HYGIÈNE
De l’Influence exercée par les chemins de fer sur l’hygiène publique. (Mémoire lu à l’Académie des sciences le 26 mai 1862.)
Comptes rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences et V Union Médicale ';mai et juin 1862).
Ce travail a pour but de faire connaître les conditions hygiéniques nouvelles dans lesquelles les chemins de fer ont placé, non-seulement leurs agents eux-mêmes, mais aussi les voyageurs et les habitants des pays qu’ils traversent et de rechercher quelle influence ils peuvent exercer sur la santé des uns et des autres.
I. a. Mécaniciens et chauffeurs. — Entraînés par des vues purement théoriques, certains auteurs avaient cru pouvoir attribuer à l’exercice de la profession de mécanicien ou de chauffeur de locomotives le développement de maladies déterminées, qu’ils regardaient comme spéciales à ces professions. Mais ces auteurs n’étaient d’accord ni sur la nature ni sur les symptômes de la maladie qu’ils décrivaient d’imagination. Où l’un voyait des troubles du système nerveux dus au dégagement du gaz oxyde de carbone, un autre trouvait une paraplégie dépendant de la désorganisation de la moelle produite par ia trépidation de la machine, et joignait à cette lésion principale des troubles divers de la vision ou de l’audition, avec des douleurs rhumatismales siégeant spécialement sur un côté déterminé du corps.
Déjà tous les médecins en chef des principales lignes de chemins de fer, M. Bisson, M. Devilliers, M. Oulmont, M. Cahen, avaient protesté contre de semblables assertions qui ne reposaient sur aucun fait précis. — M. Gallard, sans revenir sur tous les détails de cette question bien et dûment jugée, s’est borné à donner le relevé statistique des maladies qui ont affecté chaque année les mécaniciens et les chauffeurs de la Compagnie d'Orléans, depuis que le service médical de cette Compagnie lui est confié.
De ce relevé statistique, il résulte bien manifestement que ces agents n’ont pas eu d’autres maladies que celles qui ont affecté la population civile pendant les années correspondantes, et que, chez eux, aucune de ces maladies n’a prédominé d’une façon spéciale.
b. Conducteurs et gardes-frein. Ces agents sont exposés aux mêmes intempéries, aux mêmes fatigues et courent à peu près les mêmes risques que les postillons et les conducteurs des anciennes diligences. — Chez eux, la proportion des malades est un peu plus forte que chez les employés des autres catégories, et les affections domîT nantes sont : les phlegraasies des voies respiratoires, les rhumatismes et les courbatures.
Une mesure bien simple, adoptée depuis quelques années par la Compagnie d’Orléans, et qui consiste à faire distribuer pendant l’hiver à ces hommes, dans chaque gare principale, une lasse de lait chaud, de bouillon ou de café, a suffi pour faire descendre de 108 p. 0/0 à 72 p. 0/0 la proportion de leurs malades.
c. Les agents attachés au service de la voie ne sont pas plus que les autres affectés de maladies spéciales. — Mais, comme ils sont habituellement transportés dans des pays nouveaux, ils doivent s’acclimater, et, dans certains cas, l’acclimatement est d’autant plus difficile pour eux qui ont à se défendre contre l’influence endémique de la fièvre intermittente.
L’auteur indique par quel ensemble de mesures sanitaires on peut, sûrement, augmenter la force de résistance de ces hommes et diminuer la puissance d’action de la cause morbifique contre laquelle ils sont appelés à réagir.
n. Tout le monde sait que le voyageur en chemin de fer court moins de risques d’accident que lorsqu’il se confie à tout autre mode de transport. Mais on attribue encore à ce moyen de locomotion bien des petits désagréments qu’il était important d’apprécier, et c’est ce que l’auteur s’est efforcé de faire en démontrant, que si la fatigue n’a pas pu ôtrp complètement supprimée pour le voyageur, elle est bien moindre pour lui que par tout autre moyen de transport, eu égard surtout à l’espace parcouru dans un temps donné, et aux facilités qu’il a d’augmenter le bien-être et le confort dont il peut jouir, s’il se résigne à un surcroît de dépense. Les malades peuvent, grâce aux chemins de fer, voyager dans des conditions qu’on n’aurait jamais pu espérer avec les anciens systèmes de locomotion.
