par la culture (255, 256, 259). Cette constatation est d’autant plus importante que ce purpura peut précéder la méningite et même exister sans méningite (256, 273).

Nous avons également retrouvé le méningocoque dans le pus des articulations (222, 245, 246, 249), dans celui de l’iridochoroïdite, etc. (243, 244). Les arthritessuppurées à méningocoques peuvent être monoarticulaires ou polyarticulaires. Ces dernières se voient surtout chez les nourrissons (249), chez lesquels elles peuvent être extrêmement nombreuses, douze et même quinze à la fois. Elles affectent alors une affinité toute particulière pour les doigts et les orteils.

L’infection méningococcique peut respecter les méninges et se présenter avec les caractères d’une septicémie (231), comme nous l’avons montré le 27 juillet 1909.

Cette septicémie méningococcique peut donner naissance à des accès fébriles intermittents, comme nous l’avons établi dans plusieurs notes (262, 263).

Dès nos premières communications nous insistions sur le pronostic relativement favorable delà méningite cérébro-spinale opposé à celui de la méningite tuberculeuse et sur l'utilité de la thérapeutique, si décevante dans cette dernière. C’est ainsi que nous avions préconisé les ponctions répétées (142), que nous rappelions l’utilité des bains chauds prolongés (143, 149), que nous

montrions les secours que l’on peut attendre de l’emploi du collargol en frictions ou en injections intraveineuses plutôt qu’en injections intrarachidiennes (218, 219).

Nous avions hâte cependant d’utiliser le sérum anti-méningococcique dont nos premières applications remontent au début de 1908 (220). Depuis cette époque nous avons employé ce sérum chez plus de 360 malades, et nous avons pu apporter à la sérothérapie antiméningococcique des contributions aussi nombreuses que variées.

Nous avons tout d’abord établi l’inutilité des injections sous-cutanées et la nécessité des injections dans le canal rachidien (221, 223, 224, 232, 234, 235). Nous avons montré qu’il faut introduire des doses importantes de sérum, répéter, en tout état de cause, les injections trois ou quatre jours de suite et les poursuivre en cas de persistance ou de réapparition des méningocoques. Chez une de nos malades, il n’a pas fallu moins de 825 centimètres cubes et de 22 injections pour obtenir une guérison définitive (232).

L’introduction du sérum doit être lente et graduelle. On s’efforcera de la faire précéder de la soustraction d’une quantité de liquide supérieure à celle qui sera injectée.

En dépit de ces précautions on pourra voir survenir des accidents d’importance et de gravité différentes.

L’action irritante du sérum peut se traduire par des poussées fébriles accompagnées do douleurs et même de convulsions (225).

La maladie sérique banale (fièvre, éruptions, arthralgie) est très commune. Cela ne saurait surprendre, étant données la quantité de sérum injectée et la répétition des doses (229).

Plus inquiétants sont les troubles respiratoires commençant par la polypnée suivie de l’arrêt des respirations, qui précède de plusieurs minutes l’arrêt du cœur. Ces accidents qui peuvent être suivis de mort rappellent la symptomatologie de l’anaphylaxie du cobaye. On ne les constate pas seulement chez des sujets injectés après une interruption de plusieurs jours (anaphylaxie vraie). Nous les avons observés au cours d’injections ininterrompues ou dès la première injection, alors même que le sujet n’a jamais reçu antérieurement de sérum quelconque (225, 235). 11 sera sage de faire, une heure ou deux avant l’injection intrarachidienne, une ou deux injections sous-cutanées de sérum

dilué, méthode de Besredka, tout en ne se dissimulant pas que cette pratique rationnelle ne préviendra pas toujours ces incidents (241).

L’emploi de la sérothérapie a diminué de plus de moitié la mortalité de la méningite cérébro-spinale, 30 décès pour 100 au lieu de 82,8 pour 100 en 1909. Cette mortalité est réduite à moins de 20 pour cent, si l’on élimine les décès survenus moins de 24 heures après la première injection et ceux pour lesquels la méningite ne peut être incriminée.

La sérothérapie réduit la durée de la maladie, en atténue les manifestations. Grâce à elle les complications sont devenues plus rares et les séquelles sont infiniment moins communes, 6,3 au lieu de 23,3 pour 100 (233). Nous avons même vu, en cours de traitement, disparaître des complications que nous jugions irréparables, telles que la cécité (250) et la surdité.

