PHYSIOLOGIE
Nouveau procédé de dosage des globules sanguins à l'état frais.
On recueille du sang dans deux capsules, dont l'une contient une quantité / de solution de sucre de canne marquant 1026 à l'aréomètre. Après coagulation et isolement du sérum dans les deux capsules, on dose l'albumine de ces deux séruras. Soit a le poids de l'albumine d'un centimètre cube du sérum pur, a' le poids de l'albumine d'un même volume du sérum sucré, exprime la quantité de sérum pur du sang de la capsule additionnée de sucre. On pèse la fibrine lavée et desséchée du caillot de cette capsule, et, connaissant le poids du sang qui y avait été versé, on déduit par différence le poids des globules frais. [Soc. de Biologie, 1870).
Nouveaux procédés de dosage de la masse totale du sang.
On pratique à un animal une forte saignée, dont une partie sert à doser les globules.
Le lendemain, on pratique une nouvelle saignée suffisante pour doser de nouveau les globules.
On suppose que, grâce aux boissons, la masse totale du sang a repris son volume primitif; mais que, dans ce court espace de vingt-quatre heures, les globules n'ont pas pu se reproduire en quantité sensible. Connaissant le poids de la première saignée et la proportion des globules dans les deux saignées, on en déduit par le calcul le poids total du sang.
On peut procéder autrement. On dose les globules du sang d'une forte saignée; immédiatement après, on injecte un volume de sérum égal à celui du sang qu'on a soustrait, et après quelques minutes^ on dose de nouveau les globules d'une seconde saignée. Le même calcul que ci-dessus donne le poids total du sang. {Soc. de Biologie, 1870).
Nouveau procédé de dosage de l'urée.
(fest un dérivé de la méthode de Millon. Dans un tube fermé à l'une de ses extrémités on verse d'abord le réactif de Millon, puis une couche de chloroforme remplissant la presque totalité du tube. On y ajoute deux centimètres cubes d'urine et on achève de remplir le tube avec de l'eau. Le pouce étant appliqué sur l'orifice, on renverse le tube dont on plonge l'extrémité ouverte dans un vase rempli d'eau. L'urine diluée emportée par sa plus faible densité monte à travers le chloroforme et se mélange au réactif. Le chloroforme qui dès lors occupe la partie inférieure est chassé par le dégagement gazeux. Dès que la réaction est terminée, on le chasse complètement en le remplaçant par l'eau de la cuve qui se substitue également au mélange d'urine et de réactif. On absorbe l'acide carbonique par un cylindre de potasse. Il ne reste plus à la partie supérieure du tube que l'azote de l'urée. Le tube est gradué de telle façon que chaque division correspond à la quantité d'azote fournie par l'urée renfermée dans deux centimètres cubes d'une urine qui en contiendrait un gramme par litre.
Le nombre de divisions occupé par l'azote indique donc le nombre de grammes d'urée renfermé dans un litre de l'urine. {Soc. de Biologie^ 1872).
Recherche de l'albumine dans les urines.
Dans cette note, en collaboration avec M. Cadier, nous avons signalé les causes d'erreurs auxquelles expose la solution acide d'iodure double de mercure et de potassium pour les recherches de l'albumine dans les urines. Nous avons indiqué les précautions qui permettent d'éviter ces erreurs. {Soc. de Biologie, 1876).
, Nouveau procédé de recherche du brome dans les urines.
Ce procédé n'exige ni la carbonisation ni l'évaporation des urines. On remplit aux deux tiers un tube à expérience avec l'urine à examiner, on y ajoute
quelques gouttes de chloroforme^ on remplit avec une solution d'hypochlorite de soude la moitié de l'espace vide, on additionne enfin de quelques centimètres cubes d'acide sulfurique. Si l'urine contient un bromure, le chloroforme se colore en rouge orangé. [Leçons sur ïexploration clinique des urines, 1873).
Études expérimentales sur les albuminuries par excitation nerveuse.
Partant de l'expérience de Bernard qui provoque l'albuminurie par la piqûre du quatrième ventricule, j'ai reproduit les quelques albuminuries qui ont été obtenues à la suite de lésions du système nerveux.
De plus, j'ai vu se développer l'albuminurie, chez le lapin et chez le chien, par la section du sciatique, par la faradisation du bout central du sciatique sectionné, par la faradisation du tronc du sciatique non sectionné, par la faradisation de la totalité d'un membre, par la faradisation cutanée, par diverses excitations cutanées, le chaud, le froid, les compresses de chloroforme , par l'ouverture du péritoine.
