LES RAYONS APPLIQUÉS A LA MÉDECINE ET A LA CHIRURGIE PREMIÈRE PARTIE
. Radioscopie et radiographie.
CIIAPITRE PREMIER
. Une étude théorique de la radioscopie est l’introduciion nécessaire ii la pratique de ce nouveau mode d’examen et A l’exposé des services qu’il rend aux sciences médicales. Elle doit comprendre successivement ;
1' L’élude morphologique des écrans luminescents envisagés au point de vue. de leur siructure, do leur fabrication et de leur modo de montage ; 2» L’étude fonclionnelle des écrans luminescents comme sources de
3" L’étude physiologique de l’œil humain devant les écrans lumi-
4“ L’étude physique des iiiiagcs observées par l'œil sur les écrans
Écrans phosphorescenis. — Substances diverses pouvant entrer dans leur composition. Écrans au sulfure de zinc.
Écrans luminescents. — Substances diverses pouvant servir à leur çonfoction. Écrans au platinocyanure de baryum ; mode de fabrication ; modes divers de montage. .
distance des électrodes, le degré du vide, et les qualités du courant qui les traverse. Au cours môme des opérations radioscopiques ou radiographiques, rien n’est si variable que la résistance des ampoules et, par suite, que le pouvoir de pénétration des rayons de Rontgen auxquels elles donnent naissance.
Pour apprécier le degré de résistance d’une ampoule, le meilleur moyen, depuis longtemps employé, est de chercher ce qu’on appelle l'étincelle équivalente, c’est-h-dire de rapprocher l’un de l’autre les. deux
nADIQLOGIE
conchvcfours qui la relient aux deux pôles d une bobine d’induction ou d’une machine statique jusqu’à ce qu’une étincelle éclate entre ces deux conducteurs. La longueur de l’étincelle équivalente qui croît et décroît avec la résistance dq l’ampoule ne suffit pas à la mesure exacte de cette résistance, mais permet au moins de, la caractériser avec précision.
La mesure de l’étincelle équivalente est grandement facilitée par le spintermètre, qui n’est autre chose qu’un détonateur gradué, placé en dérivation dans le circuit de l’ampoule. 11 consiste essentiellement en une longue tige métallique, divisée en centimètres et demi-centimètres, terminée en pointe à l’une de ses extrémités, et portant,à l’aulre extrémité un manche en ébonite. Cette tige est mobile, à frottement doux, dans une
■RADiOTECHNIQUE
cœur, récemment proposée à la Société par MM. Vàr'iot et Chicotot, et tout en reconnaissant que quelques millimètres d’écart entre les vraies dimensions du cœur et celles qui lui sont attribuées ne changent rien au diagnostic, au pronostic et au traitement des affections de cet organe, je propose une méthode nouvelle plus exacte fondée sur le principe suivant :
A la surface de l’écran, pour chaque position de l’ampoule, il existe un point où l’incidence des rayons de ROntgen est normale, tandis qu’on tous les autres points elle est oblique ; ce point n'est pas très difficiie à déterminer exactement.
Pour la mensuration de l’aire du cœur, le sujet examiné et l’écran demeurant immobiles, on déplacera l’ampoule parallèlement îi l’écran, de telle sorte que le point en question, le point d’incidence normale, se confonde successivement avec le bord droit et avec le bord gauche de l’ombre cardiaque, c’est-b-dire de telle sorte que le rayon normal soit successivement tangent au bord droit et au bord gauche du cœur. 11 suflira de mesurer sur l’écran immobile la distance entre les deux points ainsi notés l’un après l’autre pour obtenir exactement, sans calcul, le diamètre correspondant du cœur. La même opération sera répélée pour chacun des diamètres de l’organe»
Sur une machine statique propre à l'examen radioscopique au domicile des malades.
(Archhes d'électricité médicale, n» 9S,.t5 juillet 1900.)
Description d’une machine statique du type Wimshurst, construite par M. Draull dans te but spécial de la production facile des rayons de Rontgen.
C’est un appareil radiogènè très simple, de poids et de volume assez faibles pour être facilement transportable au domicile des malades, n’exigeant, pour être, mis en marche, que la main d'un aide capable de tourner une manivelle et néanmoins assez puissant pour per mettre l’examen radioscopique d’un thorax d’adulte, même d’assez forte corpulence. 11 convient aux praticiens qui ne sont pas en possession, dans leur cabjnet, dé l’énergie électrique distribuée par un courant de ville ou qui ne trouvent
RADiOÏEOHNI
lentation d'un instrument auxiliaire ___
le diaphragme iris radioguide.
(Société d’électrothérapie et de radiologie, 19 ji
Sur la question des incidences en radioscopie. (Communication au 1®'’ Congrès international d'éiectrologie et de radiologie, tenu à Paris en 1900( séance du 31 juillet.)
Les instruments de l'examen radioscopique.
(Communication à l’Association française pour l’avancement des sciences.
L’emploi du diaphragme-iris en radiosoopie et son utilité pour la détermination du point d’inoidence normale.
IS octobre 1900.)
srs observateurs qiii ont'pratiqué' la' radioscopie’médicah 'utilité de ne laisser'passer, parmi les'rayons de-Rdntgei tous sons à leur sortie de l'ampoule, qu’un faisceau plus oi
é trouve son explication théorique dans l’existence de ce qu’oi les rayons parasites, en confondant sous ce nom toutes le pabics d’exciter la fluorescence de l’écran, qui n’ont pa départ l’anticathode métallique placée à l’intérieur de l’am radiations parasites, les unes, rayons secondaires de Sagnac dé l’ampoule de tous les corps frappés par les rayons d les organes mêmes soumis à l’exploration ; les autres pre a paroi de verre de l’ampoule frappée par les rayons catho-
l’employer
plusieurs diaphi
iOIOTBOHNIQUË
Présentation d'un support d'ampoule avec diaphragme-iris propre à l'examen radioscopique et à la radiographie simple ou stéréoscopique.
(Société d’électrothérapie et de radiologie, séance du 21 mars 1901.)
Les instruments auxiliaires de l’emploi médical des rayons de Rijntgen.
{Archives d'éleclrküé midicale, n» 102, 18 juin 1901, p. 321.)
Sous ce nom on peut grouper lous les instruments qui, sans être indispensables à la production des rayons de Rontgen, rendent plus aisées plus précises et plus sûres les opérations radioscopiques et radiographiques..
cal des rayons do Rünlgen,cons.truits sur mes indications par M. Drault et récemment exposés h la séance de Pâques de la Société de Physique.
