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De l'hystéro-épilepsie

(Leçon faite à la Salpêtrière — Revue plwtographique des hôpi-

Ainsi que M. Briquet l’avait fait remarquer déjà d’une façon très explicite, rien n’autorise, quant à présent, à admettre, sous le nom â’hystéro-épilepsie, l’existence d’une sorte d’hybride composé en partie d’hystérie et en partie d’épilepsie.

L’hystérie dite à attaques mixtes (attaques-accès) n’est que de l’hystérie très intense; c’est, comme l’appelait Tissot, de l’hystérie épileptiforme. La nature de la maladie ne se trouve pas là foncièrement modifiée. Après avoir passé en revue les nombreux arguments qui plaident en faveur de cette thèse, M. Charcot insiste sur un caractère distinctif qui n’avait pas encore été relevé jusqu’ici. Ce caractère est fourni par l’exploration thermométrique : dansVétalde mal de l’épilepsie vraie, surtout lorsqu’il s’agit de ce qu’on a appelé les grandes séries d’accès, la température centrale s’élève très rapidement, d’une manière très remarquable. Celte exaltation du chiffre thermométrique (39“, 40', 41') ne peut pas être rattachée à la répétition fréquente, non plus qu’à l’intensité des contractions musculaires toniques, car les convulsions peuvent cesser complètement pendant plusieurs jours et la température néanmoins se maintenir pendant ce temps-là à un taux très élevé. Au contraire, dans l’état de mal hystéro-épileptique, alors même qu’il se prolonge pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, et que les convulsions offrent un cachet épileptique très accentué, la température centrale ne s’affecte pas d’une manière sensible.

U1, — Description des périodes successives de T attaque hystéroépileptique.

(Leçons sur les maladies du système nerveux, 1.1, p. 373. — P. Refrnard el P. Richer. Etudes sur l'attaque hystéro-épileptique, faites à l’aide do la méthode graphitjue. Travail du laboratoire deW. Charcot à la Salpêtrière.

Depuis plusieurs années, M. Charcot a attiré l’attention sur les phénomènes variés qui composent une grande attaque d’hystéroépilepsie (hystéro-épilepsie à crises mixtes, hysteria major). Pénétré de l’idée que rien n’est livré au hasard, même lorsqu’il s’agit d’hystérie, il s’est efforcé de montrer que les symptômes en apparence si désordonnées et si variables d’une attaque, sont soumis à une règle, qu’ils peuvent être classés par groupes, et que ces différents groupes de symptômes constituent autant de périodes qui apparaissent et se succèdent dans un ordre toujours le même.

est facile de suivre les principales péripéties du drame auquel elle croit assister. — Enfin, la malade revient au monde réel ; elle reconnaît les personnes qui l’entourent; mais elle demeure encore pendant quelque temps sous le coup d’un délire accompagné d’hallucinations. Elle croit voir le plus souvent des animaux hideux, des rats, des chats noirs, des vipères, des corbeaux, des êtres fantastiques de tout genre et ces visions la jettent dans l’épouvante.

142. — Études sur l'achromatopsie dans thémianesthésie des hystériques et dans l’hémianesthésie liée à la présence d'une lésion organique en foyer de Vun des hémisphères du cerveau.

Société do Biologie,

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On doit à M. Galezowski d’avoir montré que l’amblyopie des hystériques hémianesthésiques s’accompagne assez habituellement d'achromatopsie générale ou partielle. A la suite de recherches entreprises sur les malades du service de M. Charcot et à sa sollicitation, M. Landolt a établi que cette perversion du sens de la vue s’opère suivant certaines lois qu’il a fait connaître.

Chez un sujet normal, il est des couleurs pour lesquelles le champ visuel est physiologiquement plus étendu que pour d’autres, et suivant M. Landolt, ces différences se reproduisent chez tous les sujets suivant la même règle pour chaque couleur. Ainsi, c’est pour le bleu que le champ visuel est le plus vaste ; viennent ensuite le jaune, puis l’orangé, le rouge, le vert ; enfin le violet n’est perçu que par les parties les plus centrales de la rétine.

