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Altérations des cartilages dans la goutte

{Compta rmuim des stances de ta Soeiété de Biologie, t. V, 2* série, année 1858.

Ayant eu l’occasion d’examiner des fragments de cartilages provenant do la surface tibiale du genou d’un goutteux, l’auteur a constaté qu’ils étaient inflltrés d’une matière d’un blanc mat, d’un aspect crayeux, disséminée sous forme d’îlots d’une grandeur inégale. L’urate de soude se présentait sous deux aspects principaux. Les grandes agglomérations étaient constituées par une masse amorphe, grenue, tout à fait opaque. Les petites, au contraire, dont quelques-unes n’étaient pas visibles à l’œil nu, résultaient de la réunion de longues et fines aiguilles cristallines qui s’agrégeaient, en forme d’aigrette, autour d’un centre commun. On trouvait enfin, çà et là, des cristaux aciculaires isolés.

Ces résultats sont conformes à ceux qui avaient été signalés, dans des circonstances analogues, parGarrod, Bramson, Budd, à l’étranger, et, en France, par MM. Broca et Dufour.

s. Sur les concrétions tophacées de toreille externe chez ■ les goutteux.

{Comptes rendtis des séances de la Société de Biologie, t. II, 3® série, 1860.

L’auteur, après M. Garrod, a fait ressortir l’importance clinique des concrétions tophacées de l’oreille externe chez les goutteux, et en a donné une description fondée, en grande partie, sur des observations personnelles.

7. L’intoxication, saturnine exerce-t-elle une influence sur le développement de la goutte l (ArUtlo publié dans la Gazette hebdomadaire, l. X, 186a, p. 433.)

Ce travail contient 1 observation d’un individu atteint de goutte chronique avec concrétions tophacées, et chez qui le genre de vio, pas plus que l’hérédité, ne pouvait être invoqué ; seule, l’intoxication saturnine, caractérisée par plusieurs accès de colique de plomb, se dessinait nettement chez lui dans l’histoire des antécédents pathologiques.

Toutefois, il résulte de l’enquête faite dans ce travail, qu’à Paris, oü les maladies de plomb sont nombreuses, la goutte est très-rare cependant dans les hôpitaux, même parmi les individus qui sont sous le coup de ce genre d’empoisonnement. 11 semble donc que, s’il est permis de dire, avec Garrod, que l’imprégnation de l’économie par le plomb peut, avec le concours d’autres causes prédisposantes, contribuer puissamment à développer la goutte, rien né démontre cependant que la goutte puisse se produire de toutes pièces, sous l’influence exclusive de l’intoxication saturnine.

Depuis la publication de cette note, plusieurs exemples de goutte saturnine ont été observés dans les hôpitaux de Paris, en particulier par MM. Bucquoy, Potain et Lancereaux,

8. Conlribadons (i T étude des altérations anatomiques de la goutte et ^éclatement du rén et des articulations chez les goutteux.

A. Les altérations du rein qu’on observe dans la goutte peuvent être rapportées à deux espèces distinctes.

I. En premier lieu, on trouve l’affection décrite par M. Rayer sous le nom de néphrite goutteuse; c’est à proprement parler la gravelle du rein. Les lésions anatomiques sont les suivantes ; 1° A la surface de la substance corticale et quelquefois dans son épaisseur, on remarque de petits grains de sable qui, vus au microscope ou traités par les réactifs, sont facilement reconnaissables pour être de l’acide urique. — 2" En outre des grains d’acide urique dans la substance corticale, on en voit quelquefois un plus grand nombre dans l’intérieur des mamelons ou des calices. — 3' Enfin, on trouve quelquefois dans les calices ou dans le bassinet, non-seulement des grains de gravelle, mais encore de véritables calculs d’acide urique, ou des calculs dont le noyau est formé do cet acide. — Encore peu étudiées, les altérations concomitantes du tissu rénal paraissent devoir être rapportées tantôt à la néphrite interstitielle, tantôt à la néphrite suppurative. — Pendant la vie, les lésions qui viennent d’être décrites peuvent rester latentes. Dans les cas où des graviers plus ou moins volumineux se sont engagés dans les uretères, ces lésions se traduisent par les symptômes ordinaires de' la colique néphrétique ; d’autres fois, les malades éprouvent, soit d’une manière pour ainsi dire habituelle, soit sous forme d’accès, des douleurs rénales plus ou moins accusées; ils rendent de temps à autre, en urinant, du sable d’acide urique cristallisé ; en même temps, les urines renferment une proportion

variable d’albumine et le plus souvent, en outré, des globules rouges du sang.

