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TABES ET PARALYSIE GÉNÉRALE

(•Bulletin médical, 1893.)

Le tabes et la paralysie générale sont manifestement deux maladies voisines, étroitement unies, parentes et même « proches parentes », a-t-on dit.

Et, en effet, d’étroites analogies les rapprochent : multiplicité étonnante de symptômes communs ; — combinaison et association fréquentes des deux types morbides; — identité de causes; — similitudes d’évolution, de terminaison, de résistance aux agents thérapeutiques; — analogies anatomiques, etc.

Faut-il donc les confondre en une seule entité morbide? Auquel cas il existerait une maladie unique qui :

1" alors qu’elle se localiserait exclusivement ou d’une façon prédominante sur la moelle, constituerait le tabes ou l’ataxie;

2° alors qu’elle se localiserait exclusivement ou d’une façon prédominante sur le cerveau, constituerait la paralysie générale ;

3° alors qu’elle affecterait â la fois la moelle et le cerveau, constituerait un type mixte, déjà décrit d’ailleurs sous le nom de taies cérébro-spinal.

Discussion.

Neurasthénie d’origine syphilitique.

Épilepsie parasyphilitique.

11 se produit parfois, au cours de la syphilis, une épilepsie d’une modalité toute particulière, se différenciant à divers titres de ce qu'on appelle l'épilepsie syphilitique ou, plus correctement, la forme épileptique de la syphilis cérébrale.

Cette épilepsie a pour caractères : 1" de se produire à l’état de symptôme isolé, c’est-à-dire sans cortège de phénomènes cérébraux; — 2° de se conlinuer, voire de se perpétuer sous cette forme exclusive; — 3° d’être durable et longuement durable; — de ne subir des remèdes antisyphihliques aucune action, ni curative, ni même

temporairement suspensive; — 5' de n’être influencée que par la médication bromurée, laquelle ne la guérit pas, mais la modère.

A tous égards, donc, elle se rapproche de ces curieux états morbides consécutifs b la syphilis qu’on appelle actuellement parasyphilitiques.

Pelade ou pseudo-pelade des sujets syphilitiques.

[Rame générale de clinique et ie thérapeutique, 1901.)

Il n’est pas rare qu’il se produise sur les sujets syphilitiques des aires de dépilation circonscrites et d’aspect absolument peladique. — Des raisons diverses semblent autoriser à considérer cette modalité toute spéciale d’alopécie comme un symptôme trophique ou nerveux d’ordre parasyphilitique.

Des relations de la leucopiasie buccale avec la syphilis et le cancer.

De l’avis presque général, la leucopiasie buccale semble bien, elle aussi, rentrer dans le groupe des affections parasyphilitiques. — Examen à ce sujet de 324 cas. — Conclusions :

1° La leucopiasie est une affection presque exclusivement masculine (319 cas sur 324);

2° Elle dérive indubitablement de deux causes principales, essentielles en l’espèce,

3° Elle aboutit au cancer buccal avec une proportion de fréquence bien supérieure

4“ Alors même qu’elle sévit sur des sujets syphilitiques avec la syphilis pour cause indéniable, elle se montre absolument réfractaire au traitement spécifique de la syphilis;

3° Nosologiquement, donc, elle rentre dans le cadre des affections actuellement dénommées sous la rubrique d’affections parasyphilitiques;

un terrible appoint au pronostic de la syphilis, quantité de syphilitiques mourant du cancer buccal par l’intermédiaire de la leucopiasie.

Herpès récidivant de la langue chez les syphilitiques.

(Semaine médicale, 1887.)

Il n’est pas rare de voir se produire sur les sujets atteints de syphilis depuis quelques années une affection buccale, consistant en un semis

d’érosions miliaires, petites, superficielles, réunies en bouquet, qui choisissent les bords latéraux de la langue comme siège de prédilection. — L’affection procède par poussées intermittentes, et le propre de ces poussées est de se répéter à intervalles de quelques mois ou de quelques semaines, le plus souvent même de se répéter à satiété, quoi qu’on fasse, au cours de plusieurs années.

De par l’analyse minutieuse des lésions et surtout de par leur contour à la fois polycyclique et microcyclique, il est certain qu’elles sont constituées par une dermatose herpétique.

Qu’est-ce donc que cette curieuse affection? Rien autre, vraisemblablement, qu’un herpès récidivant buccal, analogue d’une autre entité de même ordre actuellement bien connue sous le nom d’herpès récidivant génital.

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