V. — Curabilité du ramollissement cérébral
Ce mémoire a paru au moment où le ramollissement cérébral était considéré comme absolument fatal. C’était l’opinion courante depuis le livre de Rostan. Par des observations précises, dont quatre sont relatives à des sujets que j’ai pu suivre jour à jour pendant la maladie et autopsier quelques mois ou quelques années plus tard, je crois avoir mis hors de doute, et l’on ne conteste guère aujourd’hui, la curabilité exceptionnelle de cette redoutable maladie.
J’en ai, en outre, décrit les divers modes de .guérison. Les modes les mieux constatés sont les suivants : 1° Si la matière du ramollissement ne s’est pas réunie en foyer, il se forme une induration d’un blanc de nuances variables, quelquefois éclatant, d’autres fois grisâtre, constituée par des faisceaux inégaux de fibre cérébrale altérée et endurcie qui, enlacés de mille manières, laissent entre eux des alvéoles, tantôt vides et secs et tantôt pleins d’un liquide blanc de chaux; 2" Si au contraire le ramollissement a été porté au point de se fondre en une cavité, celle-ci, si elle n’est pas très-large, peut encore se vider, se rétrécir, s’oblitérer enfin et donner lieu à une cicatrice blanche étoilée. Je regarde comme probable que le ramollissement peut aussi laisser à sa suite une cavité béante, sans toile celluleuse, mais à la surface de laquelle la substance cérébrale se condense de manière à prendre l’aspect membraniforme.