XIX. — Expériences relatives à la chromidrose
A l’époque où ces expériences ont été faites, on mettait en doute la réalité de la chromidrose. Une commission nommée à la Société des hôpitaux, et dont je faisais partie, n’ayant pu constater la reproduction de la coloration noirâtre chez un sujet qui lui avait été présenté comme cbromidrotique, et chez lequel on avait essuyé la matière noire existant
au premier examen, M. Béhier, rapporteur, montra, pardcs expériences, qu’on pouvait obtenir, à l’aide (le substances fournies par un parfumeur, toutes les apparences de la chromidrose. J’ai voulu rechercher si même les retours répétés de la coloration après des essuiemenls successifs ou l’assombrissement de la teinte existante, sous les yeux même des observateurs et sans que le sujet portât la main à ses yeux, pouvaient être l'effet d’une simulation, et mes expériences établissent qu’en teignant en noir avec certaines substances les cils seulement et non les paupières, on peut, à l’aide de clignements, colorer uniformément le bord de la paupière inférieure, et prendre séance tenante les fausses apparences de la chromocrinie.
Depuis celte époque, la cause de la chromidrose me paraibavoir été gagnée ; mais il est encore bon de savoir qu’elle pourrait être simulée et comment elle pourrait l’être.