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De ramblyopie et de Vamaurose albuminuriques

{Gazette hebdomadaire, année 1858.)

Il existe au moins deux formes d'amaurose dans la néphrite albumineuse : l'une est lice aux affections de la rétine, qui ont été dans ces derniers temps décrites avec tant de soin par les ophthalmologistes ; l'autre ne répond à aucune altération matérielle appréciable et paraît devoir être rattachée, comme l'encéphalopathie albaminurique, à l'intoxication urémique. Une symptomatologie particulière correspond à chacune de ces formes de l'amaurose albuminurique.

48. — Observation de polyurie consécutive à un coup sur la tête.

(Gazette hebdomadaire, t. VII, 1860, p. 65.)

49. — Quelques documents concernant V historique des gangrènes

diabétiques,

(Gazette hebdomadaire, t. VIII, 1861, p. 539.) Histoire et critique.

SO- — Leçons sur les maladies du foie, des voies biliaires et des reins, faites à la Faculté de médecine de Paris. Vol. in-8 de 380 pa^es avec 37 fiofures intercalées dans le texte et 7 planches en chromo-lithographie. Paris, 1877.

Dans ces leçons sur les maladies du foie, on croit devoir relever les points suivants : Les onze premières leçons représentent un essai d'anatomie et de physiologie pathologiques générales de l'organe hépatique. Jusqu'ici on s'était borné à peu près exclusivement, à propos des maladies du foie, à un travail purement analytique, sans chercher à dégager aucune idée d'ensemble des recherches de détail.

Dans ces dernières années, ce côté de l'histoire des maladies hépatiques a été abordé par M. Murchison, puis par M. Charcot dans son cours de 1876, et grâce à ces efforts on peut entrevoir, aujourd'hui, le moment oii l'accord se fera entre la pathologie du foie et les découvertes physiologiques récentes, au bénéfice de la cUnique.

La dixième leçon est consacrée à l'étude de la fonction désassimilatrice du foie et les relations qui existent entre les altérations du foie et les modification du taux de l'urée. Dans la onzième leçon, on étudie l'influence des altérations hépatiques sur la formation et l'élimination de l'acide urique.

Les huit leçons qui suivent traitent de l'anatomie et de la physiologie pathologiques de la lithiase biliaire. Dans ces leçons, l'auteur a mis à profit les nombreuses observations qu'il a pu recueillir relativement au sujet dont il traite, dans son service de la Salpêtrière. La dix-huitième leçon, en particulier, consacrée à l'étude de la fièvre hépatique symptomatique et à la comparaison qu'il y a lieu d'établir entre celle-ci et la fièvre nroseptique, est fondée, pour la majeure partie, sur des documents entièrement originaux.

Dans les cinq dernières leçons, enfin, l'histoire de la cirrhose,

ou mieux des cirrhoses du foie, est présentée sous un jour nouveau d'après les travaux de l'autour. (§7, n° 42.)

Pour ce qui est des leçons sur les maladies des reins, voir § 7, n" 46.

Les Leçons sur les maladies des reins ont été traduites en langue anglaise par M. le D"^ H.-B. Millard, New-York, 1878.

51 . — Note relative à F étude anatomique de la néphrite saturnine expérimentale.

En commun avec M. le Gombault {Arch. de plujsiologie, 1881; p. 126.)

Il s'agit surtout ici d'un travail de pathologie expérimentale ayant pour point de départ l'étude anatomique du rein dans 1 5 cas d'intoxication saturnine provoquée chez le cochon d'Inde.

Ces expériences confirmatives de celles de M. A. Ollivier démontrent contrairement aux faits négatifs relatés par M. Rosenstein, l'action nocive du plomb sur le tissu rénal ; mais elles diffèrent de la plupart de celles qui avaient été instituées jusqu'alors dans un but analogue en ce que le plomb a été introduit chaque jour à petites doses dans l'économie, ce qui a permis de prolonger longtemps la durée de l'intoxication (une année) et de reproduire dans une certaine mesure les conditions sous l'infiuence desquelles s'effectue le plus souvent chez l'homme l'intoxication saturnine chronique. En outre, il a été possible, en procédant de cette façon, de sacrifier les animaux à des époques de plus en plus éloignées du début de l'empoisonnement, de saisir, en quelque sorte, la lésion rénale aux différentes périodes de son évolution et d'établir ainsi à l'aide de données précises le processus de la néphrite saturnine, chez le cochon d'Inde.

Dans aucune des expériences, la lésion rénale n'a fait défaut et, toutes les fois que les animaux ont vécu assez longtemps, elle s'est traduite macrosCopiquement par une induration manifeste du tissu de l'organe et la production de granulations, aussi bien à la surface

que dans la profondeur de la substance corticale. L'examen histologique a montré que les lésions élémentaires portent k la fois sur l'épithélium rénal et sur le tissu conjonctif interstitiel et sont par conséquent comparables, ainsi que le faisait prévoir l'examen à l'œil nu, à celles qui se rencontrent chez l'homme dans la néphrite satm'nine.

