Sur la maladie de Basedow (cachexie exophthalmique
{Gazette hebdomadaire, t. VI, 1859, p. 216. — Histoire et critique.)
Cet article renferme une analyse et une appréciation critique des obsenations de cachexie exophthalmique publiées par MM. Hirsch, Praël et de de Graefe.
50. Nouveau cas de maladie de Basedow. Heureuse infhietwe dune grossesse survenue pendant le cours de la maladie.
Chez une jeune femme atteinle d’une cachexie exophthalmique, MM. Trousseau et Charcot, après avoir prescrit un traitement approprié, firent entrevoir à la malade que le développement d’une grossesse, loin de nuire à l’action des remèdes, pourrait conlribuer à la guérison. Ces prévisions se sont complètement réalisées; et^ en rapprochant ce fait de la première observation de M. Charcot, dans laquelle la malade se rétablit après êlre devenue enceinte, et d’un cas analogue qui appartient à M. le professeur Trousseau, on est en droit de conclure que Télat de grossesse peut exercer une influence favorable sur cette maladie.
51. Recherches cliniques et amtomo-pathologiques sur le ramollissement cérébral et lencéiéalite.
L’étude anatomique du ramollissemenl cérébral chez les vieillards a conduit l’auteur à se rattacher à la doctrine qui fait de cette maladie une altération de la nutrition relevant d’un trouble de la circulation snrvenu dans une région quelconque de l’encéphale. Que ces modifications du cours du sang soient produites par l’embolie artérielle, par l’athérome, la thrombose des artères, ou par la thrombose des sinus, dans tous ces cas, le ramollissement résulte d’une transformation régressive de la substance nerveuse ; il n’est pas le fait d’un processus inflammatoire. .
Dans 1 encéphalite, les altérations consistent à l’origine en une multiplication d’éléments cellulaires. Dans le ramollissement, rinfiltration granuloqçraisseuse de la substance cérébrale est la première lésion appréciable. Elle peut être reconnue déjà vingt-quatre heures après l’obstruction vasculaire. Les granules élémentaires se montrent les uns isolés, les autres réunis en masses arrondies, et constituent une variété de corps granuleux. 11 y a donc lieu d’établir, au point de vue anatomique, une distinction fondamentale entre le ramollissement cérébral et l’encéphalite. Cette distinction n’ést pas moins importante au point de vue clinique. 11 résulte, en eflet, d’un grand nombre d’observations faites en commun' avec M. Vulpian, que les phénomènes précurseurs du ramollissement, tels que l’étourdissement par exemple, sont plutôt en rapport avec l’ischémie cérébrale qu’avec la congestion du cerveau, et que certains symptômes qu’on rapporte généralement à l’encéphalite, tels
que le délire, les convulsions, les contractures, sont trèsrares au début du ramollissement. Lorsqu’on les observe dans ce dernier cas, ils peuvent être rapportés toujours à une complication. Quant à la contracture tardive, si fréquente dans les membres paralysés chez les individus atteints de ramollissement ancien, ce symptôme parait devoir être rattaché à une lésion consécutive de la moelle épinière (sclérose consécutive descendante). Ces résultats ont été consignés dans un travail de MM. Prévost et Cotard (voy. Sect. 111, n" 3) et dans la thèse inaugurale de M. Ponmeau (voy. Sect. 111, n" 27). Enfin M. Proust a indiqué dans sa thèse d’agrégation quelques faits relatifs à ce sujet, qui lui ont été communiqués par M. Charcot.
M. Charcot a, de plus, appelé l’atteution sur uue variété du ramollissement qu’il n’est pas très-rare d’observer dans le cours de la cachexie cancéreuse, et qui résulte d’une thrombose artérielle par inopexie (voy. Sect. 11, n" 16).