Chacun d’eux peut être employé isolément. Ils n’en sont pas moins solidaires et forment un tout, car ils concourent tous au même but et complètent, avec quelque appareil radiogène que ce soit, l’installation du médecin qui veut praliquer lour à tour la radioscopie et la radiographie simple ou stéréoscopique. Ces instrumenis comprennent :
1“ Un châssis porte-ampoule et porte-écran, propre â l’examen radioscopique et à la radiographie simple ou stéréoscopique, d’un sujet debout,
2" Une table-support, destinée à l’examen radioscopique et à la radiographie, simple ou stéréoscopique, do toutes les parties du corps sur un sujet étendu dans le décubitus dorsal, abdominal ou latéral;
3“ Un diaphragme-iris, permettant de limiter à volonté le champ d’action des rayons de Rflntgen sur l’écran fluorescent ou sur la plaque
4" Un indicateur d’incidence, composé de deux croisés de lils, servant à la détermination du point d’incidence normale des rayons de Rontgen sur l’écran fluorescent ou sur la plaque sensible ;
8“ Un spintermètre, servant à lu mesure de la résistance électrique de
RADIOTECHNIQÜE
Sur la technique de l'application des rayons de Rôntgen au diagnostic de la tuberculose pulmonaire.
(Communication au V" Congrès international pour l’étude de la tuberculose tenu a Londres en 1901, séance du 21 juillet.)
Soupape électrique de Villard avec spintermètre à maximum et à minimum. {Archives d'ilectricilé médicale, n» 109, 18 janvier 1902.)
Quand on fait choix, pour la production des rayons de llontgen, de l'énergie électrique fournie par une bobine d’induction, non seulement
HADIOTECHNIQUE
La découverte des rayons de Rôntgen et le principe de la conservation de l’énergie.
(/tenue générale de clinique et de thérapeutique, numéro du 28 janvier 1899.)
G'est la première d’une série de conférences, faites à l’hôpital Saint- Antoine, sur la radiologie médicale.
Après avoir exposé dans quelles circonstances Guillaume. Rôntgen découvrit, à la fin de l’année t89S, les radiations jusqu’alors inconnues auxquelles fut justement donné son nom, je rappelle qu’au point de vue des sciences naturelles, nous vivons dans un monde double, composé de deux mondes distincts, bien qu’en réalité inséparables et régis chacun par la même loi : « Rien ne se perd, rien ne: se crée », le monde de la Matière et le monde de l’Energie. Puis je m’efforce do montrer que Rôntgen n’a pas seulement trouvé un nouveau phénomène, mais une nouvelle forme de l’Energie, que dans le mondé de l’Energie et dans l’ordre des découvertes, la découverte des rayons de Rôntgen est comparable à celle du Magnétisme, à celle do l’Electricité, avec cette différence qu’en trois ans la dernière venue a porté des fruits plus beaux que n’en avaient produit ses aînées pendant toute une série de siècles.
Actuellement une seule forme d’énergie sert è la production des rayons de Rôntgen, c’est l’énergie électrique. Je m’applique à donner une idée élémentaire de l’énergie électrique et des mesures électriques usuelles on montrant les analogies qui existent entre cette forme d’énergie. et l’énergie mécanique produite par une chute d’eau, entre les machines hydrauliques qui élèvent l'eau à une certaine hauteur et les générateurs électriques qui élèvent l’électricité à un certain potentiel.
La radioscopie et la radiographie dans les hôpitaux.
[Presse médicale, n« 84, 21 octobre 1899.)
■ Au nom de l’expérience acquise en toute indépendance, avec me seules ressources à l’hôpital Tenon et è l’hôpital Saint-Antoine, je
RADIOTECHNIQUE
percute et qui ausculte le malade doit être aussi celui qui en fait l’examen radioscopique.
Troisième conclusion :
Il est indispensable que chaque hôpital soit pourvu dune salle dexamen radioscopique.
Cette salle doit être chaque matin, à l'heure de la visite, ouverte h tous les chefs de service de l’hôpital, médecins, chirurgiens, accoucheurs, accompagnés de leurs élèves. Elles ne doit, pendant toute la matinée, servir à aucun aulre usage.
Après des détails sur la situation, les dimensions et l’installation de
RADIOLOGIE MÉDICALE
plusieurs années d’études laborieuses et de fréquentation assidue de l’hôpital.
Il faut aussi, pour manier médicalement les rayons de Rüntgen, posséder toute une série de notions théoriques et techniques, avoir fait un apprentissage; mais je démontre, par l’exemple des cours de vacances, avec exercices pratiques, institués dans mon laboratoire de l’hôpital Saint-Antoine, qne huit jours sont strictement suffisants h l’apprentissage de la partie théorique et technique de la radiologie médicale. C’est d’ailleurs un minimum qu'il est préférable de dépasser. L’étude de la partie clinique exige, par contre, une bien .plus longue expérience.
Conclusions ;
La pratique de la radiologie médicale, radiodiagnosttc et radiothérapie, doit être réservée aux médecins.
L enseignement de la radiologie médicale serait utile à tous les étudiants en médecine.
Cet enseignement qui compend nécessairement trois parties, théorique, technique et clinique, ne peut être donné complètement que dans un hôpital.
