‹ Exposé des titres scientifiquesChapitre 5 sur 9 · MALADIES DES ORGANES GÉNITO-URINAIRES · texte numérisé non relu

MALADIES DES ORGANES GÉNITO-URINAIRES

1» Traité de Pathologie externe de M. Nélaton.

2" édition, t. V. — Maladies des voies vrtitaires.

Pour faciliter la publication de la deuxième édition du traité de pathologie de M. Nélaton, j’ai été chargé de revoir toute la partie qui traitait des maladies des voies urinaires. 11 ne s’agissait pas de refondre cet ouvrage, mais d’y ajouter le résumé des travaux parus depuis en publication. Certains chapitres, cependant, ont dû être refaits entièrement; j’ai déjà analysé, dans le paragraphe concernant la blennorrhagie, ceux des affections inflammatoires du testicule et de la cystite blennorrhagique; j’indiquerai particulièrement les chapitres ; l' du phlegmon périnéphréliqm; 2° des plaies de ta vessie, où se trouvent toutes les expériences et recherches sur la suture de la vessie; 5“ les traumatismes du périnée, où j’ai cherché, en m’appuyant sur les beaux travaux du professeur Guyon, de Crass, à bien exposer la thérapeutique de ces terribles accidents: 4- les rétrécissements de lurèthre, avec une description complète de l’uréthrolomie interne et externe; 5“ ta lithrotritie rapide; 6" les abcès de la prostate; 7" les vices de conformation du pénis.

2" De l’uréthrotomie interne.

Soc. de méd. de Paris, 1878.

3° De l'uréthrotomie interne à l’hApital du Midi.

Thèse de M. Peyneaui, 187C.

Dans cette communication et dans la thèse que j’ai fait faire par un externe de mon service, j’ai fait connaître un nouvel uréthrotome que j’ai présenté ensuite à la Société de chirurgie.

Cet uréthrotome rentre dans la classe des uréthrotomes à lame cachée ; il a la forme d’une sonde à petite courbure.

La partie rectiligne est creuse, et contient une tige à l’extrémité de laquelle se trouve une petite lame à section mousse, que l’on peut faire sortir par une simple pression de haut en has.

A 5 centimètres de l’extrémité de la tige se trouve une olive qui vient buter contre le rétrécissement et indique nettement la situation du rétrécissement; lorsqu’on a introduit l'uréthrotome et que l’oliye, butant contre le rétrécissement, empêche d’aller plus loin, on presse sur la tige qui soulève directement de dehors en dedans là lame qui vient sectionner le rétrécissement. On sait que le débridement est suffisant lorsque la boule peut passer.

Le reproche que l’on fait à l’uréthrotome à lame courante, c’est qu’on ne sait jamais si la lame ne coupera pas un pli de muqueuse, puis, comme rien ne permet de savoir quelle est la résistance ou quelle est l’épaisseur du rétrécissement, on peut soit couper incomplètement, soit couper au delà de la portion rétrécie.

Pour éviter semblable inconvénient, j’ai fait établir trois uréthrotomes parfaitement gradués, le premier a un calibre qui passe dans le n* 6 de la filière, le second dans le H et le troisième dans le n” 22. Les olives qui indiquent le siège du rétrécissement sont graduées proportionnellement et aux liges et aux dimensions de la lame.

Pour se servir de cet iiréthrotome, voilà comment on procède. Après avoir vissé à l’extrémité du plus petit des trois uréthrotomes une bougie conductrice, on introduit l’instrument; si l’olive est arrêtée, on fait sortir la lame, une ou deux fois, on la rentre et on pousse l’uréthrolome qui, en passant, indique que le rétrécissement est assez débridé pour avoir le calibre de l’olive. On ressort l’uréthrolome, on introduit te second; si l’olive n’est pas arrêtée, on réintroduit le troisième, dont l’olive a un n" 22 delà filière; si l’olive passe, c’est que le petit débridement a suffi pour détruire entièrement le rétrécissement, si, au contraire, l’olive est arrêtée, c’est qu’il persiste quelques brides excentriques : on fait alors sortir la lame qui les sectionne.

J’ai pratiqué plus de cent uréthrotomies internes avec cet instrument : je n’ai jamais eu de cas de mort et jamais d’accidents graves d’hémorrhagie.

Je trouve à cet uréthrotome le grand avantage de savoir très exactement ce que l’on fait et de ne jamais dépasser les points malades. Le débridement, ne se faisant que successivement, ne se pratique que s’il y a nécessité et suivant l’épaisseur de tissu pathologique.

A la suite de l’uréthrotomie interne, je ne place jamais de sonde à

demeure et, malgré celte pratique, je n’ai jamais vu survenir d’accidents d’injection. Du douzième au quinzième jour après l’opération, je commence à passer des bougies Bessigné pour bien calibrer le canal do l’urèthre.

D’après les observations que j’ai récueillics depuis plus de dix ans, je ne crois pas qu’il y ait plus à redouter les récidives que par les autres procédés.

4» De l'uréthrotomie

S“ Observations d'uréthrotomie externe sans conducteur.