IIl. Les populations voisines d’une voie ferrée ont étendu leur commerce, et leur prospérité matérielle s’est agrandie, par suite de l’exploitation du chemin de fer. Leur hygiène en a profité. Sous le rapport alimentaire, on a vu les denrées les plus susceptibles de s’avarier être transportées, en quelques heures, dans des contrées fort éloignées et pouvoir être ainsi utilisées, avec grand profit, alors qu’elles seraient restées sans emploi, sur le lieu même de leur production. D’un autre côté, les terres ont été améliorées, rendues plus fertiles par l’accès ouvert aux engrais, aux marnes, à la chaux; et le paysan, dont la récolte s’est ainsi augmentée, a appris à se mieux nourrir, à se vêtir plus convenablement, à respecter un peu mieux les lois de l’hygiène dans la construction et l’aménagement de ses habitations.
Mais ce n’est pas tout, le chemin de fer lui-même, par son tracé, par les travaux de dessèchement et de nivellement auxquels il a donné lieu, a assaini bien des contrées insalubres. Souvent même, les populations rurales ont profité des travaux entrepris par les Compagnies dans le seul but de mettre leurs agents à l’abri de l’infection du miasme paludéen.—C’est ainsi que la Compagnie d’Orléans a, d’après le conseil de son médecin principal, fait à grands frais dessécher d’anciennes chambres d’emprunt qui avaient été inondées par le débordement de la Loire, et que, là ou le dessèchement n’était pas possible, elle a assaini ces marécages en les faisant curer et en taillant leurs bords à pic, de telle sorte que le niveau de l’eau peut maintenant s’abaisser pendant les chaleurs, sâns laisser sur les bords de détritus végétaux en putréfaction.
Enfin, et toujours d’après les mêmes conseils, les ingénieurs, instruits par l’expérience, évitent, autant que faire se peut, le système des chambres d’emprunt creusées dans le sol, et lorsqu’il leur est impossible de se dispenser d’en creuser une, ils ont soin de l’établir fort loin des endroits habités.
Compte rendu du service médical de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, pendant l’exercice 1858, in-A° lithographie, avec 1 tableau statistique. (En collaboration avec M. Bisson.)
Compte rêndu du service médical de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, pendant l’exercice 1859, — in-4o, lithographie avec 7 tableaux statistiques. (En collaboration avec M. Bisson.)
Compte rendu du service médical de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, pendant l’exercice 1860, — in-4‘, lithographie avec 7 tableaux statistiques. (En collaboration avec M. Bisson.)
Compte rendu du service médical de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, pendant l’exercice 1861, — in-4\ avec Jtableaux statistiques. (En collaboration avecM. Bisson.)
Compte rendu du service médical de la Compagnie du chemin de fer d’Oriéans, pendant re.xercice 1862, in-4°, avec 11 tableaux statistiques, dont 4 insérés dans le texte.
Compte rendu du service médical de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, pendant l’exercice 1863, in4'’ avec 9 tableaux statistiques, dont 2 insérés dans le texte.
C’est dans ces comptes rendus que l’auteur a puisé les principaux éléments du travail précédent, et s’il les a tous énumérés ici, au lieu de les indiquer en bloc, c’est pour mieux montrer quels sont ceux qui ont été faits en collaboration avec M. Bisson et rendre ainsi un dernier hommage à celui qui lui a ouvert cette voie si féconde en recherches intirissantes, au point de vue de l’hygiène. —La justice veut aussi qu’il n’oublie pas de signaler la part importante qui revient dans ces recherches aux médecins attachés, sous sa direction, au service médical de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans. C’est grâce à leur zèle éclairé et à leur intelligente coopération qu’il lui est possible de recueillir chaque année les chiffres qui, réunis, doivent former ses tableaux statistiques et servir de base à tout son travail. Ces tableaux montrent comment se répartissent les maladies par saison et par nature de fonctions, parmi les employés de chemin de fer ; quelle est la mortalité de ces hommes comparée à celle de la population civile du même âge; quel est chaque année le chiffre et la gravité des accidents ou blessures affectant le personnel, les voyageurs ou d’autres personnes, etc., etc.
