‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 2 sur 28 · I. — Vitalisme et organicisme · texte numérisé non relu

I. — Vitalisme et organicisme

(Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 1855, p. 209 à 745. — Ibid., 1860, p. 369 et sui*. — Ibid., 1864, p. 513 et 529.)

Les articles publiés en 1855 étaient destinés il faire connaître les doctrines auxquelles comptait se dévouer la Gazette hebdomadaire, alors commençante; ils sont devenus, entre M. le professeur Chauffard et moi, le sujet d’une polémique qui m’a amené à écrire, la même année, trois autres articles très-étendus. Le tout a été reproduit en brochure. Puis, la grande discussion qui a eu lieu à l’Académie de médecine en 1860 m’a donné lieu de revenir sur cet important sujet, et, tout en tenant grand compte de l’argumentation des orateurs, je l’ai traité à ma manière, avec des considérations philosophiques, pathologiques ou chimiques, dont j’ai pris l’initiative comme la responsabilité. Enfin, les articles iusérés dans la Gazette hebdomadaire en 1864 se distinguent des précédents en ce qu’ils concernent plus spécialement la valeur clinique du vitalisme et de l’organicisme.

Cette suite d’articles forme un ensemble dogmatique où je m’efforce d’établir, ou plutôt de préparer une conciliation entre le vitalisme et l’organicisme, en montrant que force et matière sont indissolublement unies; que, si la vie ne peut se concevoir comme simple résultat d’un arrangement matériel et si elle a ses lois propres, néanmoins ces lois ne se manifestent, ne se réalisent que par l’action de forces identiques avec les forces cosmiques; que, l'organisme étant donné, tout doit s’y passer,

physiquement et chimiquement, en vue sans doute de ses destinations spéciales, mais aussi en conformité avec les lois générales de la physique et de la chimie ; que les différences observées sont seulement apparentes et tiennent à des conditions différentes de milieu ; que, en dehors de la prédestination héréditaire, l’organisme ne peut être troublé dans son fonctionnement et la maladie ne peut naître que par un coup porté, du dedans ou du dehors, à un rouage quelconque de la machine, par une impression sur la substance corporelle. « On a fait de la force vitale, disais-je, nous ne savons quel souverain fantasque, aujourd’hui fainéant, demain d’une activité dévorante, tantôt veillant au salut de son empire et tantôt le laissant livré à la ruine ou y allumant lui-même l’incendie, Marc-Aurèle ou Néron, suivant le caprice. Une pareille conception n’est pas seulement illégitime ; elle est contradictoire. La force qui doit d’abord organiser la matière et parfaire un être humain, puis maintenir l’harmonie de son œuvre, n’a pas d’autre destination depuis la fécondation de l’œuf jusqu’à la mort de l’individu. Ce qu’elle est au commencement, elle le sera au milieu, à la fin, à toutes les époques de son travail. Entre elle et la matière dont elle est inséparable, il y a un rapport spécifique, nécessaire, qu’on ne peut supposer rompu par un écart spontané de l’un ou de l’autre sans émettre une proposition inintelligible, puisque la force dite vitale ne serait pas telle sans la matière de l’organisation, ni celle-ci sans la force vitale» (Gaz. hebdom., 1855, p. 23 b).

H. — Introduction au Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.

Dans la seconde partie de cette Introduction (la première est consacrée à l’histoire des lexiques et des dictiopnaires), j’ai cherché à caractériser l’état actuel de la science médicale, ses tendances générales, ses rapports légitimes avec la physique et avec la chimie, les progrès contemporains de l’anatomie, de la physiologie, de l’histoire naturelle médicale, de l’hygiène et de la thérapeutique. En ce qui touche celle-ci, je me suis fait un devoir de signaler les grands services rendus par l’expérimentation physiologique des médicaments; mais je me suis appliqué avec le même soin à maintenir les droits de la clinique. Mon opinion à cet égard se résume dans cette déclaration : « De même que la physio-

logie ne peut prétendre à régir enlièrement la pathologie, de même l’expérimentation physiologique des remèdes ne saurait régir la thérapeutique. » Cette doctrine est aussi celle que je défendais dans les articles, précédemment cités, sur le vitalisme et l’organicisme.

PATHOLOGIE, SÉMÉIOLOGIE, THÉRAPEUTIQUE

Page 1