2° RADIODIAGNOSTIC
Application de la méthode Rbntgen à l'examen d’un anévrisme de la crosse de l’aorte (on collaboration avec MM. Ocpix et Babthélemï). {Bull, et Mém. de la Soc. méd. des hâp. de Paris, séance du 5 février 1897.) :
Observation d’un malade porteur d’un énorme anévrisme de l’aorte; description des résultats de l’examen radioscopique et présentation de. l’épreuve radiographique. . ,
Les détails qui suivent n’ont d’intérêt que par leur date :
« Le 8 janvier 1897, le malade est mis en face d’un tube focus de
BAÛIODIAGNOSTIC
Thompson et, sur l’écran fluorescent placé derrière son dos, nous voyons se projeter, au milieu des conlours très nets de la cage, thoracique, audessus de la ligne arrondie et mouvante du diaphragme, d’abord l’ombre ovalaire du cœur dont les changements de forme suivent les battements rythmiques de l’organe, puis au-dessus de.cette dernière une autre ombre arrondie occupant une plus large surface, débordant davantage des deux côtés, mais surtout à droite, la colonne vertébrale, et qui est également animée de mouvements rytiimiques, au point qu’elle semble l’ombre d’un second cœur plus volumineux que le premier et superposé à celui ci ; rien n’est saisissant comme ce spectacle. »
« L’ensemble de ces deux ombres figure une sorte d’énorme sablier sur l'épreuve radiographique présentée qui n'a pas demandé moins de trente minutes de pose. »
« Comme il s’agit d’ombres portées et que les rayons X partent en divergeant dü focus de Thompson, l’épreuve radiographique donne une image agrandie des organes inlrathoraciques. Cet agrandissement est d’autant plus marqué qu’il s’agit d’organes plus voisins de la paroi antérieure du thorax, lorsque l’écran ou la plaque Sont appliqués derrière le dos du sujet. Mais les images de deux organes placés a peu de chose près dans le même plan veriical n’en demeurent pas moins agrandies b la même échelle ; tel est le cas chez ce malade pour le sac aUévrismal et le muscle cardiaque. On peut donc mesurer exactement les dimensions relatives de l'un et de l’autre et voir combien le volume de l'anévrisme l’emporte sur celui du cœur. «
A l’épreuve radiographique présentée sont joints des croquis obtenus en appliquant une feuille de papier à décalquer contre l’écran fluorescent et en dessinant au crayon le contour deS ombres projetées.
Des repères dont l’ombre est projetée sur l’écran sont fixés à la poitrine du malade examiné : « C’est un moyen simple de préciser les rapports des organes intra-thoraciques dont l’ombre apparaît sur l’écran avec les divers points des parois aniérieure et poslérieuro du thorax. Nous pourrions, par ce moyen, si une médication était capable de diminuer le. volume de l’anévrisme dé notre malade, suivre et mesurer les progrès'du
^ « Nous concluons que, dans le cas eU question, l’examèn radioscopique
(38 radiologie Médicale
et Texamen radiographique ii’bnf guère fait autre chose que confirmer
pleinement le diagnostic dû aux moyens habituels d'exploration, mais il
RADIODIAGNOSTIC
pavent, pour ainsi dire, la face interne de l’aorte, expliquentda teinte extraordinairement sombre de cette image. En effet, une épreuve radiographique de l’aorte malade, incisée, étendue et fixée sur une mince plaque de liège, côte à côte avec une aorte normale, montre de quelle teinte uniformément claire est l’ombre d’une paroi artérielle saine et comment, par contraste, ressortent sur ce fond clair, sous forme de taches très sombres, de dimensions variables et de formes irrégulières mais à contours bien délimités, toutes les plaques crétacées qui parsèment la paroi anévrismatique : c’est k la fois une analyse chimique et une véritable dissection de l’aorte par les rayons de ROntgen.
On voit quels services peut rendre l’application de la méthode Rfintgen au diagnostic des lésions aortiques, soit qu’elle confirme et complète les données fournies par les méthodes usuelles d’examen clinique, soit qu’elle dévoile des lésions seulement soupçonnées ou même tout h fait ignorées et entièrement inaccessibles aux autres modes d’exploration.
Mais ce ne sont pas seulement les lésions de l’aorte, ce sont celles de tous les organes contenus dans la cavité thoracique dont le diagnostic peut bénéficier grandement de l’emploi de cette méthode nouvelle. Elle permet, sur l’écran fluorescent, de voir le cœur, de préciser sa situation, de mesurer la place qu'il occupe et surtout d’étudier ses changements de forme et de volume. Elle permet encore mieux d étudier le fonctionnement du diaphragme, le sujet observé pouvant, h volonté, relarder, amplifier ou suspendre les mouvements de ce muscle.
C’est ainsi que, chez un malade porteur d'une symphyse pleurale épaisse avec sclérose pulmonaire et rétraction du thorax, nous avons vu la moitié du diaphragme du côté malade demeurer élevée et à peu près immobile pendant tes plus fortes inspirations, tandis que l’autre moitié du muscle, du côté sain, s’abaissait notablement.
Chez un autre malade qui avait présenté tous les signes d’une pleurésie diaphragmatique gauche, on ne voyait plus, sur l’écran, dans les grandes inspirations, la teinte claire révélatrice'du tissu pulmonaire descendre et s'insinuer entre l’ombre k contours bien nets du diaphragme et celle de la paroi thoracique, en rendant évidente l’apparition du sinus costo-diaphragmatique. Ce sinus n’existait plus, c’était la preuve manifeste d'une symphyse pleurale costo-diaphragmatique.
RADIODIAGNOSTIC
La première fait voir pettement la limite supérieure de répanchement dont l’opacité absolue contraste avec la transparence du tissu pulmonaire placé au-dessus. Par contre, sur la seconde épreuve, !e poumon gauche est redevenu, dans presque toute sa hauteur, aussi transparent que le
' On sait qu’à la période aiguë des pleurésies il est parfois embarrassant de décider si l’épanchement décroît, augmente ou demeure stationnaire; on sait qu’à leur décours, après une ponction ou sans ponction préalable, il est parfois difficile de dire si le liquide persiste, s’il se résorbe ou se reproduit. Nous croyons que dans bien des cas l'examen radioscopique aidera à trouver la solution du problème en permettant de suivre de visu les changements de niveau du liquide pleural.
Sur ces deux épreuves on voit l’ombre de l’aorte déborder à gauche la colonne vertébrale, dans un espace qui s’étend en hauteur du bord inférieur de la quatrième côte au sixième espace intercostal, c’est-à-dire dans la région qui correspond à l’union de la crosse aortique avec l’aorte thoracique proprement dite.
A ce sujet, l’examen radioscopique d’un assez grand nombre de personnes nous a montré que les sujets porteurs, comme le malade en question, d’artères périphériques flexueuses ont presque tous une aorte visible sur l’écran fluorescent dans une plus ou moins grande étendue, à gauche de la colonne vertébrale, à l’endroit où la crosse change de direction et devient verticalement descendante. C’est la preuve que la crosse aortique est allongée comme les vaisseaux périphériques.
