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MÉDECINE EXPÉRIMENTALE ET PATHOLOGIE GÉNÉRALE

Recherches sur l’action toxique de l'eau distillée en injections intraveineuses (degré et caractère de sa toxicité immédiate et éloignée) (avec U. Base, Sociélé de Biologie, 13 juin 1896).

Recherches expérimentales sur l'action de l'eau ordinaire en injections intra veineuses (doses mortelles, doses non mortelles (avec M, Boso, Sociélé de Biologie, 4 juillet 1896).

Effets physiologiques des injections intra-veineuses d'eau distillée et d’eau ordinaire (avec M. Bosc, Archives de Phgsiologie 1896, n» 4). Ces reche.rches constituent une étude préliminaire à l’étude expérimentale et clinique des injections d’eau salée. Celles ci impliquant l'introduction dans l’organisme d’une grande quantité d’eau, il convenait tout d’abord dè déterminer le rôle du véhicule.

1.— Nos expériences nous ont montré que l’eaudis/(7/d« en injection intra-veineuse exerce une influence nocive très marquée sur l’économie. L’eau distillée n’enlratnc la mort immédiate qu’il des doses élevées (160 cent. cub. à 190 cent. cub. par kilog. chez le chien. 90 cent. cub. par kilog. chez le lapin), mais même à doses faibles (70 cent, cub par kilogr. chez le chien. 25 centimètres cubes par kilogr. chez le lapin) la mort peut survenir rapidement et l’on constate dans tous les cas

Effets physiologiques des injections intra veineuses massives de solutions salées simples et composées fortes et faibles (avec M. Bosc, Archives de physiologie, 1896, n" 4).

. II. — Les solations faibles de chldrure de sodium (5 et 7 p. 1000) en injections intra veineuses massives chez le chien, à là vitesse de 15 cent. cub. à 87 cent. cub. par minute, aux doses de 86 cent. cub. à 261 cent, cub parkilogr., aux températures de 39” à 20’C, ont toujours été dépourvues de toxicité immédiate ou éloignée, alors même que l’on triple la masse du sang.

Elles ralentissent la respiration, accélèrent le cœur, produisent des frissons, des mictions abondantes, claires sans albuminurie, qui débutentdemi heure environ après l’injection, sans que la pression sanguine soit modifiée, et déterminent une élévation de la température centrale et périphérique de 2‘environ, avec retour à la normale en quelques heures, ressemblant à un accès de fièvre.

Tous ces effets physiologiques sont indépendants — dans les limites très largesoù nous avons expérimenté — de la vitesse de l’injection, de la température du liquide, et à partir d’une certaine quantité ne varient pas proportionnellement aux

La solution de NaCl à 5 p. 1000 agit moins sur la diurèse et la calorification, et l’on doit lui préférer la solution de NaGl h 7 p. 1000 {Solution salée simple).

111. — Les solations salines composées (chlorure de sodium et sulfate de soude parties égales à 7 p. 1000) en injections intra-veineuses sont dépourvues de nocivité dans les mêmes conditions que la solution salée simple. Les effets de la solution saline composée ne présentent aucune différence avec ceux de la solution salée simple, et le sulfate de soude n’est d'aucune utilité réelle pour les globules rouges. La solution salée simple (NaCl 7 grain., eau ordinaire 1000) est suffisante et paraît la plus convenable pour les injections intra-veineuses.

LV. — Les injections intra veineuses faites en série ont reproduit pour chaque injection les mêmes effpts qu’upe injection isolée et se sont montrées aussi peu nocives.

M. Bosc, Archives de Physiologie, 1897, n» 1).

Des injections intra-veineuses de solutions salées. Eiietj. Indications.

Etude expérimentale (avec M. Bosc, ///• Congrès de Médecine,

Nancy, 1896).

Après avoirdélerminé les effets phy.siologiques des injections intra-veineuses massives de la solution salée à 7 p. 1.000. nous recherchons les effets de ces injections dans l’injection coli bacillaire expérimentale, pour étudier ensuite leurs indications, les conditions les meilleures de leur emploi et leur physiologie pathologique.

