‹ Exposé des titres scientifiquesChapitre 8 sur 28 · De l’Athétose · texte numérisé non relu

De l’Athétose

(Leçons sur les maladies du système nerveux, t. Il, 2* édition, p. 456.)

Contrairement à l’opinion émise parM. Hammond qui, le premier, en a donné une description particulière, Tathétose ne constitue pas

rattachée à l’histoire de la chorée symptomatique.dont elle représente une simple variété. Observations à l’appui.

Duret, Pitres.et Franck, etc.), on s’est attaché surtout dans ces leçons aux données fournies par l’observation clinique appuyée sur l’examen méthodique et minutieux des lésions organiques. Si, en effet, les premiers ont mis souvent sur la voie des localisations, les dernières permettent seules, puisqu’il s’agit de l’homme, déjuger en dernier ressort et de fournir la preuve.

Les propositions formulées par l’auteur relativement à, la topographie de celles des régions corucales dont la lésion détermine des troubles moteurs et la dégénération descendante (87) sont fondées, pour la majeure partie, sur des observations originales recueillies à la Salpêtrière. Le détail de ces observations a été donné dans deux mémoires publiés postérieurement aux leçons, en collaboratien avec M. Pitres, dans la Revue mensuelle.

Les leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau ont été traduites :

En anglais, par le journal Themeiieal Press and circulai:.

En russe, par leD' Sprimont, Moscou, 1876.

Encore en anglais (édition américaine), parle D'II.-B. Millard, New-York, 1878.

En allemand, par le D'B. Fetzer, Stuttgard, 1878.

8S. — Localisations dans les masses ganglionnaires centrales des hémisphères du cerveau (corps opto-striés). — Lésions de la capsule interne, en particulier.

communément peu accusée, passagère, non indélébible,comparativement bénigne par conséquent.

2* En revanche, les lésions de la capsule interne., alors même qu’elles sont absolument limitées à ce tractusbianc, produisent l’hémiplégie cérébrale vulgaire sous une forme en général très accentuée et plus ou moins persistante. La contracturé tardive et permanente des membres paralysés en est la conséquence habituelle.

3" Il convient, toutefois, d’établir ici une distinction, les symptômes variant suivant le siège qu’affecte la lésion dans la capsule interne. Si la lésion occupe les deux tiers antérieurs de la capsule, la paralysie portera exclusivement sur le mouvement, aucun trouble durable de la sensibilité ne viendra s’y adjoindre. Si, au contraire, la lésion porte sur le tiers postérieur de la capsule, l'hémianesthésie cérébrale s’ensuivra à peu près nécessairement ; le plus souvent, la lésion siégeant en quelque sorte sur un terrain mixte, la paralysie du sentiment s’accompagnera d’une hémiplégie motrice plus ou moins accentuée. Mais il peut arriver que l’hémianesthésie cérébrale se présente isolée, dans le cas, par exemple, où les parties les plus postérieures de la capsule interne seraient seules inté-

11 est très vraisemblable que l’hémianesthésie transitoire qui accompagne quelquefois les lésions limitées aux noyaux gris centraux, celles de la couche optique en particulier, est le fait d’un phénomène de voisinage. Elle paraît résulter le plus souvent delà pression exercée sur les parties correspondantes de la capsule interne par le noyau gris distendu en conséquence de la formation d’un foyer récent.

86. — Caractères cliniques de l'hémianesthésie cérébrale par lésion organique.

L’hémianesthésie consécutive aux lésions qui portent sur la région postérieure de la capsule interne siège sur le côté du corps opposé à

îst absolument comparable, cliniquement, lorsqu’elle

se présente dans son type de complet développement, à l’hémianesthésie des hystériques en ce que, ainsi que L. Türck l’avait signalé, elle n’atteint pas uniquement la sensibilité commune ; elle frappe aussi les appareils sensoriels sur le côté du corps où siège l’anesthésie cutanée. Cette hémianesthésie sensorielle n’intéresse pas seulement le domaine des nerfs qui prennent naissance dans le bulbe, tels que les nerfs du goût et de l’ouïe, elle porte aussi sur les nerfs de

l’odorat et de la vision dont l’origine est dans le cerveau proprement

dit. U résulte des recherches faites dans le service de M. Charcot, à sa prière, par M. Landolt, que l’amblyopie croisée qui fait partie de l’hémianesthésie cérébrale par lésion organique est, comme l’amblyopie de l’hémianesthésie hystérique, caractérisée non seulement par la diminution de l’acuité du champ visuel, mais encore par un rétrécissement concentrique et général du champ visuel pour les couleurs.