Il est un autre signe que nous avons vu plusieurs fois coexister avec l’allongement et les flexuosités des artères périphériques, et dont la constatation permet encore plus sûrement de prédire qu’on verra sur l’écran l’aorte déborder la colonne vertébrale. C’est l’existence entre le bord interne do l’omoplate gauche et l’épine dorsale d’une zone plus ou moins étroite, où l’oreille appliquée contre le thorax entend les deux bruits, du cœur, tandis que, autour de cette région limitée, elle ne les entend pas ou les perçoit beaucoup moins distinctenient. Chez des malades présentant ce foyer dorsal d’auscultation des bruits du cœur, nous avons, constaté qu’un objet métallique, tel qu’une petite pièce de monnaie, appliqué sur la peau, précisément à l’endroit ,où le stéthoscope
forme d’une tache très sombre occupant exactement le centre de l’ombre, portée par la portion débordante de Taorte. ,
Une troisième épreuve radiographique représente, vu de face, le, thorax d’un enfant de six ans et demi, atteint d’adénopathie trachéobronchique tuberculeuse. Elle a demandé seulement cinq minutes de pose. Les moyens usuels d’exploration clinique avaient permis, dans ee, cas, comme dans le précédent, de reconnaître facilement la maladie. Le diagnostic n’en a pas moins été singulièrement précisé et complété par, l’exploration à l’aide des rayons de Rüntgen, qui a révélé des lésions ganglionnaires heaucoup plus profondes et plus étendues que ne l’indiquaient l’auscultation et la percussion. En effet, la radiographie fait voir, de la manière la plus manifeste, qu'en dehors d’un amas ganglionnaire rétro-sfernal seul accessible aux moyens usuels d’exploration, il existe profondément situés dans l’épaisseur des deux poumons, tout autour du hile, d’autres ganglions nombreux et volumineux, surtout à droite, et qui, de ce côté, s'étendent le long des ramifications bronchiques vers les lobules périphériques.
On sait combien sont fréquentes, chez les enfants, les adénopathies
cœur, les baltements de cet organe peuvent èire transmis à la paroi thoracique, à droite du sternum, par l’intermédiaire des masses solides du poumon induré ou de la plèvre épaissie, comme les mêmes battements sont transmis, dans les cas d’empyème pulsatile, plus ou moins loin de leur lieu de production, à la paroi thoracique, par l'intermédiaire d’un épanchement liquide. C’est une nouvelle preuve, s’il en est besoin encore, du secours qu’apporte au diagnostic médical l’emploi des rayons de ROntgen.
HADIODIAGNOSTIC
Les rayons de Rontgen et le déplacement du cœur à droite dans les grands épanchements de la plèvre gauche.
(Bull et Mém. de la ÿoc. méd. des hôp. de Paris, séance du 15 juillet 1898.)
Non seulement les rayons de Rontgen rendent au diagnostic médical des services incontestables, mais ils aident à la solution de problèmes de pathologie jusqu’alors irrésolus.
Je viens seulement de rencontrer l’occasion, depuis longtemps attendue, de soumettre à l’oxploralion radiologique un malade porteur d’un épanchement de la plèvre gauche assez abondant pour reporter h droite du
déplacé.
Les rayons de Rôntgen et le Diagnostic de la Tuberculose.
(1 vol. in-16 carré, 96 pages avec 9 figures, de l,i collection des ActualiUs médicales, J.-B. Baillière et fils, Paris, 1899.)
Ce petit livre reproduit le rapport précédent. Le texte en a été à peine modifié; cependant il a reçu les additions que comportaient les nouvelles recherches publiées depuis le Congrès. 11 est divisé en trois parties et terminé par des conclusions, suivies d’un index bibliographique.
Une première par tie consacrée à l’historique de la question, rappelle
RADIODIAGNOSTIC
■ISi RADIOLOGIE MÉDICALE
l’aitscuttàtion qui devance les rayons de'Rôntgen et fait constater; avant eux', que le poumon est altéré. .
' La nbuvelle. méthode, peut encore faciliter le diagno'stic précoce do la tuberculose, soit en dévoilant, sous les points douloureux de là névralgie intercostale ou phrénique, l’épaississement- et l’adhérence des feuillets pleuraux, la disparition du sinus costo-diaphragmatique, l'immobilisation du diaphragme de ce côté, soit en révélant; derrière une pleurésie d’allures
matité hépatiqu
diaphragme qui
diaphragme, pl suivant qu’à la i :: L’éclipse du tien gazeuse so malade, avant i moins régulière Je m’assure communication
poinl de départ des vomiques du malade, mais elle a abouti a la symphyse dès deux feuillets pleuraux et s’accompagne de Sclérose du poumon sousjacent avec dilatation des bronches ; telle était l’origine de l’abondante expectoration purulente observée pendant la vie. Un allongement toüt .a tait anormal du mésocôlon, au nivean du côlon transverse, permettait a cette portion manifestement dilatée du gros intestin do se déplacer et de recouvrir, par intervalles, la face supérieure du foie.
Ce déplacement du côlon transverse avait lieu surtout pendant le sommeil, et les efforts do toux qui survenaient au réveil avaient ce double résultat d’amener l’expectoration du pus accumulé dans les bronches pendant la nuit et de ramener le côlon déplacé a sa situation normale audessous du foie. ■ . • , '
11 est vraisemblable qu’entre la Sclérose du poumon gauche avec symphyse pleurale et l’ectopie du côlon il n’existait pas une simple coïncidence mais une relation de cause à effet. Comme je l’avais noté, le malade présentait un complet renversement de l’ordre habituel des mouvements respiratoires de la base du thorax. Le périmètre de la cage thoracique, à,
Le déplacement pathologique du médiastin pendant l'inspiration, étudié à l'aide des rayons de Rbntgen.
(Bull, et Mém. de là Soc.' méd. des hôp: de Paris, séonco du 6 juillet 1900.)
.. Parmi les déplacements pathologiques du médiastin, les uns, plus ou moins permanents, se sont révélés depuis longtemps à la main et it l'oreille du médecin avant que la- découverte de ROntgen les ait -mis;-pour ainsi dire, sous ses yeux et lui ait 'permis d’en poursuivre l'étude dans de meilleures conditions. Les autres-, momentanés, sont intimement liés-aux mouvements respiratoires et sont décelés seulement par l'examen radioscopique. .
Ces derniers ont été étudiés d’abord par MM. Bergonié et Carrière, au cours des épanchements liquides de la plèyro gauche. Puis M. Ilolzknecht, de Vienne, a signalé le fait plus rare et plus imprévu du déplacement du médiastin pendant les mouvements respiratoires, sans aucun épanchement pleurétique, chez un malade dont les deuxpoumonsparais- .saient, dans toute leur étendue, perméables àl’air. ' ’
.^prés M.\l. Bergonié et Carrière; j’ai’vérilié l’exislence du déplacement médiastinal pendant les mouvements respiratoires -dans les' épanchements .liquides de la plèvre. De plus, j’ai eu l’occasion de constater que ce dépla¬
cement peut apparaître aussi dans les épanchements hydroaériques^ alors que, du côté- malade, le diaphragme cesse de se contracter et demeure inerte. La première observation que je présente en est la preuve.