Reprenant quelques-unes de ces expériences chez l'homme, j'ai vu que la faradisation cutanée, que la douche froide, que le bain froidj, que les bains très chauds, que les frictions térébenthinées provoquent une albuminurie transitoire. Ces faits sont rapportés dans la thèse de M. Kemhadjian, qui y a réuni également un grand nombre d'observations de malades traités pour la gale par le bain et la friction à la pommade d'Helmerich. J'ai constaté que, chez les malades qui n'avaient pas d'albumine avant le bain, trois fois sur quatre on trouvait de l'albumine dans les urines après la friction. Avec cette albuminurie transitoire, il y a presque toujours des globules sanguins dans les urines. [Enseignement oral, 1880-81).
Études expérimentales sur la mort par injection sous-cutanée de eUoroforme et sur l'albuminurie cliloroformic[ue.
En 1876, j'ai reconnu que si l'on injecte chez un lapin, par voie sous-cntanée, un centimètre cube de chloroforme, au bout de vingt minutes l'animal peut paraître assoupi; mais au bout d'une heure il est éveillé, agile; il mange bien et paraît revenu à l'état normal. Aubout de trente-six heures en moyenne, l'animal meurt presque subitement, avec convulsions.
En 1881, j'ai repris ces expériences el cherché à quoi pouvait être attribuée cette mort inopinée et pour ainsi dire constante.
J'ai reconnu que deux ou trois heures après l'injection du chloroforme les lapins sont albuminuriques à un haut degré et souvent hématuriques et que généralement cette albuminurie persiste le lendemain.
Un demi-centimètre cube de chloroforme produit presque toujours l'albuminurie, mais rarement la mort. Un quart de centimètre cube produit rarement l'albuminurie et ne cause pas la mort. Un huitième de centimètre cube ne produit rien.
Mais si l'on injecte chaque jour un huitième de centimètre cube de chloroforme, on obtient de l'albuminurie transitoire vers le quatrième ou le cinquième jour , et, si l'on persiste, l'animal succombe vers le septième jour.
Je me suis demandé si la mort avait des relations avec l'albuminurie et j'ai cherché si le rein, devenant moins perméable, il se produirait une intoxication urémique. L'examen histologique du rein ne m'a montré que la congestion intense de l'organe avec extravasation dans lus canalicules sans lésion épithéliale.
L'analyse du sang m'a permis de constater que le chiffre de l'urée n'est pas plus élevé qu'à l'état normal.
Je me suis demandé si l'albuminurie et la mort ne serait pas le résultat d'un réflexe provoqué par l'irritation des nerfs imbibés par le chloroforme dans la région injectée.
En vue de résoudre cette question , j'ai fait chez un lapin la section du sciatique et du crural du même côté et j'ai attendu que les plaies fussent cicatrisées; puis, avant qu'il fiit possible de penser à une régénération des nerfs sectionnés, j'ai fait une injection de chloroforme dans le membre énervé.
■ L'animal a eu comme les autres de l'albuminurie et est mort comme les autres.
Cependant l'application d'une compresse de chloroforme sur la peau, la tête du lapin étant maintenue hors de la zone des vapeurs chloroformiques, provoque une albuminurie, qui, il est vrai, n'est pas suivie de mort.
Mais les inhalations d'air mélangé de vapeurs chloroformiques en assez petite quantité pour que l'animal ne soit ni anesthésié, ni endormi, produisent
une albuminurie intense et rapide avec hématurie qui, il est vrai, n'est pas suivie de mort.
Je me suis demandé enfin si, à la faveur de l'arrêt de la nutrition produit par le chloroforme, il ne se seraitpas fait quelque invasion tardive d'agents infectieux auxquels la mort pourrait être attribuée. Je n'ai pas pu découvrir de microbes chez les animaux, au momentde la mort, ni dans le sang ni dans les autres humeurs qui ont été inoculés sans résultat à des animaux sains.
Chez l'homme, je n'ai jamais constaté l'albuminurie à la suite des injections sous-cutanées de chloroforme, même à la suite de l'injection de cinq centimètres cubes en une seule séance. Mais j'ai observé l'albuminurie trantoire à la suite de l'anesthésie par inhalation d'air chargé de vapeurs chloroformiques.
J'ai constaté que les injections sous-cutanées d'éther, chez le lapin, produisent aussi l'albuminurie, mais n'entraînent pas la mort. J'ai obtenu les mêmes résultats à la suite des inhalations d'éther.
Rien de semblable à la suite des injections d'alcool ou de 'morphine. {Gaz. hebd. de méd. et chir., 1884),