1. - L’injection lente dans la veine de l’oreille de cultures de coli bacille en bouillon de48 heures déterminechez le chien une infection précise au point de vue des symptômes et des lésions.

C’est une infection essentiellement hémorragique, avec prédominance des lésions sur le tube digestif et sur le rein, qui se marque par des vomissements répétés, des selles glaireuses et sanglantes, avec ténesme, dysentériques, un affaiblissement profond du cœur, un abaissement intense delà pression sanguine dès le début de l'inoculation (16 centim, à 5 centim de mercure) et s'aggravant encore dans la suite (2 à 3 centim,), de l’anurie, une élévation thermique suivie d’hypothermie, de l’hébétude, de l’affaissement, de la résolution, la mort survenant en deux à trois heures avec les doses fortes (3 centim, cub par kilogr,), en douze à quarante heures avec les doses faibles (I centim. cub. à 0 “■ 36 par kilogr.).

11.— Les injections intraveineuses de là solution salée simple ont toujours inoditié favorablement l’évolution et les symptômes de cette affection.

Leur action est variable suivant la gravité de l’infection et la période de celle-ci où elles ont été pratiquées. D’une façon générale, pour arriver à la guérison, il est nécessaire de pratiquer deux ou trois injections successives (k intervalles de une à vingt-quatre heures).

Si la première injection estpre'coce (faite pendant ou immédiatement après l’inoculation) a] dans les cas d’infection par doses fortes, la mort survient, mais la marche de la maladie est retardée ; b) dans les cas d’infection par doses moyennes, l’action atténuante sur les symptômes infectieux est remarquable, et laguérison est obtenue après deux ou trois injections consécutives qui s’opposent à la reprise des accidents infectieux, en augmentant ou complétant les effets réactionnels favorables développés par la première injection ; c) dans les cas d’infection par doses faibles, l’injection précoce exerce une action réellement empêchante, les symptômes infectieux ne se montrant même pas. Une ou deux injections consécutives maintiennent les bons effets de la première et s’opposent aux manifestations symptomatiques de la maladie.

Si la première injection est tardive, elle reste à peu près

sans action sur les infections par doses fortes, ne suffit plus pour empêcher la mort, qui n’est que retardée, dans les infections par doses moyennes, mais peut encore arrêter le processus infectieux nettementétabli dans les infections par doses

Les injections intraveineuses dans l’infection coli-bacillaire augmentent l’énergie du pouls, relèvent immédiatement et maintiennent la pression sanguine à la normale, produisent une réaction thermique en accès accompagnée de frissons, déterminent la venue des mictions, l’arrêt des troubles gastrointestinaux, arrêtent et surmontent une infection rapidement et infailliblement mortelle pour les animaux témoins. C’est dans les cas d’infection par doses faibles où l’injection aune action véritablement empêchante, que celle-ci provoque les réactions fonctionnelles les plus nettes.

III. — Le chien infecté ne supporte plus, comme le chien sain, les injections intraveineuses hypermassives. Celles ci produisent alors un état asphyxique et des convulsions intenses qu’expliquent l’œdème hémorragique du poumon, l’épanchement sanglant du péritoine et du péricarde, les hémorragies méningées. Les conditions les meilleures sont pour chaque, injection l’introduction de 2b centim. cub à 30 cent, cubes de solution par kilogr., à la vitesse de 30 à 40cent, cubes par minute.

IV. — Les indications sont de pratiquer la première injection le plus près possible de l’inoculation ; plus l’on tarde et plus l’injection devient aléatoire. Pour ce qui est des injections successives, l’urgence de l’injection sera basée sur l’état de faiblesse du cœur, la marche de la température, la diurèse. L’indication est d’autant plus précise que chaque injection antérieure a entraîné une amélioration nouvelle. Il n’existe pas de contre indication réelle. •

V. — On peut tirer des injections salées des indications pronostiques pour la gravité de la maladie d’après l’ensemble des réactions qu’elles provoquent, leur durée et leur comparaison avec celles qui ont suivi les injections antérieures.