II. En second lieu, on rencontre les lésions rénales de la maladie de Bright, tantôt sous la forme de la néphrite parenchymateuse, tantôt sous celle de la néphrite interstitielle. Ce dernier cas est, incontestablement, de tous, le plus fréquent, et c’est à la néphrite interstitielle qu’il faut rapporter les descriptions qui ont été données du rein goutteux {govty kidney) par le docteur Todd et quelques autres médecins anglais. La coexistence d’infarctus d’urate de soude cristallisé qui siègent exclusivement dans la substance tubuleuse est, eu somme, le seul caractère qui distingue anatomiquement les lésions du parenchyme rénal dont il s’agit, de celles qu’on rencontre dans la maladie de Bright ordinaire et indépendante de la goutte.

Au point de vue symptomatologique, la néphrite albumineuse liée à la goutte se distingue peut-être entre toutes par sa bénignité apparente et par une évolution plus lente. Souvent l'anasarque et l’œdème font défaut; ils sont rarement très-accusés. La proportion d’albumine que renferment les urines est fréquemment peu considérable.

Néanmoins il est certain que la néphrite albumineuse des goutteux peut, comme les autres formes de la maladie, s’accompagner des redoutables symptômes de l’urémie convulsive ou comateuse ; et il est au moins très-vraisemblable que bon nombre d’accidents cérébraux qu’on rapporte à la goutteremontée ou mal placée ne sont autre chose ijue des accidents urémiques subordonnés à l’affection rénale qui se développe si fréquemment sous l’influence de la goutte. La dyspepsie et la, diarrhée urémiques, l’hémorrhagie intra-eucéphalique, l’hjv pertrophie du cœur, sont aussi parfois des conséquences de la néphrite albumineuse chez les goutteux.

B. En outre des études sur le rein goutteux,, le travail de MM. Charcot et Cornil renferme l’exposé de nouvelles recherches sur les altérations des articulations dans la goutte.

9. La goutte, sa nature, son traitement, et le rhumatisme goutteux, par A. B. Garrod.

(Ouvrnge traduit de l’anglais sur la deuxième édition, par le docteur OUivier, et annotc-

§ 2. — Maladies slii système vasculaire.

Endocardite. — Paralysies Ischémiques, etc.

10. Sur la mort subite et la mortrapideà la suite de l obturation de l artère -pulmonaire par des caillots sanguins dam les cas de phlegmatia alba dolens et de phlébite oblitérante.

Ce travail, qui renferme la première observation de mort par embolie pulmonaire epi ait été publiée en France, contient une analyse fort étendue des travaux allemands sur ce sujet. On y trouve une esquisse rapide, mais complète, des symptômes qui caractérisent les accidents de ce genre ; des indications succinctes par rapport au diagnostic et au pronostic, et une étude détaillée du mécanisme qui préside au déplacement des caillots dans le système veineux. Cet opuscule a été le point de départ des nombreux travaux qui ont paru depuis sur cette matière, et parmi lesquels nous citerons surtout la thèse de M. le docteur Bail, Des embolies pulmonaires (voy. Seetion 111, n” 7), et un autre travail du même auteur, sur la Coïncidence des gangrènes viscérales et des affections gangréneuses extérieures (voy. Seot. III, n’ 6).

H. Obsa~oaiion de rhumatisme articulaire aigu, avec phénomènes comateux, puis hémiplégie; ramollissement du cerveau; dépôts fibrineux multiples dans plusieurs viscères et, en particulier, dans la rate. — Lésions dysentériques du côlon. — Endocardite avec végétations fibrineuses.

(Compte nndm des stances de la Sociiti deBiolosia pendant l'année 1851.

