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RECHERCHES SUR LE ROLE DU CERVEAU DANS LA RESPIRATION

2. Tracés rraphiques de la respiration dans les maladies mentales (C. R. Soc.

de Biol, 12 mars 1892, t. XLIV, p. 217-219).

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excitations mécaniques ; ils constituent aussi un commentaire explicatif particulier des cas cliniques d’encéphalocèle, dans lesquels la compression digitale de la tumeur peut produire des syncopes cardiaque et respiratoire.

L’analyse que j’ai faite de l’action de la morphine sur la fréquence et le rythme de la respiration a servi de hase au développement didactique qu’a donné à ce sujet le professeur G. Pouchet dans son ouvrage magistral (Leçons de Pharmacodynamie et de matière médicale, Paris, O. Doin, ëd., 1901, t. II, p. 672 etsuiv.).

Le déterminisme des effets respiratoires do la morphine a fait l’objet, de ma part, d’une conception nouvelle. C’est dans mon travail que se trouve, pour la première fois, démontré que l’on ne saurait accorder une origine exclusivement bulbaire aux effets respiratoires de' la morphine, mais que la morphine agit sur la respiration essentiellement en tant que poison cérébral, en diminuant ou en supprimant l’action excitatrice normale du cerveau sur la respiration '. Ce que j’ai traduit dans cette formule : Étudier les effets respiratoires de la morphine, c’est étudier la respiration privée de la stimulation normale qu’exerce le cerveau sur cette fonction.

Déjà L. Calvet (1876) avait décrit deux phases dans l’action de la morphine sur la respiration : une première phase d’accélération, une seconde phase de ralentissement. Mes expériences personnelles chez le chien m’ont conduit aux conclusions suivantes :

1“ La morphine à doses modérées produit des modifications dans la fréquence

2" Ces modifications présentent très nettement deux phases. Dans une première phase, qui coïncide avec un état général d’excitation de t animal, la respiration est augmentée de fréquence. Cette phase dure de vingt à trente minutes. Dans une seconde phase, qui coïncide avec le sommeil narcotique, la respiration est diminuée de fréquence. Cette phase est de beaucoup la plus importante comme durée, elle dure autant que le sommeil lui-même-, dautre part, la diminution de fréquence de la respiration atteint le tiers et parfois même la moitié de la valeur normale-,

3° Les modifications de fréquence de la respiration se présentent avec un état plutôt exagéré de la réflectivité médullaire et une persistance de la réflectivité psychique.

troublé ; l’animal redressera la tète à tout instant, il réagira sans cesse aux excitations extérieures, ot la respiration périodique ne"se montrera pas, Le calme parfait du laboratoire constitue donc, en l’occurrence, une condition expérimen, taie qui favorisera dans une très large mesure 1’,apparition de la respiration périodique. Quand celie-ci môme s’est établie, le moindre bruit la - fait disparaître; c’est là une expérience fort simple, et qui réussit toujours, Et si j’insiste sur ces fails, c’est que j’ai longlemps recherché pourquoi, chez un même animal, le lapin, par exemple, je ne voyais plus survenir avec les mêmes doses, le même manuel opératoire, la respiration périodique qui s'était manifestée dans de précédentes expériences. La raison ou, du moins, l’une des raisons do ce pourquoi, qui permet à la respiration de prendre le type périodique, se trouve dans la condition oxpénmenlale que je viens d’indiquer i & sifence du laboratoire.

Cette constatation fut pour moi très suggestive : elle devint le point de départ d’une conception personnelle sur le délerminisme intime de l’action respiratoire de la morphine, dont je repris dès lors l’étude expérimentale sur des bases

Tout d’abord j’ai montré que l’action respiratoire de la morphine était

à se régulariser. D'autre pari, le même courant électrique minimum {courant d'induction) qui, appliqué dans le rectum, avait produit chez le lapin avant toute injection de morphine l'arrêt de la respiration, produit encore ce même arrêt, dans les mêmes conditions, pendant la phase de respiration périodique. — Réflexe d’arrêt respiratoire sous l'influence de Cinhalation de chloroforme.

Extrait d’Expéiuence. — 6 février 1892. Lapin. Poids ; 2.150 grammes. — 3 h. 10. — Injection intra-péritonéale de 5 centimètres cubes d’une solution de chlorhydrate de morphine à 2 p. 100, soit 10 centigrammes de morphine. Le lapin est immédiatement replacé dans une cage, qu’on a disposée près de la table d’expérience où sont les appa-

Fio. 22. - Lapin morphiné, en phase de respiration périodique : En + excitation légère cutanée :

narcotique profond; aucun mouvement spontané. Il réagit aux excitations extérieures : réflexes des membres, de la queue, des oreilles, conservés.

Si l'on siffle dans le voisinage de l'animal, la respiration perd son caractère périodique; de même si l'on frôle la peau du lapin avec un corps chaud (thermomètre que l’on vient de sortir d’une étuve à 60 degrés) ou froid (thermomètre que l’on a laissé quelques secondes sous un robinet d’eau froide) ; de même si on lui passe simplement sur la peau de la région dorsale le manche d’un porte-plume.

Dans tous ces cas la respiration perd son caractère périodique, devient plus fréquente et tend à se régulariser dans les limites qu'indique la figure 22. — De plus, l'arrêt de la respiration se produit sous l'influence de l’inhalation de chloroforme; il se produit aussi avec le même courant induit qui l'avait produit, au début de l'expérience, sur l'animal normal.

La valeur de la réactivité fonctionnelle des centres bulbaires de Tanîmal morphiné, en phase de respiration périodique, est telle, on le voit, que des excitations banales constituées par un léger bruit, un simple frôlement de la peau avec le doigt, le passage sous les narines d’une éponge à peine imbibée de quelques gouttes de chloroforme, provoquent des réactions respiratoires comme à l’état normal. Si la diminution d’excitabilité du bulbe (qu’on a simplement admise du fait même du ralentissement respiratoire) avait une valeur importante, h des doses modérées mais sitffisantes à produire la respiration périodique, comment

exposée, la théorie cérébrale de la respiration périodique et du phénomène de Cheyne-Stoches, qui en est une des formes.

Toute la série de faits solidaires, d’ordre expérimenlal et clinique, acquis par mes recherches ont abouti, en définitive, à établir le rôle de l’activité cérébrale dans la régulation du rythme respiratoire. Dans le Rapport sur le Prix (lodard, qui me fut décerné par la Société de Biologie, en 189i, Charles Richet a écrit

de pi-oduclion du type respiraloire périodique. L’étude des troubles respiratoires dans l’intoxication par le cliloralose s’ajoute à celle des troubles respiratoires dans l’intoxication par la morphine et dans les maladies mentales, pour affermir encore la conclusion générale de cette première série de recherches, à savoir ;

« Le cerveau exerce à tétat normal une influence permanente, un tonus régulier sur la fréquence et le rythme de la respiration ; quand cette influence se supprime, la respiration de luxe tend à disparaître et le rythme périodique apparaît » {Th. doct., Paris, 18 mai 1892, p. 112).

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