VI. — La solution salée intraveineuse agit : T en favorisant l’élimination des poisons grâce à l’action osmotique du chlorure de sodium età son actiondiurétique à la fois directe {excitation de l’épithelium rénal) et indirecte (élévation de la pression sanguine) : 2’ en raffermissant les globules rouges altérés ' (Mayet),en activantle mouvement nutritif(Bunge, Hemmerich, Biernacki) et les fonctions des organes hématopoiétiques ;

3” en diminuant le pouvoir globulicide du sérum pathologique (Castellino), en aétivant la phagocytose.

L’action empêchante ou tout au moins atténuante des injections précoces nous porte â penser que la solution salée, en dehors de son action vaso-constrictive immédiate qui empêche l’énorme et brutale vaso-dilatation produite par l’inoculation de coli-bacille, développe une action générale sur l’organisme, comparable â celle de certaines substances immunisantes.

La solution salée agit en produisant une véritable suractivité curatrice de l’organisme ; nous avons vu, en effet, l’injection salée déterminer chez le chien normal une réaction générale qui s’exagère dans le cas d'infection, pour reproduire un tableau identique aux réactions critiques naturelles.

Des mjecUons mtravemeuses de solutions salées. Elfels. Indications.

Etude clinique générale (avec M. Dose, III Congrès de Médecine,

Nancy, 18%).

Chez l’homme infecté, l'injection intÊ-aveineuse massive (IbOOcentim. cub. en moyenne de la solution salée simple en 15 à 20 minutes) provoque comme chez l’animal des effets réactionnels énèrgiques qui se marquent pendant et après

Pendant l’injection, le pouls devient énergique, les intermittences disparaissent, la pression se relève, la respiration devient plus ample, la température commence à s’élever progressivement dans les cas d’hypothermie.

Après l’injection, ces effets se continuent, mais au bout de 20 à 30 minutes survient une période de réaction thermique

ressemblant à un véritable accès paludéen. Le stade de froid débute par un frisson violent qui dure 15 à 20 minutes, avec pâleur de la face, concentration du pouls, difficulté respiratoire passagère, parfois vomissements et angoisse, tandis que la température centrale et périphérique s’élève rapidement jusqu’à 40"5 dans l’aisselle, 41 “5 dans le rectum. Dans le stade de chaleur qui suit, la face devient vültueuse, la respiration fréquente, parfois même haletante ; le pouls est accéléré mais vibrant avec une pression artérielle élevée ; les réflexes tendineux sont exagérés et l’on peut noter des spasmes ; latempérature reste élevée. Puis tous ces phénomènes diminuent ensemble et progressivement dans la période de descente, qui dure trois à cinq heures et au cours de laquelle se produisent des mictions, des sueurs, parfois de la diarrhée, hypercrinies qui se balancent.

A la suite de cette réaction régulière et significative, quelquefois dramatique, la température se fixe à la normale si la guérison doit survenir, qu’il s’agisse d’une toxi-infection aiguë hypolhermisante comme le choléra ou d’une maladie fébrile comme la pneumonie ; l’organisme peut ainsi triompher immédiatement.

Dans les cas d’infection à évolution lente entretenue par des foyers purulents, l’injection remonte les forces, en particulier le cœur et la nutrition générale, de façon à permettre de continuer la lutte et d’arriver à la guérison.

Les indications des injections intraveineuses dans les infections seront données surtout par l'état du pouls, de la pression sanguine, de la- diurèse et la gravité de l’état général.

