SUR LES ACCIDENTS POST-SÉROTHÉRAPIQUES
Contribution à l’étude expérimentale des accidents post-sérothérapiques (en collaboration avec MM. Chambon et Mékabd).
(Congrès de médecine de Nancy, séance du 6 août 1896.)
Au cours de nos recherches sur l’immunité vaccinale, nous sommes amenés à faire à des animaux de l’espèce bovine des injections souscutanées de sérum de solipèdes, de sérum d’âne et de sérum do cheval:
Ainsi s’offre à nous l’occasion de constater que du sérum de cheval, introduit en grande quantité sous la peau d’une génisse, lui donne de la
MÉDECINE EXPÉRIMENTALE
médecine expérimenta
de, cheval non immunisé, œonlrent que le sérum dé cet animal peut contenir des substances toxiques à la fois pour l’espèce humaine et pour l'espèce bovine.
Étude expérimentale des accidents post-sérothérapiques (en collaboration avec MM. Chambon et Ménard).
{Annales de l'lmtiM Pasletir, numéro du octobre 1896.)
.Ce mémoire ajoute de nouveaux faits aux précédents. En communiquant nos recherchés an Congrès de médecine de Nancy, nous reconiiaissions qu’elles auraient été plus rigoureusement probantes si les génisses auxquelles était injecté le sérum de cheval n’avaient pas en même temps été inoculées avec du vaccin. ' .
C’est pourquoi nous recherchons de nouveau l’ellet d’une injection de sérum de cheval pratiquée sous la peau d’une génisse parfaitement saine en nons plaçant cette fois en dehors de toute inoculation, vaccinale ou autre. Le cheval qui nous fournit du sérum appartient à un médecinvétérinaire de l’armée; son propriétaire, qui le possède depuis douze ans, ne l’a pas vu, pendant ce long espace de temps, indisponible un seul jour; il n’a jamais servi à aucune expérience. .
Dans ces nouvelles conditions, le résultat observé est identiquement
les accidents cutanés, è, savoir l’apparition,, quatre jours après l’ihjeclidn de sérum, d’un exanthème généralisé qui persiste trois jours, simulant à la fois l’urticaire et la rougeole.
Il est donc prouvé une fois de plus quo; le sérum de cheval contient des substances toxiques pour l’espèce bovine. Comme, les observations chez les enfants ont montré qu’elles sont toxiques pour l’espèce humaine, én prenant ici bien entendu le mot taîV/ue dans son acception la plus large et en lui donnant sa moins grave signification, nous recherchons l’action de la chaleur sur ces substances toxiques. Dans ce but nous formons deux parts du sérum provenant de notre dernier cheval. .Tandis qu’une portion injectée sous la peau d’une génisse, èt la dose du cent vingt-cinquième de son poids, provoque l’exanthème généralisé dont, il vient d’être quest
MÉDECINE EXPÊRlMEiNTALE
lion, uAe 'autre portion dn même sérum est d'abord chauffée pendant Une heure ti-ois quarts U 5S degrés, puis injectée, U dose équivalente, sous la peau d’une seconde génisse, sans provoquer chez cet animal, placé dans les. mêmes conditions, que le premier, aucun accident et en particulier aucune éruption cutanée.
• Autant’ qu’on en peut juger par une seule expérience, il semble donc que la chaleur détruise où tout au moins atténue les substances nocives èontehues dans lè'sérum du cheval et qu’il suffise de le porter quoique temps à S8 degrés ou peut-être même à une température moins élevée pour éviter les accidents qu’il provoque habituellement chez la génisse.
On voit immédiatement le parti qu’on pourrait tirer de cette constatation pour la prophjlaxie des accidents post-sérothérapiques dans l’espèce humaine, à la condition toutefois que' les sérums thérapeutiques ne perdent pas leur pouvoir curateur à la température qui détruit leurs propriétés nocives.
De l’influence du chauffage des sérums sur la prophylaxie des accidents
, . . post-sérothérapiques
,. . (en collaboration avec MM. Chambon et Ménabd).
{Bull, et Mém. de la Soc. méd. des hâp. de Paris, séance du 15 janvier 1897.)'