En dépit de l’emploi du sérum un certain nombre de méningites cérébrospinales se prolongent d’une façon regrettable, aboutissent à des lésions persistantes et se terminent par la mort. Nous nous sommes attaché tout particulièrement à rechercher l’origine de ces insuccès et les moyens d’en réduire le nombre et la gravité. Dans cet ordre d’idées nous avons pu apporter d’importantes contributions.

De très bonne heure nous avons indiqué l’importance du cloisonnement qui peut rendre inaccessibles les cavités ventriculaires, la région crânienne et même les parties supérieures de la région rachidienne. En pareilles circonstances on est souvent amené à injecter le liquide directement dans les ventricules, soit par la simple ponction, à travers la fontanelle chez le nourrisson, (234, 235, 236, 237), soit par la trépanation, lorsque les fontanelles sont oblitérées (237, 257). On peut même, comme l’a conseillé Gantas, injecter directement le sérum dans la région cervicale (239). La fréquence de ces cloisonnements et surtout leur persistance ont été exagérées par certains observateurs.

Nous croyons que beaucoup de rechutes sont dues à l’existence de foyers de méningocoques enkystés dans des points inaccessibles au sérum injecté dans la cavité arachnoïdienne (270). Dans la plupart de nos cas de rechutes répétées, nous avons noté la surdité liée à une destruction du nerf auditif et de ses expansions. Cette surdité comporte à l’origine, comme nous nous

en sommes assuré, l’existence autour du nerf et dans le labyrinthe d’un exsudât renfermant des méningocoques inaccessibles au séi'um injecté dans le canal rachidien. Kous avons retrouvé ces altérations dans les observations de méningites passant à la chronicité, publiées par d’autres auteurs. Klles peuvent d’ailleurs souvent passer inaperçues dans le cas d’altérations limitées à une oreille ou à un conduit semi-circulaire.

Cette notion des foyers enkystés de méningocoques nous a amené à associer dans ces cas les injections intraveineuses ou intramusculaires aux injections intrarachidiennes. Actuellement, nous employons systématiquement d’une façon simultanée les injections intrarachidiennes et les injections intramusculaires (271). Nous préférons ces dernières aux injections intraveineuses qui sont certainement plus dangereuses. Notre nouvelle pratique marque un progrès sensible et il convient d’en généraliser l’emploi.

Utiles aussi, mais limitées à des cas plus rares, sont les injections intraarticulaires, qui donnent d’excellents résultats dans les arthrites méningocociques(245,246), et aussi les injections de sérum dans l’humeur aqueuse et le corps vitré, que nous avons le premier utilisées dans les cas d’iridocyclite (243, 244). Nous avons pu, grâce à ces dernières, conserver la vision de deux de nos malades.

Certains insuccès de la sérothérapie sont dus à l’association au méningocoque d’autres microbes et notamment de pneumocoques et de streptocoques. Cette association a été particulièrement fréquente en 1917, non seulement dans notre service, mais dans tous les hôpitaux de Paris, On l’a aussi rencontrée assez souvent en Angleterre et en Amérique. Elle peut passer assez facilement inaperçue si l’on n’est pas prévenu. Aussi avons-nous cru devoir y revenir plusieurs fois (257,258,259,260). L’addition ausérum antiméningococcique d’une petite quantité de sérum antipneumococcique nous a paru diminuer la fréquence de cette complication redoutable. Si le sérum antipneumococcique est en effet uisutfisaiit pour détruire les microbes fourmillant dans une méningite réalisée, il peut être efficace contre les éléments présents eu quantité minime au début de l’invasion. Le pronostic de la méningite associée n’est pas nécessairement fatal. Aux trois cas de guérison publiés dans notre mémoire de 1917, nous pouvons ajouter deux cas guéris récemment, dans lesqnels l’association du pneumocoque avait été établie dès le premier jour, et où la gué-

rison a été sans doute due aux doses considérables de sérum injecté dans les masses musculaires.

Plus importante encore pour la sérothérapie méningococcique est la notion de la lace du méningocoque en cause et l’intérêt qui s’attache à employer dans les injections le sérum s’adressant particulièrement à cette race ou, mieux, à un sérum polyvalent.