L’anurie n’est pas plus une contre-indication pour l’injection intraveineuse que l’existence d’albumine, que nous avons vue disparaître après l’injection. Il n’existe d’ailleurs pas de contre-indications générales. Mais il y a lieu de tenir compte de l’état du rein, du cœur, du poumon et de la nature de l’infection pour la quantité et la vitesse de l’injection. Il faut

savoir graduer l'injection si le rein est profondément atteint, s’il existe de l’œdème pulmonaire ou cérébral, de l’athérome ou de la myocardite, ou bien encore si l’on se trouve en face d'une infection hémori-agiquc du genre de l’infection colibacillaire expérimentale. L’injection peut ainsi varier de l.OOü centim. cub. à 2.000 centim. cub.,avec une vitesse de 50 eentim cub. h 100 centim. cub. à la minute.

Etude comparée des injections intraveineuses massives d’eau de mer

et de la solution salée simple (avec M. Bosc, / V’ Congrès de médecine,

Montpellier, 1898, et Société de Biologie. 7 mai 1898).

D’après MM. Quinton et Hallion, l’eau de mer ramenée par diljulion à l’équimolécularité (83 p. 190 d’eau distillée) serait le meilleur liquide è injecter dans le sang.

Nos expériences nous ont montré que cette solution, tout en reproduisant les effets généraux des injections de NaCl à 7 p. 1.000, présente quelques caractères particuliers de toxicité aux doses élevées : ralentissement plus précoce et plus marqué de la respiration, hypothermie plus prononcée, assoupissement rapide avec un peu d’abattement.

Pour mettre ces qualités toxiques en relief, nous étudions les effets des injections intraveineuses d’eau de mer d’abord pure, puis concentrée, et nous voyons se développer des accidents de même ordre qui se montrent comme l’exagération des effets de l’eau de mer diluée : action paralysante sur le cœur et la respiration, hypothermie forte, somnolence, affaissement, suppression de la fonction rénale, mort en réso-

Nous établissons expérimentalement que la toxicité de l’eau de mer est en rapport avec les sels de potasse et surtout de magnésie qu’elle contient.

Dès lors, la solution de MM, Quinton et Hallion nous apparaît comme une solution salée contenant une quantité tellement faible de sels toxiques qu’il faut en injecter une quantité considérable pour rendre sensibles les effets nocifs, mais suffisante pour nous faire admettre que la solution

simple de NaCl doit rester la solution de choix à employer en thérapeutique.

Toxicité de l’eau de mer dans ses rapports avec la pression osmotique (avec M, Bosc, Sociiti de Biologie, 30 juillet 1898).

L’étude des injections intraveineuses d’eau de mer pure et concentrée nous montre,dans chacune dessériesd’expériences, un rapport de même ordre entre la quantité de solution nécessaire pour produire la mort, l’exagération des qualités toxiques et la quantité de sels de magnésie injectés, quelles que soient les variations de ta pression osmotique — tout au moins dans les limites de concentration où nous avons expérimenté. — Nous vérifions ces faits avec des solutions simples de chlorure de magnésium, sulfate de magnésie, chlorure de potassium, chlorure de sodium, à des concentrations diverses, et sommes ainsi amenés k.penser que, dans l’étude physiologique d’une solution toxique (surtout d’une solution qui renferme plusieurs substances de quantité, dé concentration moléculaire et de toxicité variables), l'augmentation de pression osmotique ne commande pas, par ses effets mécaniques, la toxicité. L’étude du degré de toxicité, et surtout des qualités toxiques, montre, au contraire, que la toxicité d'une solution est en rapport étroit avec la présence, dans le volume de la solution injectée, de la quantité de la ou des substances toxiques capables de produire les effets obtenus.

De la valeur de l’ostnonocivité dans la recherche do la toxicité des liquides en injection intraveineuse et en particulier de l’urine (avec M. Bosc, XIU> Congrès inlernalional de médecine, Paris, 1900).

De l'importance à accorder à l'osmonocivité dans la recherche pratique de la toxicité des liquides (avec M. Bosc). Journ de Physiol. et de Pathol. gén. 1900, n" 6.

