VII. — De la pharyngo-laryngite
Conseils de thérapeutique.
VIII. — De la monomanie homicide-suicide (affaire Jobard, de Lyon).
Je cherche dans cette note à définir les caractères de la monomanie homicide. Après avoir établi la différence psychologique qu’il y a entre la monomanie homicide instinctive, dans laquelle le meurtre est un besoin primitif, irréfléchi, fatal ; et la monomanie raisonnante, dans laquelle le meurtre n’est que la conséquence d’une conception délirante, je montre que cette dernière ne conduirait pas logiquement à l’exonération de toute responsabilité, qu6celle-ci doit être néanmoins écartée, mais uniquement parce qu’à l’idée folle se joint ou le dérèglement du sens moral ou l’asservissement de la volonté. « Un aliéné croit voir
dans quelqu’un qu’il ne connaît pas un ennemi; ce n’est pas plus une .raison de le tuer que s’il l’était réellement ». Il le tue parce que le désordre menthl est chez lui plus profond, parce que le libre arbitre est enchaîné, ou parce que le sens moral est oblitéré. La distinction entre la monomanie instinctive et la monomanie raisonnante, dès qu’il y a, dans l’une comme dans l’autre, délire des actes, ne saurait donc être absolue.
Je termine par quelques considérations sur la monomànie homicidesuicide ; celle qui consiste à tuer pour être tué à sou tour.
IX. — Note sur la présence habituelle du sucre dans turine . des vieillards.
La vue physiologique qui m’avait conduit à entreprendre, avec M. Reynoso, les expériences qui font l’objet de cette note, cette vue ne peut plus passer pour exacte. J’avais présumé que, à supposer vraie la théorie d’après laquelle le sucre contenu dans le foie sert d’aliment à la combustion pulmonaire, les changements apportés avec l’âge dans la structure des poumons devaient entraver la combustion du sucre et créer pour les vieillards une prédisposition à la glycosurie. Or, ce n’est pas dans le poumon que s’opère le travail de combustion. Mais les résultats obtenus, pour être du domaine de la nutrition plutôt que de celui de la respiration, n’en sont pas moins dignes d’être recueillis.
Nous avons fait, M. Reynoso et moi, deux séries d’expériences.
La première série porte sur quatorze femmes de la Salpêtrière exemptes de maladies actuelles du côté des organes respiratoire et circulatoire (sauf les altérations séniles). L’urine recueillie, le matin, était d’abord traitée par le sous-acétate de plomb, pour en séparer l’acide urique et autres matières organiques précipitables, puis placée sur un filtre. On débarrassait ensuite la liqueur filtrée du sel de plomb qu’elle avait pu retenir en la traitant par le carbonate de soude et en la filtrant de nouveau ; puis on y versait de la liqueur de Barreswill. Deux femmes seulement ne donnèrent qu’un précipité jaunâtre peu significatif; chez les douze autres, le précipité fut caractéristique. Huit
jours après, l’urine de sept de ces femmes ayant été examinée de nouveau, elle fut trouvée manifestement glycosique chez trois d’entre elles..
Les deux expériences de la seconde série sont plus décisives encore. Nous avons réuni dans l’une les urines de quatre femmes, dans l’autre les urines de six femmes, toujours choisies dans les conditions spécifiées tout à l’heure, et en traitant ces urines par la fermentation, nous en avons extrait de l alcool.
Il existe donc habituellement, ou très-souvent, du sucre dans l’urine des vieillards.