Ces rapports, qui n’étaient pas publiés antérieurement, et auxquels M. Gallard a eu soin de donner chaque année une nouvelle extension, renferment, en outre, des considérations hygiéniques sur plusieurs des questions afférentes à la construction ou à l’exploitation des chemins de fer, telles que l’indication des mesures propres à assurer
lu, salubrité des maisonnettes placées sur la voie; le chauffage des voitures en hiver; l’assainissement des marécages et des chambres d’emprunt; la distribution aux ouvriers, pendant les cnaleurs, d’une boisson qui a certainement pour effet de les préserver d’un grand nombre de maladies, et notamment de la flèvre intermittente.
Ils renferment, de plus, une étude comparative des maladies qui ont régné concurremment dans la population des pays traversés par le réseau et parmi les employés de chemin de fer, avec l’indication sommaire des épidémies qui ont été observées. C’est ainsi qu’on trouve dans le compte rendu de 1861, la première relation qui ait été publiée des cas de flèvre jaune qui se sont produits à Saint-Nazaire.
Dans le compte rendu de 1863, l’auteur, dont une des plus constantes préoccupations a toujours été de chercher à préserver les hommes confiés à ses soins des funestes atteintes de la fièvre intermittente, donne les résultats d’une expérience prolongée pendant cinq années. Ces résultats, dont il attribue une large part à l’ensemble des mesures hygiéniques adoptées par la Compagnie, se traduisent en chiffres assez éloquents pour mériter de fixer un moment l’attention.
La proportion des cas de fièvre intermittente est descendue de 13 à 7 p. O/O du nombre total des malades. Parmi les agents employés à la surveillance de la voie, elle n'est plus que de 16 p. 0/0, après avoir été de 30 p. 0/0. Enfin, la portion de réseau sur l’étendue de laquelle on avait, en 1856, compté 1,110 cas de fièvre intermittente, n’en a plus donné que 289 en 1863. Pendant cette dernière année 1863, le chiffre total des cas de fièvre intermittente n’a pas dépassé 661, quoique le personnel et l’étendue du réseau aient plus que doublé depuis 1856, et que chaque année on ait mis en exploitation des centaines de kilomètres nouvellement construits, et dont les terres fraîchement remuées n’ont, par conséquent, pas encore eu le temps d’être assainies par leur tassement et par la végétation qui doit les recouvrir plus-tard.
Étude SUT- les hôpitaux.
L ’Union Médicale, 1863.
Dans une série d’articles, publiés à l’occasion'de l’apparition du livre de M. Husson sur le même sujet, l’auteur passe successivement en revue les principales questions relatives à l’hygiène hospitalière.—Glissant rapidement sur ce qui est relatif à la construction et à l’agencement des bâtiments, il s’occupe surtout de leur orientation, de leur aération, et de la nécessité de les isoler des habitations voisines. — Ceci le conduit à parler de la ventilation et du chauffage, question des plus graves et sur laquelle il se propose de revenir dans un prochain travail,
1j alimentation des malades ne lui paraît pas avoir suffisamment attiré l’attention des médecins qui se sont occupés de l’hygiène hospitalière, tant à l’académie que dans la presse. C’est un point qui, suivant lui, doit être considéré comme capital.
Il termine par un parallèle rapide entre le traitement des indigents à domicile et leur traitement à 1 intérieur de l’hôpital. Il combat, par des faits précis et démonstratifs, les raisons, toutes de sentiment, invoquées en faveur du traitement à domicile et prouve
que dans aucune malddié sérieuse, ce traitement rie peut remplacer, pour le malade indigent, le traitement à l’hôpital.
Variole. — Vaccine. — Revaccination. — Traitement abortif des pustules de la face.
L'Union Médicale 1853.
Ce sujet a été traité par ValPiix dans des leçons cliniques recueillies et publiées par l’auteur, qui s’est borné à reproduire le plus fidèlement possible les idées de son maître. Mais il est un point qui a été plus spécialement étudié par lui,.c’est celui relatif aux précautions qu’il est convenable d’employer, afin de faire avorter les pustules de la face, pour empêcher le malade d’être défiguré.
