‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 3 sur 28 · I. — Épidémie de grippe d la Salpêtrière · texte numérisé non relu

I. — Épidémie de grippe d la Salpêtrière

journal des connaissances mciico-ehinirgkalcs, 1834.)

J’ai pris à tâche, dans cette histoire de la grippe à l’hospice de là Salpêtrière, de faire la part des manifestations morbides communes qui se montrent chaqué année chez les vieillards à l’époque du printemps, et celle des manifestations spéciales qui pouvaient être rapportées à Tinfluence épidémique. J’ai attribué à celles-ci un caractère d’adynamie, accusé par un ensemble de symptômes spéciaux et par certaines lésions cadavériques, au nombre desquelles j’ai noté la présence d’bémorrhagies dans l’épaisseur des membres.

II. — Recherches cliniques pour servir à Vhistoire des maladies des vieillards.

Ces recherches portent sur l’appareil respiratoire et touchent à la circulation par une étude particulière du pouls des vieillards. Le nom d’Hourmahn associé au mien me permet de dire que ce travail a joui d’une autorité durable.

Nous avons commencé par étudier les changements que la vieillesse apporte dans la structure du thorax et dans celle des poumons. Le thorax s’aplatit transversalement .et s’allonge suivant le diamètro antéropostérieur ; sa longueur, mesurée en avant, diminue par suite de l’incurvation de la colonne vertébrale. Chez certaines femmes, et certainement par l’effet du corset, le thorax, rétréci circulairement vers sa partie inférieure, présente un rebord inférieur évasé au-dessous duquel le foie,

bien que de volume normal, se sent aisément à la palpation. L’autopsie montre même quelquefois à la surface de cet organe deux ou trois sillons plus ou moins profonds, répondant à la direction des côtes. Ces divers changements, joints à la rigidité des articulations costo-vertébrales, à l’atrophie et à l’ossifiçation partielles des cartilages costaux, amènent, des modifications corrélatives dans le fonctionnement de la cage thoracique. Ainsi l’expansion latérale est très-faible pendant l’inspiration, qui s’exécute principalement par l’ascension des côtes et du sternum. Chez certains vieillards, le mouvement total d’inspiration est très-limité.

Le poumon s’atrophie, se raréfie; les canalicules bronchiques'se dilatent, souvent irrégulièrement, et se déforment. Les cellules deviennent aussi plus larges, de forme irrégulière, et il se produit un emphysème vésiculaire général, qui est plutôt un attribut de sénilité qu’un état morbide proprement dit. On observe fréquemment, dans cet emphys? sème, la disposition cloisonnée, que nous avons attribuée, avec d’autres anatomo-pathologistes, à la réunion de plusieurs cellules simultanément et inégalement dilatées. Il résulte de ces changements que la pneumonie du vieillard revêt souvent une forme anatomique qui lui est propre. L’état granuleux du poumon est moins prononcé. Chez des sur, jets qui avaient présenté tous les symptômes de la pneumonie aiguë, cet organe ne présentait à la coupe qu’une surface plane.

Nous avons signalé aussi un état particulier du poumon qui doit être rapporté plutôt au catarrhe qu’à l’inflammation pulmonaire. Le tissu pulmonaire offrait 1 ’ aspect granuleux que lui donne l’injection d’une matière solide; il était compacte, mais non friable; il ne cédait pas aisément sous le doigt : flexible et comme élastique, il se laissait manier dans la main à la manière d’un morceau de caoutchouc, sans se déchirer. Mis dans l’eau, il se précipitait rapidement. Si l’on soumettait üh morceau de ce poumon à une pression douce entre les doigts, on faisait sortir par mille petites bronches un mucus épais, et l’on voyait au fur et à mesure diminuer l’état granuleux, qui finissait même par disparaître.

' La pneumonie des vieillards se distingue d’ailleurs, au point de vue de l’étiologie, du mode d’invasion, des symptômes, des signes physiques, de la marche, de la terminaison et du traitement, par nombre de traits particuliers que nous faisons ressortir dans notre mémoire et qu’il serait bien long d’exposer ici. Je mentionne seulement, non comme con-

stantes, mais comme se présentant fréquemment, et surtout quand il existe des affections cardiaques ou cérébrales anciennes : le début insidieux et latent de la maladie, sans frisson initial, sans fièvre marquée, avec absence presque complète de toux et d’expectoration ; — sa marche également anomale, compatible avec un tel état des fonctions générales que des malades entraient à l'infirmerie de la Salpêtrière pour y mourir presque aussitôt, sans avoir été jusque-là alitées, sans avoir discontinué de prendre leurs repas et de vaquer à leurs occupations journalières, ni accusé autre chose.que de la faiblesse; — le défaut de râle crépitant, qui" est remplacé par un râle muqueux ou par un gargouillement résultant de l’accumulation de mucosités épaisses dans les bronches ; — la prédominance de ces phénomènes adynamiqucs et ataxiques qui avaient fourni à Pinel le tableau de la fièvre appelée par lui adynamique et qu’il n’avait pu, faute d’auscultation, rapporter à leur véritable origine.

Des études plus complètes ont été poursuivies depuis 1835 sur la pneumonie des vieillards, notamment par M. le professeur Charcot; mais j’ai la confiance qu’elles laisseront subsister une grande partie des déductions qu’Hourmann et moi avons cru pouvoir tirer de nos observations.

III. — Observation de dégénérescence graisseuse des muscles et de ramollissement général des os.

(,Archives générales de médecine , 1835.)

Il s’agit d’un Vieillard chez lequel certains os avaient subi un ramollissement gélatiniforme tel qu’on pouvait les couper en tranches avec le scalpel. Le tissu osseux semblait avoir en grande partie disparu. L’ensemble du tissu musculaire présentait la dégénération graisseuse. C’était un cas assez rare à l’époque où il a été publié.

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