L’HÉRÉDITÉ SYPHILITIQUE
(1891. Un yo)., *21 p.)
I. — L’hérédité syphilitique constitue le méfait le plus intense et le plus grave de toute la syphilis, celui qui élève la syphilis au rang d’un fléau pour l’humanité. — La mortalité qu’elle réalise est infiniment supérieure à celle qui dérive de la manifestation la plus grave de la maladie.
II. — L’influence héréditaire de la syphilis se traduit par des manifestations extrêmement multiples et variées, qui cependant peuvent être réparties sous les cinq chefs suivants :
1° Transmission de la syphilis en l’espèce des géniteurs aux enfants;
2° Cachexie foetale, d’origine syphilitique ou parasyphilitique, ayant pour aboutissant \’inaptitude à la vie ;
3° Troubles dystrophiques, généraux ou partiels ;
4° Malformations, monstruosités congénitales ;
5° Prédispositions morbides.
III. — Provenance. — L’hérédité syphilitique peut dériver: l°du père ; — 2° de la mère ; — 3“ des deux procréateurs.
IV. — Parallèle des trois hérédités syphilitiques (hérédités paternelle, maternelle ou mixte) au point de vue des dangers qu’elles comportent :
1° L’hérédité maternelle est infiniment plus nocive que l’hérédité paternelle ;
2° L’hérédité mixte est plus nocive que l’hérédité exclusive d’un des procréateurs.
Indice de nocivité et indice de mortalité propres à chacune de ces trois hérédités :
Hérédité paternelle (exclusive). 37 p. 100 I 28 p. 100
Hérédité maternelle (exclusive).84 — 60 —
Hérédité mixte.92 — | 68,5 —
V. — Modificateurs possibles de l’influence hérédo-syphilitique .
1° Le temps, qui use, atténue et finit par annihiler cette influence. Existe-t-il un<ÿe limite où cette influence cesse de s’exercer? — Hérédité syphilitique à long terme.
2° Le traitement , qui constitue par excellence un correctif, un neutralisant de cette influence ;
3“ Le temps et le traitement associés.
La bénignité d’une syphilis n’est en rien une garantie de bénignité par rapport à ses conséquences héréditaires.
VI. — Syphilis par conception, dérivée de l’hérédité paternelle.—Étude de cette grave question.
Loi de Colles.
Syphilis conceptionnelle latente. — Syphilis conceptionnelle tardive.