Valleix pensait.qu’il suffisait de mettre les pustules à l’abri du contact de l’air pour les faire avorter, et qu’il n’y avait aucune différence d’action sous ce rapport entre le masque d’emplâtre de Vigo, de Zimmermann, et l’enduit de collodion, conseillé par Âran.Cependant, enface de résultats assez peu satisfaisants, fournis par ce dernier moyen, il autorisa M. Gallard, qui était alors son interne, à entreprendre de nouvelles expériences qu’il lui permit de varier à son gré. De ces expériences il résulta la preuve qu’il ne suffit pas de mettre les pustules de variole à l’abri du contact de l’air et de la lumière pour les faire avorter, et que le mercure jouit pour cela d’une action spéciale, sinon spécifique. Aussi, avec Textrêrae bonne foi qui le distinguait, Valleix s’empressat-il de renoncer à l’enduit de collodion pour adopter le mélange d’onguent mercuriel et d’amidon conseillé par M. Briquet.
De la Revaccination.
Union Médicale 1858.
M. Gallard, revenant sur cette question, à propos de la discussion soulevée au sein de la Société médicale des hôpitaux, se fonde sur les expériences de M. Courot et sur celles de M. Gintrac pour démontrer non-seulement que la pratique de la revaccination est exempte d’inconvénients, mais de plus, qu’elle est extrêmement utile, comme mesure générale, en temps d’épidémie.
Il termine par une réponse à ceux qui l’accusent de favoriser le développement ultérieur de la fièvre typhoïde et cite un certain nombre de cas de fièvre typhoïde, observés par lui sur des individus qui n’avaient pas été vaccinés, ou qui avaient eu antérieurement la variole. (Le petit tableau qu’il a donné de ces observations a été reproduit depuis dans le journal de la Société statistique.)
Sur les ouvriers employés à la fabrication de l’Oxyde de zinc.
Recueil des travaux de la Société médicale d’observation de Paris, 1858.
Cette note a été insérée dans le compte rendu des travaux de la Société médicale d’observation pour Tannée 1853-1854, à l’occasion et comme complément des commu-
nications de M. Herpin (de Genève), relatives au traitement de l’épilepsie par les sels de zinc (oxyde et lactate). On y constate le parfait état de santé de tous les hommes employés à la fabrique d’oxyde de zinc de la Vieille-Montagne, fabrique que M. Herpin avait visitée, sur l’invitation de la Société, afin de rechercher si par hasard des ouvriers épileptiques n’y auraient pas été employés et n’auraient pas vu leur maladie se modifier sous l’influence de leur travail. Sur ce point spécial, les renseignements furent complètement négatifs.
Conditions dans lesquelles se produit la fièvre intermittente.
{Rapport à la Société médicale du 1er arrondissement.)
Union Médicale, 5 février 1857.
L’auteur combat cette opinion qu’il existe deux espèces de fièvre intermittente, dont l’une serait causée simplement par l’impression du froid. — Pour lui, il n’y a véritablement de fièvre intermittente que là ou il y a production du miasme paludéen, c’està-dire, là où des détritus végétaux sont successivement soumis à l’action de l’humidité et de la sécheresse.
Études sur les Maladies des femmes en couche. —• Qu’est-ce que
la fièvre puerpérale? — Sa contagion.
Chez Labé, 1857.
L’auteur, n’admettant pas l’existence d’une entité morbide à laquelle il conviendrait d’appliquer cette dénomination fièvre puerpérale, démontre que sous ce nom on a décrit une foule d’états pathologiques des plus divers. — A la péritonite, à la phlébite utérine et surtout à l’infection purulente que tout le monde sait reconnaître dans les observations citées comme des exemples de cette prétendue fièvre puerpérale, il convient, suivant lui, d’ajouter la pourriture d’hôpital.
C’est à elle que se rapportent ces descriptions (de métrites gangréneuses, de putrescence de l’utérus qui se rencontrent dans certaines épidémies et sont caractérisées par la présence à la face interne de l’utérus, sur la surface même de la plaie placentaire, d’une pseudü-membrane molle, grisâtre, pulpeuse, retrouvée à l’autopsie.—La pourriture d’hôpital, ce redoutable accident des plaies suppurantes, se retrouve donc sur la plaie utrérine, au même titre que cet autre accident, la phlébite, qui conduit à l’infection purulente, et la présence de celte complication, essentiellement contagieuse, explique suffisamment comment, dans certains cas, les accidents puerpéraux peuvent se transmettre par contagion, tandis que d’habitude, ils n’ont pas cette propriété. Cette aptitude à la contagion dans certains cas exceptionnels, loin d’être un argument en faveur de l’essenlialilé d’une fièvre puerpérale, prouve donc au contraire que les accidents auxquels sont soumises les nouvelles accouchées ne diffèrent en rien de ceux qui s’observent chez les individus affectés d’une plaie suppurante et que, si elles sont disposées à l’infection purulente, c’est uniquement parce qu’elles ont une vaste plaie à la face interne d.e leur utérus,.