Soc.**r.,t.VII.

Dans ce mémoire sur ïmélhrotomie externe, j’ai donné une description complète de la technique opératoire, pour l’uréthrotomie interne avec ou sans conducteur. J’ai cherché à démontrer que pour qu’une uréthrotomie externe soit bien faite, il faut que l’incision descende assez bas pour que l’angle inférieur de la plaie ait exactement la direction du bout postérieur du canal de l’urèlhre. I.orsque le malade est placé dans le décubitus dorsal, les jambes un peu relevées, une sonde introduite dans l’angle inférieur de la plaie doit pouvoir être introduite directement dans la vessie.

De même que pour l’uréthrotomie interne, je ne mets jamais de sonde à demeure après l’opération. J’ai rapporté des observations dans lesquelles la sonde a été cause d’accidents nerveux graves qui ont cessé dès que la sonde fut retirée. Comme il est impossible qu’une sonde reste à demeure tout le temps do la cicatrisation de la plaie à cause de la suppuration qui envahit les deux extrémités du canal, on est obligé de la retirer au moment vraiment utile, c’est-à-dire au moment où le canal commence à se reformer. 11 est donc plus naturel de ne pas en mettre après l’opération et de réserver son usage lorsque le canal se reforme et qu’il y a intérêt à éviter le passage de l’urine par la plaie.

J’ai insisté sur les résultats vraiment merveilleux que donne l'uréthrotomie externe en communiquant à la Société do chirurgie une

observation à'méthrotomie sans conducteur, l. VU. Cet homme, opéré en 1878, mourut d.ins mon service en 1882 ; pondant ces quatre ans on ne lui passa aucune soude, et à sa mort on trouva un canal, permettant très facilement le passage d’une sonde n" 20, dans lequel il fut impossible, à l’autopsie, de trouver trace de cicatrice. En m’appuyant sur les observations que contenait ce mémoire, j’ai cru pouvoir, comme conclusions, conseiller rurcthrotomie externe ;

1“ Dans tous les cas de rétrécissements infranchissables.

2" Dans les cas de rétrécissements étroits compliqués de fistules et d’induration du périnée,

5" Dans tous les cas de rétrécissements accompagnés de fistules ayant occasionné des accidents d’infection urineuse.

6° Indications de l’uréthrotomie interne et de ruréthrotomie externe.

Soc. decUr.,im.

Dans cette communication, j’ai cherché à démontrer que l’uréthrotomie externe était surtout indiquée pour les rétrécissements d’origine traumatique, parce qu’outre la lésion du canal de l’urèthre il y avait toujours des brides cicatricielles qui siègent dans le périnée et qui se manifestent le plus ordinairement sous la forme d’un bourrelet que l’on sent facilement avec le doigt.

Aussi, pour obtenir une véritable guérison d’un rétrécissement traumatique, il faut recourir à ruréthrotomie externe, qui seule peut permettre d’attaquer non seulement le rétrécissement, mais les brides que l’on pourrait appeler le rétrécissement extérieur.

Parmi les rétrécissements d’origine inflammatoire, j’ai surtout cherché à démontrer que l’uréthrotomie externe était l’opération de choix pour les malades atteints de rétrécissements étroits, compliqués de fistules, d’indu ration du périnée, et dont l’état général ne peut laisser dedoutesqu’ilsnesoientsousl’influenced’unempoisonnementurineux.

Pour soutenir celte opinion, je me basais sur ce que l’uréthrotomie interne fait bien cesser immédiatement la congestion rénale purement passive qu’amène toute gêne dans l’émission de l’urine, mais il n’en est plus de même chez les rétrécis atteints de nombreux trajets fistuleux et do clapiers urineux. Avec une uréthrotomie interne même très bien

faite, on ne peut supprimer les clapiers où stagne l’urine, tandis qu’avec une uréthrotomie externe largement exécutée, en débridant les fistules, en excisant les tissus indurés, permettant de pratiquer facilement les lavages de la vessie, de la plaie, on peut faire cesser les causes d’infection et peut-être arrêter la marche des accidents rénaux, comme je le prouvais par des observations.

7° Sa l'opération du phimosis. — Noaveiie pince.

Soc. de chir., 1878-1880.

Dans les différentes communications que j’ai faites à la Société de chirurgie, j’ai insisté sur la nécessité de réséquer beaucoup de muqueuse préputiale pour éviter les récidives comme on en a observé, et pour éviter le bourrelet oedémateux que l’on constate après les opérations même bien faites.

Pour ne pas tomber dans ces deux inconvénients, j’ai conseillé de sectionner la peau à l’endroit voulu, sans se préoccuper de la muqueuse. Lorsqu’on a coupé la peau, on trouve un phimosis muqueux que l’on opère de la façon suivante.

On fait une incision dorsale médiane de la muqueuse; puis avec la nouvelle pince que j’ai présentée, on saisit la muqueuse au ras du gland et on coupe environ à un demi-centimètre. On approche ensuite la peau et la muqueuse avec les serres fines. Par celle excision aussi complète que possible de la muqueuse, on obtient des résultats immédiats excellents avec une grande rapidité.