Nous rappelons que M. Dopter a donné le nom de paraméningocoque à un coccus rencontré par lui dans le pharynx de sujets sains et dans certains cas de méningite, coccus que l’agglutination, la précipitation, la hactériolyse permettent de différencierdu méningocoque. Contre ce paraméningocoque, Dopter avait obtenu un sérum employé avec succès, chez plusieurs malades. Pour nous et nombre d'expérimentateurs, il ne s’agit pas d’une espèce, mais d’une race différant seulement par certains caractères du méningocoque (240). Il existe en dehors toute une série de races de méningocoques différant du type classique. C’est du reste ce qu’a reconnu M. Dopter.

Il nous a paru qu’il convenait d’employer dès la première injection un sérum s’adressant en même temps au plus grand nombre possible de races, c’est-à-dire un sérum polyvalent (246, 248, 261). Notre expérience personnelle nous avait d’ailleurs montré que le sérum de Flexner, provenant d’animaux inoculés avec un mélange de nombreux échantillons, amenait la guérison de méningites qui insistaient au sérum antiméningoeoccique monovalent.

MM. Nicolle et ses collaborateurs ont constaté que les méningocoques pouvaient être rapidement différentiés par l’agglutination et ramenés à quatre types dont deux prédominants.

En immunisant un cheval simultanément contre cesdenx types (264, 265, 266), on obtient un sérum bivalent, actuellement à la disposition de tous les médecins, et qui s’est montré très efficaee aussi bien contre les méningites du type A que du type B.

Le type de méningocoque prédominant varie suivant le lieu et suivant le temps. Le type A, particulièrement fréquent en 1909 et dans les années qui ont suivi, cède actuellement le pas au type B, qui parait provoquer le plus souvent des déterminations extraméningées et se rencontre habituellement dans les formes accompagnées d’érnptions purpuriques (265).

Il y avait lieu de prévoir qu’un autre type pourrait à un moment donné

prendre la prédominance. Le méningocoque du tjpeC, très rarement rencontré avant 1909, est maintenant plus commun (274).

Dans les cas où la sérothérapie s’est montrée insuffisante, nous avons eu recours à la vaccinothérapie, dont les effets ne nous ont pas semblé démonstratifs (272). Nous avons en revanche l’impression que la production d’un « abcès de fixation » a eu une influence favorable chez plusieurs malades.

rachidien. Société de Biologie, 17 décembre 1910 (avec Gehdron).

293. — Association apparente de méningites cérébro-spinales et de poliomyélites. Société des Hôpitaux, novembre 1910.

medicale des Hôpitaux, 6 décembre 1912.

304. — Névrite optique au cours d’une poliomyélite. Société des Hôpitaux,

17 octobre 1913.

305. — Les manifestations choréiformes dans la poliomyélite. Association internationale

de pédiatrie, octobre 1913, et Archives de Médecine des enfants, décembre 1913 (avec

306. — La forme méningitique de la poliomyélite. Congrès international de Médecine de Londres im. British Journal of Diseases of Children, décembre 1913. Monatsckrift fur Kinderheilkunde 1913.

assez approfondi. Nous avions en conséquence admis que dans ces cas l’inflammation des méninges avait gagné les centres nerveux sous-jacents. 11 nous a. semblé légitime de supposer que chez certains sujets la substance nerveuse pouvait être atteinte d’emblée (274). A l’appui de cette interprétation nous pouvions invoquer certaines épidémies américaines et suisses dans lesquelles on avait vu coexister des méningites cérébro-spinales et des paralysies suivies d’atrophie. Les épidémies de poliomyélite (Jui ont sévi à partir de 1905 dans les pays Scandinaves, aux États-Unis et en Allemagne avaient été précédées de méningites cerébro-spinales épidémiques et cette succession semblait fournir un nouvel argument (293).

Aussi ne fûmes-nous pas surpris, tout d’abord, quand aux cas de méningites cérébro-spinales nombreux depuis l’hiver 1909 vinrent en août et septembre s’ajonter des cas compliqués de paralysie et suivis d’atrophie. Mais nous ne devions pas tarder à abandonner cette interprétation. Chez un de ces malades la paralysie prit rapidement le caractère ascendant, progressif, amenant la mort par paralysie respiratoire. A l’autopsie nous ne constations pas d’altérations appréciables des méninges. L’examen de la moelle nous révélait en revanche des lésions très mari|uées prédominantes au niveau des cornes antérieures. L’étude anatomique de ce cas figure avec détails dans la thèse de Mme Tinel-Giry (467).