En passant, je donne Une interprétation : du paradoxe apparent des lAouvements de balance signalés pour- la première fois par M. Bouchard dans les épanchements hydtoaériques de la plèvre droite- ou gaUebé, de ces mouvements alternatifs d’élévation et d’abaissement 'de la surface
de niveau du liquide pleural,-en discordance avec les mouvements alternatifs d’élévation et d’abaissement de la moitié'siine du diaphragme.'Je
RADIODIAGNOSTIC
partie supérieure, du médiastin située au-dessus du cœur, on voit ce dernier organe se-déplacer à gauche pendant les grandes inspirations et suivre le mouvement d’abduction des côtes, l’ombre cardiaque demeurant toujours à une distance invariable de l’ombre costale la plus proche.
M. Holzknécht a vu chez son malade, dans,les inspirations profondes, une ombre anormale partie du médiastin sé porter A droite et empiéter sur l’image claire du poumon droit dans lou.te sa hauteur. L’ombre du cœur se déplaçait, elle abandonnait partiellement la moitié gauche du thorax, où elle ne laissait que sa pointe pour apparaître dans la moitié droite. Pendant l’expiration tout rentrait dans l’ordre.
Pour expliquer le déplacement latéral du médiastin observé chez son malade, M. Holzknécht s’est arrêté h l’hypothèse d’une sténose de la bronche droite, de cause indéterminée. Il suppose que l’air inspiré, ne pouvant pénétrer par le canal d’une bronche rétrécie aussi rapidement
conséquences pour ainsi dire nécessaires de la perte de l’élasticité de l’un des poumons, je les ai constatés sur mes malades. Ils ne présentaient d’autre part aucun des troubles fonctionnels symptomatiques de la sténose d'uné grosse bronche, et leurs antécédents pathologiques ne, concordaient nullement avec une telle hypothèse; tout plaidait en faveur du diagnostic de sclérose pulmonaire. Je n’hésite donc pas à affirmer qu’ils n’étaient ni l'un ni l’autre atteints de sténose bronchique, mais tous les deux porteurs d’un poumon sclérosé.
■ Voici comment je résume la valeur séméiologique du nouveau symptôme radioscopique ;
1“ Le dêÿlacement du médiastin pendant l’inspiration témoigne Æime inégalité d'énergie dans taction exercée sur ses deux faces latérales, soit par la pression atmosphérique, soit par l'élasticité pulmonaire.
2" Rn dehors des cas d'épanchements pleurétiques, le déplacement du médiastin pendant f inspiration est presque toujours un signe de sclérose pulmonaire unilatérale, le médiastin se déplaçant vers le potmion sclérosé.
3“ Ce déplacement est un signe certain de sclérose pulrnonaire quand il présente les partindarités suivantes : persistance, sans aucun changement, du déplacement médiastinal pendant tout le temps où le'malade immobilise son thorax en inspiration forcée; variations à peine sensibles du dia-
RADIOIOGIE MÉDICALE
mètre transversal de l'image pidtrionàirè du côté malade aux deux temps de la respiration.
4“ Le diagnostic de sclérose pulrtionaire est eonfirmé par les signes radioscopiques suivants observés du eôté où se fait le déplacement : moindre clarté et moindre étendue de l'image pulmonaire, resserrement des côtes et moindre oiwerture de leur angle d’insertion à la colonne vertébrale, élévation permanente du diaphragme et brièveté de ses excursions.
Le déplacement du médiastiri est total ou partiel, suivant que la sclérose occupe toute la hauteur ou seulement l'iin des étages du poumon malade, suivant aussi que l'inspiration met en jeu toutes les côtes qui Te ' recouvrent ou se fait suivant Tun des deux types, costo-supérieur et costoinférieur. ;
6“ Le déplacement du médiastin pendant tinspiration semble pouvoir être beaucoup plus rarement Un signe de sténose bronchique; le médiastin se déplaçant du côté de la bronche rétrécie. .
7" Théoriquement, quand ce déplacement reconnaît pour cause une sténose bronchique, sans sclérose pulmonaire coneornitante, on peut prévoir qu'il ne persiste pas pendant tout le temps où le malade immobilisé son thorax en inspiration forcée, mais disparait au contraire avant le début de l'expiration suivante, tandis que l’image pulmonaire du côté malade augmente d'étendue dans tous les sens.
Le diagnostic des affections thoraciques à l'aide des rayons de Rontgen,
{Rapport présenté au premier Congrès international d'électrologie et de radios
logie médicales, tenu a Paris en 1900, séance du 31 juillet. Félix Alcan,
. éditeur.)
Ce rapport répond à une des questions mises à l’ordre du jour.
RADibDUGNOSTIC
Les rayons de RSntgen et le Diagnostic des affections thoraciques non tuberculeuses.
médicales, J.-B, Baillière et fils, Paris, 1901.)
Ce petit livre reproduit le rapport précédent. Le texte en a été à peine modifié, cependant il a reçu les additions que comportaient les nouvelles recherches publiées depuis le Congrès.
L’introduction montre comment les divers organes contenus dans les trois grandes cavités splanchniques se prêtent très différemment au nouveau mode d’exploration et comment les viscères thoraciques lui sont plus accessibles que tous les autres. Elle étudie les divers procédés, examen radioscopique, ' radiographie simple, cinémato .radiographie et radiographie stéréoscopique qui concourent, ' en se prêtant un mutuel appui, au diagnostic des affections thoraciques, et donne la première place h l’examen radioscopique non seulement pour sa simplicité et sa rapidité, mais surtout pour le nombre et l’importance des renseignements qu’il donne en peu de temps.
Pour que l’examen radioscopique porte- tous ses fruits, les instruments employés, le sujet examiné et l’observateur doivent satisfaire à certaines conditions qui sont brièvement énumérées.
' Les Organes thoraciques sont passés en revue dans l’ordre suivant : d’abord le médiastin, puis les poumons et leur enveloppe séreuse, enfin le diaphragme et les côtes.
Dans le médiastin, j’étudie successivement le cœur, les gros vaisseaux, plus spécialement l’aorte, enfin les organes, capables d’être accessibles, en certaines conditions, à l’examen radioscopique, c’est-è-dire l’œsophage, la trachée, les grosses bronches et les ganglions lymphatiques.