11 s’agit, dans celle observation, de dépôts fibrineux multiples (infarctus) dans plusieurs viscères, chez nu homme atteint d’une affection rhumatismale aiguë du cœur (endocardite avec végétations fibrineuses). Les travaux de Virchow et de Kirkes n’étaient pas encore connus en France à l’époque où ce travail a été publié.

12. Gangrène du pied et de la jambe; dépôts fibrineux multiples dans les reins, la rate, le foie, etc. '.

Cette observation, recueillie chez un sujet atteint d’incrustations calcaires des valvules sigmoïdes, est un exemple manifeste de ces embolies artérielles et capillaires qui ont, depuis quelque temps, attiré si vivement l’attention. A propos de ce fait, l’auteur a exposé et critiqué la tbéorie de .M. Vircbow sur les embolies, qui, à cette époque, était peu connue en France.

13. Notes sur un cas de tumeurs fibrineuses multiples, contenant une matière puriforme, situées dans le ventricule droit du

L’auteur s’attache à démontrer que les productions morbides logées dans les cavités du cœur, et désignées par la plupart des

auteurs sous le nom de végétations globuleuses (Laennec) ou de kystes purulents (Cruveilhier), ne renferment pas de pus véritable ; mais que le liquide d’apparence purulente qu’on trouve à l’intérieur de ces concrétions se compose de granulations protéiques, de gouttelettes graisseuses, de globules blancs de sang plus ou moins altérés, et enfin d’un détritus amorphe, résultant de la désagrégation de la fibrine.

On ne connaissait pas en France, à cette époque, les travaux publiés sur ce sujet en Allemagne, en Angleterre et en Hol-

14. Remarques sur les kystes fibrineux renfermatü une matière

puri/orme, observés dans deux cas ianévrysme partiel du

' Dans ce mémoire, qui sert de complément au travail précédent, on établit que la matière liquide qu on rencontre dans certains kystes de la cavité ventriculaire gauche du cœur peut également présenter, à l’œil nu, les apparences du pus, sans en offrir toutefois les caractères anatomiques.

Dans l’article Aorte [maladies') du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, M. Charcot a signalé les accidents généraux (phénomènes typhoïdes) qui peuvent résulter de la rupture de ces kystes fibrineux, et de la dissémination dans le torrent circulatoire des produits qu’ils renferment.

15. Vascularité très-prononcée des vahmles sigmoïdes de [aorte chez une rhumatisante.

L’existence de vaisseaux sanguins dans les valvules du cœur, admise, depuis les travaux de Luschka, pour la valvule mi-

traie, était encore contestée pour ce qui touche aux valvules sigmoïdes. Ayant eù l’occasion de pratiquer, dans le service de M. Vulpian, l’autopsie d’une femme atteinte de rhumatisme articulaire aigu, M. Charcot trouva, sur les valvules sigmoïdes de l’aorte des vaisseaux fort bien caractérisés et finement injectés.

Cette pièce intéressante se trouve représentée, d’après les dessins de M. Charcot, dans l’une des planches de la thèse de concours de M. le docteur Bail.

16. Note sur Fendocardite ulcéreuse aiguë à forme typhoïde, à propos d'un cas d! affection ulcéreuse de la valvule tricuspide avec état typhoïde et formation iabcès multiples dans . les deux pourrions.

{Mémoires de h Société de Biologie, t. III, 3« série, année 1861-1862, p. 204.)

Ce travail est fondé sur une observation recueillie à, l’Hôtel- Dieu. Le sujet, homme jeune et vigoureux, après avoir éprouvé des fatigues excessives, fut pris de tous les symptômes d’une fièvre typhoïde commençante. Il existait cependant au cœur un souffle rude, qui acquérait une intensité de plus en plus grande, à mesure que la maladie suivait son évolution. En se fondant sur la connaissance do faits analogues, on songea à la possibilité d’une affection ulcéreuse de l’endocarde, à forme typhoïde, et pendant les derniers jours de la maladie, les phénomènes de l’affection cardiaque étant devenus de plus en plus marqués, 011 n’hésita point à maintenir le diagnostic, qui avait été d’abord formulé avec une très-grande réserve.

