Id. Société médicale des Hôpitaux, 10 mai
329. — L’Encéphalite léthargique et la Foliomjélite. Société médicale des Hôpitaux,
17 mai 1918.
330. — Encéphalite léthargique. Société médicale des Hôpitaux, 24 mai 1918.
331. — Encéphalite et grippe. Société médicale des Hôpitaux, 31 mai 1918.
332. — La lièvre dans l’Encéphalite léthargique. Société médicale des Hôpitaux,
7 Juin 1918.
333. — Encéphalite léthargique. Société méilicate des Hôpitattx, 26 juillet 1918.
334. — L’Encéphalite léthargique épidémique. Paris médical, 3 août 1918.
335. — Séquelles de l'Encéphalite léthargique. Société médicale des Hôpitaux,
29 novembre 1918.
338. — Réapparition de i'Encëpbaiite iéthargiqne. Formes frnstes det Hôpitaux, 7 mars 1919.
337. — Recrudescence de rEneéphalito léthargique. Son existenoe é Athènes. Société médicale des Hôpitaux, i avril 1919.
Le 22 mars 1918 nous signalions à nos collègues de la Société médicale des hôpitaux l’existence d’une maladie, nouvelle pour nous, dont en moins d’une semaine nous avions vu 7 cas à l’hôpital ou en ville. Cette maladie, le plus souvent fébrile, commence par une douleur de tête et parfois des vomissements. Très rapidement s’installe une tendance invincible au sommeil en même temps que des troubles des nerfs moteurs de l’œil. La somnolence, la céphalée, les troubles oculaires font penser à une méningite. La ponction lombaire cependant permet de retirer un liquide habituellement normal. L’autopsie ne montre pas d’altération macroscopique appréciable.
L’analyse de ces symptômes amène à penser qu’il s’agit d’un processus localisé au niveau des troisième et quatrième ventricules.
Nous avons rapproché cette maladie d’une petite épidémie observée en 1917 à Vienne par von Economo, qui lui a donné le nom d’encéphalite léthargique épidémique, et aussi d’une affection qui en 189Ü aurait sévi en Italie et en Hongrie et qui avait été désignée sous le nom de nona.
L’avertissement qu'il m’avait paru sage de donner était bientôt justifié. De nombreux confrères ne tardèrent pas à signaler l’encéphalite léthargique à Paris, à Rouen, dans les départements du Cher, de la Drôme, des Bouches-du- Rhône, de la Gironde, de la Loire-inférieure et même à Alger.
Quatre semaines après notre communication, les journaux anglais de médecine rapportaient des observations du même ordre qui étaient d’abord attribuées à des intoxications alimentaires (botntisme) et pour lesquelles on ne tardait pas à accepter l’interprétation que nous avions donnée.
L’encépbalite léthargique épidémique est une maladie infectieuse, spécifique, dont le virus affecte une prédilection particulière pour une région déterminée du mésocéphale où elle produit des altérations analogues a celles de la poliomyélite, mais en différant cependant par le caractère plus intersiiiiel que parenchymateux.
Elle ne saurait d’ailleurs être considérée comme une localisation du virus de la poliomyélite sur le mésocéphale. La poliomyélite est une maladie de l’été ou de i’automne, alors que l’encéphalite épidémique sévit surtout en hiver. La première frappe surtout les enfants en bas âge. L’encéphalite est au moins aussi fréquente chez les adultes. La mortalité de l’encéphalite est plus élevée que celle de la poliomyélite.
Bien que l’encéphalite léthargique ait apparu en même temps que la grippe, il n’y a pas lieu davantage de voir en elle une manifestation grippale.
Des communications nombreuses ont suivi notre première mention de l’encéphalite léthargique, aussi bien en Angleterre qu’en France. Chez nos voisins, le Local Government Board a décidé d’imposer la déclaration obligatoire de l’encéphalite léthargique. Un certain nombre d’Etats de la Confédération Américaine ont agi de même.
Nous avions'insisté sur ta répartition saisonnière de l’encéphalite léthargique épidémique. L’hiver 1918-1919, comme nous le pressentions, a etésuivi de la réapparition de nouveaux cas à Paris et à Marseille. L’encéphalite a d’autre part fait son apparition en automnel918,àAthènes et aux États-Unis : à Chicago, New-York, Camp Lée (Virginie).
Sir Rose Bradford, Bashford et J. A. Wilson ont obtenu, par la méthode de Noguchi, des cultures pures de l’agent pathogène de l’encéphalite. Au moyen de ces cultures, ils ont pu reproduire la maladie chez le singe. L’organisme présente des caractères assez semblables à ceux des corps globoïdes obtenus par Flexner et Noguchi dans la poliomyélite. Ainsi se trouvent confirmées nos présomptions au sujet tout à la fois de la spécificité de la maladie et de sa parenté avec la poliomyélite.