Le chapitre consacré au cœur démontre que l'examen radioscopique .permet de se rendre compte de sa situation, de sa forme, de ses dimensions, de son volume et des modifications qu’y apporte le jeu des fonctions respiratoire et circulatoire.
■Pour l’exploration de l'aorte thoracique et particulièrement pour l’explo-
■nADibnUGNOSTIC
nosé bronchique unilatérale, comme le croit M. Hoir.knecht, mais'presque toujours un signe de sclérose pulmonaire unilatérale.
En résumé, ce chapitre enseigné que l’examen radioscopique de l'ombre médiane du thorax ne sert pas seulement à reconhaitre les lésions des organes médiastinaux, mais aide indirectement au diagnostic des lésions des organés voisins, bronches, poumons et plèvres.
Le chapitre le plus important est consacré aux poumons. Ce sont les changements de forme et surtout les'changements de teinte de l’image claire des poumons qui nous renseignent mr leurs altérations.
L’élasticité est la première des qualités physiques du tissu pulmonaire sain. L’amplitude des excursions du diaphragme, observées sur l'écran, devient la mesure indirecte de cette élasticité.
■ A l’état pathologique, l’élasticité pulmonaire peut être diversement modifiée. 11.est permis dé comparer grossièrement le tissu du poumon k une bande de caoutchouc capable de perdre, par deux mécanismes très différents, son élasticité. Tantôt, devenue rigide, elle cesse' de se laisser étendre et môme diminue de longueur; taiitôt, privée de ressort, elle se laisse étirer, mais ne revient plus sur elle-mèuio comme ii l’état normal. Rigide et rétractée, cette bande de caoutchouc représente le poumon sclérosé; flasque et étirée, elle’ est l’image du poumon emphysémateux; le premier est moins clair et le second plus clair qu’à l’état normal.
La présence de Tair dans les vésicules du poumon demeure la condition
BADIOLOGIE MÉDICALE
ne doit jamais être oublié dans l’interprétation de l'image radioscopique ou radiographique des poumons.
Ces notions générales trouvent leur application dans l’étude de chacune des lésions pulmonaires qui sont ensuite passées en revue ; 1“ emphysème pulmonaire; 2° Sclérose pulmonaire; 3" congestion et œdème pulmonaires: 4° bronchites, sténose et dilatation bronchiques; S» bronchopneumonies et infarctus pulmonaires; 6” pneumonies; 7" gangrène pulmonaire; 8“ abcès, kystes hydatiques, cancer du poumon; 9" tuberculose pulmonaire. ;
Dans le chapitre suivant consacré aux plèvres sont successivement étudiés ; 1° pour la portion de la séreuse qui forme la grande cavité pleurale, les pleurésies sèches circonscriles, les épanchements liquides, les épanchements hydroaériques ; 2» les pleurésies diaphragmatiques; 3° les pleurésies interlobaires; 4" les pleurésies médiastines; S" les fistules thoraciques.
Le cinquième chapitre étudie le diaphragme, ou plutôt les deux diaphragmes, séparés et réunis è la fois par le centre aponévrotique sur lequel ils s’insèrent, et dont la radioscopie montre au mieux l’indépendance relative. Les changements survenus dans la forme et la mobilité des diaphragmes témoignent soit d’une altération du muscle lui-mème, soit plus souvent d'üne altération de la séreuse qui le recouvre, soit, avec une fréquence encore plus grande, d'une altération pulmonaire qui peut siéger h la partie la plus élevée du thorax. D’une manière générale, toutes les lésions capables de diminuer l’élasticité de l’un des poumons se traduisent par une diminution de l’abaissement du diaphragme corres-r pondant.
Le sixième chapitre étudie les côtes dont le jeu dépend de deux conditions, l’énergie avec laquelle se contractent les muscles inspirateurs et la résislance que leur oppose le tissu pulmonaire. Les données fournies par l'examen radioscopique du diaphragme et des côtes montrent quelle étroite synergie unit entre eux à la fois les viscères enfermés h l'intérieur du thorax et les dilféfentes parties de la cage qui les contient.
Si nombreuses et si précieuses que soient les notions données par tes rayons de Rôntgen, dans l'étude des affections thoraciques,’ au médecin familiarisé avec leur emploi, elles ne doivent cependant jamais être qu'uii
et particulièremept de son bord gauche, invariablement fixe, u’olfrc aucun de ces changements de forme si caractéristiques, rythmés par les battements du cœur, qu’on observe àl’état normal. C’est ainsi que la radioscopie révèle un énorme épanchement péricardique inaccessible aux moyens habituels d’exploration.
Ronigen.
Le plus nouveau et le plus précieux des renseignements radiographie concerne la répartition des lésions osseuses dar de la main qui contient à la fois des os en apparence tout i des os certainement très altérés.
La répartition des lésions semble s’étre effectuée tout 6, fait sans ordre et comme au hasard. Des métacarpiens d’aspect normal alternent avec d’autres métacarpiens si déformés et si opaques que leur image évoque celle de morceaux de boudin. Il en est des phalanges exactement comme des métacarpiens, les phalanges saines alternant irrégulièrement avec les phalanges malades, et il ne semble exister aucune relation entre les lésions des premières et celles des secondes puisque à des métacarpiens d’aspect normal font suite des phalanges très altérées et inversement.
Cette singulière répartition des lésions osseuses du squelette de la main, jointe à l’intégrité des extrémités articulaires, offre un tel contraste avec les ostéo-arthropathies liées au tabes, qu’h mon avis, elle ne s’accorde guère avec l’idée d’un trouble trophique d’origine nerveuse. Elle s’explique mieux, je crois, par l’hypothèse d’une lésion artérielle, intéressant l’artère nourricière de tel ou tel mélaearpieu, de telle ou telle phalange, respectant ou n’atteignant qu’à demi l’artère nourricière de l’os voisin. Cette hypothèse semble plus en accord avec l’incrustation calcaire des artères principales des membres, révélée par la radiographie.
En résumé, dans la maladie osseuse de l’aget, les divers segments du squelette paraissent frappés individuellement; il semble que les lésions osseuses soient des lésions secondaires, consécutives à l’altération et à
RADIOLOGIE MÉDICALE
poumons, les oscillations des collections liquides de la plèvre, les déplacements du médiastin liés à la respiration, les troubles du jeu des côtes et du diaphragme, les différences dans les contiactiona de» deux moitiés de ce muscle, en un mot l’écran fluorescent qui représente la vie donne au médecin toute une somme de notions, de la plus haute valeur pour le diagnostic, qu’il ne peut pas demander h la radiographie.