Le sérum ■ provenant d’un animal d’une certaine espèce est souvent nuisible pour les animaux d’une autre, espèce. Ainsi, on peut tuer le lapin en injectant dans ses vaisseaux de petites quantités de sérum de chien. Les recherches du P' Haÿem lui ont démontré que les matières nuisibles contenues dans un sérum élranger sont profondément modifiées quand ce sérum a été préalablement chauffé è, la température de 56 à 57 degrés.' Le sérum de chien porté à cette température pendant quel* ques minutes peut être impunément injecté dans les'veines du lapin.
Aussi M. Hayem a-t-il conclu en proposant de chauffer le sérum anlidiphtérique pour prévenir les accidents d’ailleurs sans gravité-que provoque parfois son emploi thérapeutique.
■ C’est ainsi que nous avons été conduits , à rechercher l’action de la chaleur'sur les substances du sérum; de cheval qui provoquent; chez la
MÉDECINE EXPÉRIMENTALE
comme nous l’espérions après lui, sur le chauffage de ce sérum pour lui faire perdre tout inconvénient, sans nuire à sa valeur thérapeulique.
Peut-être cependant les accidents, sans être abolis, deviendront-ils par le chauffage moins fréquents et plus bénins encore qu'ils ne sont le
D’ailleurs les divers sérums thérapeutiques présentent à l’égard de la chaleur une sensibilité très variable. Le sérum antivenimeux, par exemple, beaucoup plus stable que le sérum antidiphtérique, ne s’atténue rapidement qu’à partir de 68 degrés. En terminant, nous exprimons l’espoir que d'autres sérumthérapies que la sérumthérapie antidiphtérique bénéficieront peut-être de nos recherches.
RADIOLOGIE MÉDICALE
RADIOLOGIE MÉDICALE
r INSTRUMENTS ET TECHNIQUE DE L’EXPLORATION RADIOLOGIQUE. — GÉNÉRALITÉS
Etude physiologique de la vision dans l’examen radioscopique. (Associalion trançoise pour l’avancement des sciences, Congrès de Boulogne- Archives d'éleciridié m/dicak, n” 82, tS octobre 1899).
La physiologie de la vision en radioscopie comprend d’une part la sensibilité de la rétine à la lumière émise par l’écran fluorescent, la smsibilité lumineuse, d'autre part la faculté de. distinguer les limites et les contours des diverses parties inégalementluminetises de cet écran, Vacuité visuelle. 11 convient d’y joindre un phénomène important dans l’examen radioscopique, la persistance des impressions rétiniennes.
Sensibilité lumineuse. — C'est un fait bien connu qu’après un séjour de quelque temps dans l'obscurité, l’œil est impressionné par de faibles intensités de lumière qui d’abord le laissaient tout h fait insensible. Le môme phénomène joue un grand rôle dans l’examen radioscopique. Ces variations de la sensibilité lumineuse obéissent à une loi très impor-
RADIOTECHNIQUE
on le fait demeurer pendant cinq minutes dans l’obscurité complète, puis dé nouveau on mesure, par la distance à laquelle ils’arrêle dès que l’écran lui paraît lumineux, le degré que vient d’atteindre sa sensibilité rétinienne; on recommencé l’expérience successivement après qu’il est demeuré dix minutes, quinze minutes, vingt minutes dans l’obscurité complète, et chaque fois on mesure lé nouveau degré que vient d’atteindre sa sensibilité rétinienne, mais on a soin, après chaque expérience, de le faire retourner à la clarté du jour et de l’y laisser assez longtemps pour qu’il perde le bénéfice de l’adaptation précédemment acquise.
Ces recherches permettent de mesurer l’importance de l’adaptation de l’œil dans l’examen radioscopique, elles font saisir l’énorme différence qui existe, en face de l’écran fluorescent, entre la rétine non adaptée et la rétine adaptée, l’accroissement presque incroyable de sensibilité que donne è la rétine une obscuration de quelques minutes. On peut dire d’une façon très générale' que', dans les conditions indiquées, après dix
tance au foÿei-radiogène,était au minimum quatorze fois moins lumineux qu’au début de l’expérience. Après vingt minutes d’obscuration, alors que la sensibilité lumineuse était devenue deux cent vingt fois plus grande, il ne pouvait lire ce mot que sur l’écran au minimum quatre-vingt-huit fois moins lumineux. Je n attribue aux chilTres qui précèdent qu’une valeur très relative, mais toutes les expériences du même genre m’ont donné des résultals
RADlOTECHNilQUE.'
Collaioration au « Traité de radiologie médicale », publié sous la direction de M. le professeur Bouchard.
(Paris, Stèinheil, 1904.)