87. — Les lésions en foyer des hémisphères cérébraux qui produisent l’hémianesthésie déterminent l’amblyopie croisée et non Vhémiopie latérale.

{Leçons sur les localisations, p. 120.) (Voirn" 82.)

En faisant reconnaître que l’amblyopie croisée (84) est une conséquence des lésions en foyer du cerveau qui déterminent l’hémianesthésie, M. Charcot croit avoir relevé un fait d’une certaine importance pour la théorie des localisations cérébrales. Ce fait, à la vérité, est en contradiction formelle avec les données généralement répandues ; car si l’on en croit la théorie mise en avant par Alb. de Graefe, et

nblyopie croisée.

— Etude des localisations motrices dans Vécorcedes hémisphères du cerveau. — Détermination topographique des zones motrices corticales chez l'homme.

1 • L’écorce du cerveau de l’homme n’est pas fonctionnellement homogène; une partie seulement des circonvolutions est intéressée dans l’exercice des mouvements volontaires. Cette partie, qu’on peut

3‘ Au contraire, les lésions destructives même très limitées, occupant un point quelconque de la zône motrice, provoquent nécessairement des troubles de la motilité volontaire.

4" Si la lAsion, brusque dans son développement, détruit d’un seul coup une grande partie de la zone motrice corticale, elle donne lieu ii une hémiplégie subite, avec flaccidité des membres; plus tard survient la dégénération secondaire et, du même pas, la contraclure tardive des muscles paralysés. L’hémiplégie, en pareil cas, ne diffère par aucun caractère essentiel de l’hémiplégie centrale vulgaire, c’està-dire liée aux lésions des corps opto-striés.

5" Si la lésion est limitée à une portion restreinte de la zone motrice corticale, elle donne lieu soit à des monoplégies (paralysie isolée de la face, du membre supérieur ou inférieur), soit à des convulsions le plus souvent sous forme d'épilepsie partielle.

6‘ L’étude des paralysies et des convulsions d’origine corticale tend à établir que les centres moteurs (1) corticaux pour les deux membres du côté opposé comprennent le lobule paracentral et les deux tiers supérieurs des circonvolutions ascendantes ; que les centres, pour les mouvements de la partie inférieure de la face, correspondent au tiers inférieur des circonvolutions ascendantes du côté opposé.

'7' Il est au moins probable que le centre, pour les mouvements isolés du membre supérieur, siège dans le tiers moyen de la circonvolution frontale ascendante du côté opposé.

89. — Critique de la doctrine des localisations motrices dans l’écorce

des Hémisphères cérébraux de l’homme.

(Ën collaboration avec M. Pitres.)

Ce travail a pour but de contrôler par l’analyse des faits publiés

braie. Il existe, en effet, un rapport direct et constant entre le siège et l’extension des lésions de la zone motrice corticale et le siège et l’extension des paralysies qui en sont la conséquence nécessaire : les hémiplégies totales d’origine corticale sont produites par des lésions étendues des circonvolulions ascendantes ; les paralysies partielles sont produites par des lésions limitées des mêmes circonvolutions. Parmi ces paralysies partielles ou monoplégies, on peut distinguer :

a. Les monoplégies brachio-facialesqui coïncidentaveo des lésions de la moitié inférieure des circonvolutions ascendantes ;

b. Lesmonoplégiesbrachio-crurales qui coïncident avec des lésions de la moitié supérieure des circonvolutions ascendantes ;

c. Les monoplégies faciales et les monoplégies linguales (ou glossoplégies) qui dépendent de lésions très limitées de l’extrémité inférieure de la zone motrice et particulièrement de la frontale

d. Les monoplégies brachiales qui dépendent de lésions très limitées de la partie moyenne de la zone motrice et particulièrement du tiers moyen de la frontale ascendante.

e. Les monoplégies crurales qui dépendent de lésions très limitées du lobule paracentral.

Qu’elles soient totales ou partielles, les paralysies provoquées par des lésions destructives de l’écorce sont des paralysies permanentes qui s’accompagnent lorsqu’elles ont duré un certain temps de contracture secondaire des muscles paralysés et de dégénérations descendantes du faisceau pyramidal.