La seconde raison, c’est la multiplicité des images diverses, capables de sé compléter et de se corriger mutuellement, qui, suivant la position variable du, malade et le déplacement de l’ampoule, se succèdent en quelques instants sur l’écran.
Comme exemple de la nécessité absolue, dans certains cas, d’observer et de comparer toute une série d’images diverses d’un môme thorax pour atteindre le diagnostic, rien n’est plus démonstratif que le cas suivant.
Une femme âgée présente des signes d’induration ancienne des deux sommets pulmonaires et principalement du sommet droit avec sclérose et emphysème généralisés.
L’examen radioscopique, l’ampoule à la hauteur de la base du cœur.
l’état de santé, trop minces et trop peu denses pour être décelés par l'examen radioscopique, un épaississement fibreux peut seul les rendre visibles et le diagnostic auquel j’aboutis est celui de sclérose pleurale
Peu importe, il est vrai, pour le pronostic et le traitement, chez la malade en question, de savoir que la phtisie fibreuse dont elle est atteinte, s’accompagne de sclérose pleurale interlobaire. Mais en revanche, il importe de saisir la portée générale de ce fait particulier :
La technique spéciale et le raisonnement qui ont permis de reconnaître
RADIOLOGIE MÉDICALE
un cas de sclérose pleurale interlobaire, devront désormais servir à l'exploration méthodique de l'interlobe.
Ce n'est pas seulement [épaississement fibreux des feuillets pleuraux qui ,e limitent, ce sont les collections liquides, séreuses etpiiridentes, enfermées dans sa cavité, ce sont les lestons congestives, œdémateuses ou inflammatoires du tissu pulmonaire avoisinant, limitées à la base des lobes supérieurs, qui pourront, à l'avenir, être plus sûrement diagnostiquées, à mesure que les images radioscopiques correspondantes seront mieux recherchées et plus exactement interprétées.
Je termine par des eonclusions d'une portée encore plus générale :
L’exploration du thorax à l’aide des rayons de Bôntgen ne peut venir en aide au diagnostic qu'entre les mains du médecin.
Cette exploration doit toujours débuter par (examen radioscopique.
L'examen radioscopique, n’est complet que si le thorax, se présentant tour à tour de face, de dos, latéralement et obliquement à (écran, est successivement traversé par les rayons de. Rôntgen en diverses directions, tandis que pour chacune de ces directions (ampoule est successivement placée à diverses hauteurs, depuis le sommet de la tête jusqu'au détroit
La radioscopie et la radiographie des organes splanchniques.
LDIODIAGNOSÏIC
Les rayons de Rôntgen et le Diagnostic des maladies internes.
(1 vol. in-16 carré de 96 pages, avec 20 figures, de la collection des Aclualilés médicaks, J.-B. Baillière et fils, 1904.)
Ce petit livre est, sous un titre quelque peu différent, la reproduclion du rapport précédent. Le fonds n’en a pas été modifié, il a seulement reçu les additions correspondant aux nombreux travaux publiés depuis le Congrès de Berne.
L’introduction fait ressortir que le nombre et l’importance des services rendus par l’exploration radiologique à la médecine interne n’ont pas cessé de grandir, depuis qu’en 1896, un an seulement après la découverle des rayons de Rdntgen, le professeur Bouchard a proclamé que leur emploi si utile au chirurgien est devenu tout aussi précieux pour le médecin.
L’emploi spécialement médical des rayons de Rôntgen comme intrument de diagnostic, s'applique soit au squelette et aux autres éléments de l’appareil locomoteur, soit aux organes splanchniques.
dienne, thoracique et abdominale correspondent, en radiologie viscérale, autant de divisions d’une importance très inégale et qui ne relèvent pas de la même technique,
La première partie, de beaucoup la plus importante, est consacrée à l’exploration radiologique du thorax.
Cette exploration qui doit toujours débuter par l'examen radioscopique comprend deux catégories d’instniments : 1" les instruments indispensables, appareil radiogène, écran fluorescent et plaques sensibles ; 2" les instruments auxiliaires qui augmentent la commodité, la' sûreté et la précision des opérations radioscopiques ou radiographiques. Ces derniers ne sont, è vrai dire, guère moins indispensables que les précédents ; è leur perfectionnement sont liés en grande partie les progrès de l’exploration radiologique des viscères.
Pour la production des rayons de Rôntgen, le médecin a le choix entre la bobine d’induction et la machine statique, mais il est indispensable qu’il emploie une ampoule réglable et de préférence une ampoule à osmo-régulateur de Villard. •
RADIOLOGIE MÉDICALE
tement épaissies et, dans son ensemble, elle offre l’image d’une large conpe de forme hémisphérique.
Je présente encore deux autres radiographies de crânes acromégaliques. La première, prise en mai 1901, représente le crâne d’un géant diabétique et a'-'-omégalique. mort récemment, chez qui l’autopsie a fait découvrir une véritable tumeur de la glande pituitaire. Elle est remarquable par le développement exagéré des sinus frontaux et par l’épaississement énorme et irrégulier de la paroi crânienne. Cet épaississement est tel qu'il ne permet pas de distinguer la selle turcique ; la silhouette du crâne est extérieurement limitée par un contour qui n'est plus arrondi mais polygonal et les deux tables, interne et externe, tonjours très distinctes, s'éloignent et se rapprochent tour à tour l’une de l’autre de manière à donner à la coupe apparente de la paroi crânienne nn aspect moniliforme tout â lait
caractéristique. J’ai retrouvé ces deux signes, le contour polygonal de la silhouette du crâne et l’aspect monîiiforme de la paroi, chez une acromégaliqne soignée par le P' Landouzy.
12 décembre 1902.)
(Bull, et Mém. de la Soe. mM. des hôp. de Paris, séance du 1
Je montre que l’examen radioscopique présente une grande importance pour le diagnostic souvent si difficile des diverticules de l’oesophage, qu’il donne de très précieux renseignements, mais n'est pas exempt de difficultés. Les unes, purement techniques et matérielles, peuvent être assez facilement surmontées ; les autres, plus délicates, ont trait h l’interprétation des ombres observées sur l’écran fluorescent et relèvent essentiel-
Note sur la radiographie stéréoscopique des calculs urinaires, avec présentation de stéréo-radiogrammes.
[Bull, et Mém. de la Soe. méd. des hôp. de Paris, séance du 13 lévrier 1903.)
