‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 12 sur 28 · XX. — De l'ictère grave · texte numérisé non relu

XX. — De l'ictère grave

{Gazette hebdomadaire, 1862, p. 177.)

Étude critique de la question de l’ictère grave, à l’occasion de publications et de discussions récentes. Examende la valeur de l’atrophie hépatique aiguë dans ses rapports avec l’ictère grave.

XXI. — Expériences sur Vaction décolorante des urines, soit glycosiques, soit normales, sur la teinture d'iode et sur la teinture de brome.

{Gazette hebdomadaire, 1863, p. 252,265,280 el 316.)

MM. Trousseau et Dumontpallier avaient fait connaître un procédé nouveau pour déceler dans l’urine la présence de la glycose. 6 centimètres cubes d’urines glycosiques décoloraient rapidement de huit à trente-six gouttes de la teinture d’iode employée dans les hôpitaux. Les auteurs ne hasardaient aucune interprétation chimique du fait ; ils savaient que l’eau additionnée de glycose ne décolore pas la teinture d’iode ; ils n’admettaient pas aisément que la décoloration fût due à l’acide urique, et ils sebornaient à affirmer que la décoloration est opérée seulement pour les mines glycosiques naturelles.

A.—-Pour élucider la question, j’ai faitd’abord, dans le cabinet et sous les

yeux de M. Pasteur, puis dans le laboratoire et avec le concours de M. Delpech, pharmacientrès-distingué,plus dequarante expériences sur l’urine normale, sur l’urine glycosique, sur la solution aqueuse de chacune des partiessolides contenues habituellement dans l'urine (urée, acide urique, acide lactique, phosphate ammoniaco-magnésien, etc.), enfin sur une urine artificielle , c’est-à-dire sur une solution aqueuse de toutes ces matières solides réunies. Les déductions à tirer de ces premières expériences sont les suivantes :

1° La teinture d’iode, même titrée, ne pourra jamais servir à déterminer la quantité de glycose contenue dans l’urine, commo l’avaient d’abord espéré MM. Trousseau et Dumontpallier;

2° Certaines urines non glycosiques décolorent la teinture d’iode aussi rapidement et aussi fortement que certaines urines glycosiques;

8* La décoloration de la teinture paraît avoir pour agents principaux le sulfate de potasse, l’acide urique et les urates de soude, de potasse et d’ammoniaque. Ce serait donc la proportion relative de ces sels dans l’urine qui réglerait la force du pouvoir décolorant, avec ou sans glycose.

B. —Dans uneautre série d’expériences, nous avons constaté, M. Delpech et moi, que la teinture d’iode n’était décolorée, ni par la créaline, qu’on rencontre souvent dans l’urine, ou plutôt par l’extrait de viande (car nous n’avious pas de créatine à notre disposition), ni par la matière extractive de l’urine.

C. —Nous nous étions démandé si d’autres métalloïdesque l’iode, parmi ceux que les caractères chimiques en rapprochent le plus, n’avaient pas également la propriété d’être décolorés par l’urine. Pour nous en assurer,nous avons préparé avec le brome , une teinture alcoolique contenant 6 grammes de métalloïde pour 38 grammes d’alcool. Nous avons essayé cette liqueur successivement sur des urines diabétiques, sur des urines normales, sur des solutions d’urate de soude et de sulfate de potasse, sur l’urine artificielle préparée comme dans les précédentes expériences, enfin sur une solution de glycose ; or toutes ces dqueurs, à l’exceptionde. la liqueur glycosique , exercent une action décolorante sur le brome comme sur Viode.

D.— Enfin, nous avons voulusavoircommentlatcintüre d’iode se comporterait avec les urines de carnivores et d’herbivores, et nous l’avons essayée sur des urines de lion, de panthère, à 1 hyène , de tigre.âeparadomre, A’éléphant et A’yack. Ces expériences nous ont'donné des résultats inattendus.

Les urines de carnivores , très-alcalines, faisant effervescence avec les acides, bleuissant le papier de tournesol rougi, ne donnant aucune réaction par la liqueur cupro-potassique, ne contenant pas ou ne contenant que très-peu d’acide urique libre, jouissent, à l’égard de l’iode, d’un pouvoir décolorant très-énergique; et comme, dans nos précédentes expériences, ce pouvoir appartenait à peine aux sels alcalins, àl’exception des urates et du sulfate de potasse, nous avons présumé, mais sans nous en assurer expérimentalement, que les urines de carnivores soumises à nos expériences contenaient de l’ammoniaque libre, qui décolore si rapidement la teinture d’iode. Il y a là un sujet de recherches.

Quant à l’urine des herbivores, qui ne renfermait ni acide urique, ni sels alcalins en excès, elle était à peu près sans action sur la teinture

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