Du rôle de l’alcool et des anesthésiques dans l’économie. {Analyse et critique du livre de MM. L. Lallemand, M. Perrin et Duroy, sur ce sujet.)
L'Union il/^dtcole 25 avril 1861.
Fabrication du verre-mousseline. — Son influence sur la santé des ouvriers. — Mesures à prendre.
Rapport présenté à la commission d’hygiène du lie arrondissement en décembre 1864, et transmis par elle à M, le préfet de police.
Sur cinq industriels qui se livrent à Paris à la fabrication du verre mousseline, deux sont établis sur le territoire du lie arrondissement. L’atelier de l’un d’eux a été le théâtre d’accidents assez graves qui ont été signalés à l’auteur dès le mois de juillet, et ont nécessité de sa part l’enquête qui a donné lieu au rapport dont il est ici question. Comment se fait-il que les accidents d’intoxication saturnine très-manifestes, qui résultent de la fabrication du verre mousseline, n’aient pas été signalés plus tôt, quand, il y a nombre d’années, on en avait observé d’assez sérieux à Chatou, quand depuis plusieurs mois un des ateliers situés sur le 1 le arrondissement fournissait assez fréquemment aux hôpitaux des malades dont un, après avoir erré de service en service, entrait, en fin de compte, à Bicêtre comme atteint de paralysie incurable? C’est ce dernier fait qui a engagé l’auteur à visiter l’atelier dans lequel il s’est produit; c’est probablement aussi celui qui a attiré, vers la même époque, l’attention d’un jeune médecin fort distingué, M. du Mesnil, lequel a publié, au mois d’août, une bonne ihèse intitulée ; Étude sur l'hygiène des ouvriers employés à la fabrication du verre mousseline. A cet auteur revient incontestablement l’honneur d’avoir traité le premier cette fort intéressante question d'hygiène industrielle, et on doit reconnaître qu’il Ta fait d’une manière très-complète.—En arrivant après lui, il n’y avait plus qu’à confirmer l’exactitude de ses descriptions. C’est ce qu’a fait M. Gallard dont le travail, purement administratif, et conçu à un point de vue tout pratique, n’a d’autre prétention et d’autre but que de porter à la connaissance de l’autorité compétente les dangers d’une fabrication pour laquelle il est indispensable de conseiller aux ouvriers, et surtout aux patrons, de leur imposer même certaines précautions qu’ils sont toujours trop disposés à négliger. —Ces précautions sont énumérées dans le rapport, qui contient, en outre, une description détaillée des divers procédés industriels, avec l’indication fies inconvénients, plus ou moins graves, inhérents à l’emploi de chacun de ces procédés.
De la fièvre jaune, envisagée au point de vue de la police sanitaire. — Discours prononcé à la Société médicale d'émulation le 2 mai 1863.
Bulletin de la Société médicale d’émulation ; nouvelle série 1.1, fascicule, n» 2.
Dans la discussion qui eut lieu sur ce sujet à la Société médicale d’émulation, l’auteur, après avoir rapporté brièvement les faits de Saint-Nazaire, que des circonstances particulières lui avaient permis de connaître avec quelques détails, en conclut que si la fièvre jaune peut être transportée dans nos climats, elle ne peut pas s’y répandre et s’y propager par voie de contagion.
L’idée de la contagion étant repoussée, le transport de la fièvre jaune jusque sur nos côtes s’explique par ce fait qu’un navire peut parfaitement, pendant son séjour sur un rivage où règne cette maladie, s’imprégner de miasmes délétères, en faire comme une atmosphère spéciale qui le pénétrera dans toutes ses parties, qu’il transportera avec lui et grâce à laquelle la fièvre jaune pourra être transmise, à distance, aux personnes qui viendront, plus ou moins longtemps, séjourner à bord et vivre au milieu de ces mêmes miasmes.