11 s'agissait donc de poliomyélites, et nous rapprochions sans retard les cas typiques avec d’autres correspondant à des localisations sur les divers segments de l’axe cérébro-spinal. Nos faits rappelaient en tous points ceux que Medin de Stockholm avait magistralement décrits et interprétés. Nous crûmes devoir signaler nos constatations à l’attention de nos confrères, et les confirmations arrivèrent sans retard de Paris comme des divers points du territoire (276, 277, 278, 285, 289, 299).

La poussée épidémique française, sans présenter la même importance que celles des États Scandinaves, des États-Unis, ni même d’Autriche ou d’Allemagne, ne nous fournit pas moins matière à constatations intéressantes, voire à découvertes utiles, dont les éléments ne nous ont pas été fournis seulement par notre service hospitalier, mais ont été recueillis au cours de nombreuses enquêtes sur les points les plus divers de la France : départements de l’Yonne, de l’Aube et du Loiret, des Basses-Pyrénées et des Landes, du Calvados et de

la Seine-Inférieure, de la Mayenne et de Maine-et-Loire, du Pas-de-Calais, du Cher, de l’Ailier et de la Nièvre, etc. (299, 301, 302).

Nous avons reconnu la contagiosité de la maladie et déterminé le rôle prépondérant des sujets sains ayant entouré les malades, par un mécanisme tout à fait smnblable à celui qui intervient dans la propagation de la méningite cérébro-spinale. Plus heureux que Levaditi et nous, Flexner et ses collaborateurs, ainsi que les médecins suédois Petersen, Kling et Wernstedt, ont fourni la preuve expérimentale de la virulence des produits cumulés à la surface du nez et de la gorge.

Nous avons pu en revanche, avec Levaditi, démontrer la présence de principes immunisants dans le sang de sujets qui ont survécu à la poliomyélite et utiliser cette constatation pour élucider beaucoup de points encore obscurs (282, 283,308). Comme ces substances neutralisantes se retrouvent pendant toute la vie, il nous a été possible de démontrer l’identité de la poliomyélite épidémique et de la paralysie infantile banale connue de tout temps, identité que beaucoup d’auteurs se refusaient à admettre, en invoquant l’anatomie pathologique et la symptomatologie aussi bien que l’étiologie (279).

L’épreuve de la neutralisation du virus confirmait la thèse soutenue par Pierre Marie comme par Slrümpell de la communauté d origine de la paralysie infantile spinale et de nombreux cas d'hémiplegie cérébrale infantile. Elle permettait d’affirmer encore l’identité d’origine des épidémies des divers pays (301).

Nous avons ainsi rapporté à leur vraie cause des formes anormales à type de chorée, de myélite transverse, des formes frustes (283). Nous montrerons plus loin les conséquences plus fructueuses encore que la thérapeutique a relevées de notre découverte.

Un nombre important de nos comuiunicatioiis ont pour objet les formes méningitiqucs de la poliomyélite. Nous attribuons au virus de la poliomyélite des manifestations méningées qui, au point de vue clinique, peuvent évoquer la symptomatologie de la méningite cérébro-spinale ou de la méningite tuberculeuse. Ces cas se présentent à certains moments avec une fréquence anormale, et il importe d’en reconnaître l’origine (286, 287 , 290, 303, 306, 307, 308). A l’appui de notre manière de voir nous avons tout d’abord invoqué la présence de symptômes méningés au début de la polioriivelite aiguë (284),

l’apparition de ces méningites pendant la saison de prédilection des poliomyélites, l’existence de phénomènes paralytiques transitoires et atténués, la coexistence avec des paralysies chez d’autres membres de la famille. Nous avons insisté sur les éléments fournis par les caractères du liquide céphalo-rachidien et sur l’abolition habituelle du reflexe rotulien.

Nous avons indiqué que la démonstration rigoureuse de l’exactitude de notre interprétation serait fournie par la constatation de principes immunisants dans le sérum sanguin de sujets guéris de ces méningites. Anderson et Frost en ont fourni la première démonstration (307). Plus récemment (1914), André Pignot la répétait en utilisant le sérum de trois sujets qui avaient été atteints de ces méningites curables en 1910.

Nous avons rattaché à la poliomyélite la plupart des paralysies ascendantes du type Landry (269). La diffusion des lésions nous a permis d’expliquer dans certaines poliomyélites l’existence de troubles de la sensibilité, de paralysies du sphincter, etc. (310).