Quand un cliché radiographique montre une tache anormale dont le siège et la forme font soupçonner l’existence d’une concrétion calculeuse,
KADIODIAGNOSTIC
régulateur de Villard, un diaphragme-iris et une machine statique à six plateaux, mue à la main au moyen d’une manivelle.
Ce malade a été radiograpliié stéréoscopiquement. Sur chacune des deux épreuves, la tache anormale qui correspond au calcul est si régulièrement arrondie, si nettement délimitée qu'aucun doute n’est possible sur sa signilication. Cependant rien n’indique le siège on profondeur de l’objet qu’elle reproduit, t'n examinant au stéréoscope les deux épreuves, on a aussitôt l’impression du relief. Suivant qu'on regarde le côté impressionné de ces épreuves ou le côté opposé, on les laissant toujours l'iino à gauche et l’autre à dioite, le squelette dn malade, colonne lombaire et bassin, parait vu de face ou vu de dos et, dans les deux cas, la conciétion calculeuse se montre, par rapport au malade, dans un plan plus anlé.-ieur que celui des apophyses transverses des vertèbres lombaires.
Suivant des conditions dont le médecin demeure le meilleur juge, le radiodiagnostic doit faire appel à l’examen radioscopique, à la radiographie simple ou à la stéréo-radiographie.
La radiographie stéréoscopique des calculs urinaires.
(Prnse médicale, n“ 13, 14 février 1903.)
C’est la reproduction, illustrée de gravures, de la communication précédente.
Le radiodiagnostic des calculs urinaires.
(Association française pour l’avancement des sciences, congrès d’Atigers 1903, rapport présenté dans la séance du 5 août, h. la section d’électricité inédicaie. Animes d'électricilé médicale, n” 128, 15 avril 1903.)
La possibilité d'obtenir sur le vivant, sans risque ni douleur, l’image des concrétions calculeuses formées dans les voies urinaires est une des plus utiles applications de la découverte de Rôntgen.
Au point de vue technique, c’est aussi une des tâches les plus difficiles du médecin radiologiste. Étudier cette technique, c’est donc
RADIODIAGNOSTIC
Quand cette recherche aboutit à des résultats nettement positifs, on peut affirmer sans réserve l’existence des calculs soupçonnés. On peut en indiquer le nombre, le siège et les dimensions, parfois même en présumer la nature.
Quand elle aboutit h des résultats négatifs, tout ce qu’on peut affirmer, si toutefois l’image radiographique est salisfaisante au point de vue technique, c’est qu'il n’existe pas de calculs phosphatiques ou de concrétions d’oxalate de chaux d’un volume supérieur à celui d’un pois environ, mais ou n’est pas en droit d’exclure l’existence do calculs d’acide urique pur, non plus que celle de calculs phosphatiques ou oxaliques de petites
Des prétendues erreurs radiographiques dans la recherche des calculs urinaires.
(BulL el Mém. de la Soc. inéd. des hôp. de Paris, séance du 10 octobre 1906.)
H n’est pas rare d’observer sur des épreuves radiographiques du bassin, d’ailleurs très réussies, au point de vue technique, de petites taches anormales, qui simulent, è s'y méprendre, des ombres de calculs urinaires, particulièrement de calculs enclavés dans le canal do 1 uretère h son
De ces taches, bien connues de tous les médecins radiologistes, on sait que tantôt elles sont produites par de petites concrétions placées sur le trajet des ligaments sacro-sciatiques, que tantôt elles sont dues à des phlébolithes des veines de l’excavation pelvienne.
En présence d’une tache de ce genre sur une épreuve radiographique, il est de la plus haute importance de déterminer exactement le siège du foyer opaque auquel elle correspond, de savoir s’il se trouve au voisinage du détroit supérieur du bassin, dans la profondeur de l’excavation pelvienne ou dans l’épaisseur du plancher périnéal. La radiographie stéréoscopique résout ce problème insoluble pour la radiographie simple. Comme je l’ai indiqué depuis plusieurs années déjà, elle nous renseigne très exactement sur le siège en hauteur et en profondeur de la concrétion anormale dans l’excavation pelvienne, et le plus souvent nous permet ainsi soit d’écarter
seulement des erreurs d’interprétation de la part du médecin radiologiste, insuffisamment instruit ou prudent.
Les rayons de Rontgenet la recherche des corps étrangers des bronches.
UADIODIAGN
sement extrait par les voies naturelles, sous le contrôle de la vue, grâce à la bronchoscopie.
La présence du clou en question dans les voies respiratoiies, son siège dans une des divisions de la bronche droite, son enclavement dans le canal de cette bronche ont d’abord été diagnostiqués par l’exploration
radiologique,
A ce propos, j’insiste sur deux points essentiels de la technique ; la valeur prépondérante de la radioscopie et l’utilité de la radiographie en
!• Dans la recherche îles corps etrangers des bronches, comme dans l'exploration du thorax en général, la radioscopie doit toujours occuper la première place. Elle décèle plus facilement et plus sûrement que la radiographie la présence du corps étranger, elle en indique plus exactement le siège et surtout elle répond seule à la question ia plus importante au point de vue du pronostic et du traitement, celle de savoir si le corps étranger est libre ou enclavé à l’intérieur de la bronche qui l’enferme.
Pour résoudre cette question, on fait tousser le palient. Si le corps étranger est libre, son ombre monte avec la rapidité de l’éclair jusque
Le radiodiagnostic des corps étrangers des bronches.
(Presse médicale, n" 103 , 26 décembre 1903.)
Étude du radiodiagnostic des corps étrangers des bronches. 11 doit répondre aux trois qneslions suivanics : Existe-il un corps etranger dos bronches? S’il existe, quel est son siège? Est-il libre ou enclavé dans le canal bronchique?
J’expose les règles générales de l’exploration radiologique en pareil
Quand on soupçonne tin corps étranger des bronches, c'est à l'examen radioscopique qu'il faut toujours s'adresser en premier lieu pour reconnaître-son existence, son siège, et surtout pour savoir s'il est libre ou enclavé. La radiographie ne doit jamais venir qu'en seconde ligne et il convient de préférer à la radiographie usuelle, simple ou stéréoscopique, la radio-
200 RADIOLOGIE MÉDICALE
pulmonaire sain ; il peut alors échapper h tous les procédés habituel
d’exploration et seuls les rayons de ROntgen sont capables de le déceler.
Présentation d’épreuves radiographiques montrant, sur le vivant, le
RADIOTHÉRAPIE