Il est difficile de résoudre la question de l’osmonocivité de liquides toxiques non isotoniques, si l’on s’adresse directement à des solutions complexes comme l’urine. Pour arriver

à connaître l’action de chacun des facteurs de toxicité, nous avons étudié d’abord des solutions salines simples, puis des mélanges de deux et de plusieurs sels se rappi-ochant de liquides naturels comme l'eau do mer, et enfin des solutions plus complexes e.ncore de par les propriétés des substances dissoutes et constituant une urine artificielle - tous nos résultats étant basés sur la recherche.de la toxicité immédiate à la vitesse constante de 2 centim . cub. à 3 centim cub par kilogr. et par minute.

Ces recherches ont montré que la toxicité s’accroit avec la concentration des sels toxiques et non avec le défaut d’isotonie. Il existe, en général, une augmentation progressive du degré de toxicité des solutions hypotoniques aux solutions iso et hypertoniques (MgCl’fiaq, MgS0*7aq, (Az0>)’Mg6aq,KCl,S0‘K'.

Les solutions hypertoniques de certains sels peu toxiques et diurétiques pourront seules mettre qp évidence le degré et les caractères de toxicité (NaCl).

Dans les mélanges, les sels atténuants comme NaCl pourront, en certaines proportions, empêcher, pour les solutions iso et surtout hypotoniques, la manifestation de toute toxicité.

La réduction d'une solution hypertonique à l’isotonie peut entraîner la disparition du pouvoir toxique (eau de mer).

Il est possible de prévoir dans les liqüides à expérimenter l’existence connue ou inconnue de substances échappant aux lois de l’isotonie, comme l’urée, tantôt atténuantes, tantôt toxiques, et capables de devenir des facteurs d’erreur grave, si l’on veut ramener le liquide à l’isotonie.

L'urée en solution forte peut par elle-même être toxique et détruire le globule rouge. Non soumise aux lois de l’isotonie, dépourvue de toxicité en solution équimoléculaire, l’urée participant cependant à la concentration moléculaire totale d’une solution, la réduction à l’isotonie pourra aboutir en fait à une hypotonie forte.

11 peut en être ainsi pour l'urine normale : le retour à l’isotonie, calculé en tenant compte de l’urée, pourra aboutir à ces

solutions hypotoniques de mélanges complexes de sels, dans lesquelles l’action de la ou des substances toxiques est pour ainsi dire annulée par la dilution elle-mêmeet par l’action des sels atténuants et diurétiques fNaCI, urée), alors que l’urine en nature - l’urée mise à part — possédait un A voisin de l’isotonie ou même isotonique.

Il n’est donc pas nécessaire de ramener exactement un liquide h l’isotonie pour mesurer sa toxicité. Cela est d’autant plus vrai qu’il s’agira désolations peu toxiques ou de liquides complexes dont les composants peuvent présenter des propriétés très dissemblables. On doit expérimenter les solutions hypo, iso et hypertoniques jusqu’à ce qu’on ait trouvé celle qui donne les caractères de toxicité les plus précis. La recherche de la toxicité urinaire par injection intraveineuse devra être pratiquée avec l’urine en nature.

Inoculations des tumeurs malignes de l’homme aux animaux (avec M.

Bosc, IV- Congrès de Médecine, Montpellier 1898).

Nous avons pratiqué un très grand nombre d’inoculations de tumeurs malignes (cancers et sarcomes) à des animaux d’espèce variée (lapin, cobaye, chien).

1.—Chez le lapin : l" l’insertion sous-cutanée de fragments de tumeurs humaines, en dehors des abcès etdes décollements, a été suivie dans plusieurs cas du développement progressif de néofoi-mations dures, bosselées, adhérentes à la peau, avec hypertrophie des ganglions voisins et pouvant atteindre le volume d’un petit œuf de poule au bout de quatre à cinq mois. A l’examen microscopique, il existait au point d’adhérence une hypertrophie et une prolifération de l’épithélium malpighien, et la tumeur proprement dite était constituée par des tractus fibreux anastomosés dont les mailles renfermaient des cellules irrégulières à gros noyau ; par endroits on rencontrait des alvéoles volumineux remplis de cellules dissociées et caséifiés au centre.