Le troisième chapitre est consacré à l’étude des rapports de l’épilepsie partielle avec les lésions corticales. Il résulte de l’analyse des observations récentes d’épilepsie corticale, qu'en général les convulsions épileptiformes sont provoquées par des lésions irritatives siégeant dans la zone motrice ou dans son voisinage immédiat; mais qu’il n’y a pas entre la forme des convulsions et la topographie de la lésion provocatrice un rapport constant et nécessaire, comme il en existe un entre les paralysies d’origine corticaie et le siège des lésions destructives qui leur donne naissance.

oit accompagnée d’une paralysie musculaires du côté opposé du

). —Des dégénérations secondaires de la moelle épinière dans les cas de lésions corticales des hémisphères du cerveau.

Au contraire, les lésions môme peu étendues de l’écorce des hémisphères cérébraux donnent lieu à la dégénération spinale seconuaire, lorsqu’elles siègent sur un point quelconquede la zone motrice, à savoir : les circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, le lobule paracentral.

11 semble résulter de ce qui précède qu’entre les parties de l’écorce cérébrale, désignées ici sous le nom de %one motrice, et les faisceaux latéraux de la moelle épinière il existe, à l’état normal, des connexions anatomiques et physiologiques qui, par contre, n’existent pas entre

faites à l'hospice de la Salpêtrière par M. Charcot, et sous sa direotiou, par ses élèves dans le cours des quinze dernières années, lui Ont permis de présenter dans cet ouvrage plusieurs des grandes questions relatives aux maladies du système nerveux sous un jour nouveau et d’introduire dans ce domaine de la pathologie un certain nombre de chapitres entièrement neufs () ).

Voici l’indication sommaire des principaux sujetsqui ont été traités dans ces leçons :

Tome I. — Des troubles trophiques consécutifs aux maladies du cerveau et de la moelle épinière. — Paralysie agitante et sclérose en plaques disséminées. Hystérie et hysiêro-épilepsie:

Tome II. — Anomalies de Vataxie locomotrice. — De la compression lente de la moelle épinière. — Des amyotrophies spinales. — Des paraplégies urinaires. —De l’hémichoréeposthémiplégique .— De l'épilepsie partielle d’origine syphilitique, — Du taies dorsal spasmodique. — De l’athétose.

Tome III. — Leçon d'ouverture. —Sur l’atrophie musculaire qui succède à certaines lésions articulaires. — Contractures d'o-

rigine traumatique. — Tic non douloureux de la face cher, une hystérique. — Sur l’atrophie musculaire consécutive au rhumatisme articulaire chronique. — Amyotrophie et contracture réflexes d'origine articulaire. — Migraine ophthalmique se manifestant à la période initiale de la paralysie générale. — De l'hystérie cher les jeunes garçons. — Deux cas de contracture hystérique d’origine traumatique. — Exemple d’une affection spinale consécutive à une contusion du nerf sciatique.

Les Leçons sur les maladies du système nerveuxT. I et II ont été

En allemand par M. le D' Berthold Fetser. 1* vol, Stuttgart, 187i. 2- vol, IS76.

En anglais par M. le professeur Sigerson, de Dublin (Sydenham Society). Londres, 1877.

En hongrois (Magyar) par M. le D'Azary Akos. Budapest, 1876.

En russe par M. le D' Marsicani. Saint-Pétersbourg, 1876.

En italienpar MM. les D'‘Soambelluri etGiordano, aveenolesdu professotirBorelll Naples, 1877.

D. — Localisations dans les maladies de la moelle épinière.

92. — Essai de physiologie pathologique de la moelle épinière, fondée principalement sur les données de l’anatomie pathologique topographique, et sur la connaissance des affections spinales systématiques. — Théorie des localisations dans les maladies spi-

Le caractère principal des études de M. Charcot sur la pathologie de la moelle épinière a été de faire marcher, si l’on peut ainsi dire, du même pas, dans une étroite connexion, la clinique et ranatomiê pathologique à la lumière des connaissances physiologiques.

Ces recherches tendent à établir que la moelle épinière est composée d un certain nombre de régions, répondant en quelque sorte.

à autant d'organes doués de fonctions spéciales. La lésion spontanée, isolée, générale ou partielle de chacun de ces organes s’accuse et se révéle durant la vie, par autant de composés symptomatiques particuliers, susceptibles d’être rattachés aujourd’hui par le diagnostic à leur origine organique. Ainsi se trouve constitué, dans la pathologie spinale, tout un groupe d'affections élémentaires dont la combinaison produit les formes complexes; celles-ci pouvant être à leur tour, à l’aide de l’analyse clinique, décomposées en leurs éléments constitutifs.