Le malade ayant succombé treize jours après le début de l’affection, on constata l’intégrité parfaite des plaques de Peyer et de l’intestin grêle. Les seuls viseères qui présentassent des altérations étaient le cœur et les poumons. Une des valves de la valvule tricuspide était altérée, ramollie et perforée : les bords de l’ouverture étaient garnis de végétations fibrineuses.-'

Les poumons offraient un nombre considérable de petits noyaux pneumoniques, renfermant, pour la plupart, des abcès déjà formés depuis longtemps; quelques ecchymoses interstitielles indiquant probablement la phase initiale du développement de nouveaux abcès, et des concrétions fibrino-purulentes siégeant dans plusieurs ramuscules de l’artère pulmonaire.

Le diagnostic se trouvait donc pleinement confirmé, et cette observation, la première de ce genre qui ait été publiée en France, est devenue le point de départ de travaux nombreux, qui ont vulgarisé la connaissance de l’endocardite ulcéreuse. Au reste, le fait que MM. Charcot et Vulpian avaient signalé diffère, sous un rapport assez important, de toutes les observations précédentes : .le cœur droit était le siège de la lésion, qui n’avait jusqu’alors été rencontrée que dans le cœur gauche.

Une énumération très-complète des recherches antérieures dont cette maladie a été l’objet sert d’introduction à ce travail.

17. Sur la thrombose artérielle qui survient dans certains cas de cancer.

Un des auteurs qui, dans ces derniers temps, ont le plus contribué à élucider la question des thromboses artérielles, M. le docteur Lancereaux, émet, dans sa thèse inaugurale, l’opinion que « la possibilité de la coagulation spontanée du sang dans les artères n’est pas encore démontrée ».

Contrairement à cette manière de voir, M. Charcot établit que, chez les sujets atteints d’affections cancéreuses anciennes, la thrombose artérielle, sans altération préalable de la paroi du vaisseau, peut se produire tout aussi bien que la thrombose veineuse, bien que celle-ci soit infiniment plus fréquente.

Chez quatre femmes atteintes de cancer utérin, l’oblitération absolue d’une des artères sylviennes a produit le ramollissement

lies parties correspondantes du cerveau. Lu thrombus était dense, décoloré, formé de couches fibrineufes stratifiées ; les tuniques vasculaires ne présentaient aucnne trace do dégénération athéromateuse, aucune altération qu’on pût rapporter à la préexistence d’une, artérite. Le début de la maladie s’était d’ailleurs opéré brusquement, sans prodromes.

Chez une autre malade, également atteinte do cancer utérin, l’oblitération de l’une des artères fémorales par un thrombus a produit une paralysie subite et complète des mouvements, ainsi qu’une anesthésie cutanée presque absolue. Les battements artériels étaient toutà fait supprimés. Le membre était froid et couvert de taches livides. La mort eut lieu avant que le sphacèle se fût déclaré. Dans ce cas, comme dans les précédents, les veines principales des membres inférieurs étaient oblitérées par des caillots d’ancienne date.

L’auteur rapporte également à la thrombose artérielle primitive deux cas de gangrène sèche de plusieurs doigts de la main, observés, le premier, chez une femme atteinte de cancer gastrique ; le second, chez une femme qui présentait un vaste cancer du sein. l/autopsie a fait reconnaître, dans ces deux cas, l’existence d’un thrombus qui occupait l’extrémité inférieure des artères humérales, et se prolongeait, à une certaine distance, dans la cavité des artères radiale et cubitale correspondantes.

Les cavités du cœur gauche, les veines pulmonaires, l’aorte, no présentaient aucune trace de concrétions fibrineuses ayant pu donner lieu aune embolie. D’un autre côté, les tuniques des artères oblitérées étaient tout il fait saines. Pour expliquer la production de la thrombose dans tous ces cas, il ne re.ste plus, par conséquent, qu'à invoquer l’influence d’une altération particulière du sang, analogue à celle qui, lorsqu’il s’agit du sang veineux, permet de comprendre la formation des coagulations spontanées dans les veines,, chez les sujets affaiblis par une longue maladie.

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