Ce qui est à redouter lorsqu’un navire arrive des contrées où règne la fièvré jaune, ce n’est donc pas que son équipage répande à terre cette maladie, mais bien qu’il ne la contracte lui-même, s’il reste plus longtemps à bord, au milieu d’une atmosphère probablement empestée. Loin donc de le tenir pendant plusieurs jours en quarantaine d’observation, il faut le faire débarquer au plus vite, puis, et c’est là la plus importante de toutes les précautions, avoir soin de bien aérer le bâtiment avant de procéder à son déchargement, car l’expérience a démontré que ceux-là seuls qui montent sur le navire et y séjournent sont exposés à contracter la maladie. Cette opération du déchargement doit donc être retardée de quelques jours ; mais lorsqu’il y sera procédé, après un certain délai et avec les sages précautions fort judicieusement conseillées par M. Mêlier, elle n’offrira plus le moindre inconvénient. Quant au bâtiment lui-même, il ne communique la maladie qu’aux individus qui viennent la chercher dans ses flancs, et il n’y a aucun danger à l’admettre dans le port, si on a soin de l’amarrer à une certaine distance des autres embarcations.
Sur le mouvement de la population et sur les causes de mortalité constatées dans le XI« arrondissement de Paris, pendant les années 1860-1861-1862-1863.
Ce travail, comprenant une série de trois rapports, qui ont été approuvés par la Conimission d’hygiène de l’arrondissement, n’a pas encore été publié, l’auteur attendant pour cela l’expiration de la période quinquennale, comprise entre deux recensements officiels de la population. — Cependant ces recherches ont été soumises à l’examen du Comité consultatif d'hygiène de France et du Conseil d’hygiène de la Seine, et dans ces deux assemblées également illustres et compétentes, elles ont reçu le plus favorable accueil, ce dont témoignent les deux lettres suivantes adressées à l’auteur, t® Lettre deM. le Ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics.
Paris, le 9 juin 1863.
Monsieur,
Vous m’avez adressé une copie du rapport que vous avez présenté à la Commission d’hygiène publique et de salubrité du XP arrondissement de Paris, sur le mouvement de la population et les causes demortalité constatées dans cet arrondissement, pendant les années 1860 et 1861.
Suivant votre désir, ce document a été mis sous les yeux du Comité consultatif d’hygiène publique, établi près de mon ministère : l’examen qu’il en a fait a porté ce Comité à exprimer le vœu que l’exemple que vous avez donné soit suivi dans les autres arrondissements de Paris, et qu’à cet effet les Commissions d’hygiène soient invitées à produire, chaque année, un compte rendu de même nature. Ce vœu a été transmis avec recommandation à M. le Préfet de police.
Je vous remercie, Monsieur, de m’avoir communiqué l’intéressant et consciencieux travail dont il m’a été rendu compte par le Comité.
Recevez, etc.
Le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, Signé ; Roüher.
2° Lettre de M. le Préfet de police.
Paris, le 24 janvier 1865.
Le Conseil de salubrité, qui, conformément aux dispositions du décret du 15 décembre 1851, sur l’institution des commissions d’hygiène dans Paris, a examiné les travaux de ces commissions pour les années 1861 et 1862, a fait mention particulière de votre rapport sur les causes de mortalité.
Je suis heureux, Monsieui', que le Conseil me fournisse l’occasion de vous remercier du zèle persévérant dont vous faites preuve, comme membre de la Commission d’hygiène du Xle arron-
Agréez, etc
Le Préfet de police.
Signé : Boitelle.
M. Gallard a eu l’honneur d’adresser à l’Académie une copie de chacun de ces rapports et des tableaux statistiques qui les complètent.
La pustule maligne peut-elle se développer spontanément dans l’espèce humaine? — [Mémoire lu à l’Académie de médecine le 19 janvier Chez P. Asselin, libraire-éditeur, et Recueil de médecine vétérinaire.
L’importante discussion qui a eu lieu au sein de l'Académie, à l’occasion de cette communication, est trop présente encore à l’esprit de tous, pour que l’auteur puisse avoir besoin de la résumer ici. Il se borne donc à extraire du rapport de M. Gosselin quelques passages, qui donneront une idée suffisante de son travail, ainsi que de la façon dont il a été conçu et exécuté.