8“ Du traitement de l’hydrocèle vaginale par la compression après l’injection de ia teinture d'iode.

Soc. de chir.. 1870. — Gaz. hèbd. par le D' Wichham. 1880.

Après l’injection de teinture d’iode, il se fait toujours une reproduction de liquide dont la disparition exige souvent cinq ou six semaines. Pour éviter cet inconvénient, j’ai proposé de soumettre la région scfotale à une compression bien faite.

Cette compression se fait avec une assez grande quantité d’ouaté que l’on maintient avec des bandes de tarlatane humide formant une espèce

de spica double. Il faut environ cinq bandes de larlalaiie de -10 mètres de long et de 7 centimètres de large. Pour bien sididifler le bandage, on recouvre les derniers tours de bande avec du silicate.

En 1868, j’avais déjà rapporté plusieurs observations dans lesquelles la guérison avait été obtenue en dix à douze jours; en 1886, j’ai fait publier une nouvelle série d’observations par mon ancien interne le docteur Wickhanl, dans lesquelles le résultat a été aussi bon. Même lorsque la compression n’est pas faite très exactement, on obtient une sérieuse diminution dans la résorption du liquide.

et des veines postérieures du cordon.

Communication à l’Âcad. de méd., 1S8S.

Dans cc mcmoirej’ai proposé, pour la guérison du varicocèle, do faire la résection combinée du scrotum et des veines postérieures du cordon. Je donnais la description de l’opération telle que je la fais et j’apportais di.x-neuf observations de varicocèles traités par ce procédé avec d’excellcnls résultats dont quelques uns remontaient déjà à doux ans.

Depuis cotte époque j’ai refait de nouvelles opérations, j’ai revu plusieurs de mes opérés anciens, et les résultats que j’ai constatés n’ont fait que conlirmer les conclusions de mon travail. Notre collègue, M. LcDentu, a communique au congrès de ebirurgie, en 1887, cinq observations de varicocèles traités avec succès par mon procédé. Des recueils étrangers ont fait connaître d’autres observations de varicocèles opérés avec le même succès.

On a critiqué la suture que j’emploie pour le scrotum, mais je n’y atlaclie aucune importance; moi-même je l’ai modifiée, mais cc qui fait le côté vraiment nouveau de cette méthode, c’est la résection des veines postérieures du cordon.

Comme jcl’ai démontré, les veines postérieures, qui doivent jouer un rôle considérable dans la circulation du testicule, sont presque toujours prises dans le varicocèle, et souvent même la lésion ne siège que sur elles.-Leur résection est très facile; on les isole du cordon en les saisissant avec le scrotum, on passe un 111 phéniqué entre elles et le cordon,;

puis on altire le faisceau veineux, grâce à ce fil, entre les mors du clamp sur lequel on fait la section de la peau.

D’après ce que j’ai observé, la résection de ces veines postérieures apporte une véritable modification dans la circulation du testicule et amène la guérison du varicocèle qui siège même sur les veines antérieures du cordon.

En employant le procédé que j’ai présenté à l’Académie, l’opération n’a aucune gravité ; elle s’exécute sans mettre un vaisseau ou un organe à l’air. Entre mes mains et celles des chirurgiens qui ont bien voulu l’employer, elle n’a jamais été accompagnée des accidents graves qui ont été observés dans les autres procédés.

lO" Plais du testicule par i

Observation unique, car dans aucuns recueils ou traités spéciaux je n’ai pu en rencontrer une analogue.

le malade qui fait le sujet de cette observation venait de se coucher ayant un caleçon, lorsqu’il sentit une vive douleur au testicule; il y porte rapidement la main avec l’intention d’éloigner ce qui semblait le faire souffrir. Il rencontre une aiguille qui parait implantée dans le scrotum ; il veut la retirer, mais elle casse à trois centimètres de la

Le morceau d’aiguille est resté trente-six heures, sans développer de très vives douleurs, mais si quelque chose pressait sur le corps étranger, le malade éprouvait la douleur angoissante que détermine la compression du testicule.

L’extraction a été très difficile, à cause de l’impossibilité de donner une position fixe au testicule sans le comprimer. Pour y parvenir et pour faire saillir l’aiguille, les deux mains du chirurgien sont indispensables; aussi, pour éviter un échec, j’ai donné le conseil de ne jamais essayer semblable extraction sans être assisté d’un aide adroit, muni d’une excellente pince.

Malgré le séjour de l’aiguille pendant trente-six heures, il n’y eut aucune réaction inflammatoire.

II» Tameur de la vessie. ^ Boutonnière périnéale. — Expulsion spontanée de la tumeur.

Progr. méd. 1880.

Tumeur de la vessie située à la face vésicale de la prostate, ayant un volume aplati de cinq centimètres de diamètre et nn centimètre d’épaisseur.

Arrachement de la tumeur par la boutonnière périnéale, mais impossibilité de saisir la tumeur avec la tenette.

Trois heures après l’opération, douleurs très vives avec rétention d’urine, puis expulsion spontanée de la tumeur. Guérison.

Page 1