‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 6 sur 28 · VI. — De l’hypertrophie concentrique du cœur · texte numérisé non relu

VI. — De l’hypertrophie concentrique du cœur

L’hypertrophie concentrique dii coeur, décrite par M. Bouillaud, a été niée par cette seule raison que l’on trouve la cavité du ventricule gauche réduite et même effacée chez beaucoup de sujets qui n’avaient jamais présenté aucun signe d’affection cardiaque; que cette disparition existe nolamment chez les suppliciés; qu’il suffit, pour la faire dispa-

raître, de dilater la cavité avec les doigts. Et l’on tire de là cette conclusion : que la prétendue hypertrophie concentrique résulte d’une simple contracture, d’une véritable rigidité cadavérique des fibres du cœur. A cette objection on n’avait répondu qu’en , affirmant .l’existence d’un état semblable du cœur gauche dans des cas de mort lente par maladie chronique. Cette réponse m’ayant paru insuffisante, j’ai mis en pratique la dilatation de la cavité cardiaque sur tous les cœurs que j’ai pu examiner pendant deux ans (une centaine au moins). Or, j’en ai trouvé un certain nombre dans lesquels les fibres musculaires, après avoir été allongées, revenaient immédiatement sur elles-mêmes. La cavité, d’abord élargie, se rétrécissait ; et, dans cet état, qui était l’état permanent, il y avait réellement, tout à la fois, exces d’épaisseur du ventricule et araunuuon de la cavité, c’est-à-dire hypertrophie concentrique. Dans ces cas du reste, le tissu musculaire examiné de près élait plus dense, plus ferme que de coutume, et aussi, selon la remarque de M. Fournet, plus incompressible.

Ces dispositions anatomiques du cœur dépendaient-elles d’une altération des fibres musculaires autre que celle qui constitue l’hypertrophie? C’est une supposition qu’on peut faire et que je n’ai pas vérifiée.

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