« Rapprochant ces observations de celles de M. Devers et de deux autres consignées par le docteur Gaujot, dans lesquelles il a été également impossible de remonter à la source charbonneuse de la maladie et des neuf beaucoup plus anciennes consignées dans la thèse de Bayle (4 vantôse an X), M. Gallard arrive au chiflre de 34 cas dans lesquels il a été impossible de savoir d’où serait venu le charbon qui aurait communiqué aux hommes la pustule maligne :
« Messieurs, avant d’aller plus loin, votre Commission vous demande la permission de vous signaler tout spécialement le mode d’investigation employé par M. Gallard, l’investigation par enquête. La pustule maligne est une de ces affections rares qu’un même observateur ne rencontre pas assez fréquemment pour en éclairer l’étude par des faits cliniques qui lui soient personnels. C’est, d’autre part, une affection pour la pathogénie de laquelle l’intervention simultanée du médecin et du vétérinaire est indispensable. Faire appel aux souvenirs de tous ceux qui ont observé isolément, réunir en un seul faisceau les documents qu’ils fournissent, est un moyen d’étude précieux que les grandes administrations ont seules utilisé jusqu’à ce jiOur, ,ejt qu’il est bon de voir employé par les médecins eux-mêmes. Nous devons féliciter M, Gallard d’avoir donné à cet égard
un bon exemple qui, s’il trouve des imitateurs, nous parait appelé à donner un jour d’utiles résultats.
» Ajoutons que le travail de M. Gallard se termine par un historique bien fait, dans lequel l’auteur fait connaître avec soin les partisans de la contagion et de la spéciflcité de la pustule maligne, et les partisans rares de l’opinion que cette maladie peut se développer spontanément.
» Quel que soit le sort de leur théorie, les travaux de MM. Devers et Gallard, en présentant une agglomération de faits dans lesquels l’inoculation charbonneuse a été impossible, marquent une époque nouvelle dans l’étude de la pustule maligne, époque qui se caractérise par des doutes sérieux, non pas sur l’impossibilité, mais sur la fréquence de l’inoculation du virus charbonneux à l’espèce humaine, et par un appel à l’observation : 1® sur la question de savoir si les animaux, sans être charbonneux, et dans certaines condition^ qu’il faudra rechercher, ne peuvent pas transmettre à l’homme, par inoculation et même par infection, une maladie plus ou moins analogue à la pustule charbonneuse; 2» sur cette autre question de savoir si, dans les cas où une inoculation quelconque n’étant pas acceptable, et le développement spontané devant être admis, la maladie présenterait alors des caractères différents de ceux des pustules de provenance animale.
» Le moment nous paraît être venu d’ailleurs où les auteurs ne devront plus laisser passer, sans s’expliquer catégoriquement, cette contradiction que la pustule maligne provient des animaux charbonneux, et que, cependant, elle peut être donnée par des animaux non charbonneux ou non malades.
)) Le moment est venu où l’on ne publiera pas des observations de pustule maligne sans bien indiquer l’eirigine présumée du mal, et sans exprimer un doute au lieu d’une affirmation sur cette origine, lorsqu’on n’aura pu obtenir de renseignements suffisants.
» Le moment est venu, enfin, de ne plus admettre aussi facilement l’inoculation du virus charbonneux par les mouches, ou par des dépouilles plus ou moins anciennes, que l’industrie soumet à une série de préparations dont le résultat semblerait devoir être de les débarrasser du virus charbonneux, trop complaisamment considéré comme susceptible de s’y emmagasiner d’une façon rebelle. »
Maladies régnantes. — [Rapports hôpitaux.)
mensuels présentés à la Société médicale des Bulletia de la Société médicale des hôpitaux.
Dans ces rapports, qui sont rédigés chaque mois, d’après des notes envoyées par les médecins des hôpitaux de Paris et d’après un relevé fourni par l’administration, l’auteur ne se borne pas seulement à indiquer les maladies qui ont prédominé dans les hôpitaux de Paris, — il cherche, autant que possible, à comparer ce qui se passe dans les hôpitaux avec ce qui s’observe dans la clientèle civile.
Profitant des facilités que lui donnent ses relations personnelles avec un certain nombre de médecins des départements, il indique aussi, quand l’occasion s’en présente, les maladies épidémiques qui se produisent dans des localités plus ou mois éloignées. — On comprend toute l’importance que pourraient avoir de pareils renseignements si, ce qu’à Dieu ne plaise, nous nous trouvions sous le coup d’une de ces épidémies qui, il y a peu d’années encore, et à diverses reprises, ont étendu leurs ravages sur toute l’Europe.