‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 16 sur 18 · E MÉDICALE · texte numérisé non relu

E MÉDICALE

La profondeur A laquelle un néoplasme cesse d’être accessible à la radiothérapie varie avec son degré de sensibilité aux rayons de Rfintgen. Pour tel nodule épithéliomateux, cette profondeur critique commence immédiatement au-dessous du derme, tandis que pour tel volumineux sarcome, d’une sensibilité beaucoup plus grande,, elle peut n’être pas dépassée, même dans le médiastin.

Quand la première irradiation ne suffit pas à tuer toutes les cellules malades, mais ne les altère que faiblement, les résultats du traitement sont très différents suivant que, dans l’intervalle entre deux séances consécutives, les cellules primitivement irradiées se sont multipliées ou qu’il n’est survenu aucune production de cellules nouvelles. Dans le premier cas, il est impossible d’espérer la guérison. Dans le second cas, au contraire, l’absorption répétée de faibles doses par des cellules qui ne prolifèrent pas peut aboutir, avec l’aide du temps, A leur complète destruction.

Quand les ganglions secondairement atteints n’ont pas un siège plus profond que la tumeur primitive, ils peuvent, comme celle-ci, céder A la radiothérapie; dans le cas contraire, la partie est perdue.

Ainsi dans le cancer du sein, même après les premières étapes de l'envahissement lymphatique, en raison du siège relativement superficiel des ganglions atteints, la radiothérapie peut encore, en certains cas à marche lento, se montrer efficace. Tout au contraire, pour un organe tel que le col utérin, plus directement accessible au traitement que la glande mammaire, mais dont les vaisseaux lymphatiques aboutissent à des ganglions profondément situés et par suite inaccessibles, la radiothérapie arrive trop tard dès que la lésion a franchi le derme de la muqueuse, comme c’est malheureusement presque toujours le cas au moment où est porté le diagnostic.

RADIOLC

RADIOTHÉRAPIE

La conclusion 6, tirer de ce cas est la suivante

Devant un néoplasme sous-cutané, et phts particuliérement un néoplasme commençant du sein dont la nature maligne est encore incertaine, le médecin ne saurait mieux faire que de prendre l'avis d’un chirurgien compétent. Mais dans tous lescas oit l'intervention opératoire est volontairement différée par le chirurgien ou temporairement repoussée par la malade, le devoir étroit du médecin est de recourir à la radiothérapie plutôt que de perdre un temps précieux dans Cexpectation ou dans Remploi des pommades dites fondantes et dautres moyens aussi peu, efficaces. ■;

L’état actuel de la question du cancer.

C’est la première d’une série de conférences sur le Cancer et la Radiothérapie, faites M’hôpital Saint-Antoine en novembre et décembre 1906.

Des résultats obtenus dans le traitement du cancer par l’application des rayons X.

A cette question, mise au cOnco.urs par l’Académie de'médccine en 1906, j’ai répondu, avec mes assistants à l’hôpitat Saint-Antoine, MM. Belot et Haret, par un mémoire encore inédit auquel a été donné le prix Daudet; voici quelques-unes de ses conclusions :

Le cancer de la peau qui n’a pas encore dépassé les limites du derme est au premier rang des affections justiciables de In radiothérapie. Le succès du traitement est ici la règle; l’insuccès, l’exception très rare. Au point de vue esthétique, le résultat final est aussi remarquable que possible. Dans les régions telles: que le visage où la perfection du résultat esthétique importe plus au malade que la rapidité de la guérison, cette raison suffit pour faire préférer la radiothérapie à l’inlervention chirurgicale. Après le traitement, les récidives sont exceptionnelles, si toutefois on prend soin de dépasser convenablement la dose stricte qui suffit è la

Quand le cancer de la peau s’est étendu au delà du derme, le succès

peau. Le succès du traitement dépend surtout de la limitation di derme muqueux. ....

C’est principalement pour la muqueuse linguale que cette (

■ HAD10.THÉRARIE 2i3

iilger lA vie-, tout au’ moins d’en alléger les dernières 1 soutenir les dernières illusions, eiirs dés tissus vàsculo-connectifs, ce sont les sarcomes nt, prennent un caractère de malignité et rentrent, au ique, dans le cadre du'cancer. La radiothérapie exerce ele et carativé sur un grand nombre de sarcomes ; ils se

manière, générale, plus sensibles à son action que les

RADIOLOGIE MÉDICALE

certainemenl produit de très remarquables améliorations qui, dans certains cas, par leur longue diirée, ont été l’équivalent de guérisons temporaires. Ces succès relatifs permettent d’espérer, dans l’avenir, d’un traitement institué de meilleure' heure des succès plus grands ; bref, la radiothérapie des cancers viscéraux demeure un'chapitre d’attente.

En résumé, le cancer n’est pas vaincu, niais on est en droit d’affirmer qu’en dehors de l’intervention chirurgicale, la radiothérapie est la plus grande conquête qui ait été jusqu’à présent réalisée dans le traiteihent de cette terrible maladie et qu’elle en'constitue véritablement la médication spécifique, puiqu’elle produit des guérisons ou réalise des améliorations dont n’est capable aucun autre agent.connu, mêpie dans des cas où le chirurgien est désarmé. Sur ie terrain des applications médiçales, il est permis de dire de la radiothérapie du cancer que c’est le fruit à la fois le plus inattendu et le plus précieux de la découverte de Rüntgeri.

La connaissance pliis répandue de cette' nouvelle méthode, un diagnostic plus précoce, un traitement plus promptement institué et mieux réglé accroîtront certainement le nombre de ses succès, sans parler des

; espérei

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