2’ A la suite de l’inoculation dans le péritoine de tritura-

lions de tumeurs, nous avons constaté la production de petites tumeurs à la surface du foie et de la rate, formées do grosses cellules irrégulières dans l’intérieur de mailles conjonctives è disposition alvéolaire.

II, — Chez le cobaye nous avons obtenu des inoculations positives de sarcome mélanique par la voie sous-cutanée ou intra-péritonéale.

Dans un cas, cinquante jours après l'inoculation : ganglions volumineux marbrés de noir è la coupe ; à la surface du grand épiploon, une dizaine de granulations disséminées, noirâtres, du volume d’une tête d’épingle h un grain de chènevis, qui à l’examen microscopique montrent une structure identique à celle du sarcome inoculé.

Dans un autre cas, un mois et demi après l’inoculation sous la peau de la racine de la verge, on vit se développer un nodule du volume d’un petit pois, dur, noir h la coupe et qui à l’examen microscopique montre la structure delà tumeur sarcomateuse inoculée, sans signes de dégénérescence, avec des vaisseaux de nouvelle formation et une zone d'accroissement périphérique.

III. — Chez le chien ; 1“ les inoculations sous-cutanées et intraveineuses sont restées sans résultat de même que les inoculations intra péritonéales de produits de raclage ou de trituration et de petits fragments de tumeurs,

2“ Les inoculations • intra péritonéales de gros fragments nous ont donné, au contraire, dans ^trois cas, des résultats positifs

Premier cas : deux mois après l’inoculation d’un épithélioma delà lèvre, on trouve une tumeur plus que doublée de volume, très vasculaire, ferme, et dont la structure périphérique répondait â celle d’un carcinome en voie d’évolution.

Deuxième cas ; deux mois et demi après l’inoculation- d’un carcinome du sein, du volume du poing, on trouve une tumeur du volume d’une grosse orange, dure, à périphérie bosselée. Celle-ci, portée dans la cavité péritonéale d'un deuxième chien,

développa au bout de deux mois, en dehors d’une tumeur du volume du poing, cinq tumeurs de la rate du volume d’une grosse lentille à une pièce de deux francs, qui à leur tour, inoculées après trituration dans le péritoine d’un troisième chien, déterminèrent un mois et demi après un semis de granulations rappelant l’aspect d’une éruption péritonéale de carcinose aiguë avec ganglions mésentériques très volumineux ; à l’examen histologique, on se trouvait en présence de néoplasies envahissantes de structure conjonctive alvéolaire avec cellules irrégulières à gros noyau.

Troisième cas : deux mois et demi après l’inoculation intrapéritonéale d’un fragment du volume des deux poings d’un cancer encéphaloïde à marche très rapide, on trouve une série de petites tumeurs de la rate et des tumeurs disséminées à la partie inférieure du poumon, (propagation lymphatique), tandis que la masse tumorale introduite a été résorbée. Les ganglions sont volumineux et les tumeurs du poumon présentent une structure alvéolaire délicate du même type que celle de la tumeur inoculée.

Ces expériences nous paraissent résoudre dans le sens de l’affirmative la question de l’inoculabilité des tumeurs malignes de l’homme aux animaux.

Elles font partie des études dirigées par M. le professeur Bosc en vue de déterminer les conditions pathogéniques du cancer et auxquelles nous avons été associé pour la partie expérimentale.

« M. Vedel a été pour nous un collaborateur assidu dans toute cette partie qui concerne l’étude expérimentale, dont nous exposons les principaux résultats dans ce travail, sans qu’il soit facile d'y voir toute la peine éprouvée. M. Vedel a collaboré également à nos essais de culture » in Bosc, Le Cancer maladie infectieuse à sporozoaires, Paris 1898.

Nous avons également été associé aux recherches poursuivies dans le Laboratoire d’Anatomie pathologique sur le

parasite de la vaccine (Bosc ; Congrès de Moscou 1897 ■ Musso ; thèse Montp. 1898 ; Bosc : Soc. de Biolog., 7 dé. cembre 1900. « Après la thèse de Musso, je fis avec le vaccin très pur dePourquier.de très nombreux ensemencements dans \esang rendu incoaqulable parl'exlrail de sangsue, aidé, comme, pour le cancer, par M. Vedel...»)