On voit par là qu’un grand fait domine la physiologie pathologique de la moelle épinière : c’est justement l’e.'iislence très répandue dans ce domaine, des affections dites systématiques. On entend dans l’espèce, désigner par celte expression empruntée à M. Vulpian, les affections spinales qui, systématiquement, —la dénomination parait parfaitement appropriée, — circonscrivent leur action dans de certaines régions, bien déterminées, de cet organe complexe.

L’expérimentation chez les animaux avait déjà, depuis longtemps, tracé la voie. Maison peut dire qu’elle n’avait pas pénétré aussi avant que l’a pu faire, dans ces derniers temps, la pathologie éclairée par la connaissance des affections spinales systématiques, avec le concours des puissants moyens d’investigation anatomique dont on dispose aujourd’hui.

Si, sur une sorte de plan topographique (voir la figure page 80), on indique par des teintes diverses les régions de la moelle épinière jusqu’ici explorées par le pathologiste, à l’aide de la méthode en question, on voit que le champ des terres inconnues laissées en blanc est grand encore; mais il tend manifestement à se rétrécir chaque jour.

Voici l’indication sommaire des résultats qui, dans cette catégorie, peuvent être, d’après M. Charcot, considérés aujourd’hui comme définitivement acquis.

Les anciens faisceaux postérieurs de la moelle épinière doivent être décomposés en deux régions bien distinctes ; i“ Les faisceaux de Goll, E, dont la lésion isolée a été plusieurs fois constatée et répond à un ensemble symptomatique qui ne tardera pas, sansdoute.

moelle épinière qui intéressent directement la nutrition des muscles.

Ces résultats ont été exposés par M. Charcot, è la Faculté de Médecine, dans son cours d’anatomie pathologique, en 1873. Ils sont consignés dans les Leçons sur les maladies du systèmenerveux, t. II, p. 269 (Voir n" 88).

thèse de M. Brissaud), la lésion originaire est circonscrite à la région des centres moteurs de la face et de la tête, la dégénération occupe, à la partie inférieure du pédoncule, un espace beaucoup plus restreint ; en outre elle est située sur un plan antérieur à celui de la dégénération hémiplégique vulgaire ; enfin la dégénération du cordon latéral fait complètement défaut.

Le faisceau moteur de la face reste donc isolé et localisé dans le pédoncule, comme les centres corticaux dont il émane; et l’absence de dégénération latérale permet d’admettre que la dégénération pédonculaire s’arrête dans la région bulbo-protubérantielle, c’està-dire au niveau même des centres spinaux des nerfs de la tête et de la face.

95. — De l'état de la tonicité musculaire dans la contracture ■permanente des hémiplégiques.

Tous les muscles à l’état de repos sont dans un état de raccourcissement actif incessant et qui ne disparaît que lorsque le nerf moteur correspondant a été sectionné. Ce raccourcissement répond à ce qu’on désigne depuis fort longtemps sous le nom de contraction tonique ou de contraction insen.sible des muscles. Quand le nerf moteur est coupé, la tonicité du muscle est abolie, et Claude Bernard même reconnut ce fait à la modification chimique du sang qui traverse le muscle séparé de son centre spinal.

Le tonus musculaire est donc un phénomène dans lequel le pouvoir réflexe de la moelle épinière est constamment en jeu. Or, dans le cas de contracture, le raccourcissement permanent des muscles reconnaît une origine analogue.

Aussi voit-on que la strychnine, qui fait apparaître les réflexes tendineux provoque l’apparition des contractures ou les exagère, si ■ celles-ci existent déjà ; et, inversement, les agents qui dépriment l’activité réflexe spinale diminuent également l’intensité de ces con-

Ces expériences microphoniques ont été le point de départ d recherches importantes entreprises ultérieurement par MM. Boudde Pâris et Debove.

riences pratiquées à l’aide des appareils enregistreurs employés communément en physiologie résultent les données suivantes : en ce qui concerne le réflexe désigné sous le nom de t phénomène du genou », l’intervalle du temps qui s’écoule entre la percussion du tendon rotulien et la contraction du triceps crural est, chez l’homme sain, de 50 millièmes de seconde environ ; chez les sujets atteints d’une affection spasmodique quelconque (contracture hémiplégique ou hystérique, tabes dorsal spasmodique, sclérose latérale amyotrophique), il peut tomber au chiffre de 30 millièmes de seconde et même davantage; la percussion répétée du tendon, chez le même sujet, produisant rapidement une hyperexcitabilité des centres de réflexion spinale, tend également à diminuer cet intervalle; toutes les causes qui exagèrent le pouvoir réflexe de la moelle épinière agissent dans le même sens; parmi ces causes, la plus efficace est l’empoisonnement par la strychnine.

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