Utilisant les cas de longue durée, on a dune cherché à mettre en relief les analogies nombreuses, pour ne pas dire l'identité complète existant au point de vue anatomique, entre les lésions de la néphrite saturnine expérimentale, arrivée à la période d'état, et celles qui caractérisent chez l'homme la néphrite saturnine, aussi bien que la néphrite interstitielle commune (petit rein contracté granuleux) : or comme les phases initiales du processus dans ces deux affections sont rarement observées chez l'homme, ce parallèle présentait un intérêt tout spécial, puisqu'il autorise à reconstituer en quelque sorte cette première période, à l'aide de données que la pathologie humaine ne peut que difficilement dégager et que les faits expérimentaux fournissent, au contraire, avec une grande netteté.

De même que l'étude de la néphrite saturnine expérimentale, en raison de la simplicité plus grande des phénomènes, facilite celle de la néphrite interstitielle de l'homme, de même la néphrite consécutive à laligature de l'uretère peut fournir à la question son contingent de données utiles. Ici, en effet, comme du reste dans toutes les expériences de ligature du conduit excréteur d'une glande, qu'il s'agisse du rein ou d'un autre viscère, la cause première des accidents est facile à saisir, et quel que soit le mécanisme à l'aide duquel elle réagit sur les tissus (action traumatique, dilatation des conduits, altérations diverses du produit de sécrétion, développement d'organismes inférieurs), la lésion produite est la conséquence d'une irritation. Le présent mémoire contient les résultats de nouvelles expériences de ligature de l'uretère, résultats d'ailleurs conformes à ceux qui avaient été publiés en 1876 (voir p. 45). Il demeure établi qu'on détermine par ce procédé une lésion de nature irritative portant primitivement son action sur l'épithélium glandulaire et consécutivement sur le tissu interstitiel, d'où la production d'une

cirrhose secondaire. Ces résultats ont d'ailleurs été confirmés depuis par les recherches de plusieurs observateurs, notamment celles de MM. Pitres et Arnozan (ligature du canal pancréatique), et celles plus récentes de M. Straus.

Du parallèle établi entre cette néphrite par h'gature et la néphrite saturnine, il ressort que les lésions élémentaires de Tune et de l'autre sont absolument comparables, et qu'on est endroit, en conséquence, d'admettre comme point de départ de cette dernière une lésion épithéliale de nature irritative.

Du reste, la topographie des lésions, dont l'étude a été faite avec un soin particulier, conformément aux données de l'anatomie normale, montre que dans la néphrite saturnine, celles-ci affectent une localisation systématique en rapport avec la disposition anatomique de l'appareil glandulaire bien plus qu'avec le mode de distribution des systèmes vasculaire et conjonctif, que c'est autour des tubes qui sont altérés, et non autour des vaisseaux qui, d'ailleurs, sont restés sains, qu'on voit apparaître la sclérose.

De cette étude topographique découlent encore d'autres conclusions. Si, dans la néphrite par la ligature, la totalité des tubes rénaux est envahie d'emblée, dans la néphrite saturnine, au contraire, ces tubes ne sont atteints que successivement, les uns après les autres. Mais chaque tube, dès qu'il devient malade, est rapidement envahi dans toute son étendue, depuis la capsule de Bowman qu'il forme à l'une de ses extrémités jusqu'au tube collecteur, dans lequel il se jette à son extrémité opposée.

Il est facile de voir, en se reportant au schéma de Schweigger- Seidel, que, pendant ce trajet, le tube, en changeant plusieurs fois de structure, traverse successivement les diverses régions du lobule rénal. Tous les lobules étant d'ailleurs à peu près également atteints, on peut, dès le début, distinguer, lorsqu'on examine une coupe de rein convenablement orientée, la présence de ces tubes malades et de la prolifération conjonctive qui les accompagne former dans chaque lobule à la fois : 1° une zone scléreuse périphérique plus ou moins complète unissant entre eux les glomérules ; 2° une tache centrale correspondant au prolongement de Ferrein, 3° entre les deux, et

les reliant l'une à l'autre, un certain nombre de tractus intermédiaires qui divisent l'aire du lobule en compartiments au niveau desquels les tubes sont sains ou peu malades et constituent la substance des granulations.

52l. — Des conditions pathogêniques de V albuminurie. Leçons faites à la Faculté de médecine (cours de 1880).

Aucune des théories invoquées pour expliquer le passage de l'albumine dans l'urine ne convient à l'universalité des faits.