La Tension Artérielle dans les Maladies: Rapport présenté (avec M. Bosc)

au Congrès de Médecine, Paris, 1904.

1. Considéralions physiologiques — Pour comprendre l’étude de la tension artérielle, il est nécessaire d’avoir présentes à l’esprit certaines notions de physiologie. La somme du diamètre des capillaires représente un chiffre supérieur au diamètre de l’aorte, et cependant les capillaires sanguins opposent un obstacle très considérable à la pénétration du sang. On peut définir la tension artérielle : l’effort développé par le cœur pour vaincre la résistance périphérique de façon à permettre, par les capillaires, le passage d’une quantité de sang égale à celle qui est envoyée è chaque systole.

L'action du cœur est favorisée par l'élasticité des parois artérielles qui rend l’écoulement continu et uniforme. Elle permet à l’effort systolique de s'emmagasiner pour être restitué successivement dans tous les points de la paroi. La force avec laquelle la paroi est distendue constitue la tension artérielle, synonyme de pression latérale. Vu la diminution du calibre des vaisseaux, la pression varie dans chaque point du système circulatoire.

Les petits vaisseaux sont doués d’une contractilité énergique qui fait qu’ils ne sont pas limités â un diamètre constant; en modifiant leur calibre, ils modifient par suite le débit du sang, en se dilatant (vaso-dilatation) ou se resserrant (vasoconstriction). Le cœur subira le contrecoup des variations de l’écoulement périphérique et vice versa.

La pression sanguine générale est donc le résultat de l'action de trois facteurs : la masse du sang, la force d’impul-

sion cardiaque et la résistance périphérique, chacun d’eux pouvant présenter des modifications susceptibles de retentir sur les deux autres. On peut dès lors établir de nombreux schémas; mais tous les schémas de pure hydraulique ne correspondent pas exactement à la réalité physiologique.

C’est le système nerveux qui tient sous sa dépendance les phénomènes de régulation. Le cœur possède un nerf centrifuge frénateur, le pneumogastrique, en rapport avec un centre bulbaire et qui est hypotenseur, un autre nerf centrifuge accélérateur, le sympathique, en rapport avec des centres répartis sur tout le trajet des centres nerveux et qui est hypertenseur, enfin un nerf centripète, nerf sensible du cœur, qui provoque de véritables réflexes défensifs susceptibles de ramener l’équilibre entre les actions centrales et périphériques. Les gros vaisseaux, surtout doués d’élasticité, échappent, pour ainsi dire, à l’action nerveuse, mais les vaisseaux périphériques très contractiles doivent être soumis à des influences nerveuses de même ordre que celles du cœur périphérique. Les vasomoteurs, en faisant contracter ou dilater les capillaires, règlent le débit, augmentent ou diminuent la résistance périphérique, (vaso-constriction, vaso-dilatation active et passive).

Le cœur et les vaisseaux périphériques' sont régis par des actions nerveuses analogues (nerfs, centres, ganglions) régulatrices et modificatrices de la pression.

La pression générale apparaît comme le résultat d’actions complexes, de sorte que l’important n’est pas seulement de connaître le chilTre de cette pression, mais d'en déterminer les composantes, autant celles qui tendent h le modifier que les forces antagonistes qui rétablissent l’équilibre troublé.

4 l’état noi’mal il existe un équilibre qui va avec un degré de contraction de la généralité des petits vaisseaux et qui 'constitue le tonus vasculaire. Celui-ci peut être troublé par des causes susceptibles d’agir sur les trois facteurs essentiels de la circulation.

A l’état physiologique, les variations de la masse du sang

ne retentissent pas sensiblement sur la pression sanguine, à cause de l’adaptation vasculaire (élasticité des artères et vasodilatation des organes)

La force d’impulsion du cœur est la véritable cause de la pression vasculaire; mais le cœur est par sa fonction bien plus producteur de force que régulateur de la pression qu’il détermine.