La présence de principes immunisants dans le sérum de sujets qui ont été atteints de poliomyélite nous a conduit à employer les injections de ce sérum dans le canal rachidien des malades, en vue d’obtenir la guérison.

Comme les tentatives de Flexner et de ses collaborateurs dans le but de produire chez les animaux un sérum actif étaient restées infructueuses, nous nous sommes adressé au sérum d’anciens malades, sérum dans lequel les propriétés immunisantes apparaissent moins de quinze jours après le début de la poliomyélite et persistent toute la vie.

Au début de nos tentatives nos espérances étaient assez modestes, nous pensions enrayer l’extension du processus dans le cours des myélites à marche progressive. Chez notre premier malade nous obtenions le résultat cherche et nous reconnaissions qu il était nécessaire, à cet effet, de répéter les injections sept à huit jours consécutifs (295, 296, 297, 298),

Grâce à cette modification, il nous a été possible d’obtenir des résultats plus importants encore. .A l’heure actuelle nous avons fait bénéficier près de cent malades de cette nouvelle thérapeutique (3H, 313, 317).

Elle nous a permis d’empêcher l’apparition de manifestations paralytiques chez des sujets traités au début de la phase méningitique préparalytique.

Nous avons, chez beaucoup de malades, enrayé les progrès de paralysies à

marche ascendante. Nous avons fait plus encore, et nous avons obtenu la guérison complète de cas graves avec paralysie réalisée. Ces résultats sont sans doute peu conciliables avec l’idée ancienne défendue par Charcot et ses élèves de lésions portant d’emblée exclusivement sur les cellules nerveuses et aboutissant à leur destruction rapide. Ils sont en revanche moins surprenants.

Si l’on admet que les lésions initiales consistent surtout en lésions diffuses, congestions, hémorragies, accumulation des cellules embryonnaires, on sait que les recherches des anatomopathologistes Scandinaves et autres ont établi que sur ce point, dès 1870, Roger et Damaschino avaient en effet eu raison.

La sérothérapie de la poliomyélite a été largement utilisée aux États-Unis au cours de la dernière épidémie de 1916. On trouvera dans la thèse de notre élève Salanier les résultats favorables enregistrés par Abraham Zinglier, Amoss et Chesney, Draper. Etienne a obtenu des guérisons en France (320). Il n’est pas difficile,au moins dans les grandes villes,d’obtenir le sang d’anciens malades. Après séparation du sérum,celui-ci est tyndallisé trois jours de suite à BS". Les flacons qui le contiennent sont placés dans la glacière et le contenu reste actif plusieurs mois. Nous nous assurons naturellement que le donneur n’est atteint d’aucune maladie transmissible et que la réaction de Wassermann est négative.

Les recherches de Banzhaff et Neustaedter permettent d’espérer que l’on pourra bientôt utiliser le sérum de chevaux injectés avec des autolysats de moelles virulentes. Il sera alors possible d’obtenir des quantités plus grandes de sérum et peut-être même d’avoir des sérums à titre immunisant plus élevé. On pourra alors abandonner notre technique. Nous n’en garderons pas moins le mérite d’avoir frayé la voie à la méthode.

L’injection de sérum antipoliomyélite dans le canal rachidien est souvent suivie de modifications histologiques importantes du liquide céphalorachidien, consistantessentiellementdans un afflux considérable de cellules polynucléées. Avec nos élèves Gendron, Touraine, Durand, Koechlin, Salanier et Mozer. nous avons étudié ces modifications (291, 292, 294, 296, 299, 314, 316, 322), qui varient beaucoup suivant les sujets, et qui peuvent se traduire cliniquement par des symptômes très divers : douleurs, réaction fébrile, voire éruptions. Les effets des injections de sérum humain ne dilVèrent donc pas autant que nous étions disposé à 1 admettre, à priori, de ceux d’injections de sérum,hétérologue.

Le sérum du sujet lui-même provoque les mêmes modifications. Au cours de ces recherches nous avons trouvé que les injections intra-rachidiennes de sérum peuvent apprendre la nature tuberculeuse des méningites. Dans les méningites tubercnleuses l’introduction dans la cavité rachidienne de sérum humain ou équin ne provoque habituellement pas de modifications cellulaires (294).

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