M. Charcot a reconnu que si les choses sont réellement ainsi dans la grande majorité des cas, il existe cependant d’assez nombreuses exceptions à la règle posée par M. Landolt. Chez certains sujets c’est pour le rouge que le champ visuel est le plus étendu, puis viennent chez ces mêmes sujets, dans un ordre invariable, le jaune, l’orangé, le bleu, le vert et enfin le violet ; mais on peut, ajoute M. Charcot, considérer quant à présent, comme une règle absolue,

Au degré le plus élevé de l’amblyopie hystérique, toutes les couleurs cessent d'êtro perçues absolument, la notion de la forme étant conservée, et alors les objets n’apparaissent plus, en quelque sorte, aux yeux du malade que sous l’aspect où ils se présentent dans une peinture grise en c camaïeu » ou dans une aquarelle à la

A part leur mobilité très fréquente, les symptômes qui viennent d’être énumérés se retrouvent tous dans l’amblyopie monoculaire avec hémianesthésie sensorielle et sensitive, relevant des lésions en foyer du cerveau qui siègent dans les parties postérieures de la capsule interne, sur le point désigné par M. Charcot sous le nom de carrefour sensitif. Ils appartiemient donc à l’hémianesthésie cérébrale en général et non h. l’hémianesthésie hystérique en particulier. On comprend l’intérêt qu’offre ce fait au point de vue théorique. En effet, le siège qu’occupent les lésions organiques en foyers capa-

occuper les lésions quelles qu’elles soient, dites dynamiques, qui tiennent sous leur dépendance l’hémianesthésie des hystériques.

Mettant à profit la connaissance qu’il a acquise, à propos de la révision des faits métalloscopiques découverts par le D'Burq (n" 136), de l’influence des aimants artificiels sur la sensibilité générale et spéciale chez les hystériques, M. Charcot a institué les expériences suivantes : les pôles d’un barreau aimanté recourbé sont tenus approchés de la tempe d’un sujet atteint d’achromatopsie hystérique, du côté de l’œil affecté, à. une distance de un à deux centimètres. Après un laps de temps qui varie de quelques secondes à dix ou quinze minutes au plus, la notion des couleurs reparaît dans cet œil, en commençant, suivant les sujets, tantôt par la notion du rouge, tantôt par celle du bleu et en finissant consI arament chez tous les sujets par celle du violet. On peut suivre, pour ainsi dire pas à pas, dans ces expériences qui ont été répétées un très grand nombre de fois, la réapparition successive des couleurs intermédiaires conformément à l’ordre indiqué précédemment. Dans le temps même où la notion des couleurs reparaît dans l’œil affecté d’achromatopsie, elle disparaît dans l’œil du côté opposé (phénomène du transfert n’ 138). Au bout de quelques secondes ou de quelques minutes, alors même que l’aimant est maintenu dans sa situation première, la notion des di-

lis. — Sur un trouble particulier de lavisimehen les hystériques.

Il est très commun que les hystériques hémiariesthésiques, même dans leurs périodes d’accalmie, soient tourmentées par la vision imaginaire d’animaux, de chats, de rats, de hêtes fantastiques qui semblent courir sur le parquet ou sur le mur voisin. Ces animaux, généralement de couleur noire ou grise, pius rarement d’un rouge vif se présentent pour chaque malade du même côté, et ce côté où l’hallucination se dessine est toujours celui qui correspond à l’hémianesthésie, et par conséquent à l’amblyopie. Habitueilement les ani maux passent en série et courent rapidement venant de derrière la malade et se dirigeant d’arrière en avant. Ils disparaissent aussitôt qu’elle tourne les yeux de leur côté.

144. — Diagnostic de certaines affections du système nerveux par l'examen de la température centrale.

{Gazette hebdomadaire^ 1869, n® 47.)

Tandis que, dans l’attaque d’apoplexie dépendant de lésions cérébrales récentes (hémorrhagie ou ramollissement), il se produit immédiatement un abaissement de quelques dixièmes delà température centrale ; au contraire dans les attaques apoplectiformes ou épileptiformes (dites congestives) qui se lient à des lésions anciennes (anciens foyers de ramollissement ou d’hémorrhagie, sclérose en plaques, tumeurs cérébrales, etc.), le chiffre thermique s’élève notablement dès le début. Le même caractère se trouve dans l’état de mal épileptique, et ainsi, que l’amontré M. Westphal, dans les attaques apoplectiformes ou épileptiformes de la paralysie générale. On comprend l’importance de ce caractère thermique pour le diagnostic.

145. —Sar les variations de la température centrale qui s’observent dans certaines affections convulsives, et sur la distinction qui doit être établie à ce point de vue entre les convulsions toniques et les convulsions cloniques.

En commun avec M. Bouchard.

{Mémoires de la Société de Biologie, 1868.1

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