Le rôle essentiel dans le mécanisme des actes vasculaires et cardio vasculaires est rempli par les vaisseaux périphériques et les variations de résistance qui s’y produisent. Ces variations de la résistance périphérique sont produites par l’intermédiaire des nerfs et des centres vasomoteurs, comme aussi des ganglions, qui gouvernent des territoires vasculaires plus ou moins étendus et sont aptes à réagir sur des territoires voisins ou éloignés.

II. Modifications de la tension artérielle à l'étal pathologique. — Il est déjà difficile à l’état normal d’établir le mécanisme des variations de la tension artérielle sous l’influence de causes bien déterminées. La méthode des explorations volumétriques multiples a montré notamment la complexité des réactions vasomotrices antagonistes, qui, au lieu de se faire simplement entre les réseaux profonds et superficiels, se manifestent dans des territoires que seule l’expérimentation attentive était capable d’enregistrer.

Dans un organisme malade, la régularité du mécanisme correcteur de la pression est compromise ou empêchée par une altération, qui peut atteindre, à la fois ou séparément et à des degrés variables, les centres vasomoteurs, les vaisseaux, le muscle cardiaque, la masse du sang

On a dû inventer, pour l’étude clinique, des appareils qui^ mesurent la tension à travers les tissus. Les résultats obtenus doivent être contrôlés en soumettant à un examen attentif les organes producteurs ou régulateurs de cette tension, en particulier le cœur. Il en résulte que la mensuration de la pression à la radiale, par le chiffre qu’elle donne, fournit

surtout un signe qui attire l'attention et peut diriger l'examen clinique dans un sens déterminé, suivant qu'il y a hypo ou hypertension ; mais en délinitive, c'est l'examen clinique qui jugera de la valeur du signe et prononcera en dernier ressort pour ce qui regarde le diagnostic, le pronostic et la thérapeutique.

La sphygmomanométrie clinique est fondée, pour le plus grand nombre des appareils, sur le principe qu'il est possible de mesurer la tension d’une artère par l’effort qu'il faut développer pour arrêter les pulsations de cette artère.

Nous avons étudié le sphygmographe enregistreur de Philadelphien, le sphygmomètre de Bloch, modifié par Verdin (à rejeter), le sphygmomanomètre de Potain,qui, vérifié et bien manipulé, réduit les erreurs de l’exploration clinique au minimum, l’appareil de Riva-Rocci qui donne des résultats comparables, le tonomètre deGaertnerqui mesure la tension artériocapillaire et peut fournir des données intéressantes au point de vue clinique, l’interprétation comparée des pressions radiales (appareil Potain) et digitales (appareil Gaertner; ayant pu, dans un certain nombre de cas. nous renseigner sur l'état de la circulation périphérique et par déduction sur l’état du

Nous insistons sur l’importance des signés cliniques dans l’interprétation des chiffres de la pression.

Le fait dominant, à l’état pathologique, c’est que le cœur, les petits vaisseaux et le système nerveux sont atteints simultanément par la cause morbide ; mais ce sont toutefois les vaisseaux périphériques qui agissent habituellement le plus pour modifier la tension.

L’hypo et l’hypertension ne constituent pas par elles-mêmes des maladies; elles constituent des symptômes qui font partie de tout un groupe d’autres symptômes, régis par une même cause. .Mais leur constatation mettra sur la voie pour la recherche de la cause et du syndrome qu’elles accompagnent.

Syndromes avec Hypertension

L’étude des tensions radiales et digitales chez un très grand nombre de sujets normaux nous a permis d’établir la moyenne ; pour l’adulte de 15 centim. au Potain et 9 au Gaertner et pour le vieillard 19 au premier et 11 au second. Nous admettons qu’il y a hypertension réelle quand le sphygmomanomètre dépasse 18 chez l’adulte et 20 ou 21 chez le vieillard.

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