Arthrite dans [hémiplégie de cause cérébrale
Cette affection articulaire a été signalée pour la première fois par M. Scott Alison, et, plus tard, par M. Brown-Séquavd. M. Charcot a cherché à en déterminer avec précision les caractères cliniques et anatomiques.
Les arthropathies sont limitées aux membres paralysés et elles occupent le plus souvent le membre supérieur ; c’est surtout à la suite du ramollissement cérébral en foyer qu’elles surviennent ; plus rarement en conséquence de l’hémorrhagie intra-encéphalique. Elles se développent habituellement quinze jours ou un mois après l’attaque apoplectique, c’est-à-dire au moment de l’apparition de la contracture tardive, qui s’empare des membres paralysés ; mais elles peuvent se montrer encore à une époque ultérieure. La tuméfaction, la rougeur, la douleur articulaires sont quelquefois assez prononcées pour rappeler
les phénomènes correspondants du rhumatisme articulaire aigu. Les gaines tendineuses sont d’ailleurs souvent affectées en même temps que les jointures.
11 s’agit Ih d’une véritable synovite avec végétation, multiplication des éléments nucléaires et fihroïdes qui constituent la séreuse articulaire ; augmentation du nombre et du volume des vaisseaux capillaires qui s’y distribuent. Dans certains cas, il se produit en outre une exsudation séro-fibrineuse à laquelle se trouvent mêlés, en proportion variable, des leucocytes, et qui peut devenir assez abondante pour distendre la cavité synoviale. Les cartilages diarthrodiaux, les parties ligamenteuses, n’ont paru, jusqu'ici, présenter aucune lésion concomitante, du moins appréciable à l’œil nu. Par contre, les gaines synoviales tendineuses au voisinage !des jointures affectées prennent part au processus inflammatoire et se montrent vivement hypérémiées.
L’arthropathie dont il s’agit parait ne devoir pas être confondue avec l’affection articulaire qui a été décrite, dans ces derniers temps, par M. Hitzig, de Berlin {Veber àm bei schweren Hemipkgim auftretende Gelenkaffection, in Yirchow's Arckiv, B. d. xLvni, Hefl. 3, 1869). Celle-ci se montre surtout lorsque l’hémiplégie est relativement de date ancienne et que les malades marchent déjà depuis quelque temps. Elle occupe de préféreuce l’épaule et résulterait principalement du déplacement des surfaces articulaires, occasionné par la paralysie des muscles qui enveloppent la jointure.
58. Sur la production d'ecchymoses qu’on observe fréquemment sous les téguments de la tête, dans t épaisseur des plèvres, de l’endocarde. de la membrane muqueuse de f esto-
59. Note sur la température des parties centrales dans l'apoplexie liée à l’hémorrhagie cérébrale et au ramollissement du
Lorsque l’exploration theriuométrique du rectum est pratiquée, soit au moment même de l’attaque apoplectique, soit encore quelques heures après, presque toujours on trouve, surtout dans les cas graves, la tenipémture notablement abaissée au-dessous du taux normal. Aussi, au lieu de 37",5, qui représente l’état physiologique, on a trouvé, en pareil cas, à peine 37% ou même un chiffre encoremoins élevé; plusieurs fois, en effet, la température est descendue jusqu’à 36"; rarement au-dessous. Le chiffre thermométrique se relève ensuite bientôt ; il est rare qu’il n’ait pas atteint, au bout de vingt-quatre heures, 37%5, et à partir de cette époque il se maintient pendant un nombre variable de jours, entre 37%5 et 38". Il est peu commun que ce dernier chiffre soit dépassé lorsque le malade doit survivre, à moins qu’il ne se soit produit quelque complication inflammatoire. Si, au contraire, la maladie doit avoir une issue funeste, on voit survenir — même en dehors de toute complication — une brusque élévation de la température centrale. Dans l’espace de douze, vingt-quatre, quarante-huit heures à peine, le thermomètre marque successivement 39, 40, ou même 41 degrés. Le chiffre 42 a été atteint plusieurs fois peu de temps avant la mort. Ilimporte de remarquer que ces chiffres élevés peuvent être atteints bien avant que les premiers phénomènes extérieurs de l’agoniè et en particulier la dyspnée se soient prononcés.
60. Absence de rigidité cadavérique dans certains cas de paralysie ancienne.
(Dans Bouchard, .D/géiiératiom secondaires * la moelle épùiire, Scct. III, n» 30 ;
La rigidité cadavérique fait défaut sur les membres paralysés
et contracturés dans les hémiplégies anciennes consécutives au ramollissement ou à l’hémorrhagie cérébrale. A l’autopsie, les membres du côté sain présentent une rigidité parfaite ; au contraire, les mu-scles qui étaient rigides et contracturés pendant la vie sont complètement flasques. Cependant, des examens multiples à différentes heures après la mort ont prouvé que généralement les muscles malades n’échappent pas complètement à la rigidité cadavérique ; celle-ci se manifeste chez eux presque immédiatement après la mort, et seulement pendant un temps trèscourt. L’absence de rigidité cadavérique s'observe aussi sur les membres atteints de paralysie infantile.
()1. Étude sur quelques points de la sémiotique des hémiplégies récentes dans le ramollissement et dans thémorrhagie de fencéphale.
Température des membres du côté paralysé. — De la couleur rutilante du sang tiré des veines des membres paralysés.
B. — Sclérose (induration