M. Charcot démontre que les variations de la pression sanguine à l'intérieur des glomérules du rein ne peuvent à elles seules déterminer ce passage. Il est un élément dont on n'a jamais tenu grand compte, en pathologie du moins, et qui pourtant est de nature à modifier singulièrement les conditions de filtration du sérum dans la capsule de Bowman : c'est le ralentissement de la circulation dans le glomérule, qui, en diminuant, par l'anoxhémie, les qualités physiologiques de l'épithélium, favorise l'élimination de l'albumine. Ainsi peuvent s'expliquer les albuminuries cardiaques, l'albuminerie transitoire non accompagnée de lésions matérielles du rein, l'albuminurie du choléra nostas, celle de la grossesse, enfin celle de la néphrite interstitielle.

§ 9. — Aifections du tégument externe.

53, — Erythème produit par V action de la lumière électrique.

(Comptes rendus des séances de la Société de Biologie, t, V, 2' série, année 1858. Paris, 1859.)

Histoire de deux chimistes qui furent atteints d'érythème de la face, après avoir fait, en commun, des expériences sur la fusion et la vitrification de certaines substances par l'action de la pile électrique. Ils s'étaient servis d'une pile de Bunsen forte de cent vingt éléments. Sur l'un comme sur l'autre expérimentateur, l'aspect de la peau dans les endroits atteints était exactement celui d'un coup de soleil ; une légère desquamation s'établit au bout de quatre jours et dura cinq ou six jours en tout.

Cet effet de la lumière électrique donnera peut-être la raison du coup de soleil proprement dit. On sait qu'une température élevée n'est pas une condition nécessaire pour la production de cette dernière affection. Dans le rayonnement de la lumière électrique ou solaire, ce ne sont donc pas les rayons calorifiques qui attaquent la peau ; ce ne sont pas non plus les rayons éclairants. En effet, dans certaines expériences faites à l'aide de la machine de Rumkorff, l'illustre observateur Foucault a été atteint de troubles de la vision très tenaces et d'crylhème, bien que la lumière des étincelles ne fût pas plus intense que celle d'une étoile, qu'on regarde cependant sans fatigue.

Restent les rayons dits chimiques ; c'est cet ordre de rayons qui paraît être l'agent essentiel des accidents. Il suffit, en effet, pour préserver les yeux, ainsi que l'a vu Foucault, de faire passer la lumière électrique à travers un verre d'urane, lequel retient une grande partie des rayons chimiques. L'action si rapide et si énergique de la lumière électrique sur le tégument externe et sur la rétine se comprend d'autant mieux que les rayons chimiques y sont,

comme on sait, relativement plus abondants que dans la lumière solaire.

54. — Coloration 'bronzée de la peau avec altération graisseuse des capsules surrénales (maladie d'Addison).

En commun avec M. Vulpian.

(Comptes rendus des séances de la Société de Biologie, t. IV, 2» série, année 1857. Paris, 1858.)

Dans ce cas, les capsules surrénales, examinées à l'œil nu, avaient été considérées comme saines. Mais l'inspection microscopique démontra qu'elles avaient subi, à un certain degré, la dégénération graisseuse. De plus, la substance médullaire des capsules avait perdu la propriété de se colorer en rose par l'action de l'iode, comme il arrive à cette substance quand elle est saine. En présence d'un fait de ce genre, il est évident que toute observation oij, après les symptômes ordinaires de la maladie d'Addison, les capsules surrénales seraient données comme saines, sans avoir été examinées au microscope ou traitées par les réactifs convenables, devra, au point de vue de la théorie, être considérée comme non avenue.

55. — Note sur quelques cas d'affection de la peau dépendant d'une influence du système nerveux, par le docteur Charcot ; suivie de remarques sur le mode d'influence du système nerveux sur la nutrition, par le docteur E. Brown-Séquard.

(Journal de la physiologie de l'homme et des animaux, t. II, 1859, p. 108.)

Cette note comprend trois observations. La première a trait à une éruption pemphigoïde de la face dorsale d'une main, attribuée à une lésion des filets nerveux cutanés. Dans la seconde, il s'agit d'une éruption àlierpès zoster survenue dans le cours d'une névralgie

sciatique. La troisième observation est celle d'an homme qui, à la suite d'une blessure du nerf sciatique, fut affecté d'une névralgie du membre inférieur, laquelle s'accompagna à plusieurs reprises d'éruptions vésiculeuses, présentant les caractères de l'herpès zoster.

56. — Sur un cas de zona du cou avec altération des nerfs du plexus cervical et des ganglions correspondants des racines spinales postérieures.

En commun avec M. Cotard.

(Mémoires de la Société de Biologie, t. XVII, 1866, p. 41.)

Dans ce cas, les altérations portaient exclusivement sur le tissu lamineux des ganglions et des nerfs, et consistant en une injection vive des capillaires qui se répandent dans ce tissu, avec hypergénèse des éléments conjonctifs. 11 y avait donc là une véritable névrite, sans altération concomitante appréciable des corpuscules ganglionnaires et des tubes nerveux.

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